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(Je ne puiul engager une guerre cuuLraire a ses I propres intérêts comme à ceux de tous les ÉUts | qui se verraient forcés d*y prendre part. Le roi de | Prusse s'élail décidé à celte démarche d'après le compte rendu par M. de Kruseniark d'une longue conversation qu'il avait eue avec l'empereur des Français, conversation de laquelle cet envoyé prussien avait emporté la conviction que Napoléon se féliciterait de tout ce qui pourrait lui faire éviter la guerre, t^luoique la mission do M. de Kncsebcck à Pétershourg doive rester sans résultat, le détail des communications de cet officier avec rcmpercur de Russie n'est point dépourvu d'intérêt. A en croire le langage de ce prince , on ne pouvait lui reprocher aucune mesure agressive; scs sentiments pacidques étaient démontres par de nombreuses preuves ; il avait même eu l'intention d'envoyer un plénipotentiaire à Paris dès que la paix avec les Turcs serait conclue, mais il y avait renoncé, «ayant lieu de croire, disait-il, que cct )» envoi ne serait point agréable à l'empereur Na<
» poléon. n Sur l'assurance contraire donnée par le colonel Rnescbeck, l’empereur Alexandre chercha d'autres prclexlcs pour expliquer sa conduite ; il parla des souffrances de la Russie, et, tout en se disculpant d'adiiictlre dans ses ports des marchandises anglaises, it prétendit qu'aucun traité ne l'obligeait à s'interdire le commerce avec les neutres; que, si le commerce avec les neutres devenait une occasion de guerre , ce ne serait pas lui qui l'aurait commencée; que déjà «l'envoi d'une » personne à Paris serait contre sa dignité, puisque I» l'empereur Napoléon avait pris une position plus M menaçante ; qu'à présent il aurait l'air de chcr- » cher à obtenir la paix par la crainte de la guerre.'* L'agent prussien ayant fait quelques observations sur rinconvénieut pour la Russie d’entrer cii guerre avec la France, avant d’avoir signé la paix avec les Turcs, l’empereur lui répondit qu'il oubliait encore une chose, «c'est que lui, Alexandre, n'était » pas aussi grand capitaine que Napoléon.» Aussi ne voolait-il pas la guerre, et il foulait que s'il l'cùt voulue, il eût pu la commencer le printemps passé, et entraîner la Prusse avec lui; qu'en ce moment encore, s'il la commençait, il pourrait ga-
' Un noU atipAr.'ivaol, le minUtre de France à Varsovie avait, par uoe dépêche du 94 février, donné une même inforniation à son gouvernement. «Les Russes,
■* • écrivail-ii, menacent les Polonais de faire une guerre » de dévastation et d'incendie; ils déclarent que si Par-
• mcc fr.inraisc entre sur leur territoire, en te retirant,
• ils lirùleruni tout, détruiront tout pour couper les
• vivres aux !■ ranrais et leur enlever jes ressources que » les U.vbitaiiis auraient pu leur offrir. » Le mèuiv agent
giier du terrain ; qu'il ne le ferait pas, et qu'il attendrait «que je canon fût tiré sur ses frontières.» En iransmelUnt à sa cour ces paroles de l'empereur Alexandre, le colonel Knesebeck y joignait des rénexirms fort sensées. 11 entrevoyait clairement le principe très-politique de la patience, de l'attenleà laquelle affectaitdc sc résigner la Russie; il apercevait très-bien que c'était de la part de cette puissance un calcul de guerre , cl non reCTet de l'amour de la paix. La guerre, en sc faisant sur le territoire russe, pourrait prendre à la fois le ca-« ractère de guenr-aationalc et de guerre religieuse, double caractère qu'elle n'aurait pas, si elle se fai-« sait hors les frontières de l'empire. La nature du terrain, scs marais, scs grandes forêts, le |>cu d'habitations sur les routes, le peu de roules en bon état, la difficulté de se procurer des vivres, luulea CCS circonstances formeront, même pour le plus, grand génie, d’insurmontables obstacles, si, places * sur la défensive, les Russes livrent tout à la dévastation en sc retirant sur des points bien choisis d’avance, et en perdant du terrain avec sagesse après l'avoir disputé pied à pied, n On sent, con- » tinuail-il, cet avantage en Russie, les militaires
>• en parlent et le font valoir Je crois que ce
» sera le système de guerre qu'on suivra. » C'était dans un rapport daté du 23 mars * que le colonel Knesebeck rendait à son gouvcrneoMOl le oous^b dont nous venons d’indiquer les princIpfllx^Uâra. ' Le cabinet de Berlin n'avait point allendu la fln do cette mission pour s'unir ctroitdlÿeat à la France.
Le traité du 21 février renfermait des articles patents et des articles secrets, ou plulél il y avait deux traités ^ distincts. Le traité plcnt se composait de quatre articles. ^
Le premier stipulait une alliance dé feneiva contre toute puissance de l'Ruropc avec laquelle l'une ou l'autre des parties contractantes serait ou viendrait à entrer en guerre.
L'article second exprimait la garantie réciproque de l'intégrité du territoire.
Le troisième portait que, le cas de l'alliance survenant, les deux puissances régleraient, par une convention spéciale, les dispositions qu'elles ao- , raient à prendre.
répéta par d’aulres lettres que les Russes anDooealent toujours rimention de mettre un désert entre les Français cl eux. M. de Prsdt, qui a dit la même chose quelqiica mois plus tard, a'en vante, dans Tbistuire de son ambassade, comme d'un rare effort de sagacité.
* Il avait été conclu en outre une rnovention fin.iDetêre pour régler le mode de paycmcnl du restant de rontributiou dû par la Prusse.
POLITIQUE EXTÉRIEURE
D'après le quatricine, tous les ports et côtes (les (leux puissances étaient interdits aux bâtiments des nations neutres qui, contrairement au droit maritime consacre à Utrcclit, laisseraient violer l'iiidcpcndance de leur pavillon.
Ce traité, comme ou voit, se bornait à poser des principes. Les articles secrets, au nombre de quinze, en déterminaient l’applicalion.
L'engagement vague, pris contre toutes puissances en général, se trouvait spécilié. par le premier des articles secrets, de la manière suivante :
U Dans le cas où la guerre viendrait â éclater :>i entre la France et la Russie, S. M. le roi (le U Prusse fera cause commune avec S. lU. l'empcn rcur et roi. «
L'article S ilxait à vingt mille hommes le contingent à fournir par la Prusse, savoir : quatorze mille d'infanterie, quatre mille de cavalerie et deux mille d'artillerie.
Les articles 3, 4, S, 6, 7 et 8 se rapportaient à rétablissement de garnisons dans les places de Culberg, Spandau et autres, à la désignation des provinces prussiennes que ne devaient ni occuper ni traverser les troupes françaises, ou à d'autres questions militaires.
Relativement aux réquisitions que pourraient faire les commandants français aux autorités locales, il devait, suivant l'article 9, en être fait nn décompte, et la valeur en serait acquittée ou par | compensation sur les contributions ducs par la ' Prusse, ou à la lin de la campagne.
Par l'article 13, la France promettait au roi une indemnité en territoire, pour compenser les sacri- Hees et charges qu'il aurait eus à supporter pendant la guerre.
La durée de l'occupation des places de Glogau, Custrin et Stcltin était renvoyée, par l'article 14, à former ultérieurement l'objet d'un arrangement particulier entre les deux puissances.
l»! disposition qui caractérisait le mieux la situation des deux parties contractantes était celle qu'énonçait le onzième des articles secrets, conçu ainsi qu'il suit :
U La Prusse ne fera aucune levée, aucun rassem- » blemcnt de troupes, aucun mouvement militaire,
» pendant que rariuée française occupera son ter-
' S'il faut en croire Walter Scott cl quelques autres écrivains, le roi de Prusse n'aurait invoqué ralliaucc de Napoléon que sur le l'cfus d’Alexandre de l'adnicurc <lan$ la sienne. Accepter la demande du roi eût été pour l’einpcrciir Alexandre s'cui;aj;cr i porter le llicâlre de la guerre eu Allemagne afin de protéger les Étals prussiens, ce qui contrariait le plan qu'il s'éuil formé, celui d’attirer 1rs Français dans les steppes incultes de la Kus-
n ritoirc ou sera sur le territoire ennemi, si ce n n'est pour l'avantage de l'alliance et de concert U entre les deux puissances, a Ainsi l'acte même qui consacre l'union des forces des deux puissan- ' CCS pour une cause cominune, porte encore, de la j part de l'une des parties, un caractère de soupçon J oircnsant pour l’autre, d'autant plus impoliti(|uc qu'il est inutile et ne saurait prévenir le danger dont on cherche à se défendre. Cet article était le seul qui eût donné lieu à une discussion sérieuse. Le roi , faisant l'énumération des troupes nécessaires pour les garnisons de ses places, aurait voulu pouvoir mettre sur pied vingt -quatre mille hommes en sus des quarante-deux mille convenus par les traites antérieurs. C’est, dit -il, pour mieux seconder les yucs de la France qu'il désire cette augnientation, et l'empereur Napoléon s'y refuse! Alliance bizarre, où l'allié puissant, mesurant au faible la portion de forces do^t >1 l’autorise à faire usage, ne lui permet de le servir que d’une main et tient l’autre enchaînée, dans la crainte que libres toutes deux, elles ne se tournent contre lui ! Que de vertu il faudrait à l'allié ainsi captif pour demeurer, quand il aura la pleine disposition de tous ses moyens , tidèle à l'allié devenu malheureux , qui , dans scs prospérités, doutait > de sa 1 loyauté et de sa fui ! Du reste, la déiiance était réciproque : pour la France, le principe en existait dans la conduite tenue par la l’russc en 1803, 1806 et inénic 1809; pour la Prusse, dans la persuasion où elle était qu'un rapport fait à renipercur Napoléon par le ministre des relations extérieures avait proposé la destruction de cette monarchie. Le ministère prussien devait , comme nous l'avons dit prccédcmiocnt , la connaissance de ce prétendu rapport à l’un de ces courtiers d'intrigues qui, .s'agitant autour de tous les cabinets, vendent aux agents diplomatiques des rcnscignemcnls vrais ou faux, et qui en fabriquent quand ils n’efi ont pas. Pour excuser les démarches imprudentes récemment rc|irochécs à sa cour, le général de Kruscmark remit à M. le duc de Rassâno une copie de ce document qui les avait produites, et qui avait amené un mal trop réel par la peur d'un mal imaginaire.
L'alliance une fois conclue, il devenait de néccs-
sic. En adineiiant comme vraie cette assertion, Pemperenr des Français se trouverait excusable dans scs précautions contre un prince qui ne combattait avec lui que par l'impuissance de combattre contre lui. Il est étrange que CO soient des historiens contraires a N'apolcnii et apologistes de ses ennemis, qui, par des révélations indiscrètes , semblent ainsi prendre soin de sa justification.
CilAlMTilE XXXIII.
sité pour le ministère prussien de renoncer i ses ^iiicnageinenls pour les hommes qui alTicliaienl hautement leur antipathie contre la France. On se décida en conséquence à éloigner les principaux chefs de ce parti, tels que MM. de Scharnorst, de Sack, Justus Grunner et Gneisenau. D'après ce même esprit, le roi crut encore devoir, dans le mois de mars, faire quelques représentations à Petersbourg sur la violation ouverte du système continental, qui avait lieu en Russie à l'aidc du pavillon américain.
U Sans doute, disait ta Prusse, tous les États souf- » frent, comme la Russie, du système continental; n mais ne serait-il donc pas possible de le soutenir :> encore pour atteindre le grand but de la liberté » des mers? » Quoique à Rcriin le fond des cœurs ne pùt pas être changé, l'aspect de cette capitale avait été modifié sensiblement par la conclusion d'une alliance avec Napoléon. La modération du langage avait, du moins pour un temps, succédé aux bruyants éclats de la haine. Si l'alliance n'était pas celle qu’eussent désirée les principaux membres de la famille royale, ainsi qu’une grande partie de la population et de l'armée, tout le monde sentait cependant qu’à la veille d'unjclioc entre les (leux plus grandes puissances du continent, la Prusse, faute d'avoir une garantie dans son union avec la France , pouvait tomber, et tomber sans gloire, sous les premiers coups de la gigantesque armée de Napoléon. La ruine, dans une autre hypo-^ thèse, étant iofailliblc, l'alliance Sc trouvait être un immense bienfait. Aussi le ministère prusucu ^s'en applaudissait-il dans les termes les plus ei^res- -^sifs : U Et nous aussi, disait le comte de Goix >, toi- »^nistre des affaires étrangères, nous avons obtenu » des' marques précieuses de la bienveillance du » grand monarque que nous regardons inaintcnanl i » etâ jamais comme l’ami, l’allié cl l'appui de notre » patrie ! » Malgré toutes les mesures prises dans la prévoyance de la guerre, l’Empereur ne cessait de témoigner qu’il verrait avec plaisir qu’un arrangement avec la Russie fût possible. C'était |H)ur parvenir au maintien de ]a paix que la guerreassurait ses alliances. L'envoyé prussien à Paris, M. du Krusemark, jugeait en ce sens les dispositions du gouvernement français, cl cet agent semblait persuadé ^ que, si la nouvelle des traités conclus par la France avec l’Autriche et la Prusse, amenait de la part de la Russie quelque proposition de rapprochement, la première parole en serait accueillie ^ avec empressement par l'empereur Napoléon.'' ^
^ * La discussion préparatoire de l'alliance n’avait pas été beaucoup plus longue avec l’Autriche qu’avec la Prusse. L’Autriche cependant s'était mon-
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. • Lettre en date du 14 avril,; -
trée plus difUcile sur le choix des mots, plus exigeante dans les conditions, et l’empereur des Français avait été singulièrement facile, trop facile peut-être. Du moines semble-t-il avoir manqué de prudence en admettant certaines clauses dont les conséquences seront d'une haute gravité.
Pour l'Autriche comme pour la Prusse, l'alliance
fut établie par deux actes , l'un patent et l'autre
secret.. ' ' *
Sept articles composaient le traité patent. D'après l’article 1 ", il devait y avoir, à perpétuité, amitié, *unionsincèreel alliance entre les deux empereurs.
,Le second assurait l’intégrité des territoires respectifs. »
Par le troisième , on sc promettait réciproquement des elTorls communs pour prévenir la guerre, et, en cas de guerre, l’Autriche, par l'article quatre, s’engageait à donner un secours de trente mille hommes, savoir : vingt-quatre mille d’infanterie, six mille de cavalerie et un attirail de soixante pièces de canon. ^ ^
Ce secours devait, article cinq, être fourni dans les deux mois de la demande qui en serait faite.
L’article six garantissait rinlégrité de la Porte Ottomane, et l'article sept, les principes de la navigation des neutres, tels que le traité d’Utrccbt les a consacrés. ' - y' %
Le traité secret, signé en même temps, renfermait onze articles, dont les deux derniers étaient de pure forme. ^
• «Un commençait par déclarer que le secours à fournir par l’Autriche, en conséquence du traité patent, ne pouvait s’appliquer à des guerres soutenues par la France, ou contre l' Angleterre, ou au delà des Pyrénées. Cette réserve formait le premier des articles secrets.
Les régiments destinés à composer le secours autrichien devaient être disposés, article â, de mamièrequ’à dater du avril, ils pussent, en moins de huit jours, être réunis sur Lembcrg.
Le mot de contingent ayant été employé dans la première rédaction, l’Autriche demanda que ce mot fut remplacé par celui de corps auxiliaire.
Napoléon promettait, article 5, de faire ses dispositions pour opérer contre la Russie à la même époque, IIS avril, avec toutes les forces disponibles.
L’article 4, qui réglait la con)pu$ition du corps auxiliaire et le mode de pourvoir à sa subsistance, contenait une clause dont toute la portée n'avait peut-être pas été sentie, c’était qu'il ne pourrait être divisé et qu’il (brmerait toujours un corps séparé et distinct, ♦
’ l.citrc de M. de Krusemark au comte de Golz, vu date du 27 avril.
POUTrQÜE EXTÉRIEIBE.
deDx articles et 6, rôulant sur une mdmc question, eussent pu être fondus ensemble, le pre> mier ayant pour but de poser un principe dont le suivant exprime la modincalion. Ces deux articles mérilcnl d’élre cités textuellement.
Jrticle S. •< Dans le cas où, par suite de la guerre n entre la France et la Russie, le royaume de Polo* *> gne viendrait à être rétabli, S, M . Tempereur des *» Français garantira spécialement, comme elle la » garantit dès à présent, à l'Autriche, la possession » de la Galicie. »
j4rHcU 6. » Si, le cas arrivant, il entre dans les •» convenances de S. M. l'empereur d'Autriche de M céder, pour ^re réunie au royaume de Pologne, M une partie de la Galicie en échange des provinces I» lltyrienncs, S. M. l'empereur des Français s'en* 18 gage, dés i présent, à consentir à cet échange. ■
On doit remarquer ici avec quelle discrétion et sons quelle forme de déférence pour rAulrichc est * énoncé l'échange éventuel de la Galicie coutre les provinces Illyriennes. Nous signalons, sans le blé- ^ nier, ce ménagement extrême dans les termes, attendu qù>n de pareilles matières, le principe d'anq^eodetssipn étant posé, l’application dépend de laWualfoù ôp plus tard se trouvent entre clics les parties contractantes.
Par l'article 7, dans le cas d*une heureuse issue de la guerre, l'empereur des Français s'engage à procurer à l'Autriche des indemnités et agrandissements de territoire, qui non-seulement compensent les sacriOccs et les chaires de ta «• coopération • de S. M. dans la guerre, mata qui aoitni un mort nument do l'union intime et durable qui exiite n entre tea deux aouverafne. »
Napoiéona été moins bîenveillanlponrla Prusse; il nes'estetrgagéenvcrsellequ'à une simple compensation d^ sacriflees qu'elle auraiteusà supporter.
Il était bien «mtendu, article 8, que i'erapereur des Français commencerait les boslililés immédiatement, si l'Autriche était attaquée par la Russie en haine de scs engagements avec la France.
Une disposition déj% bien tardive formait le sujet de l'article 0, c'était l'invitation à la Porleoltomane d'aecederé ce traité d'alliance.
Chacune des dispositions de ce traité atteste combien était vif le dé^ir qu'avait l’empereur Napoléon de se rendis agréable à rAulriclie. On dirait que, content du fait seul de ralüancc, il ne mette presque aucun intérêt é la nature dcscondUionsau prix desquelles on la lui fait acheter.
Deux jours après la signature de ce traité, le duc
' Lettre <lu 16 mars 1813.
' Lettrea du et du 3 avril.
^ On trouva, daot un bAlitneni suédois, hUaint-Jean,
de Bassano * écrivit i l'arnhassadenr de France à Vienne, M. Otto, que, malgré toutes les dispositions faites comme si la guerre était certaine, l’empereur Napoléon « avait peine é croire que la Rus* >1 sic se décidât à une guerre sans objet: H il informa cet ambassadeur que probablement, dans la première quiiixaiiie d'avril, l'Empereur partirait pour son armée; que. dans ce cas, l'impératrice accompagnerait l’Empereur é Dresde^ où elle resterait trois semaines, u Elle serait charmée , disait le duc » de Bassano, d'y voir sa famille, et vous pourrex, , M si on vous en parle, annoncer $ca prqt'et* et aea I » ‘eaux. H Quant à l'Empereur, la durée de son I séjour à Dresde dépendra des événements.
I Quelles qu'eussent été les précautions prises pour prévenir la disette de subsistances dont U France était menacée, des embarras se firent sentir dans ^Vintérieur; quelques troubles même eurent lieu sur différents points, et ces circonstances relar*
I dércnl le départ de rEmprirtir. Dans les premiers I jours d'avril, le duc de Bassano*^, en iii>lruisant de I ce retard le même ambassadeur, revint sur la salis* faction qu’éprouverait l'impératrice Mari«-I.ouise I de voir pendant son séjour à Dresde, l'emperear son père, l’impéralrice, et mémo scs frères clsœurs.
! Comme la Russie continuait à protester qu'elle ne ^ conmiencerait pas la guerre, ce ministre ajoutait : j il II ne serait pas impossible qu'une sorte de négo- I » dation s'oiivril .lu moment où les ho«lilités so- , » raientimiiiinentes. » La conformilédece langage : tenu à Vienne, avec celui que la France a pareille*
, ment tenu à Berlin, prouve qu'il n'y a point, de la part de Napoléon, une résolution de guerre formelle. définitive, et que. jusqu’au dernier jour, il comptera sur la possibilité d'incidents qui viennent en arrêter l'explosion.
\ Tandis que l’Autriche et la Prusse rivalisent d'empr^scinent i entrer dans ralliance française, il est une puissance qui fait des pas rapides dans une vjne opposée. Dès 1811, le prince royal de Suède avait préparé sajdéfeclion. Ses communications avec l'Ajagleter^ étaient publiques, et des cajulcrief, échangées avec l'empereur Alexandre, préludaient à une intimité que, nous verrons bicnj tût s'étaWir. "
riusicurs fois Napoléon avait averti 1a Suède I que, si la Poméranie continuait à être an enlrepdt au service de l'Angleterre il se verrait obligé d'y faire entrer des troupes françaises. Des faits * nombreux prouvant que le gouvernement suédois ne , se bornait pas même à un rôle passif, mais faisait
deux graadea caUses de libelles contre rEmpereur et contre ta France.
t Cca faits furent exposes dans un rapport soumis, le