CHAPITRE X
opinion que crlle du gouvcrncmcnl? Nous sommes honteux d‘èlre réduits à une telle supposition. Il y aurait donc eu encore de la lâcheté luèiiie dans une fausse dèmotistralion d’if»dcpcndance! On iraurail etc br.i\e qu'au scrutin I
Cependant le corps législatif, à la réreplion de la lettre de l'Kmpereur qui lui annonçait l’envoi de douze drapeaux, lui avait voté une adresse de rC' mcrciment. En même temps, une députation était chargée de porter à rim()érilrice Joséphine scs félicitations sur les victoires remportées en Espagne. L'impératrice répandit à celte députation qu’elle U était très-satisfaite que le premier seiilimenl de '• rCmpcrcur, après la victoire, eût été pour /ororpa M qui représenlc la nation. » Celle réponse fut publiée par tous les journaux, le Moniteur excepté; apparemment le conseil des ministres, présidé par rarchichanccIicr,ou n'avait pas lui-méine approuvé cette réponse, ou avait prévu qu'elle ne plairait pas à l'Empereur. Ce silence du Munileur servit de prétexte à Napoléon pour démentir la réponse attribuée par les autres journaux à rim(>éralrice ; et, à ccUc ecrasion, vuulanl punir dans le curps législatif, en le rabaissant, une velléité maladroite d'indiscipline, il développa une étrange théorie sur la nature de son propre gouvernement, u Sa Majesté i> riinpcraLricc ii'a point dit cela, {>orlait un arti- U cle inséré au Moniteur le décembre; elle con- H naît trop bien nos cunslilutions, elle sait trop •'.bien que le premier représentant de la iialiun » eVst l'Empereur, car tout pouvoir vient de Dieu n et de la nation.
• Dans l'ordre de nos constitutions, après l'Etnn percur est le sénat; après le sénat, le conseil » d'État; après le conseil d'État, le corps législatif. » S'il y avait, dans nos constitutions, un corps rc- >* j}réseitlaiit la nation, ce corps serait sourcrain,
* les autres corps ne sexaient rien, et ses volontés
• seraienttout
» véritables attributions législatives; le conseil lén gislatif a le quatrième rang.
I* Tout rentrerait dans le désortlrc, si d’autres ^ • idéi-s constitutionnelles venaient pervertir les n idées de nos constitutions monarchiques, n
Dans ce langage de l'Empereur, il y a une doctrine de pouvoir dont tous les gouvcrncinenls qui l'ont suivi ont plus ou moins fait usage, les uns en la proclamant sans détour, les autres, en tâchant de la melire en pratique sans la professer ouvertement. Ainsi, sous la restauration, on n'a pas dissimulé que c'était au rùle de conseil législatif qu'on eût voulu réduire la chambre des députés; ainsi, depuis que les chambres ont été associées à l'initiative des lois, ne pouvant leur contester ce droit de proposition , on clierclie à le rendre nul. C'est là un esprit, à tort ou à raison, commun à presque tous les gouvernements; mais, quant au fond des qiiestions soulevées par l'Empereur, ses détinitions n'étaient rien moins qu’exactes, même avec l’orgtinisalioii qui existait alors. Le sénat ne représentait la nation que |»ar un droit usur|)é, le vole de la conscription. Le conseil d’Ëlal ne faisait que préparer des projets. L'Em{ierciir avait beau dire, le corps qui représentait de plus près la nation était celui qui votait la loi, surtout l'im|KH, et ce vote appartenail .lu ntrps législatif.
Malgré l'aminstie accordée aux Espagnols à l'entrée de nus trou|»es dans Madrid, rEin|K'reur fut sur le point de faire un acte de sévérité qui ii'eiil pas été une violation de cette ainiiislîe. Lorsque les Français occupaient déjà le palais du Reliro, les Jardins d’Alocha, le Frado, la porte d'Alcala et [ilusicurs autres ; lorstpie le feu des F.spagnols avait cessé partout, un seul poste conlinuail à tirer sur nos soldats; rc poste était celui de La porte de Fuencaral, cl le commandant de ce poste était un émigré français, le marquis de Saint-Simon L Livré à une commission miiitiire, M. de Sairit-
• La convention, même le corps législatif, étaient n représeiilanls; telles étaient nus constitutions » alors. Aussi le président disputa-t-il le fauteuil •• au roi. Nos mallictirs sont venus en partie de
• celle exagération d'idées Ce serait une pre-
>• Icntian ebimérique et même criminelle de vou- » loir représenter la nation avant rEmpereur.
M Le curps législatif, impropremeut appelé de 1» ce nom, devrait être appelé vomeil législatif, n puisqu'il n'a pas la faeullé de faire des lois, n’en
• ayant pas la proposition
i> Dans l'ordre de notre hiérarchie constitution- j
• nellc, le premier rcpréseiiUnl de la nation est >«VEmpprcur, el scs ministres, organes de scs dé- » ctfMnSMto^^bdc autorité représentante est le
• >én.îT'*^^Wfeiiu‘ est le conseil d'État, qui .1 de :
Simon a\ail été condamné à être fusillé. Ces mesures de rigueur, hors le cas d’une nécessité absolue, étaient peu dans le caractère de rEmpereur. I.a fille (lu marquis de Sainl-Simon vint implorer la grâce de son père, el la grâce fut accordée.
En même temps que l’Empereur a\ail fait passer l'Èbre à sou armée, le généra! (jouvioii Sainl-Cyr était eniré en Catalogne à la léle du 7' corps. Cet habile guerrier, qui a écrit ses eanqtagnes coiimie
il savait les faire, offre d<‘S leçons instructives aux hommes qui milent étudier la science de la guerre. Nous n'aronS qu’à énoncer dç^r^ultals. Le pre-
mier fut 1.1 prise de Ki
* Le mArqnis de Saint- s8 rnh-é an «mire «|o rctie pflj
.lUiiKirlaiilc ,
AFFAIIIES BXTÉUIEIKES.
aticndii qu’elle privait les Anglais d'un entrepôt Cavile pour fournir des secours aux insurgés.
«Après 1.1 reddition de relie place, le général Sainl- Cyr ihiltit, à Oardadiu, l'armée espagnole commandée par le marquis de A’^ivès; il détdoqua Barcelonnc où était enreniié le général Duhesme par qui il fut hahiieinent secondé; eiisullc il attaqua de nouveau la même année espagnole ralliée au puni de Mulino de! Kcy, sur la rive droite du Lobrcgal, position formidable qu'elle fut forcée d'abandonner pour se retirer en désordre dans les nnmtagncs. flans ers <liverses affaires, les (ruupcs italiennes avaient rivalisé d'audace et d'intrépidité avec les Français. Actif A poursuivre ses avantages, Sainl-t'.yr, après sa double victoire, s'avança jusque sous les murs de Tarragonc; mais le grand nombre de postes qu'il avait à garder ne lui laissait pas assez de forces disponibles pour entreprendre le siège de cette place. Le marquis do Vivès, coupable d'avoir été vaincu, fut destitué du commandement et jeté dans un cachot. Kn entrant à Tarragone, il avait failli être massacré par la populace qui raecnsail de trahison ou d’iinpérilie. C'était le sort qui attendait alors tous les généraux cspagùuls.
Cependant l'Empereur, maître de Madrid, maître du noni do l'Espagne et d'une partie du centre de ce royaume, ne voyant pins d’année espagnole «levant lui, n'avait |>our le moment que deux objets qui appcI.issLMit son attention immédiate, le siège de Saragossc et rannéc anglaise. Le siège de Saragossc était, selon lui, une alTaire de calcul (rarlillcrie. C'était donc de l'armée anglaise qu'il fallait «l'abord s'occuper.
L'.irmée anglaise en Portugal aurait pu, aussitôt après 1.1 convention de Cintra , marcher au secours de l'Espagne. Le cabinet de Londres ne connut pas le prix du tcmi>s ; il perdît deux mois; Napoléon n’avait pas perdu un jour. I/C gouvorneiiienl anglais avait cassé les trois généraux qui avaient tour à tour, et en vingt-quatre heures, commandé son armée; il en confia ciilin le coininandemenl à sir John Moore. Ce fut le 0 octobre seulement qu'il lit connaître scs intentions à ce général. II lui laissait la liberté de porter son armée en Espagne, soit par mer. soit par terre, et le prévenait qu'un corps «le dix mille hommes, sous les ordres de sir David Ibiird, était envoyé dircctcincnl d'Angleterre à la Corugne. i^Jolm Hoorc, pour faciliter sa marche, divi9|f|fn[^^ée en plu-
* Cm Frère .'ancifn ambaua-
d.'ur i eu précèit«unaient à par-
ler. M. SiiMrl etterdSMWiiÿck. M. Frère éiaîi arrive d’Angleterre avec Jessooifmi'eoosulcraliles. destinées il être
sieurs colonnes, Il franchissait la fronticrc du Portugal le 11 novembre, c'esl-à-dirc, au muinciit où l'arrace française qui, la veille, avait battu uncartnéc ' rspagnolcà Burgos, en battait une autre à Espinosa. i Le 15, rarmée aiigiaiso était à Salamanque. Une 1 tête de division s'avança jusqu'à l'Escurial. De son I ciMc, le corps de sir David Baird, débarqué à la I Corogne, s'était porté à Astorga. Sir John Moore,
^ informé de la déroute des armées d'Estramadure cldcftaiice, ne pouvait plus prétendre qn'à secourir Caslanos. Il sc hâte de faire quelques dispositions dans ce dessein ; mais bienlùl la perle de la bataille de Tudéla l'oblige à les changer. Alors c'est à Madrid qu'on l'appelle pour couvrir cette capitale qui doit faire une longue et vigoureuse résistance. A peine a-t-il commencé quelques mouvemctiLs dams cette direction nouvelle, que la prise do Madrid vient l'obliger à des mouvements contraires. Déjà, augurant mal de l'issue de la campagne, il avait songea préparer sa retraite, et, i)ien convaincu qu'il n’était plus en son pouvoir de vaincre, il songeait du moins à conserver son armée; mais il existait en Espagne des commissaires * anglais «lont quelques uns, partageant les rêveries cspagnoh's, provoquaient sir John Moore aux entreprises les plus Icinéraircs. Malgré sa prudence, ce général crut devoir prouver que ce ii'élail pas l'audace qui lui manquait; il résolut de sc porter sur Burgos, pour couper les communicatimis d/af ; armées françaises avec la France. S'ciant mis eormarche sur Vatladolid, i! surprit à Kuéda un poste' de cinquante Français, et inlcrcepU une lettre du prince de Neufchâlcl au manV.hal Soult. En pre- ; liant lui-même la direction de Madrid, l'Empereur avait dctarlié le maréchal Soull avec le corps pour surveiller l'armée anglaise. Sir John Mwre, quoique éclairé par la lettre interceptée sur funpossibilité d'accomplir son projet, s'imagina I pourrait du moins battre le corps avant que rEmpcrcur fût à portée de le secourir. Le 80 novembre , il réunit presque toutes scs forces au nombre de viogl’Ciuq mille hommes, avec l’intention d'attaquer le maréchal Soull à Saldagna. Le maréchal, qui n’avait que quinze ou seize mille hommes sous la main, prit sur lui de changer U I direction des troupes qui allai^lclrcconipromises, et avertit l'Empereur de sa position. L’Empereur ‘ recul cet avis le 81 ; il était le 88, avec cinquantt' mille hommes, au pied de la Guadarama. La grêle, la pluie, la neige sc joigiiaieril aux autres diflîcul-
cmployêM par le* junte* à l‘«rmeroent et h rêqiiipcmeut de* iu*urge#. pliitieur* écrivain* anj'laia préicmlent qnr ce* fund* n’oDi pas loiqmtr* été tîdêlcroeni appliqué' à relie ^