CHAPITRE X
wîA
Diicottr» de l'Empereur au corp» Ié{;itl8iif.— Départ de rEmpereuf pour rartnéc d'£spague> — Po&ilioo des Frauçai»
rt üea Eapagools.-' Combat de üamooai cl entrée k Rurgoa.^Défaîie de« Eapagnols k Espiooaa et k Tudéla.— ,
Retraiie de Paiaibx aur Saragoaae. Pasaage du défilé de la Soino>Sicrra. ^ Masaacre de géuéraitx espagouU par leur* aoldali. -^Préparaüfa de défenae k Madrid. — Arrivée de l'Empereur aux purics de crue capitale.—
Cnpitulatioa de Madrid. — Decret de rEmperetir qui abolit l’inquiatiion. — Kédnciioo du nombre dca couveuta. —
Suppreaaioo dea droite Féodaux et dca douanea inlérieurea. — Reponae de l'Empereur k la omnicipalité de Madrid.
— Remarque aur cetic répouaede l'Empereur. — Fauaae direction du niiniatère du roi Joaepli. — Rejet aileocicux «Tuo projet de loi par le corpa légialalif français. — Mécontcniement de l'Empereur sur ce procédé du corps *
légialaiif. — Réponse de l'impérairice Joséphine au corps iégislaüF. — Démenti donné par l'Eropemir aux paroles de l'Impératrice. — Observations sur le langage de l'Empereur. — Acte de clémence de l'Empereur. — Succès du maréchal Saim-Cyr en Catalogne. — Marche du général anglais Moore en Espagne. — Marche de l'Empereur coQlre Tarméc anglaise. — Retraite de l'armée anglaise sur la Corogne. — Bataille derani la Corogne, gagnée par le maréchal Soult. — ErobarqueraeDt de l'armée anglaise. — Prise de Vigo cl du Ferrol. — Siège et prise de Sar.igusK. — Retour de rEinpereur en France. — Sévérité de rErapcreiir envers M. de Tallc) rand cl Fouché. — Communicaiious faites au gouvernement anglais. — Réponse de rAngleierre. — Réplique de la France et de l.i Russie. — Notes de M. Caxiniag à M. de Champagoy et k M. de Romaosof. — Conclusion de la paix entre TAnglvterre et la Turquie.
Pour quelque letnp» It paix coiiliiienlale est assurée. Napoléon est maître de sc livrer tout entier à la guerre d'Espagne. De retour à Paris, il ouvre, le 39 octobre, la session du corps législalif. Dans le discours qu'il prononce i cette occasion, il félicite ce corps de l'asseiitimcnt donné par l'opinion de l'Europe aux codes qui ont Oxé les principes de la propriété et de la liberté civile , et il s’applaudit, pour la France, des bases du système de Hnance posées par les dernières lois. » Nous pouvons dén surniais, dit'il, subvenir aux dépenses que néccs- » siterait même une coalition générale de l'Europe » par nos seules recettes annuelles. Nous ne serons n jamais contraints d'avoir recours aux ressources 1» désastreuses du papier monnaie, des emprunts et » des arriérés.
>« J’ai fait, cette année, plus de mille lieues dans » l'intérieur de mon empire. La vue de cette grande
(hmille française , naguère déchirée par les hai- » nés intestines, aujourd’hui prospère, tranquille et !• unie, a sensiblement ému mon âme.... » Après une courte excursion sur l'état des diverses puissances et sur le debarquement des troo|»esanglaises en Espagne, l'Empereur sc réjouit de ce débarquement. « C'est un bienfait particulier de c^c pro- V videncc qui a constamment protégé nos armes, H que les passions aient assez aveuglé les conseils
n anglais, pour qu'ils renoncent à la protection îles » mers cl présentent enfin leur armée sur le ooii- > liiient.
» Je pars dans peu de jours pour me mettre moi I même à la téle de mon armée, et, avec l'aide de
• Dieu , couronner dans Madrid le roi d'Espagne
• et planter mes aigles sur les forts de Lisbonne. » La moitié sculenicnt de sa prédiction s'accomplira. Cest en 1808 que ses prophéties oot cessé d'élrt» infaillibles.
«< L'empereur de Russie et moi noi^ nous somn mes vus à Erfurt. Notre première pensée a n une pensée de paix. Nous avons mcine résoli n faire quelques sacrifices pour faire jouir » s'il sc peut, les cent millions d'hommes quegw^ » représentons, de tous les bienfaits du comnie|M I» maritime. Nous sommes d'accord et invariablê- 1» ment unis pour la paix comme pour la guerre, t» L'Empereur, en finissant, annonçait au corps législatif la présentation de düTérciits projets de loi, et entre autres tous ceux qui conrcrnaiciil le coili* criminel; il rinformait avec satisfaction que, d'après les comptes des recettes cl des dépenses <lu l’année qui seraient mis sons ses yeux, il ne serait point nécessaire de hausser le tarif h d'aucun im- » pôl; que la France D'éprouverait aucune nouvelle H charge, i»
CUAPITRE X.
Cette possibilité si essentielle pour l'Empereur de faire la guerre au loin sans augmenter les im> pots fin pays, est une des cirronstanccs qui, pendant plusieurs années . ont rendu l’état de guerre bcaurnnp plus tolérable en France qu’il n'cùt dù l'étre. La guerre portait avec elle scs compensations, In gloire et souvent la richesse. Il est des époques, et celle-là en était une, où les peuples sont moins avares de leur .sang que de leur argent.
On sait d’avance comment le corps legislatif répondra au discours de Napoléon; M. de Fontancs continue à être le président de ce corps. Il est heureux pour la flatterie d'avoir un interprète si habile et si délicat. Aussi l'Empereur, qui sent la difliculté de remplacer .M. de Fontancs dans celte importante fonction, l’y maintient-il, au mépris des règles, quoiqu’il Fait déjà nommé grand inaitre de ^l'ni^ersilé impériale.
Après avoir reçu, le 27 octobre, l’adresse du corj)s législatif, l’Empereur quitta Paris le 29. Le .1 novembre, il était à R.iyonnc; le 7, à V’itloria. Durant les trois derniers mois, les corps français et espagnols étaient restés en présence sans en venir à aucune action importante. De part et d'autre on avait reçu «les renforts. Les Espagnols, au nombre de cent quatre-vingt mille hommes, ainsi du moins qu'ils le prétendaient eux-mêmes, étaient partages en trois corps qui, depuis les côtes de Itiscaye jusqu'à Saragossc, décrivaient un grand cercle, comme s’il ne s'était agi pour eux que d'envelopper les Français et de leur faire mettre bas les ' armes. La droite était sous les ordres de Palafox; le centre, sous les ordres de Castanos;la gauche, sous les ordres (le Ulake. Le corps de Palafox se composait surtout d’Aragonais; celui de Castanos, des armées d'Andalousie et de Valence; celui de lllakc, de l'arim'^e de Galice et du corps du marquis de la Romana, échappé du Danemark et ra- . mené en Espagne par une escadre anglaise. A ces corps, il faut ajouter l’armée d'Estramadure, armée de réserve, qui, sous les ordres du comte de Belvédère, était venue prendre position à Burgos. [/armée anglaise alors n'était (las encore en état d'agir; elle était disséminée depuis la Corogne jusqu’à Talavcra de la Rcyna. Arrivé à Villoria le 8, l’Em- Iiereiir, dont les dispositions avaient été faites d’g^icc, commença an^HÎtol son mouvement. Sa dreulfeidl formée des corps des maréchaux Lc- Victor ; le centre, du 2* corps que le ,^fnmàvcchl^^<;f^tt||eut, le 9, des mains du maréchal Bessièrel serve de cavalerie commandée
p.tr ce deriiieivnj@s^l, et de In garde impériale; l'aile gauch^dos torps des maréchaux .Ncy et Uoncer, Le tt>, le marchai Soult marcha sur Bur-
gos. En avant de ectte ville, au village de Gamoiial, il fut accueilli par une décharge de trente pièces de canon ; l'infanterie se précipita sur l’emicnii, la cavalerie le chargea vigoureusement cl déborda scs ailes; nos troupes entrèrent dans Burgos pèlemélenvec les fuyards. L’armée d'Estramadure était détruite en partie Cl tout entière dispersée ; elle laissait entre nos mains son artillerie, ses munitions et un grand nombre de prisonniers. [/Empereur établit son quartier général à Burgos. Le même jour 10, le maréchal Victor poussait vivement devant lui le corps de Blakc déjà mallrailc par le maréchal Lefebvre; il le battit coinplclement le 1 1 à Espinosa. Artillerie, bag.agcs, munitions, tout tomba au pouvoir des Français. Blakc atteignit Rcynosa le f i. cl y rallia sept raille fugitifs découragés et sans armes.
Tranquille sur ces deux points, l'Empereur s'occupa de Palafox et de Caslaiius, et chargea de la principale direction de c(3tte attaque le maréchal [.aunes, [.es deux généraux espagnols, divisés dans leurs projets, n’étaieiit d’accord que dans leur pré- Süinplion cl leur aveugle coiifiancc. Castanos ayant appris l’arrivée «le l'année d'Estramadure à Burgos,avait expédie des ordres au comte de Belvédère pour le faire agir de concert avec lui. Celte armée n’cxislait déjà plus quand Castanos lui envoyait ses ordres. Cependant ce général ayant, quoique bien tard , reconnu les inouvcments opérés par l'armée française, s'était replié sur Tudéla. Son armée, forte de quaraiite-cinq à cinquante mille hommes, s'étendait de Tudéla à Taranzona. Quarante pièces de canon étaient distribuées sur le front de l'armée espagnole, qui ellc-inémc était répartie sur un trop grand espace de terrain. Cette faute n'échappa point au maréchal [.a'nncs. L'attaque fut eu conséquence dirigée contre le centre; l.a ligne fut bientcH rompue, et le désordre se mil dans tous les rangs. Palafox, qui iic songeait qu’à couvrir Saragossc , se retira prccipitammcal avec quinze mille hommes et rentra dans celle place. Castanos. avec les débris de son année , sc porta sur Calalayud et passa le Tage peu de jours apres. Par suite d'uu malentendu entre les maréchaux Ney et Lamies, la bataille de Tudéla ne produisit pas tous les avantages que l'Empereur cul pu en attendre. Un bulletin du 27 novembre résume avec précision les événements que nous venons de raconter. << Le :t Gumbat de Burgos avait frappé le centre de l’en- » nemi ; lu bataille d’Espinosa, la droite ; la bataille » de Tudéla, la gauche. La victoire a ainsi foudroyé i> et dispersé toute la ligne ennemie. :> Les faits étaient exacts, et tous ces faits étaient l'ouvrage d'une douzaine de jours.
Après avoir porté ces grands coups, l'Empereur
AFFAIRES EXTERIEURES
n’a^ait t>lus üc\aitt lui d'armée qui put nirtlre obstacle à sa marche sur Madrid ; mais il avait à franchir une barrière posée par la nature, et qui, défendue par une poignée d'hommes intrépides, cùl pu être inexpugnahlc, le passage de la Somo* Sierra. O passage était gardé par le général Saint- Jean qui avait duuxe mille huiiiines sous ses ordres. Scs di>|>osiiiutis étaient bien faites. 6i*izc pièces d'artillerie, rangées dans le cul du déflié, balayaient tout rescarpemcnl de la tnoiilagnc; son infanterie, avantageusement placée sur la droite et sur la gauche, était couverte par des retranchements dans les parties les plus ouvertes de la position. Ce n'clait pas le général qui manquait aux soldats; ce furent les soldats qui manquèrent au général. Le 30 novembre, ravant-garde française arriva au pied de la montagne. Le lendemain à la pointe du jour, quelques bataillons d'inranterie allaquèreiit siniultanénient la droite et la gauche de rennemi, tandis que d'autres bataillons s'avanraictU sur la chansséo vers le centre. Sur tous les points le feu était très-vif. Un épais brouillard, mêlé à la fumée de l'artillerie, voilait le (béàlrc de l'action cl l'action même. L'F.mpcreur s'était porté sur le terrain; des boulets tombaient auprès de lui ou passaient sur sa télé. V<»yanl que l'attaque faisait peu de progrès, et im|»ntieiil d'un succès disputé, il ordonna aux lanciers polonais de monter la chaussée et d'enlever les batteries espagnoles. Les lanciers s'élancent à sa voix ; le preiitier escadron éprouve quelque désordre, mais ceux qui le suivent l'avant aussitôt soutenu, ils arrivent au g^op sur les Italterics et s'en emparent ; les Espagnols fuient, abandunnant leurs niuniiions, leurs bagages cl l>eaucoup de prisonniers. Celte charge des lanciers polonais est un des plus beaux faits d'armes dont jamais la cavalerie ail donné d'exemples. Les restes du corps espagnol, entraînés par la peur jusqu'à Talavcra de la Reyna, comblèrent leur honte jwr le massacre de leur malheureux général, l'eu de temps auparavant , le général l'ignalclli , du corps de Castaiius, avait été égorgé i»ar ses propres soldats, qui, selon l'hahitudc des lâches, attribuaient leur défaite à la trahison de celui qui les couiinandail. Caslanus lui-inémc courut un pareil danger. Arrivé â Alcaxar del Itey , il remit son commandement au général l^apcna , et se rendit â Truxillu avec une escorte (|ui eut beaucoup de peine à le protéger contre la fureur du peuple que les déserteurs avaient excite contre lui. Ricntôl le général I.apena, suspecté Ses troupes, sera obligé à son tour de remettre son commandement au duo de l'Infanlaüu. L'anarchie était partout, dans rarmé^comiiie dans le guuv^|||emeii(. Toutes les juntes étaient divisées onlrffÏÏai^t méconnaissaient l'autorilc de
la junte centrale qui s'était réunie à Aranjuez sous la présidence du vieux comte de Flonda-Blanca. Celte junte s'était décrédilée elle-même en s'occupant bien plus des litres et des traitements de ses membres que de la direction des alTaircs et des liiléK'ts généraux de i'insurrcclion. Elle avait déridé que chacun de ceux qui la composaient aurait le titre d'ejrcef/enre , son président le titre d'a/- /esse, et le corps en masse celui de majesté. Dans les moments de crise, les hommes los*ptu» violents sont ceux qui exercent le plus d'empire. Deux humilies de celle trempe, avides et féroces a la fols, Calvo et Tiily. subjuguaient leurs cniljÿies et faisaient seuls la lui. Florida -Ul.inca cl Juvcllanos tremblaient devant eux. A l.i nouvelle des désastres des armées csp.ignules, la junte s’enfuit d'Aranjuez pour se réfugier à lladajoz. Le â décembre, l'empereur Na|M)lcun était devant Madrid.
Même avant l'approebc des Français, la plus grande confusion régnait dans cette capitale. Les massacres y avaient commence, et sur les soupçons les plus absurdes. Celait le règne de la canaille et des moines, (^tuaranle mille paysans qui s'ctaienl jetés dans la ville, les prêtres et la tnulliludc qui n'a rien à perdre, comprimaient, par la terreur, les propriétaires et les paisibles habitants. Nuit et jour les cloches des couvents et des églises appelaient le peuple à une guerre d'exlennination. On dé|>avail les rues, on élevait des barricades, on crénelait les maisons, on matelassait les fenêtres; tout semblait aimonrer que. si le» Français devaient pénétrer dans Madrid, ils n'y entreraient qu'au milieu de flots de sang cl sur des monceaux di^ cadavres. A son arrivée sur les hauteurs qui dominent la ville, le duc d'isirie avait, pr ordre de l’Eiiipcrour, envoyé un oflkîer bi sommer de sc rendre. Ce prleincntaire eut été égorgé sans k dévouement de quelques soldats que révuUaiaittes fureurs populaires. Vers minuit, un -major espgnol prisonnier fut adressé, avec une seconde sommation, au capitaine général, marquis de GnslcUtr, commandant un corps de û mille hommes, les seules troupes régulières qui fussent dans la place. Castellar, pur gagner du temps, ayant fait une répnse équivoque , l'Empereur comprit qu'il fàllail montrer la force pour avoir dnnl de cutnmander la soumission, l'anüis qu'une fausse attaque eut lien sor un autre point pur prlagcr la dé feiise des .vssiègés, une liallerie de trente pièces de canon fut dirigée contre le palais du Uetiro, demeure royale à l.iquelle se liaient plusieurs autres grands édilices, rubservatoirc, une caserne, la manufacture de prretaine et l'immcRSc plats de .Médina-Céli, qui est lui-merM une des ckfs delà ville. En peu d'instants, la brèche fut prajbcable.
CIIAPITUE X.
Ui
(les vülligcurs s‘y prê'cipilèrciit, des baUiilloiis d'infanterie les suivirent en bon ordre. Tout fut emporté, occupé en quelques heures. Maîtres du Retire et de scs dépendances, il était au pouvoir des Français de foudroyer la place. Telle n'était point l'iiitention de l'Etiipcrcur ; il ne voulait ni régner luiincinc sur des ruines , ni donner une capitale en cendres à son frère. Le 3, à onze heures du matin, le feu cessa sur tous les points à la fois. Une troisième sommation fut faite , et cclic lâ enfin fut entendue. Vers cinq heures de raprès-midi, le général Mnria, membre de la junte militaire, et Bernardo Yriarte, député de la ville, arrivèrent au quartier général de rF.mpcreur. Morla était ce même général qui, à Cadix, avait livré cinq vaisseaux français à l'Angleterre; qui avait écrit une insolente lettre au général Dupont, cl qui, au mépris des engagements contractés , avait retenu les Français comme prisonniers, pour les traiter ensuite avec une cruauté inouïe. Les deux parlenienlaires demandaient une suspension d'armes pour disposer le peuple à se rendre. « Vous cmi> ployez en vain le nom du peuple, répondit l'Ein- » percur. Si vous no pouvez maintenant parvenir Il à le calmer, c’est parce que vous-méincs vous n l’avez égaré par des mensonges. Rassemblez les Il curés, les chefs des couvents, les alcades, les Il principaux propriétaires ; et que d'ici à six heun^s Il du malin la ville se rende, ou elle aura cessé Il d’exister... Ht vous, M. Morla, coininciil osez- ■I vous demander une capitulation , vous qui avez » violé celle de Baylen? Voyez (luelle a clé la conif]> diiilç des Anglais, qui pourtant ne se piquent pas » d'èlrc de rigides observateurs des droits des naît lions : ils se sont plaints de la convention du Il Portugal, mais ils l’ont exécutée. Violer un traité Il militaire, c’est se mettre sur la même ligne que Il les^ Bédouins du désert... Retournez à Madrid. Il Je vous donne jusqu'à demain six heures du Il matin. Revenez alors, si vous n’avez à me parler Il du peuple que pour m'annoncer qu'il est soumis. Il Sinon, vous serez tous, vous cl vos troupes. Il passés par les armes. » C’était le langage de la menace, mais d’une menace que l'Ënipcrcur ne pouvait pas vouloir accomplir. Il fallait effrayer,
' Ce général ayant ensuite passé au service du roi Josrph, les écrivains anglais ont prétendu qu'il était un irailrc et un poltron. Nous n'avuns nul intérêt à défeiidre ni son honneur ni son courage; mais, lorsqu'il grossissait les forces espagnoles et invitait les Anglais h venir au secours de cette capitale, nous ne croyons nullement qu'il fût un traître. Castanos, la Itoinana cl antres proincttaicnl aussi au.x Anglais l’appui de nombreuses armées qu’ils n'avuient pas. Morla était connue cu.\; il avait, comme eux , le défaut espagnol de l’e.xagéraiion.
et il y réussit. Pendant quelques heures encore, l'agitation fut extraordinaire dans la ville; mais le cai>ilainc général Caslellar ayant proGté de la nuit pour faire partir le corps de troupes qu’il commandait avec son artillerie, la muKilude la plus animée et les paysans s’échap|)èrcnt à sa suite. A six heures du malin, le géitéral Morla > et don F'crnanda de la Vera vinrcnt'annonccr au prince de Neufchàtcl que les habitants paisibles acceptaient avec reconnaissance les propositions de l'Empereur. Ix: général Belliard, nommé gouverneur de Madrid, en prit possession a dix heures, et fit proclamer un pardon générai. La plus sévère discipline fut observée par les Français. Heureux d'avoir évité les maux d’une opiitiâtrc défense, les habitants se hâtèrent d'en faire disparaître les préparatifs.
Pendant son séjour à Burgos, l’Empereur avait, par un décret du novembre, déclaré ennemis de la France et traîtres aux deux couronnes, dix des principaux personnagesdu royaume, qui, après avoir prélé serment au roi Joseph, s'étaient joints aux insurgés.
Le i décembre^ en son quartier général de Madrid, il déclara destitués, comme lâches et comme indignes d'étre les magistrats d’une nation généreuse, les membres du conseil de Castille pour avoir eu, selon rcxprcssioii du décret, la bassesse de proclamer, à la face de l’Europe, qu’ils n’avaieiil souscrit aux divers actes de renonciation et d'abdication de Charles IV cl des divers princes de la famille royale, qu’avec des restrictions intérieures et perfides. L%sc bornèrent les rigueurs qui suivirent la victoire. Les autres mesures de l’Empereur étaient dictées par des intentions bienveillantes, mais qui n’élaient pas bien appréciées. Lestjuvetiir n'en doit pas moins être conservé, parce que, si elles n’obtinrent qu’une exécution incomplète cl temporaire, la semence jetée alors, quoique momentanément étouffée, a germé cii dépit de tous les efforts contraires, et doit, dans un temps donné, porter infailliblement scs fruits. Là comme ailleurs, par suite de son caractère, de sa position et de son intérêt, l’Empereur, objet de tant d’accusations contraires, était l’apùlrc du progrès social et l’instrumcnl de la civilisation.
’ Les ducs de riufanlado, de Uijar, de Médina-Ccli. de Ossiinn; le marquis de Sanla-Crii/. , les comtes de Fernand Xiinez cl d'Altninira ; le prince de Casiel-Franeo ; Cevallos, ex-miiiisli'C d'Élnt, et l’évèquc de Santander.
’ Les membres du conseil de Castille, soumis aux ordres du grand-duc de Beiq;, et enstiilc à ceux du roi Joseph pendant la première occiqtalion de Madrid, nvaieilt, après la retraite de l’armée française sur l’Ébre. déclare nuis et de nul effet les actes d'abdtcaliou de Charles IV et de Ferdinand Vil.
AFFAIRES EXTERIEURES
L’un des décrets rendus le 4 décenibreabulissnil l'inquisiliün coninic attenlaluirc à la souveraineté et à raulorilc civile.
Un second réduisait le nombre des couvents, assurait une existence honorable aux religieux qui voudraient renoncer à la vie conimunc, et faisait servir une partie des biens des cloîtres supprimés à augmenter la portion congrue des cures de campagne.
Un troisième decret supprimait les droits féodaux, toute redevance personnelle, tous droits exclusifs de pèche et autres, toutes banalités de fours, moulins et hôtelleries.
Un quatrième abattait les barrières existantes de provinces à provinces, et transportait les douanes aux frontières.
Enfin, par deux décrets du 12 décembre, l'aliénation de certaines impositions civiles et ecclésiastiques, faite par donation ou toute autre cause, était révoquée, et toute justice seigneuriale était abolie.
Nous passons sous silence une proclamation adressée par l'Empereur aux Espagnols, parce que les sentiments qu’elle exprime se trouvent reproduits dans une réponse qu'il eut occasion de faire quelques jours plus tard à la municipalité de Madrid. L’une des inquiétudes des hommes les plus éclairés fut, en cette circonstance, que l’Empereur, usant du droit de conquête, ne fit de l’Espagne une vice-royauté dépendante de l’empire français. En conséquence, la ville de Madrid, représentée par sa municipalité, par le clergé séculier et régulier, par la noblesse et les diverses corporations, vint supplier Napoléon de leur acconler la faveur « de voir i> dans Madrid Sa 3Iajcsté le roi Joseph, afin que, » sous ses lois, Madrid, ainsi que tous les lieux de sa >< juridiction immérliatc, cl enfin l’Espagne entière, » jouissent de la tranquillité et du bonheur qu’ils » attendent de la douceur du caractère de Sa Mali jesté.
Il Enfin Madrid se flatte que la puissance de V. » M. 1. le protégera en même temps que votre clé- I) Dicncc assurera son bonheur, n
La réponse de l’Empereur n’est pas brève ; mais elle embrasse beaucoup d’objets; et comme l’émancipation de la nation espagnole est une question qui, avant d’être résolue, doit plus d’une fois agiter l’Europe, nous citerons celle réponse dans toute son étendue. Il est intéressant de connaître ce que l’Eiiipcreur oITrail à celle nation en 1808, cl ce qu’elle a refusé alors; refus qui ne peut être expliqué que par un seul motif, c’était le don d’une main étrangère et regardée comme ennemie.
«I J’agrée, répondit l'Empereur, les sciitiiiienls Il de la ville de Madrid. Je regrette le mal qu’elle « a essuyé, et je liens à bonheur particulier d’avoir
» pu dans ces circonstances la sauver, et lui épar- !» gner de plus grands maux.
Il Je me suis empressé de prendre des mesures Il qui tranquillisent toutes les classes de citoyens, i> sachant combien l'incertitude est pénible pour Il tous les peuples et pour tous les hommes.
Il J’ai conservé les ordres religieux en restrei- I» gnanl le nombre des moines : il n’est pas un Il homme sensé qui ne jugeât qu'ils étaient trop Il nombreux. Ceux qui sont appelés par une \ocation 1» qui vient de Dieu resteront dans leurs couvents;
Il quant à ceux dont la vocation était peu solide et Il déterminée par des considérations mondaines , n j’ai assuré leur existence dans l’orâre ecclésiaslin que séculier. Du surplus des biens des couvents,
1» j’ai pourvu au besoin des curés, de cette classe la 1» plus intéressante cl la plus utile du clergé.
Il J’ai aboli ce tribunal contre lequel le siècle et 1» l’Europe réclamaient. Les prêtres doivent guider n les consciences, mais ne doivent exercer aucune I» juridiction extérieure cl corporelle sur les ci- » toyens.
n J’ai satisfait à ce que je me devais à moi et à Il ma nation ; la part de la vengeance est faite : elle >» est tombée sur dix des principaux coupables; le » pardon est entier et absolu pour tous les autres.
I» J’ai supprimé des droits usurpés par les sei- I) gneurs dans le temps des guerres civiles, où les Il rois ont trop souvent été obligés d'abandonner Il leurs droits pour acheter la tranquillité et le repos n des peuples.
Il J’ai supprimé les droits féodaux, et chacun Il pourra établir des hôtelleries, des fours, des mou-^ » lins, des madragues, des pêcheries, et donner un n libre essor h son industrie, en observant les luis n et les règlements de la police. L’égoïsme, la ri- » chessc et la prospérité d’un petit nombre d’bom- II mes nuisaient plus à votre agrieufture que les Il chaleurs de la canicule.
Il Comme il n’y a qu’un Dieu, il ne doit y avoir Il dans un État qu’une justice. Toutes les justices Il particulières avaient été usurpées et étaient con- II traires aux droits de la nation ; je les ai détruites.
Il J’ai aussi fait connaître à chacun ce qu’il pou- II vait avoir à craindre, ce qu’il avait à espérer.
n Les armées anglaises, je les chasserai de la » Péninsule.
Il Saragosse, Valence, Séville, seront soumises Il ou par la persuasion ou par la force des armes.
Il 11 n'est aucun obstacle capable de retarder » longtemps l’exécution de mes volontés.
Il Mais ce qui est au-dessus de mon pouvoir, c'est Il de constituer les Espagnols en nation sous les Il ordres du roi, s’ils continuent à être imbus des » principes de scission et de haine envers la France,
JW
ClIAl'lTnE X.
» que les partisans des Anglais et les ennemis du K continent ont répandus au sein de l’Espagne : je w ne puis établir une nation* un roi et l'indépcn- » dance des Espagnols, si ce roi n’est pas sùr de leur H affection et de leur Odélité.
I» Les Bourbons ne peuvent plus rogner en Ru- ^ ropc. Les divisions dans la famille royale avaient » été tramées par les Anglais. Ce n’était pas le roi !• Charles cl le favori que le duc de l’Infantado, in- » sfrumenl de rAnglclerre, comme le prouvent les > papiers récemment trouvés dans sa maison, vou- N lait renverser du trône; c’était la prépondérance >• de rAiiglclerre qu’on voulait établir en Espagne : >• projet insensé, dont le résultat aurait été une » guerre de terre sans fin, cl qui aurait fait couler >• des flots de sang. Aucune puissance ne peut exis- » ter sur le conlinent, influencée par l’Angleterre. » S'il en est qui le désirent, leur désir est insensé, » et produira tôt ou tard leur ruine.
» Il me serait facile, et je serais obligé de gou- » vernor l’Espagne en y établissant autant de vice-
I rois qu'il y a de provinces. Cependant je ne me K refuse point à céder mes. droits de conquête au » roi et à l'établir dans Madrid, lorsque les trente '• mille principaux citoyens que renferme cette ca- I» pilalc, ecclésiastiques, nobles, ncgocianls, hoin- <• mes de loi, auront manifeslc leurs sentiments et « leur fidélité, donné l'excniple aux provinces, w éclairé le peuple, et fait connaître à la nation que * son existence et son bonheur dépendent d’un » roi et d'une constitution libérale, favorable au H peuple, et contraire seulement à l'égoïsme et
VH aux passions orgueilleuses des grands.
it Si tels sont les sentiments des habitants do la « ville de Madrid, que ces trente mille citoyens se M rassemblent dans les églises; qu'ils prêtent de-
vaut Je saint sacrement un serment qui sorte » nori-sculerncnt de la bouche, mais du cœur, cl » qui soit sans restriction jésuitique; qu’ils jurent « appui, amour et fidélilc au roi; que les prêtres » au confessionnal cl dans la chaire, les négociants
dans leur correspondance, les hommes de loi » dans leurs écrits et dans leurs discours, incul- H quent cessenlimciils au peuple. Alors je me des- « saisirai du droit de conquête; je placerai le roi » sur le trône, cl je njc ferai une douce lâche de
II me conduire envers les Espagnols en ami fidèle. » La génération présente pourra varier dans scs " Opinions; trop de passions ont été mises en jeu ; H mais vos neveux me béniront comme votre ré- H générateur; ils placeront au nombre des jours <• mémorables ceux où j’ai paru parmi vous, cl :« ^e CCS jours datera la prospérité de l'Espagne.
'i VôUà, rooasieurle corrégidor, ma pensée tout ■A entière. Coosultci vos concitoyens, et voyex le
» parti que vous avex à prendre ; mais, quel qu’Ü H soit, prencz-lc franchement, cl ne me montrez M que des dispositions vraies. »
Sans doute il y a quelque chose d’élcvc dans un patriotisme, même ignorant et saurage, qui rejette un bienfait, parce qu'il vient d’un ennemi victorieux; mais tel n’est pas tout à fait le motif qui prédomine en Espagne. Ce qui serait réellement un bienfait pour le pays tout entier blesse ici tous les intérêts des nobles et des prêtres, et leur opposition est facile à comprendre. Quant i la masse de la population, vassale et esclave plus encore des prêtres que des nobles, elle n’csl pas on étal d'apprécier le bien qui lui est offert, i'our l’Espagne, en fait de liberté, l'Empereur devance le temps ; il est venu trop tôt.
Nous croyons devoir signaler, dans l'allocution impériale, deux passages, qui, jusqu’à un certain point, tiennent l’un à l'autre. Après avoir dit qu'il no peut exister sur le conlinent aucune puissance qui soit soumise à l’in fluence de rAnglctcrrc, l'Empereur parle de la facilité qu’il aurait à établir en Espagne autant de vice-royautés qu’il y a de provinces. Auparavant il avait dit : » Ce qui est au- M dessus de mon pouvoir, c’est de constituer les » Espagnols en nation sous le gouvernement du M roi, s'ils continuent d'étre imbus de princit> pes de scissions et de haine envers la France. <• Ces réflexions ne s’adressaient pas seulement à la nation espagnole; elles s’adressaient aussi au roi Joseph et à ses ministres. Los ministres de ce prince étaient des hommes de bien et de mérite, mais ils croyaient pouvoir concilier ce qui était inconciliable. Ils acceptaient un roi français et prétendaient ne s’occuper que d'un intérêt espagnol, même quand cet intérêt de l’Espagne ne s’accord.iit pas avec celui de la France. C'élail vouloir l'impossible. Ce sentiment chez eux s'était inanifeslé des les premiers moments de l’élévation du roi; il avait continué à éclater même après son expulsion de Madrid, et lorsqu’il ne pouvait y rentrer que par le secours des années françaises. M La dilTcmicc entre les ministres du roi et le I» bord éclairé de l'insurrection, écrivait > l’ambas- » sadeur üelaforêt, n'est que <lan.s le choix du ino- M iiarque. Je les crois attachés au roi Joseph par » honneur, par conviction, par patriotisme même; f c’est bien sur sa tête qu’ils veulent la couronne, » mais ils la veulent à des conditions qui séparent » complctcmenl les intérêts de l'Espagne de ceux n de la France. » La remarque était vraie. Celle prétention impoliiiquc du ministère espagnol est une des causes qui nuiront le plus à la marche gé-
' LeUrede Vilioria, le 99 août.
— DiQiii.-eo-;>y-Coogk
AFFAIRES EXTÉRIEURES
ni'ralc (les nnaircs. I.'errcur n’élail p.is particulière au cabinet de Madrid; elle était commune à ceux de Hollande et de Naples. Les frères et le beaufrère de Napoléon ont la simplicité de croire qu'une fois intronisés ils peuvent avoir une existence indépendante de la sienne. En suivant ce fatal système, les imprudents contribueront à sa perte et ne se sauveront pas.
L'autorité du roi Joseph était comme suspendue. L’empereur ne se pressait point d’expliquer s'il confirmerait la cession qu’il lui avait faite de la couronne d’Espagne. La partie éclairée de la nation craignait une réunion à l’empire français. L’effet de cette crainte n’était point défavorable. L’Empereur la laissa subsister quelque temps. Ce n’est que le 22 janvier 1800 que le roi Joseph, qui résidait au Prado, à trois lieues de Madrid, fera son entrée dans cette capitale.
Nous aurons à citer plus tard quelques-unes des nombreuses lettres que rEmpcrcur écrivit sur les affaires intérieures de la France pendant sa courte résidence à Madrid *. Jlais nous croyons devoir rapportera présent, et placer à sa véritable date, un trait remarquable d'irritation de sa part contre le corps législatif.
Tandis qu’en Espagne il offre à une nation ignorante et superstitieuse une extension de liberté trop forte pour elle, cl qu’elle n’accepte pas, en France il comprime les élans même accidentels d’une liberté entravée qui fait effort pour se dégager de quelques-uns de scs liens , et dont le réveil , loin d'être dangereux pour lui, ne pourrait que lui être utile. Apres le combat de Rurgos, premier surcès de la campagne, l'Empereur écrivit au corps législatif, le 12 décembre, qu’il lui envoyait douze dra|ieaux - enlc(és à rcmieini dans la même quinzaine pendant laquelle il avait prt-sidé à l’ouverture de la session. Il ne se doutait pas que. dans le moment même, ce corps, jusqu’alors si soumis, taisait un léger essai d'indépendance. Depuis plusieurs années, l’union entre tous les pouvoirs de l’Étal était parfaitement alfermie, en ce sens que tous marchaient à la voix d’un seul. Grâce à la bonne administration des finances, le budget offrait peu dc|)riseà la censure. Après ou avant le budget, la question In plus importante, le votedes hommes, ayant été, coininc nous l’avons exposé précédemment, transportée au sénat, c’était presque uniquement de pure législation que les députes des départements avaient à s’occuper, et les projets de
' I.’Emprreïir n'Ii.iliiiait p.ns M.idrid même. Il s’éiaii riahli, dé* 1(^2 drcoiidire. au chileau de Clianiartin, è ■me lieue de celte capitale. Il ne faisait Madrid que des apparitions.
loi, ne leur arrivant qu’après avoir passé au creuset d’un conseil d’Élataussiéclairéqu'habilc, étaient presque toujours adoptés sans aucun signe de dissidence. Les projets soumis dans cette session au corps législatif étaient pour la plupart relatifs au code criminel. Soit désapprobation réelle de l’un de ces projets, soit, de la part d’un certain nombre de députés, désir de montrer au gouvernement qu’il existait dans ce corps un noyau d’opposition avec lequel il devait compter, un des projets présentés, quoique accueilli par la majorité dans le vote publie, fut repoussé au scrutin par cent vingt-cinq boules noires. Ce fait, qui eut été peu digne d’attention dans un bon système représentatif, avait un véritable caractère de gravité dans l’ordre de choses existant. L'Empereur en fut \ivcmenl frappé.
Il témoigna son mécontcntcmenl à l’archichancelier Cambacérès, par une lettre datée d’Aranda de Duéro, le 27 novembre. Coinnie nous aurons dans un instantà improuver unaiitreacte de l'Empereur, nous devons, pour cire justes, citer ici celle lettre qui, la première phrase exceptée, nous parait plulùt digne d’éloge que de blâme, u Le corps législatif,
» écrivait l’Empereur, est composé de beauroup n d’individus qui voudraient se rendre importants,
» et qui , ayant essuyé la révolution , se su|>posent » encore en assemblée nationale. <> Nous pensons que les membres qui formaient le corps législatif méritaient peu ce reproche, et l'Empereur eut pu le leur épargner. Il continuait ainsi : » Aucune loi » n'est parfaite. Le Code Napoléon lui-même, qui i> cependant produit tant de bien, est loin de l'étCe. i> Pourquoi, au lieu de donner leur voix par scru-jr> X tin contre la loi, ne demandent-ils pas un comité'
» secret dans lequel chacun donnerait son opinion'.' it On saurait, par le procès-verbal, s'ils ont tort ou » raison ; mais rejeter une loi sans donner de »(p- » tifs, c’est montrer peu de zèle , peu d’amou^^u » bien et peu déconsidération pour moi. Trouvenl- » ils à celte loi de grands inconvénients? Ilsdoivenl n demander à la discuter, dans un coinilé secret, n comme le permeUent les conslilutions , et faire n connaître ce qu’ils lui reprochent. » Sur ce point il serait dillicile de ii’èlrc pas de l’avis de l’Empereur. Lorsqu’un projet de loi rencontre une opposition qui doit aller ju.squ’à cent viugt-cinq voix, pourquoi en effet le corps législatif, toujours maître de SC former en comité secret, ne s’y livre-t-il pas à une libre discussion de ce projet? Serait-ce qu’on craint d’être signalé comme ayant une autre
’ M. Philippe de Ségiir, qui avait été grièvcmeni blr^c en prenant p.-irt .t la ch.vrge des lanrietP* polon-vis au p.sssage de la Sorao-Sierra , reçut l'honorable inLuion de présenter res dr-ipT.-iiix ao rorps li'gitlatif.