CHAPITRE VIL
POI.ITIQUF. F.XTÉRIKDRE.
DiTttlARK. — ICSSIB. — crEBHE DE mLARDB. — ftV*COATI05 DC rOETCCAL. — tTiCOATCOR DE LA rtCSSE.
Sincérité des rapports de la France et du Danemark. — Tr.iiié de Fontainebleau. — Mesures de la Russie contre l'Angleterre. — Sommation Faite A la Suède par la Russie, d’accéder A l'alliance continentale. — Proclamotion des Russes A leur entrée en Finlande. — Succès des Russes suivis de revers. — Fautes du roi de Suède. — Arrestation du ministre de Russie A Stockholm. — Protestation du corps diplomatique contre rette arrestation. — Déclaration portant réunion de la Finlande A la Russie. — Reproches de Gustave IV A renipereiir Alexandre. — Déclaration de Ruerre du Danemark A la Suède. — Déniélés de Gustave IV avec le |]énvral an(;lais Moore. — Départ des troupes et de la flatte anglaises. — Lenteur de la France A seconder la Russie contre la Suède. — Défection des troupes espagnoles en Danemark. — Imprévoyance du maréchal prince de Ponte Corvo. — Embarquement des troupes espagnoles sur une escadre anglaise. — Succès des Suédois contre les Russes. — Défaites des Suédois et armistice. — Reddition aux Anglais de la flotte russe A Lisbonne. — Gouvernement paisible de Junot en Portugal.
— Défection des troupes espagnoles A Porto. — Insurrection de cette ville. — Miracles portugais surpassés par la chimie Française. — Envoi d'un corps anglais A la Corogne. — Direction de ce corps sur les côtes de Portugal. — Débarquement des Anglais A l'embouchure du Mondrgu. — Bataille de Vimeiro entre Junot et sir Arthur Wcllcslcr.
— Négociatiou. — Convention de Cintra. — Mécontentement des Anglais sur cette convention. — Évacuation du Portugal par les Français. — .Situation de la Prusse. — Habile administration du baron de Stein à l'intérieur.
— Discuuion sur la contribution due par la Prusse, — Mauvais esprit de la politique du baron de Stein envers la France. — Création d’une disette factice A Berlin. — Imprudences de la cour de Kœnigsberg. — Lettres interceptées du baron de Stein. — Convention qui fixe In dette de la Prusse A 140 millions. — Occupation des forteresses prtiMiennes jusqii’A l'acquittement de 1a dette. — Articles secrets. — Démission du baron de Stein. — Convention signée A Bayonne entre l'Empereur et le roi de Saxe. — Rigueur de l’occupation française pour la Prusse.
De tous les gouvernements européens, celui qui, durant le cours tle la révolution française, a montré le plus de bonne foi ët de droiture, est le gouvernement danois. Matériellement faible, ce gouvernement a toujours eu le sentiment de son indépendance et de sa dignité. A la honte de la politique, sa loyauté lui a coûté cher. Fidèle à une noble cause, à In défense des principes de la neutralité maritime, sa capitale, déjà une fois bombardée sans être prise, en 1801, a été bombardée, prise et dépouillée en 1807 ; et les souverains, réunis en 181Ü, qui se prétendront les vengeurs de la justice, la violeront eux-mémes envers le Danemark, en lui enlevant la Norwége.
I^orsque l’Angleterre, en 1807, est venue sur-
' Traité de Fontainebleau du St août.
’ Lca agents danois étaient animés de l’esprit de leur gouvernement. Aussi l'Empereur disait-il, en parlant du
prendre ce gouvernement inolTensif, loin d'étre l'allié de Napoléon , c'était contre Napoléon qu'il montrait de la défiance, et il it'a été si facilement vaincu dans ses Iles dépourvues de toute force dé- ! fensive, que pour avoir tenu son année en observation sur le continent. L'agression a été odieuse, la victtiire cruelle ; et alors le Danemark a conclu une alliance ' avec Na|>oléon. Elle était naturelle, commandée par le devoir et l’honneur ; elle sera sincère
Dans les communications qui eurent lieu entre les cabinets de Paris et de Copenhague , relativement aux mesures à prendre contre le commerce anglais, le ministre danois, M. de Bernstorf, énonça une opinion fort juste, dont il eût été à désirer que
ministre accrédité auprès de lui : • Pour M. de Dreyer,
> il peut impunément me tromper. Je ne le croirai
> pas. »
rtaofl]
POMTIQirE EXTÉRIEI RE.
rappiicalinn fût immédialcment po5«ihlr. Il pensait que toute disposition partielle â ret égard avait i quelque chose de mensonger et de fau\ ; qu'il vaudrait beaucoup mieux que les puissances s'entendissent pour déclarer qu'ella ne reconnaUraient I plui de neutree. Au fond c'élail le vœu de l’Einpereur, et tel avait été le but du decret de Milan. | En déclarant dénationalisés les b^iimenU qui se soaniettaient aux exigences anglaises contraires au droit des gens, son intention était d'amener par là le gouvernement des États-Unis à prendre un parti contre l’Angleterre.
Dès le mois de janvier et de février, la France et le Danemark étaient convenus d'agir de concert pour seconder la Russie dans son attaque contre la Suède. Par suite de ce concert, le prince de Ponte Corvo, qui commandait une armée française dans If nord de l'Allemagne, envoya dans les lies danoises les troupes espagnoles, sous les ordres du marquis de la Romana, dont nous aurons bientôt à rapporter la défection.
Un autre arrangement d'interét commun fut fait aussi entre les deux gouvernements. 1/enlévcroent de la (lotte du Danemark par rAnglclcrre avait laissé les marins de ce pays sans occupation. La France, au contraire, avait des vaisseaux de ligne auxquels manquaient des marins exercés. L’Empereur proposa au cabinet de Copenhague de fournir un nombre suffisant d'ofliciers de tout grade et de matelots pour armer trois vaisseaux de ligne qui éiaient dans le port de Flessingue. L'offre fut acceptée, et elle devait l'ètrc. Quoiqu'ils montassent des vaisseaux français, c'était toujours leur pays que servaient les marins danois, car ces vaisseaux étaient destinés à croiser dans la Baltique pour y protéger le commerce de leur nation. Depuis le jour de l'alliance du Danemark avec l'empereur Napoléon, jusqu’aux jours de leurs communs revers, les deux gouvernements seront constamment dans un parfait accord, et so donneront, de part et d'autre, des témoignages d'une rare fidélité. Longtemps aussi la même fidélité subsistera entre Napoléon et Alexandre.
Pour ce qui le concerne, l'empereur Alexandre, dans le cours de 180B, en donna des preuves aussi éclatantes que pouvait le dé^rer l’empereur Napoléon, et des preuves de la nature qui convenait le mieux à la France. C'était l’adoption d'une série de mesures toutes dirigées contre le commerce britannique.
Dès la fin de novembre 1807, les propriétés an-
glaises en Russie étaient placées sous le séquestre. Dans les ports de la mer Noire et de la Crimée comme dans ceux du nord de l'empire, l'embargo avait été mis sur les bâtiments anglais.
Les Anglais ayant capture un bâtiment russe à bord duquel se trouvaient les membres du gouvernement > ionien, cl l’ayant conduit à Malle, l'empereur Alexandre déclara qu'il considérait comme otages ^ de ces prisonniers, tous les négociants I anglais qui résidaient dans scs États.
Un ukase communiqué ^ au sénat dirigeant lui notifia la défense faite {>ar l’empereur, <rim|Mjrter en Russie aucune marchandise anglaise, et l'ordre donné aux Uilimenls russes co Angleterre de revenir sans aucune cargaison.
Par une disposition ullcricurc, la défense d'introduire des marchandises anglaises fut étendue à toutes les denrées coloniales venant d'Angleterre, et, pour rompre toute communication avec ce pays, aucun l>àtimcii( venant d'un port anglais ne fut plus admis dans un port russe, lors même que ce bâtiment appartiendrait à une nation amie, et quoiqu'il ne fut chargé d'aucune marchandise.
Les négociants russes furent contraints à l'engagement de ne pas envoyer en Angleterre des bâtiments d'une nation amie, qui, en raison de ce qu’lis n'auraient pas été en Angleterre, auraient été reçus dans les ports russes; et toute expédition de marchandises russes devait être consignée dans des ports amis. Ces divers ordres furent expliqués par un autre ukase *, purlaiil <^ue tout produit anglais, de quelque espèce qu’il fût, qu'il apparllnl à l'Angleterre proprement dite, ou à ses possessions coloniales, était cüœpris*dans la prohibition.
Enfin, il fut déclaré ^ que les bâtiments venant de l’étranger et destinés pour des ports russes, devaient être munis de certificats d'origine constatant qne leur cargaison ne comprenait aucun produit de l'Angleterre, ni de 1a Suède, ni des colonies des deux Étals. La même précaution fut adoptée pour les importations par la voie de terre.
Pour prix de l'activité de son concours contre l'Angleterre, l'empereur Alexandre réclamait une compensation aux dépens des Turcs. Depuis l'entrevue de Tilsilt, un sentiment unique, exclusif, parait dominer à Pétersbourg, le désir du partage de l'empire ottoman. Pour faire diversion à cet impatient désir. Napoléon propose une expédition contre la Suède. Il se résigne à sacrifier la Suède dans l'espoir de frapper puissamment le moral des
• Les îles looiennes avaient été remisea par la Ruaaie à la France, en vertu du traité de Tilsiti.
• Février 1808.
* Le !•» avril.
* 17 juin.
* Ukase du 51 juillei.
loi
CIIAPITUE VII.
Anglais par la clôture immédiate de la mer Bal- (i<|ue. Malgré la satisfaction que la cour de Russie j éprouve de se voir encouragée à une guerre qui doit lui procurer une augmentation de territoire , | celte cour affecte d’y mettre peu d’empressement, et semble, en se livrant à cette expédition, ne faire qu’accomplir un des devoirs de l’alliance. Chaque fuis que l’ambassadeur de France prononce le nom ' de la Suède, on lui répond par le nom de la Turquie. {
Cependant l’expédition contre la Suède se prépare, et les déclarations officielles ont précédé les mouvements militaires. Le 24 septembre 1807, l’empereur Alexandre avait fait part au roi de Suède des sentiments de douleur et d’indignation que lui avaient inspirés les violences exercées par l’Angleterre contre le roi de Danemark. Il lui avait | rappelé les traités antérieurs, notamment ceux de I 1780 et de 1800, qui portaient, pour les trois puis- , sauces du Nord, l’engagement de soutenir le principe que la mer Baltique est une mer fermée, et de garantir celte mer de toute hostilité. Sur cette première notification , la réponse de Gustave IV | avait été une invitation à l’empereur Alexandre de ! s’unir à lui pour éloigner de la Baltique les trou- i pes françaises et rouvrir aux bâtiments anglais les i ports de l’Allemagne. Une seconde communication avait anqpnré au roi de Suède la rupture de la Russie avec l’Angleterre, et lui avait renouvelé les mêmes instances. Le roi , loin d'en tenir compte , s’était uni par un nouveau traite ‘ avec le gouvernement anglais. Une dernière sommation de la Russie pressa le cabinet de Stockholm de prendre un parti qui potlvail conserver l’harmonie entre les deux États, mais en lui déclarant qu'il fallait que ce parti fût adopté à l’instant même. Cette dé- ; marche n’eut pas plus de succès que les précéden- | tes. I.C roi de Suède prétendait que ce n’était pas j lui qui s’était séparé de l’empereur Alexandre, mais l’empereur Alexandre qui s’était séparé de lui. La question alors dut être remise au sort des armes.
Le général russe Buxhowden franchit, le 21 février, la frontière des deux Étals, et entra en Finlande par trois points différents. Deux proclamations d’une nature assez étrange furent adressées par ce ! général, l’une, sous la date de Friederiesham, aux ' habitants du pays*, l’autre, sous la date de Lovisa, I à l'armée suédoise. La proclamation aux habitants, ! après un exposé des griefs de la Russie contre la | Suède, leur annonçait que S. M. 1. se trouvait obli-
gée <1 de placer sous sa protection cette province et » d’en prendre possession , n afin de se procurer une garantie suffisante pour le cas où S. M. S. persisterait à rejeter les équitables conditions de paix qui lui avaient été proposées par la France sons la médiation de la Russie. Par la seconde proclamation, les soldats .suédois étaient ouvertement provoqués à la désobéissance. <> Soldats, disait le général » russe, mon gracieux maître m’a ordonné de pro- » mettre, à chacun de vous qui posera les armes, » qu’il aura la liberté de retourner chez lui, et que » de plus, on lui payera deux roubles par fusil, un n rouble par sabre et dix roubles par cheval. » Ces proclamations ne furent entendues ni par l’armée ni par les habitants. Cependant les armées russes furent d’abord heureuses. Les places de Tawastus, llelsingfors et la capitale du duché, Abo, furent bientèt prises. Dans celte dernière ville, la grande flotte des galères fut livrée aux Qanunes. La forteresse de Sweaborg, confiée à la garde de l’amiral Cronstedt^, qui avait jusqu’alors joui de la plus honorable réputation, capitula le 6avril, quoiqu’elle eût une garnison de six mille hommes, et des approvisionnements qui lui permettaient une longue résistance. Avec cette place fut perdue la flottille finnoise, consistant en soixante voiles de toute espèce. L’tle de Gothland et les Iles d’Aland furent prises dans le mois d’avril; mais, si les succès des Russes furent rapides, il y eut un prompt retour de fortune en faveur des Suédois. Ces mêmes Iles de Gothland et d’Aland furent reprises dans le mois de mai, et l’amiral Bodiskow fut fait prisonnier. Le général suédois Klingspor, qui commandaitl’armée de terre et s’était replié en bon ordre devant l’armée russe jusqu’à IJléaborg, prit à son tour l’offensive, et, renforcé par des paysans qui , en se joignant à lui , portèrent son corps à dix-sept mille hommes, il força les Russes à évacuer la Bothnie orientale dont il resta maître pendant les mois de juillet et d'auùl. La conquête de la Finlande, vivement disputée par un corps si peu considérable, aurait coûté extrêmement cher à la Russie, pour peu que Gustave IV eût su faire un habile emploi de sa vaillante armée, qui ne montait pas à moins de cinquante mille hommes, et des généreux sentiments de la population suédoise. Au lieu d'appliquer des forces suffisantes à la défense d’une province fidèle qui l’eùt vaillamment secondé, ce prince songeait luiméme à conquérir et il occupait vingt mille hommes, sous les ordres des généraux Armfeld et Wégésack, à une vaine entreprise contre la Norwége.
• la: 8 février 1808.
' Giitiave IV, dans un écrit publié en 1814, dit que les ' iasiruciioos données à cet amiral lui prescrivaient de !
défendre la forteresse à toute extrémité, et de faire brûler la flottille plulét que de la laisser tomber au pouvoir de l'ennemi.
rOUTIl^CE EXTÉRIEURE.
lOi
Sous (« rapport [mlitique, sa conduite n’étail pas * et qu'illa r^uiiil pour toujours à son empire.» moins imprudente que sous le rapport militaire. L'argument était faible et la conséquence un peu Le S mars, il avait, au mépris du droit des gens, large. Il n'est pasdéiuoiilré qu'une boutade d'un roi fait arrêter le ministre de Russie, M. d'Alopéus; indiscret, qui retient un agent diplomatique sous le 11 du même mois, il publiait un long manifeste ! garde militaire, suit un crime qu'il faille punir par contre la Russie ; enfln il consumait , en ridicules la confiscation du tiers de ses Élals; mais la force a discussions avec l'Angleterre, les mois de mars, de . une logique qui lui appartient, et elle n'est pas mai et de juin, sans tirer ensuite aucun parti d'un I difficile dans le choix des raisons. Ce langage d'ailcorps de dix mille hommes , que lui avait envoyé leurs était prématuré , car la Finlande n'était rien celle puÎMance. moins que conquise; mais, bonne ou mauvaise, une
L’arrestation de H. d'Alopéus était motivée par occasion s'élait oCTerle à la Russie pour làire coûte prince sur l'invasion de la Finlande sans dcdara> naître sa résolution. L'empereur se liàtait de la (ion préalable de guerre. Gustave étant alors à saisir, afin d'énoncer d’avance et d'assurer son Grtpsboim, son ministre des a£Taircs étrangères, titre, bien certain qu'il parviendrait, dans un délai M. d'Ehrenheim, n'avait en aucune possibilité de plus ou moins long, à la possession matérielle du prévenir celte mesure , dont l'exécution avait été psys.
confiée à l’autorité militaire. Un procédé de celte ' De son cblé , le roi de Suède, par le manifeste naturedevailexcitcrlesjuslesréclamationsdu corps qu'ilavait public peu auparavant contre la Russie, diplomatique. Le ministre de Danemark, comte de reprochait à l'empereur Alexandre de le combattre Moltkc, qui était encore à Stockholm, protesta de : déloyalement, le général en chef de Parméc imla manière la plus solennelle contre raltcinle portée ) périale ayant , pour conseil, un (mitre, le général à l'inviolabilité ducaraclère dont M. d*Alo|>éusé(ai( * Sprcngtporleii , et, pour armes principales, des révéla. I>a réponse du roi fui que la perfidie < du , moyens de corruption. !l rappelait que précédeiiicibiiictde Pétersbourg avait dépouille l'agent russe ment sa propre conduite avait été bien différente; de tous les privilèges attachés à son caractère pu- qu'il avait repoussé l'offre qui lui était parvenue blic. Après cette allégation de Gustave IV, les mi- par divers ageoLs français, de lui faire rt'couvrcr iiistres de Prusse et d’Autriche, MM. de Tarrach toutes les provinces perdues par la Suède du temps et de Binder, qui s'étaient bornés d'abord è des deCbarlesXlI, et que méincils'èlaitemprcsséd'iuprotestations verbales, remirent aussi des protesta- ! former la Russie de ces immorales propositions ; lions écrites, conformes à celle du ministre de Da- I que c'était par suite de scs liaisons avec celte nemark. j dernière puissance qu'il avait perdu scs |>roviuces
(^tle mesure, d'une violence sans utilité, était j allemandes, et que, s'il était aujourd'hui attaqué une faute dont profila la Russie. Une déclaration par l'empereur Alexandre, c'élail pour avoir été du 24 mars , après avoir exprimé les plaintes de i ion allié. fiC fond de ces reproches n’élait pas dénué l'empereur sur l’altcntal coiuinis coulre la dignité . de justice ; mais la témérité du roi n'en était pas de sa couronne, portail qu'au lieu d'user de repre- ! moins impardonnable. Elle n’eùt été digne de quelsailles, Sa Majesté avait prescrit à son minislèfe de j que excuse qu'autanl que ce prince , profilant du redoubler de soins et de prévenances à l'égard de I noble caractère do u nation, au lieu de se livrer si rambâssadeor de Suède. l.a vengeance était de bon | mal à proposé des pnijets insensés d'envahissegoùt, mais ce n'étiil pas la seule. Sans autre Iran- ment, eût réuni toutes ses forces pour la défense sition , la dcclaralion ajoutait : « L'empereur in- de son propre territoire.
» forme maintenant (ouïes les puissances que, dès Tandis quccelle lutte, dont les chances varièrent » ce moment, il regardela parliedcla Finlande, jus- un moment, était engagée dans la Fialamle. le roi » qu'à ce jour réputée suédoise, et que ses troupes de Suède projetait tout à la fois d'envabir la Séc-
» n'ont pu occuper qu'à la suite de divers combats, lande et de s'emparer de la Noraégc. Le gouver-
» coiuuic une province conquise par ses armes, | ncmcnl danois, qui connaissait ses iiKcntiuns, le
' Oo « préiendtiqu'iioedépécbf intmepiée, du rabinri dans des propositions qui sursirai été fâiies. parle marérusses M. dWlopéus, donnait s cel agent des ioslriMMioDS cfaal Bemadoite, k un oAcicr suédois, par M. Bouririuitsur des tentatives de corruption à faire auprès <le cer- ^ et le général Grau^jean à d'autres personnes. Rien de tains généraux sueduts. Si le fait était vrai, on avait tort moiiia ofiric) que de pareilles insinuaiions. Il n'y avait de ne pas lefisirif (-«>aitailre formellement; mais même , pas de Français qui, s'entretenant avec un Suédois pendansreras, î) eût été plus sage de renvoyer M. d’Alopéus * liant la guerre de ISOtl et 1807, ne fit sentir l'avanlage
et de ne pas se donner l'odieux d'une arrestation con- que la Suède aurait eu à s'unir à la France contre la
traire aux règles du droit di-i gens. i Ktistie, au lieu de se samPier p«>ur la Kitssic contre U
’ OllrulfreprèlendueeonBialail.seloiileroilui-mrmr, F i-aure.
CnAPITRE VU.
prévint en lui déclarant la guerre le 29 février. Cette déclaration , qui fut remise par le comte de Mollkc au cabinet de Stockholm, portait que S. M. le roi de Danemark, voyant à regret dans S. M. suédoise un ennemi masqué , adoptait en entier les résolutions de la Russie à l'égard de la Suède , et qu'il ne séparerait point sa cause de celle de l'empereur Alexandre.
Le roi de Suède, en sc dévouant aux intérêts de l'Angleterre, avait demandé que le corps d’arméo qui serait mis à sa disposition par cette puissance, fût pourvu de son artillerie de siège. Le projet de ce prince était d'aller attaquer le roi de Danemark dans sa capitale; mais probablement le cabinet de Londres était peu jaloux de montrer, pour la troisième fois, des lroui)CS anglaises devant Copenhague, où d'ailleurs il n'y avait plus de flotte à enlever ni à détruire. En accordant à Gustave IV un corps de douze mille hommes seulement, cc cabinet y mit la condition que cc corps ne serait point employé à une expédition en Séelande, et qu'il serait loisible à S. M. B. de le rappeler, si elle le jugeait à propos.
Lorsque la flotte qui portait ces troupes arriva devant Gothembourg, le roi, dont l'intention était de les employer par mer, avait défendu qu'elles fussent reçues à terre. Il fit proposer au général Moore qui les commandait, deux plans, celui d'une expédition dans la Finlande russe ou celui d'une expédition en Norwége. L'un et l'autre furent, sous divers prétextes, rejetés par le général anglais, l'our se mettre d'accord avec le roi sur la destination à donner à scs troupes, ce général sc rendit à Stockholm. Comme on ne parvenait point à s'entendre, il déclara, le 22 juin, qu'il les ramènerait en Angleterre, si l'ordre n'était pas à l'instant expédié de permettre leur débarquement. L'ordre ne fut point donné, et le général Moore sc vit retenu à peu près comme prisonnier par le roi qu’il venait secourir; mais le prisonnier s'échappa ; il regagna Gothembourg, et, le 5 juillet, la flotte faisait voile pour retourner en Angleterre.
Il y avait, de la part du gouvernement anglais, peu de générosité à envoyer seulement un corps de douze mille hommes au secours d'un prince qui seul n'avait point déserté son alliance, et que son impolitiquc fidélité pouvait conduire à sa perte. Encore cc gouvernement prenait -il d'extrémes précixutions pour que le corps auxiliaire ne fût point compromis. Cependant, avec plus de prudence, Gustave IV eût pu tirer de cc renfort, tout
' Leitre de Rayonne du 23 mai.
’ I.es agent* lubaltcrne* de celle négociation étaient un prêtre catholique , «atvoyé par le miniilère .iiiglais, cl
I faible qu'il était, un parti avantageux |)oor sa : sûreté contre le Danemark , qui d'ailleurs n’etait ' point prêt à l'attaquer, et , en faisant passer dans j la Finlande une bonne partie des vingt mille hom- ! mes inutilement employés à une fausse entreprise ' contre la Norwége, il pouvait, aidé du dévouement des Finnois, soutenir une glorieuse lutte contre la I Russie. Probablement il eût flni par succomber, mais du moins il eût illustré sa résistance, il l’eût prolongée; il aurait eu pour lui les chances du temps, et enfln il n’eût traité qu’à d’honorables conditions, respecté dans scs revers par ses sujets, et estimé par les étrangers.
La France, quoique invitée par le cabinet de Pétersbourg à porter une armée en Scanie, ne se pressait point de prendre une part active à la guerre du Nord. Cette guerre ne devant plus produire, par un prompt résultat , une forte impres- I sion sur l'Angleterre, Napoléon n'y attachait qu’un I médiocre intérêt, et n’eût pas demandé mieux que ! de la voir traîner en longueur. Son ambassadeur en Russie, M. de Caulaincourt, ne fit pas à temps ' cette réflexion ; il continuait à exciter le gouverne- ^ ment russe, et même par écrit, à un grand déploiement de forces contre la Suède. L’Empereur, i qui peut-être eût laissé passer sans remarque un j encouragement verbal, n’approuva pas des cxcita- I lions écrites, et manifesta nettement sa pensée sur I cette question.» Je n’ai rien<à gagner *, dit -il, à ! » voir les Russes à Stockholm. »
I Au reste, dans le moment où le général suédois , Klingspor obtenait en F'inlande de notables avan- I tages, dans les mois do juillet et d’août, non-sculei ment la F'rance ne menaçait point la Suède d'une invasion présente, mais un incident survenu à I l'avant-garde de l'armée française eût apporté du retard à cette invasion, si le projet en avait été I sérieux. L'avant- garde de l'armée française du Nord, c'était le corps espagnol commandé par le marquis de la Romana ; l'incident qui survint aux premiers jours du mois d'août, cc fut la défection de cc corps.
Dès que l'opposition d'une grande partie de l'F^s- I pagne à rintronisalion d'un prince français s'était I manifestée par un soulèvement presque général, des ouvertures avaient été faites au marquis de la I Romana, de Cadix et de Galice, comme de Lon- ' dres pour le rallier à la cause de l'insurrection. Le contre-amiral anglais Keats en avait été l'intermédiaire. Soit ambition, soit patriotisme, le marquis de la Romana avait les qualités nu les dé-
' don Rnfnel Loi>o, envoyé p.ir les dépnics de ta Galice et I des Asturies qui se Iroiivaicnl en Angleterre. Tor- I réno.
POMTKH'K EXTÉRIEURE.
faiils qae voulait la circonstance. Homme d’esprit, flairé, adroit plu» qu’il n'appartient peut-être à un noble caractère, il portait au plus haut point le désir de la célébrité. II est permis de croire que le rôle de Xénophon tentait son imagination aventu- | rcuse, et que l’idée de ramener ^ son corps de trou- ! pes en Espagne l’occupait depuis le moment où la querelle s'élait envenimée entre le parti français et le parti de Ferdinand VII, Pour mieux déguiser sa véritable intention , il avait paru embrasser le parti français ^ avec chaleur, comme étant celui de la gloire, de la philosophie et de la civilisation, et s'élait emparé ainsi de l'esprit du prince de Ponte Corvo, commandant français. Le moyen en avait été facile. 11 avait consiste à Qatler l’amourpropre de ce maréchal , très-jaloux de plaire aux j troupes qu’il commandait, et surtout aux troupes ! étrangères. Les intrigues du marquis de la Romana ^ n'avaient pas échappé à tous les yeux comme à ceux du prince de Ponte Corvo. Le commissaire du gouvernement danois auprès do l’armée française avait prévenu le prince, huit jours avant ; révéïicmeot, des relations du général espagnol | avec les Anglais, et des dispositions qu'il prenait pour leur livrer son armée. De Copenhague même, le ministre de France avertissait son gouvernement du mauvais esprit dont les troupes espagnoles étaient animées. Seul, le prince de Ponte Corvo ne voulait pas s'en apercevoir. Dans son orgueilleuse confiance, il avait rejeté avec dédain l'avis qui lui avait été donné, persuadé que les Espagnols j et surtout le marquis de la Romana, loin de vou- ' loir l'abandonner, étaicnlentièrcment dévoues à sa personne et à sa gloire. Grâce à cette inexplicable infatuation , le général e.spagnoi avait réparti ses troupes de manière â favoriser leur embarquement.
11 J avait R, 000 hommes en Fionie ; 4,000 hommes dans rtle de Langeland; S ou !I,0Û0 dans le JuUand ou en Séclande. Dons l’ile de Fionie où il SC trouvait lui-même, 1a Romana avait prêté et fait prêter, à ses troupes, Mrmcnl de fidélité au roi Joseph. Celles qui étaient cantonnées dans le Jutland n'usèrent pas de la même dissimulation ; elles refusèrent ^ avec éclat le serment qui leur était demandé, et le général Fririon, délégué pour le recevoirpar le prince de Ponte Corvo, eut beaucoup de peine à se soustraire à leurs violences : un de ses akies de camp y péril ; un autre fut grièvement blessé. Ce ne fut qu’à l'apparition de l'escaUrc du
' IMms une leUre Hii marquis de Ia Romans an rolorvH du de GuadalAxara, qui riait en Sêelanüc, on
lil CCS mots : tSof S$pmnoi y e*to muclla a tomar porte • tm lo3 ÿion'otot deati/nioê tUi la pntria. *
' IH-s le 17 juin, te marquis de In Romnnn «'riait em-
vice-amiral Hood devant Nyboi^ que le marquis de la Romana leva le masque. (Quelques bâtiments danois voulant s'opposer à l'approche des Anglais, ce général déclara qu'il prenait possession de Plie jusqu’au départ de la totalité de ses lrou|>es. Une partie de celles qui étaient dans leJulland vinrent le rejoindre en Fionie et s’y embarquer. Des vaisseaux anglais reçurent de même les corps qui étaient dans Plie de Langeland. Le prince de Ponte Corvo, arrivé trop tard , ne put retenir que des détachements assez faibles dans le Julland et la Séclande. On désarma cl on déclara prisonniers de guerre ce qui restait d'Espagnols dans ces deux Iles. Dix raille hommes de plus ou de moins sous les drapeaux français étaient une circonstance peu importante en elle -même; mais la défection d'un corps de troupes régulières, placé sous tes ordres d'un général français, annonçaK, dans la cause pour laquelle ce corps sc déclarait, une grande puissance de nationalité, puisqu'elle rompait le lien du serment et le lien peut-être plus sacré de la fraternité d'armes. Ce fut pour les insurgés et pour l'opinion ennemie de la France un renfort moral qu'il ne faut pas apprécier d'après le nombre des troupes défcctionnaires. Les imprudences ou les témérités du prince de Ponte Corvo, quelquefois heureuses pour son intérêt personnel, ont souvent été funestes à la France.
Dans le courant du mois d’aoùt, 1a fortune était favorable à ia Suède sur mer comme sur terre. L'amiral Kanickof, avec une flotte de vingt-quatre vaisseaux, avait essayé de bloquer, dans la passe des Vierges, la flotte suédoise; mais l'apparition d'une flotte anglaise, sous les orflrcs de sir James Saumarez, ayant décidé l’amiral russeà la retraite, la flotte suédoise, à laquelle se réunirent deux vaisseaux commandés parle contre-amiral Hood, poursuivit elaUeignit la flotte russe le ^aoOl. Celle-ci abandonna aux Suédois un vaisseau de 74 canons et se réfugia dans BaRisch-Purt où elle resta bloquée, par les flottes réunies de Suède et d’AngIcterre, jusqu’au 17 octobre. Alors seulement, profilant d’un vent favorable, elle put s'échapper et entrer à Cronstadl.
Après quelque temps d’inaction, l’armée russe, grossie par de considérables renforts, reprit dans le mois de septembre la supériorité qu'elle avait perdue dans les deux mois précédents. Deux affaires très-vives et très-sangkiiiles à Kartauna et à Ori-
pretM dp témoigner qu’il était prêt • à rcconnAÎtre te I • nouveau roi, à itii obéir... convAincu drs AvantAges que • n-jipagne devait retirer de m nouvelle constitution... •
I lettre du marchai liernmiotte- 1 M''aoàt.
CH.VHTBE VJI.
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«aïs ol^i^reiil l’armée suédoise à demander une suspeiisioti d’armes, qui fut accordée par le général Uuxho«dcn., mais qui ne fut pas ratifiée par i’em* percur. Forcés de se résignera de plus dures coU' tlilioiis, les Suédois consentirent à rcmcllre aux Busses toute ta province d'L'lcahorg. Un armistice sur cette base fut signé, à Olkiuki, le 19 novembre, et cette fors la ratification impériale ne fut pas refusée. Sur l’invilalion de i’cinpcreur Alexandre, des députations de la noblesse, du clergé et de l’ordre des paysans, se rendirent auprès de ce prince pour être entendues sur la constitution à donner au pays. Là SC terminent, avec l'année 1808, les événements de la Finlande.
I.e mois d’août qui avait vu, dans le Danemark, la défection du corps espagnol de la Romana ; dans la Finlande, rarinéc de (erre russe reculant devant les Suédois ; dans le golfe de Bothnie, la flotte impériale obligée à chercher un asile dans Ralüsch- Fort, d’où elle ne sortit ensuite qu'avec peine ; ce même mois avait ofTcrt, outre la rciraile de l'armée d'Espagne sur l'Èbre, rarmcc française en Portugal Irailanl avec les Anglais pour révacualion de ce royaume. Ce mois avait été fatal partout pour la France et pour la Russie. Il l'était, pour la Russie, à Lisbonne même, où s'était retirée la flotte russe de l'amiral Siiiiawin, qui fui aussi obligée de sc rendre.
Celte flotte qui, durant la dernière guerre, menaçait la Turquie dans la Méditerranée, avait, aussitûl apres la paix de Tilsilt, reçu l'ordre de retourner en Russie, liifurmé, pendant sa marche, de la rupture de son gouvernement avec l'Angleterre, cl supposant que le Portugal conservait sa neutralité, | l'amiral Siniawiii avait cherché un refuge à Lisbonne. Il y était arrivé presque en même temps I que l'armée française, en sorte que les Porlqgais i purent croire qu'il y avait eu accord entre lc.s deux puissances. Au lieu d'un État neutre, c'clail une puissance alliée qu’il rencontrait; mais ccl amiral et les oOiciers de la floUe, comme ceux des troupes de terre qu’elle portail, accoutumés depuis longtemps i l'alliance anglaise, avaient peu ür penchant < pour la France. Us regardaient la liaison d'Alexandre avec Napoléon comme l'écartd’unc imagination , exaltée, et ils supposaient que celte exaltation ne larderait pas à s'évanouir. D'apres celte disposition, leur présence à Lisbonne fut pour le général français plulùl un embarras qu'un secours.
Depuis que le général Juiiol avait, dans les derniers jours de novembre 1807, arlwrè le drapeau français à Lisbonne, son autorité s'était assez faci- ^ lement établie en Portugal, cl le pays allciidail avec calme que l'empereur Napoléon décidât de son sort. Devenu duc d'Abrantès pour récompense de son audace beureuse. le général Junol gouvernait ce
royaume au nom de l'Eaipercur, ayant pour instrnment administratif un ministère mixte composé de Portugais et de Français. Un pouvoir étranger ne peut guère sc défendre d’étre plus ou moins oppresseur; mais la discipline régnait dans l'armée, et l'esprit du gouverneineut tendait à alléger, autant qu'il dépendait de lui, les charges inhérentes à l'occupation militaire. Le clergé, dont l'influence est si puissante en cette contrée, avait le premier donné l'exemple de l'obéissance. Depuis trente ans, c’est un malheur attaché à la dignité de patriarche de Lisbonne, d'avoir souvent à préconiser des pouvoirs différents, et tous les patriarches n'ont pas eu, comme l'archevêque Nendoça, en 1807, l'excuse d'avoir du moins réclamé la soumission pour un homme extraordinaire, pour l'homme » des prodiges *, que lo' sièdea passés u'avaicot M pu deviner. » G2I an licviHfue et l'cvéque de Coimbre firent partie d<- la grande ilépulation envoyée en France afin de demander à l'Emperenr le maintien de l’cxisleoce nationale fiu P<irlugal et de rintcgralité de son territoire. Cette députation avait devancé l’Empereur à Rayonne. A peine arrive en ccUc ville, il la reçut, lui donna des paroles d'espérance, mais ne s’expliqua point sur le doute qu'elle avait le plus à ca^ur d'éclaircir, celui de l'avenir de ce royaume, b'eii expliquer eut été difficile pour lui, car la solution de ce qui concernait te Portugal devant $e lier plus ou moins directement à ce qui regardait l'Espagne, il était encore indécis sur Tune et l'autre quesliun.
L'incendie, allumé quelque temps après en Espagne, devait inévitablement jeter des étincelles en Portugal. Ce furent les troupes espagnoles qui. dans le Portugal mémo, donnèrent le signai de la désobéissance. Les dix mille Espagnols qui occupaient Porto et le voisinage de celle ville, ayant été rappelés eu Galice |>ar leurs compatriotes, arrêtèrent le général français qui les commandait, cl voulurent, avant de se retirer, rétablir les autorités portugaises. Telle était cii ce moment la force de ropitnon en faveur de la Frauce, que l'ancien gouverneur et les autres autorités repoussèrent le pouvoir qui leur était rendu, cl travaillèrent cllesméincs à le maintenir dans les mains du général français, dont elles eiigèreiil la délivrance. Ce succès moral ne pouvait pas être de longue durée. Un nouveau niuuveineiil éclata peu de jours après cl cul un tout autre caraclérc. De.s prêtres en étaient les principaux instigateurs; revèquede Porto, qui les dirigeait, fut déclaré gouverneur de la province cl président de la junle. Alors sc lit entendre le c ri d'indépendance pour le pays cl le rappel de I.1
' Paroir* d'ua mandeno'in de re pairiairh*.
POLITIQUE EXTÉRIEURE
maison de Rragance. La junte de Porto fut pour le Portugal ce qu'était celle de Séville pour l'Espagne. Presque partout ce furetit des moines qui fomentèrent les troubles, et on en vit ]>lusicurs marcher à la tète des rassemblements. Vainement le chapitre de l'église patriarcale de Lisbonne, placé sous la main du général en chef français, anathematisa la sédition et menaça d'excommunication majeure quiconque combattrait contre le grand Napoléon. Les paroles de paix, les menaces demeurèrent également sans effet.
A la nouvelle de la défection et du départ des troupes espagnoles qui occupaient le nord du royaume, Junol comprit le danger de sa position. Dans Lisbonne même et autour de la ville se trouvait une autre division espagnole, celle du général Carafa. Elle était composée de six bataillons d'infanterie, d'un régiment de cavalerie et de quelques troupes d'artillerie. Toute hésitation eût pu être funeste. En vingt-quatre heures, ces divers corps, que l'on sut aven adresse séparer les uns des autres, furent cernés, désarmés et disséminés sur des bâtiments dans le Tage, sons la garde de vaisseaux français. Cette mesure avait été commandée par la prudence la plus légitime. En ce moment, le général Junot n'avait auprès de lui qu'une force peu considérable. Outre qu'il était obligé de mettre des détachements dans un grand nombre de places pour tenir le pays en respect, il avait reçu de l'Empereur l'ordre d’envoyer quatre mille hommes vers Ciudad-Rodrigo pour appuyer le maréchal Bessièrcs , et quatre autres mille hommes vers Badajoz pour concourir, avec le général Dupont, à la conquête de l'Andalousie. Ces deux corps étaient en marche pour leur destination respective, et trouvaient devant eux des difficultés auxquelles ils ne s'étaient pas attendus, lorsque le progrès des insurrections dans le Portugal même obligea le général Junot de les rappeler. Ce ne fut pas sans peine et sans combats qu'ils opérèrent cette marche rétrograde. Le mois de juillet se consuma tout entier en alfaircs de détails où l'avantage restait toujours à la force disciplinée agissant par masses, mais où la fureur populaire poursuivait les hommes isolés, et, suivant l'exemple de l'Espagne , opposait à une guerre régulière la guerre des assassinats. Le châtiment de quelques villes, tel que la prise et le sac d’Evora, ne faisait qu'irriter la haine sans la contenir.
Comme en Espagne aussi, l'insurrection eut scs miracles. Sur l'autel de la cathédrale de Lisbonne, on trouva un œuf portant l'inscription : « Mora os M Francesos. « En ce genre, les Portugais s'adressaient à leurs maîtres. La chimie française ne fut pas en défaut. Dès le même jour, sur tous les mattre-
autels des diverses églises, on vit des œufs qui offraient l'inscription bien plus habilement imprimée : Il Fire rEmpereur. n Les révoltés en armes étaient moins faciles à vaincre que les faiseurs du miracles; mais la révolte elle-même n’eût pas été longtemps invincible, si une force étrangère n’eût puissamment accru ses moyens de résistance.
Les juntes espagnoles qui avaient, les premières, invoqué l’appui de l’Angleterre, étaient celles de la Galice et des Asturies. Cette puissance avait aussitôt répondu à leur appel par l’envoi à la Corogne d’un corps de dix mille hommes sous les ordres de sir Arthur Wellesicy. Cet officier général, qui sera un jour le duc de Wellington, était alors tout à fait inconnu, quoiqu'il eût fait avec honneur scs premières armes dans l'Inde et devant Copenhague. A son arrivée sur les côtes d'Espagne, la junte de Galice, en lui témoignant que ce n’était point d'hommes qu’elle manquait, mais d'argent, de munitions et d'armes, lui avait donné le conseil de faire voile vers le Portugal, où la présence du corps de troupes anglaises serait plus utile à la cause commune. Sur cet avis, sir Arthur Wellcsiey, s'etant dirigé sur Porto, y avait trouvé la population maltresse de la ville et soulevée contre les Français. Après quelques conférences avec l'évéque président de la junte, sur les renforts qu'elle pourrait lui fournir, et voulant s’assurer s'il convenait de sc présenter devant le Tage, il sc rendit |>ersonnellcmeiit auprès de l’amiral sir James Cotton, qui croisait â la hauteur de Lisbonne. Là il apprit qu'il pouvait disposer d'un corps de six mille hommes sous les ordres du général Spencer, offert à la junte de Séville par sir Hew Dalrymple, gouverneur de Gibraltar, mais dont celle junte avait, depuis la capitulation de Baylcn, déclaré n’avoir pas besoin. L'embouchure du Mondégofutle point indiqué par l’amiral Cotton, comme le plus favorable au débarquement-des troupes anglaises , et ce Rit là effectivement que , le 30 juillet, sir Arthur Wellesley mit ses troupes à terre. Presque aussitôt arrivèrent sur ce même point, de Cadix, les six mille hommes commandés par le général Spencer, et d’Angleterre, un peu plus tard, le brigadier général Anstruther, avec un corps de cinq mille hommes.' De plus on recevait l’avis que les forces anglaises dans la Péninsule seraient incessamment augmentées par un corps de 12,000 hommes, sous les ordres de sir John Moore, revenant de la mer Baltique. C'est un fait digne d'attention et tout nouveau, que cette activité inouïe de l’Angleterre à mettre en mouvement tontes scs forces disponibles vers l'Espagne et le Portugal, elle qui, dans les guerres précédentes, avait montré si peu d'empressement à faire psscr des Iroiipes dans le Nord . et (|iii tout récemment