CHAPITRE XXXIV
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Toutcfuis cc n’était pas des tentatives, faites par i la voie si éloignée de Pétersbourg, que l'empereur > Napoléon attendait alors un résultat prochain. La j chance principale dont il se promit encore quel- i que elTct, était la mission de M. de Narbonne à ! Wilna, et il attendait, non sans anxiété, le retour de cet agent comme devant faire cesser tous les doutes, et mettre à nu la vérité de la situation. Il ne se trompait pas. Le SI8 mai , H. de Narbonne arrivaità üresde; ilavuittrouvél'cmpereur Alexand»e sérieux niais calme, sans jactance comme sans abattement, mais nullement disposé à revenir sur ses précédentes résolutions. Ce que ce prince a fait, il le maintient; une réponse du comte de Uomansof à la note du duc de Bassano du 25 avril, non-seulement laisse subsister, mais confirme les instructions données au prince Kurakin , ce qui équivaut à un rejet formel de tout accommodement. U S. M. l'empereur, écrit M. de Romansof, n aimant à prouver combien elle a à cœur d'éviter » tout ce qui pourrait apporter, dans scs relations » avec la France, un caractère d'aniiiiosité et n d’aigreur nuisible à leur conservation , m'orn donne de ne point réfuter encore les griefs que | » vous avci allégués, et de ne pas relever des as- ; » sériions qui reposent pour la plupart sur des » faits dénatures ou sur des suppositions gratuites.
» Les dépêches adressées au prince Kurakin par » le baron de Serdobine ont en partie répondu n d'avance à toutes les accusations.
» Malgré les mouvements menaçants des armées n françaises, tout chez nous se trouve encore dans » le même état qu'au départ du dernier courrier, n En cffcl, pas un homme ii’esl entré en Prusse ni n sur le territoire du duché de Varsovie, cl aucun !> nouvel obstacle n’cnlravc , de notre part, le n maintien de la paix. Au contraire, les dernières » instructions que le prince Kurakin a reçues four- | » nisscnl tous les moyens de terminer nos düTé- ; » rends et d'entamer cette négociation que votre | » cour a désirée.... » Ces traits si décisifs de la réponse de M. de Romansof ne laissent plus lieu à aucune incertitude. Du moment que le cabinet russe présente les instructions données au prince Kurakin comme fournissant tous les moyens de terminer les dilTércnds entre la France et la Russie, ou en d’autres termes, du moment que la Russie persiste à sommer Napoléon d'évacuer les places de l'Oder, les États prussiens tout entiers, et la Poméranie suédoise, comme préalable de | toute négociation, il est évident que la guerre ne i peut plus être évitée. Certes, notifier à un ennemi i qui a sous la main plus de troiscent mille hommes, ‘ qu’on ne veut rien entendre , rien écouter de sa part , à moins qu'il n'ait reculé de plus de cent
lieues, c’csl-à-dirc, à moins qu'il n'ait obéi à l'ordre d’un maître, et tremblé devant le danger de lui déplaire, c’est bien la déclaration de guerre la moins équivoque qu’il soit possible de faire, et cetto déclaration si hautaine, c'est à l'empereur Napoléon qu'elle s’adresse!
Le temps des délais était passé ; puisqu’il fallait finir par la guerre, déjà trop de temps avait été perdu. Le lendemain de la réception de la note russe, le 29 mai, l'Empereur quitta Dresde ; le même jour il était à Glogau et, le 50, à Posen.
Ce fut dans cette ville que lui parvint le rap|)ort du duc de Bassano, cité dans le chapitre précédent, et renfermant le dernier mot du prince royal de Suède, apporté par son consul, M. Signeul, à Dresde, au moment même où l'Empereur venait d'en partir. Cc dernier mot, comme on l'a déjà vu, c'était la Norwége avec un subside. L'une et l'autre demande blessaient l'Empereur. Le subside ! c’était le rançonner, le traiter à la turque. D’ailleurs, s’il devait se faire des alliés avec de l’argent, l’Angleterre n'élait-cllepas toujours là pour renchérir sur lui? Quant à la Norwége, ira-t-il enlever cc royaume au Danemark, parce que Bcrnadotlc s’est mis cette idée en tête? Que celui-ci songe bien plutùl à Pétersbourg qu’il peut avoir à sa discrétion; qu’il marche quand ses deux patries le lui ordonnent. S’il hésite, qu’on ne me parle plus de cet homme. <• Répondez à M. Sii> gneul, écrivit i'Eiupr''<‘ur au duc de Bassano, » que je n’achèlcrni..p.inu. un allié douteux aux n dépens d’un allié lidèlc. » La politique, en cette circonstance, commandait-elle à Napoléon de sacrifier le Danemark au besoin de s'assurer la Suède ? Nous l'avons déjà dit, la honte du sacrifice n’eût pas été compensée par la certitude d'un grand avantage. Engagé avec la Russie par son traité du 2i mars, Bernadotle ne se serait pas déclaré immédiatement et avec éclat contre elle; il eût temporisé, et comme la marche des événements fut extrêmement rapide, maître du choix entre les deux alliances, il se serait prononcé pour celle qu’eût secondée la fortune. Dans la proposition portée par M. Signeul; on peut douter qu’il eût même un autre but.
De Posen, l’Empereur se rendit à Thorn et ensuite à Dantzig, où le roi de Naples vint le rejoindre. On eût dit qu'il n’avait pas encore abandonné tout espoir de quelque incident favorable. «Quinze » journées de marche, disait-il, nous séparent en - » core des Russes; d’ici l.i Laurislon penl-ètre » obtiendra quelque explication. » Cependant, pour l'hypolhèsc plus probable que I.auriston n’en obtiendra aucune, le duc de Bassano, par une lettre datée de Thorn le 12, lui prescrivait