‹ Histoire de FranceChapitre 35 sur 142 · BI6V0V · texte numérisé non relu

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rection au maréchal Lannes. Dans les temps anciens on ne combattait que pour la liberté et pour la patrie. A ces deux sentiments il faut ajouter toute la puissance du fanatisme religieux, si l’on veut se former une idée de racliarnement avec lequel les assiégés disputaient chaque pouce de terrain, faisant tour à tour de chaque maison une forteresse nouvelle. Le triomphe de la force, ou plutôt de la science et de l'art , ne peut pas être éternellement contesté. Le moment vint où il fallut se soumettre Le maréchal Lannes n'accorda point de capitulation; il imposa la loi. Dix-sept mille hommes de troupes régulières posèrent les armes, mais plus de soixante mille hommes avaient pris part à la défense. Les moines ailleurs ne faisaient guère que prêcher l'assassinat; à Saragosse, ils étaient braves, on les voyait aux premiers rangs; - ^ iis savaient mourir. Cependant il se trouva un évêque et des prêtres pour remercier le ciel du succès désarmes françaises. C'était une victoire, il est vrai, mais de ces victoires qui sont fatales aur vainqueurs.

Cependant l'Empereur qui , le 6 janvier, s’était rendu d'Astorga à Valladolid, avait, durant son séjour dans celte dernière ville, reçu des députations de la municipalité de Uadrid et de tous les conseils ou autres autorités qui le suppliaient de rendre le roi Joseph à cette capitale et à l’Espagne.

La demande en avait été signée par environ vingW^ huit mille pères de famille ou autres principaiixr'-' habitants. L’Empereur avait accueilli ces députations avec bienveillance, il avait consenti à leur demande, et n'avait rien négligé pour rendre l'opinion publique favorable à la royauté nouvelle.

Après dix jours de résidence à Valladolid, l’Empereur était parti ^ brusquement, et c’était pour rentrer en France. La précipitation de son départ fut un sujet de surprise, et on lui a cherché une cause imprévue, comme si un éclair soudain était venu briller à scs yeux et lui révéler un grand mystère. Ce prétendu miracle f 'une illumination soudaine est une pure rêverie. En Espagne pour le moment, vu la rigueur de la saison et l’éparpillement des divers corps d’armée, il n’y avait pour l’Euipercur ni un grand coup à porter, ni

est loin d'indiquer une pareille inquiétude. A Valladolid, il supprima un couvent de dominicains, parce qu'on avait trouve dans ce couvent le corps d’un Français assassiné. Ensuite il fit venir tous les moines des autres couvents, et leur adressa un discours très-vif sur les devoirs que la religion leur impos-iit. MM. de Beausset et Hédoiiville étaient seuls auprès de lui; les moines étaient au nombre de quarante : supposez au milieu d'eux un seul fanatique ; l'Empereur était i sa discrétion.

CHAFITHE X.

«ne grande crise qui diU îe retenir. D’autres intérêts, qui, même nu iiiiltcu de cette guerre, ne cessaient de l’occuper, pouvaient souffrir do s>on éloignement de la France. Rien de plus simple et de plus nature] que son retour.

Depuis le jour où, à Krfurl, l’Empereur avait reçu les prolcstaiiuiis pacifiques de In cour de Vienne, il n’avait pas cessé, tout en afTectant de croire à ces hypocrites assurances, d’avoir les yeux attachés sur celle cour dont les armements étaient devenus moins ostensibles, mais n'avaient pas été un seul moment interrumpus. Plus que jamais la capitale de l'Autriche était le point central de toutes les haines réunies contre la France, haines envieuses de cabinet contre la puissance française, haines de dynasties séculaires contre la dynastie d'un jour, haines de toutes les médiocrités contre le génie, haines de la noblesse iinmédiale qui regrettait ses ridicules souverainetés et de la noblesse féodale que Na|Hdéon frappait chaque jour dans quelque partie de l’Europe. Par scs décrets de Madrid, l’Empereur ne s’était pas borné à l’affranchisscinenl de la nation espagnole, il avait aussi, par des décrets pareils, datés de celte même ville, le li décembre, aboli tes servages et tous les droits qui en dérivent dans le grand-duché de Berg cl de Clèves, dans les principautés d’Erfurl, de Fuîdc et de Reyreiith. Ainsi, au fond même de la Péninsule, il poursuivait encore l'oligarchie allemande. Indépendamment des haines germaniques, c'était aussi à Vienne que se rassemblaient les pensionnaires tes plus actifs de l'Angleterre sur le continent. Battue en Espagne par Napoléon, l’Angleterre, par son or et ses intrigues, lui faisait à Vienne une guerre plus heureuse. C’était là aussi que tous les Russ<’s anlifrançais venaient donner libre cours à une aninmsilé qui, jusqu'à un certain point, était obligée de sc contraindre h Pétersbmirg. cll faut, disait-on bautemeni dans les salons >• autrichiens, que tout ambassadeur de France * soit accablé sous le poids de la haine vouée au « nom français, n I/exprcssion était juste. C'etait cRcelivemcnt l’éclat du nom français qui blessait les yeux jaloux de toutes les aristocraties européennes; c’était la grandeur plél)éiennc d'un peu- i pic de braves qui irritait ces fausses grandeurs reçues par héritage, et forcées de pâlir devant la noblesse du mérite réel; c’était enfin le combat, destiné à durer si longtemps, des deux principes quidhisentlc monde, le privilège cl l’égalité. On conçoit combien les premiers revers des armes

’ An milieu d« ce dérliaincmeiil de colère, un homme d'un csprii plus calme diuit i im adversaire de Napoléon : •Prcnei! garde : si vous voulez Tempècher dYtre

françaises en Espagne. les seuls qui eussent encore terni les aigles de Napoléon, avaient dû enfiam* mer toutes ces passions ennemies et contre sa per-* sonne et contre la France elle -même. On avait compté sur les succès de rinsurrectioii; celle confiance étant trompée, on n'en était que plus exapéré contre le vainqueur; on n'en proclamait qu’avec plus d’insolence la nécessité d’arrêter ce torrent ' qui dévastait le monde entier. Enfin à Vienne en tSOH, c'élait la même exaltation, la même frénésie qu’à Berlin on 1806. I/Ernpereur avait Juge la guerre inévitable; ic moincut de l’explosion ne |K>uvait même pas être bien éloigné. La plupart de scs vieilles troupes élaul dans la Péninsule, il lui fallait, pour d'autres cbanees, rassembler, disposer une autre armée. Sa présence alors était donc plus nécessaire à Paris qu’en Espagne. Le 23 janvier, il recevait aux Tuileries tous les grands corps de l'État, et reprenait ic cours de ses travaux, unissant de nouveau, scion son usage, les soins de la paix cl les préparatifs de la guerre.

De toutes les entreprises de Napoléon, celle qui. avec raison, avait trouve le moins de sympathie en France, était l’établissement de l’un de ses frères .sur le trùne d'Espagne, (^tuclque brillants, quelque rapides qtt'eussent été, dans sa courte campagne, les triomphes de l’Empereur, des signes d'improbation sur les causes de la guerre et sur ses dangers futurs s’étalent laissé remarquer, non-seulement dans dessalons essenliclleinent ennemis, mais même dans des salons amis ou neutres. Deux hommes, cbex lesquels jusqu'alors il n’avait guère existé de points dccoriUcts, s’étaient rapprochés par celle identité de seniinienls, MM. de Talleyrand et Fouché. Le premier avait cessé d’être ministre, mais il était encore grand dignitaire; le second eontinuaiT à être ministre de la police générale. On citait de M. de Talleyrand quelques mots que peut-être il n’avait pas dit tous; de Fouché, des indiscrétions plus fortes, dont il était très-capable. Le rapprochement seul de deux hommes, que séparaient tant de disparates essentielles, eût pu. jusqu'à un certain ]M)iiit, en étendant un peu la limite des interprétations fâcheuses, paraître une sorte de conspiration. L’Empereur u’en porta pas un jugement aussi défavorable. Toutefois il était très-mécunleiit, et son humeur avait besoin de s’épancher. Peu de jours après son arrivée, il fil appeler dans sua cabinet l’archichancelier Ombacérès, l’arcbitrésoricr Lebrun, M. ücTaJicyramI,

• (orrem, il deviendra volrati; si vous voulez compri- ■ mer le volcjin, it $e fera trt*«i>blemenl de terre. •

DigitiZ;;2 bv

AFFAIRES EXTÉRIEURES

Fouché et le ministre de la marine, Decrés. Il sembic que ne dernier eût été admis à cette réunion secrète, aHn que les details n'en fussent pas ignorés | des autres membres du ministère. L’Em|iercur, après des réflexions générales sur les devoirs de tout grand dignitaire d'un État , de tout fonctionnaire qui prend part à la haute direction des alTaires d'un gouvernement , sur l'oltligalion qui leur est imposée de mettre la plus grande réserve dans leur conduite, la plus grande mesure dans leur langage, laissa bientôt éclater son ressentiment contre les , deux personnes dont il croyait avoir à se plaindre. ' Il reprochait .à M. de Talleyrand d’avoir , devant lui, gardé le silence sur des mesures qn'ensuitc il aurait improuvées hors de sa présence; il reprochait à Fouché, de sacrilier la popularité du chef de l'Étal à la sienne, de caresser tous les partis pour SC faire partout des prOneurs. Il disait à tous deux : « Vos honneurs, vos biens, à qui les devezn vous? à moi seul. Comment pouvez-vous les con- » server? par moi seul. Regardez en arrière, exa- » minez votre vie passée.... Et vous tramez des » complots! Il faut que vous soyez aussi insensés » qu’ingrats pour croire que tout autre que moi )i fût assez fort pour voÜs soutenir. S’il survenait » une révolution nouvelle, quelque part que vous » y eussiez prise , elle vous écraserait * des pren miers. i> Chez l’Empereur , la colère était éloquente. Quelquefois elle était pnilixe et à dessein.

Il semblait vouloir épuiser toutes les formes du blême, comme pour bien constater qu'à ses repro- | cbes il n’y avait pas de réponse possible. Pendant que l'Empereur parlait , les trois témoins de cette : scène et les deux personnages intéressés demeu- j rèrent egalement silencieux ; il les congédia sans ! s'expliquer sur scs intentions déflnitives, après | avoir appuyé, à plusieurs reprises, sur la nécessité i de faire des exemples pour contenir les intrigants j et les factieux. Le soir, Cambacérès et Lebrun re- ' trouvèrent l’Empereur aussi calme qu’ils l’avaient : vu le matin emporté et violent. Fouché resta mi- ! nistre, M. de Talleyrand grand dignitaire; mais ce dernier était en outre grand chambellan; il perdit cette place. C’élait peut-être trop ou trop peu. Cependant il sortait de là une assez forte leçon. M. de Talleyrand frappé, personne ne pouvait plus SC croire invulnérable.

Tandis que rcmi)creur Napoléon combattait en Espagne, son ministre des affaires étrangères, M. de Champagny, de concert avec le ministre des aflTaires étrangères de Russie, qui s’clait rendu en France, avait eu avec le gouvernement anglais des communications dont le résultat ne servit qu’à faire con-

' La prédiction nr s’esi réalisée que pour l’un de* deux.

naître combien les puissances en guerre étaient loin de pouvoir s’entendre. Voici la lettre que les deux empereurs avaient écrite d’Erfurt, le 12 octobre, à S. M. B. : «

« Les circonstances actuelles de l’Europe nous j> ont réunis à Erfurt. Notre première pensée est Il de céder au vœu et aux besoins de tous les peui) pies, et de chercher, par une prompte pacilica- « tion avec Votre Majesté, le rentède le plus eflicace » aux malheurs qui pèsent sur toutes les nations.

» Nous en faisons connaître notre désir à Votre n Majesté par cette présente lettre.

» La guerre longue et sanglante qui a déchiré le Il continent, est terminée sans qu’elle puisse se re- » nouvcicr. Beaucoup de changements ont eu lieu n en Europe; beaucoup d'Élats ont été bouleversés.

I » La cause est dans l’état d'agitations et de mal- » heurs où la cessation du commerce maritime a n placé les grands peuples. De plus grands change- II ments encore peuvent avoir lieu, et tout con- II traires à la politique de la nation anglaise. La » paix est donc à la fois dans rintérèt des peuples ' n du continent, comme dans rintérèt des peuples I 11 de la Grande-Bretagne.

Il Nous nous réunissons pour prier Votre Mali jesté d'écouler la voix de riiumanitc en faisant n Liirc celle des passions, de chercher, avec l'in- II tcniion d’y parvenir, à concilier tous les intérôur Il et par là garantir toutes les puissances qui exis- ■ Il tent et assurer le bonheur de l’Europe et de cette il génération à la tète de laquelle la Providence n nous a placés.

Il Napoi.éox, Alex.sxdke. »

En transmettant cette lettre au ministère anglais,

M. de Champagny et M. de Romansof avaient ajouté que LL. MM. II. étaient disposées à adopter la base de r«/« possidUis précédemment proposée par l’Angleterre cllc-mèmc, ou toute autre base fondée sur la justice, la réciprocité et l’égalité qui doivent régner entre toutes les grandes nations.

Le ministre des affaires étrangères à Londres en 1808, M. Canning, n’était pas alors l’hoinme qui depuis a menacé tous les pouvoirs absolus du déchafnement des intérêts cl des passions populaires; c'était riiommc de la guerre à mort contre la France, rinslriiment de l'orgueil aristocratique I contre les innovations françaises, et surtout contre ' la grandeur acquise à la France par l’énergie de sa I révolution.

A la première communication des ministres de Russie et de France, M. Canning répondit par des I lettres du 28 octobre , à chacune desquelles était I jointe une note uniforme renfermanU’expression

ir

Ui CHAPITRE X. [IJ‘08]

ofllclcllc des intcnlions du gOBvcrncmenl anglais. ' « démarche. Le ministère anglais l'atirait-U attri* Après un préambule d’une nalure peu conciliante « huce A faiWesse ou besoin, lorsque tout homme* sur les malheurs des nations continentales, mal- n d’Élat impartial reconnaîtra, dans l’esprit de

* beurs que S. M. B. SC félicitait de n'avoir pas â se <• modération qui Ta dictée, le caractère de la

reprocher, cette note portait que les intérêts de la » puissance et de la véritable grandeur?.... Com«

couronne de Portugal et ceux de S. M. Sicilienne n ment le gouvernement français peui-M consi-

étaient confiés à la protection de S. M. B.; que » dércr la proposition qui lui est faite d'admettre

Sa Majesté était aussi engagée avec le roi de Suède » à la négociation les insurgés ospagnnii? Qu'au*

par -des stipulations qui unissaient leurs conseils » rait dit le gouvernement anglais, si on lui avait

pour la guerre et pour la paix; qu'à la vérité n proposé d'admettre les catholiques insurgés d'Ir-

S. M. B. n’était encore liée avec l'Espagne par * lande? T.a France, sans avoir traité avec eux, a

aucun acte ^ formel , mais qu’elle avait contracté • eu aussi avec eux des rapports, leur a fait sou-

avec celte nation, à la face de l’univers, des enga- " vent des promesses, et souvent leur a envoyé

gemcnls non moins sacrés et qui, dans l’opinion » des secours. Une telle proposition devait-elle

de Sa Majesté, la liaient autant que les traités les » trouver place dans une note oii l'on devait avoir

plus solennels. » pour bnf, non d’irriter, mais de cbercher à se

« Sa Majesté suppose donc, disait en finissant n concilier et à s’entendre? i» t)ii resfc, le ministère

fl M. Canning, qu’en lui proposant des négocia- français déclarait que l'Empereur était prêt à ad-

» tiens pour la paix générale, les relations sub- mettre dans la négociation les alliés de l'Angle-

» sistanl entre elle et la nation espagnole ont été terre, soit le roi qui règne au Brésil, soit le nu qui

» clairement prises en considération , et que Ton règne en Suède, soit le roi qui règne en Sicile, et

»a entendu que ce gouvernement agissant au il rappelait qu'entre grandes puissances il n’y a de

» nom de Ferdinand VII serait partie dans les paix solide que celle qui est en même temps égale

N négociations dans lesquelles Sa Majesté est in- et honorable pour toutes.

» vitccà entrer. » I.a réponse de M, de Bomansof n’était pas moins

Ijidépendainmonl de celte note, commune aux précise que celle du ministère français. Après avoir

ministres des deux empereurs, M. Canning, dans répété que l'admissiondes roisalliés de l’Angleterre

sa lettre particulière à M. de Romansof, expliquait ne pouvait être l'objet d'aucune diflicultc , ce mi-

l’impossibilité où SC trouvait S. M. B. de répondre ' nistre y joignait la même réserve ilans les termes personnellement h la lettre de l'empereur de Rus- suivants ; « Ce principe ^ ne s'étend (»as du .tout

sie, puisque c’eût élé«i reconnaître des tilrcsqu'elle » à cc qu'il faille y admettre les plénipotentiaires

fl n'avait pas reconnus. >* a de$ in$urgé$ e$/Hignol$, I/empercur ne le peut

Les lettres et la note de M. Canning arrivèrent a pas. Son empire, dans des circonstances ana-

à Paris le 51 octobre, deux jours après le départ » logues, cl rAnglelerre peut s’en rappeler une de l'Enipcrcor pour l’armée d'Espagne. La répli- ■ particulière, a été fidèle au même principe. De que dut nécessairement être retardée *; clic ne fut » plus.il a déjà reconnu le roi Joseph Napoléon. Il expédiée que le Î.5 novembre. i» a annoncé à S. M. B. qu'il était uni avec l'empe-

M. deChampagny relevait lcgèren»ent le début » rcur des Français pour la paix comme pour la peu ménagé de la note anglaise. «S’il était vrai, a guerre, et S. M. I. le répète ici. Elle est résolue

» répondait ce ministre, que les maux de la giiorre » de ne pas séparer ses intérêts «le ceux de ce

» ne SC fisseiil sentir que sur le continent, il y a monarque; mais tous les deux ils sont prêts à n aurait sans doute peu d’cspcrancc d’arriver à la n conclure la paix, pourvu qu'elle soit juste et égale ** paix- fl pour toutes les parties, n

■ Les deux empereurs s’étaient Oaltés qu’on ne Au moment où ces réponses parvenaient A Lon- A sc serait pas mépris à Londres sur le but de leur dres, le ministère anglais pouvait encore compter

• Le traité de paix et d'alliance, entre rAnglelerre et jet de réponse : • Vou* pouvez, ditait-il ft «on ministre,

le goiivernemeni agissant au nom de Ferdinand VU, ne » passer deux ou trois jours i voua consulter avec M. de fut «igné que le 14 janvier 1809. ■ Romansof. Vous ferez partir cnstiile uti courrier intel-

* L’Empereur recul, le 5 coTcmhre. à Tolosa, la note ■ figent, qui répandra que l'iispagoe est soumise ou prèa de M. Cnnuiog. Il écrivit, ce même jour, à M. de Cbam- • de l'êirc. •

pagny : • Ce soir, je coucherai à Viltorla ; demain ou * Apparemment le ministre de Russie avait Fait un pre-

• après-demain, je vous enverrai ma réponse an minis- micr projet de réponse, qui ne fut pas remis, car non»

•> têre anglais, u U parait qu’il crut devoir différer un lisons dans une lettre de l*Emperriir, datée de Madrid

peu sa réponse, afin de laisser parler les événements, du 7 décembre : • J'approuve la note de M- Romansof; je

Ce fut seulement le 18 qu'il adressa, de Burgos. un pro- » trouve leirh.ingementsqM*ila faits très opvenablea. »

Cfigltr''.^d'Sy

AFFAIRES EXTÉRIEIRFS.

tur les succès de son armée en . ISp^e; mais il avait surtoQl une grande confianee^n la leréede srbottcUersqui se préparait en Autriche. Sans contre- . dit, la cour de Londres était fondée à vouloir faire ^ entrer., dans les négociations, la question espa> gnulc; mais demander, pourpréaUlde à l'ouverture i même des négociations, l'admission dos plénipotentiaires des insurges, c’était vouloir emporter la quesUunavant son examen,^t rendre la négociation impossible. Tel était elTeolitemcnt le bulduD)iiiislère britannique, et il se hâta de le faire connaître.

Une nouvelle note de M. Canniiigà M. de Cbam* pagn}' révéla sans dq^ur cette intention. Ce ministre, dont le langage avait été au moins inconvenant, aflecta de trouver, dans celui du ministre de France, le prétexte d*^ reproche qu'il avait lui* même beaucoup mieux mérité, n II lui était ordonné,

» disait-il, de ne pas relever les choses et les cx- M pressions insultantes pour Sa Majesté, pour ses » alliés cl pour la nation espagnole, dont abondait »• lAg»* de M. de Champagny. » Cette simulatiMjlIlK susccpti^liié était ridicule; mais ces querelles de forme ont peu d’iinporUmcc. Le passage décisif de la seconde noie de M. Canning ' était cetô'.ei : » Sa M^esté est délcrmince à ne » pas MpndÔiiner la cause de la nation cs|)agnolc : » et de^S^^yautc légitime d'Espagne; et la pré- | » (enlion m la France d'exclure de la négociation ‘ ■ le gouverncmenlcentral et suprême, agissant au | U nom de S. .M. C. Ferdinand VH, est telle que Sa | n Majesté ne pourrait t'admettre sans acquiescer à | » une usurpation qui n'a rien de comparable dans i H rhislüire du monde. » |

La substance de la note adressée à M. de Rumansof était U même ; en voici le patagraphe le ^ plus remarquable i ■ S. M. B. ne peut concevoir i n par quelle obligation de devoir ou d'intérêt, ou » par quel principe de politique russe , S. M. 1. | M peut s'élre trouvée forcée de rcconiiailrc le droit n que s'est arrogé la France de déposer et d'empri- ' M sonner les souferains ses amis, et de s’attribuer i> a ellc-inémc la souveraineté sur des nations » loyales clindépendantes. Si (clssontlcs principes i> auxquels rcmpcrcur est attaché , poursuivait le ' » ministre britannique, Sa Majesté voit avec regret » une dclerniinatioii qui doit aggraver et prolonger | » les maux de l'Europe. » 11 était évident que les communications entre les deux empereurs et le gouvernement anglais ne pouvaient aller plus loin. Ce dernier gouvernement se hâta lui-même d'annoncer, par une déclaration du Id décembre, que les ouvertures qui lui avaient été faites n'avaient pu aboutir à aucune négociation, cl il ne dissimulait pas qu'il faisait cette publication afin que les puissances qui pourraient être disposées à la

guerre fussent bien assurées qu'elles pouvaient compter sur son concours. « bi, parmi les nations » qui préservent contre la FrauM unejî^pendance M douteuse etprécairc, il s’eiL^^ive même eu

w ce moment , balancent entre la ruine certaine » qui résultera d'une inaction prolongée et les dau- » gors incertains d'un effort pour échapper à celte H ruine, la perspective trompeuse d'une paix entr w la Grande-Bretagne cl la France ne manquera » pas d'être singulièrement funeste à ces natioas a Le vain espoir du retour de la tranquillité publp » que pourrait ébranler leurs résolutions. • Ce dAger n'exisUil pas pour l'Autriche, qui , d'avanee, connaissait suflisaminent les vues du cabinet britannique; mais c'était un engagement piiblic de plus pris par l'Angleterre, et ccUc déclaralioa ne laissa pas de donner une nouvelle force aux exci lions de scs partisans .i Vienne.

Depuis la paix de Tilsitl, le parti anglais à Con stantinuple n'avait cessé d'employer tous seseflbrLs pour indisposer le divan contre la France, en aisurant que Napoléon avait, par des cngagemctils formels, sacrifie les intérêts de la Porte ottomane à sa nouvelle liaison avec la Russie; on citait mène de prétendus articles qui exprimaient cei.cng^ements. Malgré ces insinuations, l'Empereur, dans l'année qui vient de s'écouler, était parvenu à empêcher la reprise des lioslilitcs entre les deux puissances, et. jusqu’à rcnlrcvuc d'Erfurt, il avail^jiiy avec vérité, démentir les imputations élcYq||||tf lui. L'entrevue et la convention d'Erfurri^wnl changé cette situation. Si les Turcs n'en eurent pas une exacte connaissance, l'intimité seule des deux empereurs était pour eux de mauvais augure, cl leur avait rendu l’alliance française justement suspecte. Cependant un agent britannique envoyé auprès du divan, M. Pagcl, avait échoué dans ses démarches. Ce n'est pas que, de son côté, la Sublime Porte so piquât de fidélité envers la France. La difficulté roulait sur les conditions du rappriKhenienl. LesTurcs prétcodaient à des indemnités, et ils se montraient exigeants dans leurs demandes. M. Paget s'était retiré sans rien conclure. l.e mente de cet arrangement était réservé à un autre ministre, que le hasard seul y fit intervenir.

L'envoyé brilaimiquc à Vi^nc, M. Adair, que nous avons vu partir de celte capitale dans les premiers jours du mois de mars, avait pris sa route par Trieste, d’oiiil s'était rendu à Malle. Peu de jours après son artivéc , le pacha des Danlanclles fit connaître à l'amiral Collirigswood , qui sc trouvait dans ces parages, que le cabinet ottoman n'était pas éloigné de rctftblir ses rapports avec l'Anglclerrc. L'amiral eût pu dès lors profiter de la circonslaucc pour conclure un armislicc. M. Adair

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