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CHAPITRE XXXIV

(Uil)

une espèce d’aiïcctalion, <le loulcs les babiladcs de ' mesure et de réserve sous l'un et Paulrc rapport, i afin de rendre plus sûrement impossible toute vei' • léité de rapprochement. Si, vu la situation res> | perlive des deux empires, la nature des demandes que la note russe présente doit |»araltrc exagérée, inouïe, rexpression répond à la pensée; le ton est élevé, tranchant, impérieux même, et il est mani* Teste que. le jour où l'nn a cru devoir parier ainsi, on avait décidé la guerre. Après un préambule ayant pour objet de préparer ce qui allait suivre, le priuce Kurakin articulait les demandes de sa cour : «> Il m’est ordonné de déclarer à Votre Excel- » lencc que la conservation de la Prusse et son » indépendance de tout lien politique dirigé contre i> la Russie sont indispensables aux intérêts de » S. M. I. Pour arriver à un état de paix arec la » France, il faut nécessairement qu’il y ait, entre » elle et la Russie, un pays neutre, qui ne soit oct> cupé |>ar les troup(‘s d'aucune des deux puis>

» sauces; que, comme toute la politique de S. H.

» l’empereur mon maître ne tend qu’à établir des Il rapports solides et stables avec la France, et que n ceux-ci ne sauraient subsister tant que des troun pes étrangères continueraient à séjourner dans H une telle proximité des frontières de la Russie, la U pretnière hase de toute négociation ne peut être » gue t’engagewent formel de l'entière étacuaiion » des États prussiens et de toutes les places fOries n de la Prusse, quels qu'aient été l'époque et le » fondement de leur occupation par tes troupes H françaises ou alliées, d'une diminution de ta » garnison de Dantzig , de l’éracuation de ta PO'

» méranie suédoise et d'un arrangement arec le n fiO( de Suède, propre à satisfaire réciproquement \ » les deux cOMronnes de /'rance et de Suède.

n Je dois déclarer que, quand les demandes ci>

» dessus énoncées seront accordées de la part de » la France comme base de l’arrangement à con* n dure.... cet arrangement pourra contenir lesenn gagcmciils suivants :

» $. M. est prèle à convenir avec S. H. l'empe- » rcurdes Français.... d’un système de licences à » introduire en Russie;

n A traiter de certaines inodiflcatîons que la H France pourrait désirer, pour l’avancement de » son commerce, dans le tarif des douanes de la » Russie en 1810;

I» A s’engager de conclure un traité d’échange K du duché d’Oldenbourg contre un équivalent » convenable, et dans lequel S. M. déclarera re- » tirer la protestation qu’elle a été dans le cas de » donner pour mettre en réserve les droits de sa )» maison sur le duché d‘üldenl>ourg.

» Telles sont, Monsieur le duc, les bases qu'il

» m'a été ordonné de présenter ici. cl dont l'ad> n mission, dans ce qui regarde l'éracuation des » Étals prussiens et de la Poméranie suédoise,

» la réduction de la garnison de Dantzig sur te » pied où elle était avant le 1*'>aRP<er I8l \ , et la n promesse d'une négociation avec la Suède, peut ti seule rendre possible encore un arrangement » (‘Dire nos deux cours. »

il serait superflu d'aller Ici au-devant des réflexions que fait naître une pareille déclaration de la part de la Russie. Napoléon <»ccupe les places fortes de l’Oder en vertu des conventions qui ont suivi la paix de Tilsilt ; il a envoyé en l'russe d'autres troupes en exécution d’un traité d'alliance conclu entre le roi Frédéric-Guillaume et lui; il a fait entrer des troupes dans la l'urncraiiie suédoise pour y empêcher l'introiluclion des marchandises anglaises. Scs armées, mises en mouvement comme représailles des rüssimiblenieiils des armées russes dans les provîiiros lilbuanicnncs et sur la frontière du duché de Varsovie, sont échelonnées sur l’Elbe, l'Oder et la Vistule; et tout à coup une puissance s'élève, qui lui déclare que, pour base de toute négociation , elle exige, comme préalable absolu , la relraile immédiate de scs armées, l’évacuation des places fortes de TOder, de tous les Étals prussiens et de la l’ouiéraiiie suédoise ! Napoléon est vaincu : jamais il n'est allé jusqu'à tenir à aucune puissance un aussi superbe langage.

Le 21 avril, rem}M‘icur Alexandre, apres s’ëtrc rendu, selon Tusage , à réglisc de Casao, avait quitté Fétersbourg. et s'étaît mis en roule pour M iliia. Le départ de ce prince, suivant M. de Romaiixor, était iiiolivé par la nouvelle parvenue au cabinet, que les troupes françaises venaient do dépasser Ribing et se portaient sur Kœtiigsberg. L'empereur Alexandre mettait beaucoup d’importance à empêcher que ses généraux lissent aucun mouvement qui pût être regardé comme une provocation. M. de Roiiianzof, devant partir deux ou trois jours après, annonçait que, pendant son absence, il serait remplacé à Fétersbourg parle comte bollikof. Toujours disposé à croire un arrangement possible ou atrcclant celle croyance, le chancelier cxprimail encore, le 22 avril, l’espérance de voir à chaque irisiaiilarrivcr quelque courrier de Paris : •I Je voudrais bien, disait-il au général Lauristoo , » que vous fussiez chargé de proposer une entre- » vue. 1* A Paris, on parlait également du départ prochain de l'Empereur; mais le jour n'en était pas encore tlxé.

Indépendamment du long mémoire du duc de Bassano, adressé à M. de Romanzof, et pour en I accompagner l'envoi, l'empereur Napoléon écrivit, le même jour 2$ avril, à l’empereur Alexandre une

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POLITIQUE EXTEIUEURE.

lettre conçue dans les termes suivants : « Monsieur >• mon frère, ajant lieu de penser que V'olre Malt jesté a quitté Saint-Pétersbourg et que le comte Il Lauriston n'est plus auprès d’elle, je charge mon i> aide du enmp, le comte de Narhoiiiic, de celte Il lettre. 11 sera en même temps porleiir de com- •I muiiicatioiis importantes ptmr le comte de Unit manzor. Pilles prouveront à Votre Majesté mon it désir d’éviter la guerre cl ma constance dans n mes sentiments de Tilsitt et d'Erfiirt. Toutefois )t Votre .Majesté me permettra d’assurer que, si la >t fatalité devait rendre la guerre inévitable entre » nous, clic ne cbaiigerait en rien les sentiments it que Votre .Majesté m’a inspirés et qui sont à it l’abri de toute vicissitude et de toute altération, it Surcc, etc. ti (iomme M. de Narbonne, que l’Empereur désignait pour porter celte lettre, se trouvait alors à Berlin, le. duc de Ras.sano lui lit connaître la mission dont il était chargé. » Votre i Il mission, lui écrivit-il, a un but politique et un Il but militaire. Pour atteindre l’un cl l'autre, vous >1 devez rester auprès de l’cmperCur Alexandre | tt aussi longlem|)S qu’il vous sera possible. »

Pin ce qui concerne le but politique de sa mission, son rOle était de parler beaucoup des dispositions paciliques de rKinpereur,.dc son désir d’éviter la guerre, mais il devait rcpcndanl se tenir dans des termes généraux. En lui recommandant celle réserve, le duc de Bassano lui en donnait les raisons : « Vous ne connaissez pas assez les faits Il pour entrer en discussion avec l’cnipcrcur Âlcxnn- II dre, qui les connaît très-bien. » Au reste, ajoutait ce ministre, il n’y a qu’une question imporlanle, « c'est la question des neutres et du Il commerce anglais. L’Angleterre ne reconnaît pas Il de neutres sur les mers. Nous^ ne pouvons pas n reconnaître, comme neutres sur terre, les puis- 51 sauces qui reçoivent des pavillons dénationalisés Il et laissent violer leur pavillon. Ces principes ré- II sultenl évidemment du traité de Tilsitt. n Tandis que ce messager français va s’acheminer vers l’empereur Alexandre, le prince KuPakin, par une note ‘ du 7 mai, presse vivement 'te duc de Bassano de répondre à celle qu’il a remise le 50 avril. Celte seconde note, par la nature des déclarations qu’elle renferme , mérite aussi que nous rapportions les passages qui en conslalelit le véritable esprit : « Il s’est écoulé près de quinze * jours.

Il disait l'ambassadeur , depuis que je luç suis ac- II quitté des communications que mes dernières Il instructions, apportées par le baron Serdobine,

Il m’ont enjoint de faire à Votre Excellence, et que

' 27 avril, slylc russe.

' O p,-iss:i(je s’explique par In connminicnlion conti-

n je me suis empressé de mettre sous scs yeux deux

» heures après leur réception Jamais circon-

II stances plus urgentes n’ont autorisé plus juste- II ment un désir et des instances pour recevoir une Il prompte solution. Cependant, .Monsieur le duc, n je suis encore toujours à ratlcndrc... il est im- '• possible de se dissimuler les funesles effets que

I vont entraîner des délais Le seul moyen qui

n |ieiit épargnera l'Europe les malheurs qui vont <1 s’a|)pcsantir sur elle, était dans l’acceptation des

II ofTres concilianles que l’empereur mon maître Il m’a chargé de présenter.... Je dois vous prén venir, .Monsieur le Duc, que si, dans la confé- II rcncc qu’cllc a fixée avec moi pour demain n matin , j'avais le regret de la trouver sans inn striictions de la part de .S. .M. I. et R. pour me ré- II pondre sur mes propositions et pour m’aniion- II cer (lu’elles sont acceptées sans modification, car Il yolre Excellence sait qu'il no m'est point permis Il d’en admettre aucune, je me verrai, parle départ Il de S. M. l'empereur et roi, annoncé pour après- II demain, cl qui ne me permettrait plus d'espérer Il la réponse que je réclame, dans la nécessité d’en- II visager le manque de celle réponse comme ta Il choix de la guerre, et de considérer alors ma pré- II sencc à Paris comme tout à fait superflue; et Il ({u'avcc un profond regret de n’avoir pu conlrin buerau maintien dccette paix et de cette alliance. Il à rétablissement desquelles le plus grand bon- II heur de ma vie est d’avoir participé, je serai forcé ■1 de demander à l'olrc Excellence mes passe-ports Il pour (piitter la France. Je la prie d'avance bien Il instamment d’obtenir les ordres de S. M.l.clK. Il pour pouvoir alors me les remettre sans délai. » Les faits ici parlent d’eux-mémes. Les propositions

I russes sont ini|)érativcs, irrévocables. Quel que fut le ton de la note du 50 avril, un eût dû croire encore qu’il pouvait rester une voie ouverte à quelque accommodement; on sc Ocrait trompé. Si tel est en général l’usage dans toutes les relations entre les gouvernements, la Russie n’en est plus à de pareils ménagements avec la France. Elle a signifié scs condilions; c’est sans modification qu’elles doivent être acceptées. Il n'est pas permis à sou ambassadeur d’en admettre aucune. En différant de lui répondre, on annonce par ce silence le choix de la guerre, et l’ambassadeur est forcé de demander ses passe-ftorls. C’est en 1812, c’est à Napoléon que l’on parle ainsi au nom de l'empereur Alexandre! Laissons de célé pour un moment ce qui a conduit l'Europe à la situation où elle se trouve. Au lieu du plus habile des guerriers, du

(Iriitivllc (laniK’p, le 24 avril, au duc de Bassano, par le prince Kurakiii.

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