I . crt’y t.O
l’OMTIQUE EXTÉRIEÜUE.
le général Lauriston que le gouvernement franeai.s avait fort à se plaindre de la conduite tenue à Paris par 51. de C.zerniclief. Cet officier, disait -il, « a n employé son temps .à intriguer et à semer la cor- H ruption. I/Empcreiir le savait et l’a laissé faire.
» L’Empereur était bien aise qu’il fdt instruit de » tout. Ses préparatifs sont on elTet immenses. Il i> serait cependant convenable, si 51. de Czerniclicf Il revenait a Paris, qu’il eût ordre de ne se mêler » de rien et de ne pas renouer des intrigues qu’on » UC serait pas toujours d’humeur à tolérer. » Ici, nous ne devons pas le dissimuler, va sc trouver le trait le plus caractéristique de la véritable |>etiséc de Napoléon, u La lettre, poursuit le duc de Bas- >* sano, que l’Empereur écrit à l’empereur .\lexan- » dre est très-simple. L’Empereur ne se soucie pas n d’une entrevue, pas même d’une négociation, à » moins que les quatre cent cinquante mille hommes >■ que Sa Majesté a mis en mouvemeiil et leur im- » mense attirail ne fassent faire de sérieuses ré- » flexions au cabinet de Saint-Pétersbourg, ne le » ramènent sincèrement au système établi à Titsitt, i> et ne replacent la Russie dans l'état d’inferiorilé » où elle était alors. >• Voilà, dans toute son exactitude , le passage le plus sérieusement accusateur qui existe contre Napoléon. Ce qu’il veut, c’est rentrer et faire rentrer l’empereur Alexandre dans la situation de Tilsitt, de manière que la Russie sc retrouve, à l’égard de la France, dans son état précédent d’infériorité. C’est à ce til que tient la guerre. Nous ignorons , et l’Empereur n’aura pas occasion de le faire connaître, comment il cnlciidrait rétablir la situation de Tilsitt, de manière à prévenir une rupture. L’empereur Alexandre lui épargnera ce soin par une énergique initiative qui ne laissera plus d’ouverture possible à aucun rapprochement. Avant d’arriver à ce point décisif, auquel nous touchons de bien près, il convient de parler de quelques faits intermédiaires qui en sont comme racheminement et le prélude.
Nous avons vu dernièrement que l’Angleterre, pour porter la Suède à rabattre de ses exigences, s’était prévalue de propositions qu’elle venait de recevoir du gouvernement français, et qu'elle n’avait pas, disait-elle, entièrement rejetées. Ces propositions avaient été transmises à lord Castlercagh par une lettre du duc de Bassano, en date du 17 avril 1812. Suivant cette lettre, les affaires de la péninsule espagnole et des deux Siciles étant les plus difficiles à concilier, l’Empereur proposait un arrangement sur les hases suivantes : <i [.'intégrité de n l’Espagne serait garantie, la France renoncerait » .à toute extension du côté des Pyrénées; la dynasa lie actuelle serait déclarée indépendante, et l’Es- j » pagne régie par une constitution nationale des :
» cortès ; l’indépendance et l’intégrité du Portugal » seraient également garanties, et la maison de Il Bragancc régnerait; le royaume de Naples restc- II rait au roi de Naples; le royaume de Sicile serait n garanti à la maison actuelle de Sicile. Par suite Il de ces stipulations, l’Espagne, le Portugal et la n Sicile seraient évacués par les troupes françaises n et anglaises de terre et de mer. Quant aux autres » objets de discussion, ils pourraient être négocies » sur cette base, que chaque puissance garderait » ce que l’autre ne pourrait pas lui ôter par la Il guerre. » I.a réponse du cabinet anglais ne sc fit pas longtemps attendre. Ce cabinet n’éleva qu'une seule objection contre les hases mises en avant par l’Empereur. « S. A. R. le prince régent, disait lord n Castlercagh I, a senti qu’elle devait à son honneur. Il avant de m’autoriser à entrer en explication sur Il l’ouverture que Votre Excellence a transmise, » de fixer le sens précis attaché par le gouvernei« ment de France au passage .suivant de la lettre Il de Votre Excellence : La dynastie actuelle serait I» déclarée indépendante, et l’Esjxigne régie par Il une constitution nationale des cortès. Si, comme Il Son Altesse Royale le craint, le sens de cette pro- II position est que l’autorité royale d’Espagne et son Il gouvernement , établis par les cortès, seront rc- II connus comme résidant dans le frère du chef du Il gouvernement français et les cortès formées sous » son autorité, et non dans le souverain légitime Il Ferdinand VII et ses héritiers, et l’assemblée Il extraordinaire des cortès maintenant investies Il du pouvoir du gouvernoment dans ce royaume » en son nom et sous son autorité, il m’est ordonné >1 de déclarer formellement et explicitement à Votre Il Exccllenee que des engagements de bonne foi ne Il permettent pas à Son Altesse Royale de recevoir Il une proposition de paix fondée sur une telle base. » Le ministère britannique n’alléguant qu’une seule difficulté qui l’empéche de répondre aux propositions de la France et d’entrer en négociation de paix avec elle, il en résulte que les autres points énoncés dans la lettre du duc de Bassano ne formeraient point un obstacle invincible au rapprochement des deux pays. Depuis la campagne de 1813. sous l’influence de nos revers, les prétentions exprimées, dans le mois d’avril, par l’Empereur, ont paru exagérées cl hors de toute mesure. Elles n’avaient pas un pareil caractère avant cette campagne, cl surtout dans rhypothèse du maintien, encore possible alors, de l’alliance entre la France et la Russie. Quoique le Portugal ne fut plus occupé par les troupes françaises, le consentement de Napoléon au rétablissement de la maison de
' Lcllrc au dur de Il.-is-s.-ino, du 23 .ivril.
CIlAPlTUli X-VXllI.
Itragniicc, el, «l'une autre part, la eonservation de la Sicile h la famille de Bourbon, n'étaient pas, au moment où l'offre en fut faite, des concessions sans gravité. Certainement aussi la clause qui laissait entre les mains de chacune des deux puissances ce qu'il n'était pas au pouvoir de l'autre de lui enlever parla guerre, eût du être d'un grand prix aux yeux du cabinet de Ijondres, si dès lors il n'eùt apcrtju dans la Russie un auxiliaire prêt à Jeter en sa faveur un énorme poiils dans la balance. Kn consentant à respecter l'intégralité du territoire espagnol. Napoléon entendait faire un actcdecon- «lescendance dont on cUt du lui savoir gré. Par sa renonciation conditionnelle à tout agrandissement ducUtédes Pyrénées, il faisait pressentir que plus tard il se croirait en droit de porter atteinte à cette intégralité, sans que l’Angleterre fut fondée à s’en plaindre, puisqu’elle se serait refusée aux moyens qui lui avaient été offerts pour la maintenir. Supposons ou bien un arrangement qui concilie les dcinélés des deux empereurs, ce qui n'est pas encore impossible, ou bien une guerre heureuse pour la France, ce qui, d'après tous les anléccdents, semble fort probable, l'Angleterre aurait à se repentir de n'avoir pas accepte les propositions françaises du 17 avril, d'où il résulte que c'est mal Juger ces propositions que de ne les apprécier qu'en conséquence de l'événement.
Toutefois aussi cette question demande à être envisagée sous un autre point de vue. La conclusion plus ou moins prochaine de la paix avec l'Angleterre devant être le dernier terme de tous les succès de la France, en adiiietlant que ces succès ne dussent Jamais souffrir d'interruption, comment Napoléon n'a-t-il pas compris qu'il fallait nécessairement acheter, par des sacrifices importants, une pacification qui seule pouvait enchaîner le char de la fortune, et fixer pour longtemps les destinées du monde? S'il est vrai que l'Empereur ait eu un moment la volonté de restituer à Ferdinand Vil la couronne d'Espagne, ainsi que le duc de Cadore l'a déclaré aux agents du roi Joseph, comment se fait-il que cette idée ne lui revienne pas, quand c’est de cette question seule que le gouvernement anglais fait dépendre l’ouverture d’une négociation dans laquelleles deux puissances, ayant l’une et l'autre immensément à rendre ou immensément à garder, peuvent trouver tant de facilités à s'entendre en compensant soit leurs acquisitions mutuelles, soit leurs restitutions? A la vérité, quand l'Empereur a parlé de rétablir Ferdinand Vil, il ne songeait qu’à un prince complaisant de qui il obtiendrait sans peine les cessions de territoire aux- (pielles Joseph se refuse. Est-ce donc là l'obstacle i qui le retient? Sont-cc quelques provinces de plus I
qu'il ambitionne pour étendre encore les limites de son empire? Est-ce un trùne de plus qu'il tient à garder dans sa famille? Combien il est affligeant que ce soit l'une ou l'autre de ces pensées, où toutes deux ensemble, qui s’élèvent entre Londres et Paris, lorsque déjà tant de circonstances doivent faire sentir à l'Empereur que si, en ce moment, la Russie est encore avec lui contre l'Angleterre, bientôt elle sera infailliblement avec l'Angleterre contre lui!
C'est une remarque trop souvent reproduite, qu'au milieu du débat des grandes questions qui demanderaient, de la part des gouvernements, le plus de calme et de sang-froid, presque toujours il survient des incidents qui Jettent de l'aigreur entre les deux parties, et surtout chez celle qui se trouve le moins exempte do reproche. Cotte fâcheuse circonstance ne manqua pas aux «lémélés de la France el de la Russie en 18112. Dans la lettre que nous avons citée récemment, écrite le février au général Lauriston par le duc de Dassano, celui-ci parlait de menées auxquelles s'était livré à Paris M. do Czcrnichcf, pour se procurer des docunients sur l’état des préparatifs de la France. Ce que l’on savait, à la date du â'J février, des moyens auxquels avait eu recours ce colonel russe, n'offrait pas encore, à ce qu’il parait, un degré de certitude siiflisant pour établir ce grief coinnie irrécusable. La certitude fut complétée le lendemain de son départ, et la saisie d'un billet, oublié par lui dans l'appartcmcnl qu'il avait occupé, dévoila l’intrigue dans toute son étendue. Un employé des bureaux del’adminislralion de la guerre, nommé Michel, livrait, pour quelque argent, les états de situation de l'armée française, et c'était un nommé Custinger, concierge de l'ambassade de Russie, qui l'avait mis en relation avec M. de Czcrnichcf. Ce dernier avait quitté Paris le 25) février. Le 1®' mars, la police avait fait arrêter Custinger el Michel. Le Jour suivant, le bon cl loyal prince Kurakin s’adressait au ministère français pour le prier de faire rechercher son concierge dont il savait la disparition sans en connaître la cause. Ici nous trouvons une note rédigée le 5 mars pour être remise à cet amhassadcur; mais l'envoi en fut suspendu. Nous la rapportons parce qu'elle constate l'impression du premier moment.
uS. M. a été péniblement affectée de la conduite » de .M. le comte de Czernichef; elle a vu avec » éloimemcntqu'un homme qu'elle avait toujours » bien traité, qui se trouvait à Paris, non comme » un agent |>olitiquc, mais comme un aide de camp n de l’empereur de Russie, accrédité par une lettre » auprès de l’Empereur, ayant un caractère de » cuiiliancc plus intime même que celui d'un ani-
l'OLITigi K KXTÉRIKIIBE.
n bas&adcor, ait profilé de ce caractère pour abuser » de ce qu'il y a de plus sacré parmi les honimcs.
» S. M. se Qaltc que l'empereur Alexandre sera ■ aussi pcmbicmcnl afTcclc qu'elle -même de rc- » coiiiiattro, dans la conduite de M. de Cxernichef, n le rôle d’un agent de corruption également conn damné par le droit des gens et par les lois de m l'honneur.
I» S. M. l'Empereur sc plaint que, sous un litre » qui appelait la confiance, on ait placé des espions » auprès de lui, et en temps de paix, ce qui n'est » permis qu'à l'égard d’un ennemi, et en temps M de guerre; il se plaint que les espions aient été » choisis, non dans la dernière classe de la société, I» mais panni lea hommes que leur pusitiun attache » aussi près du souverain, n
Probablement celte note, qui oiïrc toute la chaleur du premier moment, et qu'avait dictée la colère de l'Empereur, lui aura paru à lui-rnéme devoir produire une fâcheuse irritation ; clic resta dans le portefeuille du ministère, et, le 36 mars seulement, une lettre du duc de ilassano au prince Kurakin exprima une partie des mêmes idées, mais dans des termes beaucoup moins vifs. Le début de ecUe lettre fait voir que la note rédigée le 3 n'avait point été envoyée : «J'ai différé, disait le n ministre français, de répondre à la lettre que I» vous m'avez écrite le 3 de ce mois, ne pouvant n pas croire qu'uii officier qui apparlieiit à S. H. » l'empereur, qui est attaché à sa personne en quan lilé d'aide de camp, qui était venu à l'aris comme n riiitermédiaîre de la correspondance directe des » deux souverains, ait pu se prêter au rôle qu'on n lui fait jouer. Cela est, à mes yeux, hors de toute N vraisemblance. Permettez que je m'abstienne de « toute explication jusque après le prononce de la H cour impériale qui est investie de l'alTaire dont H U s'agit. Il Les nienagemeuts observés dans cotte nouvelle rédaction la rendent sans contredit préférable à la première. D'ailleurs le délai même de la réponse était une détermination sage,*puisque le cours des événements pouvait faire riallrc des motifs pour atténuer l'éclat de la procédure dont s'occupait la cour impériale. Aucun motif de ce genre n'étant survenu, l'employé infidèle fut frappé parla loi, et le nom des provocateurs russes, qui l'avaient conduit au crime, subit la flétrissure de la publicité.
Dans l'intervalle du 2 au 36 mars, le prince Kurakin, tout à fait étranger aux intrigues de M. de Czernichef, ayant rappelé au ministère français qu’a Tilsilt on lui avait promis le grand cordon de la Légion d'honneur, i'Empereur s'empressa de le
' Lettre du général Lauriston, du 13 mars.
lui faire remettre, saisissant avec plaisir celle cir- I constance particulière, où un autre agent de Russie lut offrait de si justes sujets de plainte, pour donner à cet ambassadeur un témoignage de la justice qu'il rendait à la droiture de son caractère. C’était aussi une manière de faire sentir à l’empereur Alexandre qu'il tenait toujours sincèrement aux souvenirs de cette époque, à laquelle il voudrait encore que l’on pût se replacer de part cl d'autre.
Tandis qu'à Paris la conduite de M. de Czernichef donnait lieu à de fâcheuses enquêtes, cet officier, arrivé à l'élcrsbourg le 13 mars, avait remis à l'empereur Alexandre la lettre de Napulcuii, et : rempli le message verbal dont il était charge. Il ; SC louait beaucoup de la bienveillance et des égards f qu'on lui avait témoignés en France, et se montrait persuadé qu'en réalité l'empereur Napoléon avait ^ un désir sincère de maintenir la paix. « Ce qui est I ■ embarrassant, disait-il c'est de faire rctro- » grader les trou)>e$ des deux empires. >• Le comte de Romatizof ne désespérait nullement de la pos- . sibililé d'un accord. Il pensait que, « même sur le j » terrain, on pourrait encore s'expliquer, n Dans j une conversation qu'il avait eue avec le général j Laurislou quelques jours a^uparavant, il s'était { plu à rappeler que. l'annce précédente, l’empereur Alexandre lui avait dit un jour : « Je vous ai l'o- I n bligalioii que ta guerre ne soit pas commencée. ■ Si j'écoulais ceux qui m'entourent, j’attaquerais, t» ou plutôt j'aurais attaqué depuis luiiglenips. » Ce propos et d'autres semblables sont autant de circutislances qui confirment ce que nous avons dit précédemment, que, dans les premiers mois de 1811, l’Auniicrcur Alexandre avait eu. momen- (anémenl au moins, la velléité ou même le projet d'une brusque irruption en Prusse cl dans le duché j de Varsovie.
D’après tous les documents que nous avons cités, cl particulièrement d'après les IcUres de l'Empereur et de son ministère dans les deux premiers mois de 1813, il nous semble démontré que. sans désirer la guerre, mais résolu à la faire s'il ne peut autrement atteindre son but, Napoléoti aurait surtout à cœur de pouvoir arriver à l'arrangcmcnl qu'il désire avec la Russie par le déploiement de rimmensité de forces qu’il peul faire agir contre clic. De là, selon nous, raffcclation qu'il met à présenter la France entière sous les armes, la France colossale, telle qu’il l’a faite, s'étendant du fond de l'Italie jusqu'à Hambourg; de là les rapports qui lui sont présentés par les ministres des affaires étrangères et de la guerre, la commu- I nication ^ de ces rapports au sénat, et la propo-
' * Séance du 10 mars.
CllAHTRE XXXIIl,
sition des mesures à prendre pour une guerre éventuelle conformément aux conclusions de ces ministres, mesures auxquelles, dans les temps anterieurs, il n’avail généralement eu recours qu’apres une manifeste impossibilité de maintenir la paix. Sans contredit, avec une volonté arrêtée de faire la guerre, toutes ces précautions eussent aussi été nécessaires, et sûrement l'Empereur ne les aurait pas négligées.
Nous l'avons fait remarquer plus d'une fois, et ce point n'est pas douteux , dans tous les débats de la France avec la Russie , il n'y a réellement qu’une question importante, celle des neutres, ainsi que le proclame sans cesse le gouvernement français. Celte question est véritablement la seule qui le préoccupe. Aussi forme-t-elle le texte presque unique du rapport du duc de Uassano à l'Empereur. TVabord le ministre remonte au principe j reconnu à la paix d'Utrccht par l'Angleterre ellemême, que le pavillon couvre la marchandise; ensuite il récapitule les efforts constamment faits depuis pour le triomphe de ce principe, devenu la base du traité de Tilsilt et de l'alliance des deux empereurs. Les décrets de Derlin cl de Milan ont déjà produit les plus importants résultats. Le succès definitif est assuré, si le continent en poursuit de bonne fui la rigoureuse application. L'Empereur est résolu à ne pas s’en désister. <> Les ports n du continent, dit le duc de Bassano, ne doivent » s’ouvrir ni aux pavillons dénationalisés, ni aux M inarcbandises anglaises.
n II ne faut pas se le dissimuler : pour main- » tenir sans atteintes ce grand système, il est nén cessaire que Votre Majesté emploie les moyens » puissants qui appartiennent à son empire, cl » trouve dans scs sujets cette assistance qu'elle ne >• leur demanda jamais en vain; il faut que toutes » les forces disponibles de la France puissent se n porter partout où le pavillon anglais et les pa- » vidons dénationalises, ou convoyés par les bà-
» timents de guerre de l'Angleterre, voudraient » aborder. Une année spéciale, exclusivement » chargée de la garde de nus vastes côtes , de nos n arsenaux maritimes et du triple rang de forlen resses qui couvrent nos frontières, doit répondre » à Votre Majesté de la sûreté du territoire confié n à sa valeur et à sa fidelité; elle rendra à leurs » belles destinées ces braves accoutumés à combatn Ire et à vaincre sous les yeux de Votre Majesté » pour la défense des droits politiques et la sûreté » extérieure de l'empire. »
A In suite du rapport du ministre des affaires étrangères, et pour répondre aux intentions de l'Empereur exprimées par ce ministre, venait le rapport du ministre de la guerre présentant l’organisation de l’armée spéciale qui devait être chargée de la garde du territoire, « tandis que les années » actives pourraient aller au loin faire éclater la foun dre impériale partout où les dominateurs des mers » trouveraient des auxiliaires ou des complices. »
Le ministre proposait la distribution en trois bans de la garde nationale. Le premier ban devait se composer des hommes de vingt à vingt-six ans appartenant aux six dernières classes de la conscription; le second ban, de tous les hommes valides depuis vingt -six jusqu’à quarante ans; enfin l'arrière-ban, de tous les hommes valides de quarante à soixante.
Le sênulus-consulte qui établit ce régime mil à la disposition du ministre de la guerre cent cohortes du premier ban, c’est-à-dire, une centaine de mille hommes dans la force de l’àgc. On se réservait de pourvoir plus tard à l'organisation du second cl de l'arrière-ban.
Par le langage de ses ministres et par l’adoption de semblables mesures, l'Enipereur semblait prendre en quelque sorte l'engagement public de faire la guerre, s’il ne trouvait pas ailleurs des dispositions à un accord complet de vues ot d'action sur la question de la neutralité maritime.
l'OLlTIQUE EXTERIEL'RK.