CHAPITRE I
Ln traité conclu à Fontainebleau, ht 87 octo-^
bre 1807, entre don Eugenio Yszquierdo cl 1^ ’’ général Duroc, divise en trois ' lots le royaume de Portugal : le premier, formé des provinces entre? § Ducro et Minho avec la ville de Porto, est donné* au roi d’Étruric en échange de ses Étals italiens; ce prince aura le titre de roi de la Lusitanie sep- . lentrionalc; le deuxième, comprenant le royaume des Algarves. et ce royaume appartiendra au prince de la Paix qui en jouira sous le nom de prince <lcs , Algarves. On laisse indécise la destination du troî^ sième. Ce dernier lot est tenu en réserve jusqu’à la^ paix générale. Dans le cas où les trois provinces dont il SC compose, celles de Beira, de Tras-los-*. Montes et de l’Estramadure portugaise, pourrniciitl être , à la paix générale , rendues à la maison de Bi^ance, elles flcvraienl être la rançon de Gibral- * tar, de la Trinité et d’autres colonies conquises par rV les Anglais sur les Espagnols et leurs alliés. D’après cette clause , particulièrement en ce qui concerne , Gibraltar dont il est difficile d’espérer la restitution, > on peut juger que Napoléon entend rester niattrc # de disposer de ces trois provinces ^ selon ses vues et scs convenances, y (luoique, dans cette transaction, le prince de la J’aix eut, avant tout, songé à lui-méme, les intérêts i de l’Espagne n’auraient pas été non plus négligés, si les stipulations convenues avaient dù être toutes fidèlement remplies. Le royaume de Lusitanie septentrionale et la principauté des Algarves étaient ^ placés sous la protection ® du monarque espagnol.
A défaut d'héritiers légitimes dans ces pays , le droit d'invcstilurc revenait à S. M. 0. sous la condition * de ne les réunir ni sur une seule télé, ni à l'Espagne. Les colonies portugaises seraient parta-
fois les conséquences lui en ont été funestes, d’épui scr en quelque sorte ses avantages et de demander à chaque situation tout ce qu’il est possible d’en faire sortir. Ainsi procède-t-il à l’égard du Portugal. Ce royaume offre une population de deux millions huit cent mille âmes à peu près. La proie est belle. Napoléon n’en cédera rien gratuitement, cl La plus forte part doit en rester a la France. Celle part, ce n’est pas seulement dans la péninsule cs-^ pagnole qu’elle lui convic|^, il va la prendre dans ^ la péninsule italienne.^ \ ^
' Articles I, Il et 10. ^
* Plusieurs écrivains assurent que l’inteniion tle PEmpereur était d’en faire un royaume pour Lucien, son frère, qu’il avait laissé depuis longtemps à Pécart, mais auquel le rainenalt un sentiment de Famille, toujours trèspuiss.-int sur lui. Nous r.ippurleruns plus tard quelques eireousiances curieuses sur cette velléité de l’Empereur.
‘ .Article vu
C’est un trait dti caractère de l'Empereur, et par^ gècs ^ également entre FEspngne et la France. Pour
MA Iaa AV. lias aa *4 A aIa a fl All>%aa al Ia AavamM I...
llalter l’orgueil de la cour de Madrid, le gouvernement Irançais s’engagerait à recotmaflre le roi, soit à la paix generale, soit dans trois ans au plus~^ ti tard, connue eiu|iereur des deux Amériques,
Dans l'esprit de Na|>uléon, l’idée d'une crilre^ prise cl celle des moyens d’exécution sc dévclop4 X paient toujours ensemble. Au moment où fut cun-' du le traité ' dont nous venons de donner la substance, une autre convention, pareillement secrète, * signée par les mêmes plénipolciiliaircs, réglait les bases d’un arrangement relatif à la conquéle et *
A Aniele vir * Aniele VIII.,
* Aniele VI. *''7^
‘ Lu ministre Ccr.illus, d-ms .son pamphlet, a soin de déclarer que ce traité fin signé .A son iiisii. «Si le priiico-* ‘ O de la Paix, dit à cette occ.'isioii ,M. de Pr.idl dans sc»’^' I* .Aléinoire» sur In révolution <l’Espa|;iie, avait dérobé lotfc c coiluaissancc de ce traité à son ministre, Napoléon eu
[iM7]
POLITIQUE EXTÉRIEIIRK.
peu prâlicab^J^^^tout pour les voitures et l'arlilleric, des nioo^^ec ou des landes, des torrents
vingt-cinq mille boinmes dMnfaiitcric et trois mille de cavalerie agirait conjoiiiiemcnt avec plusieurs divisions espagnoles, roniiant une force à p<'U près égale; mais il devait on outre être réuni à Rayonne, pour le SO novembre, un autre corps français de quarante mille hommes, destiné à entrer en Espagne dans le cas où les Anglais enverraient des renforts au Portugal ou menaceraient t d’attaquer ce dernier pays.
Lorsque l'Empereur faisait signer ces conventions cl y insérait de telles clauses, n'ctail-il pas alors déterminé à recommencer l’ouvrage de Louis XIV en plaçant un de scs frères sur le Irùne d'Espgnc? A cel égard les autorités sont nombreuses pour raflirniatifc. Tel écrivain de mémoires assure en tenir la conüdence de M. de Tallejrand désTilsitt; tel autre prétend qu’il connaissait celte intention de PEnipcreurpar rEnijMïreur lui-méme.l'nc foule d’autres enfin, sans appuyer cette supposition d’aucune circonstance particulière, la présenicntcomme un fait hors de doute. Nous ne contesterons pas assurément la sincérité de ces assertions, mais nous sommes fondes à croire qu’après l’événement, on a donné à quelques paroles de l'Empereur cl de M. de Talleyrand une interprélalion trop étendue, en prenant pour des déterminations fixes ce qui n'élail encore que de vagues hypothèses. Que l’Empereur, que M. de Talleyrand. prévoyant de vastes combinaisons possibles à l'égard de l'Espagne, aient jeté, dans des conversations particulières, des mots plus ou moins significatifs sur la possibilité île tcllesou telles cbances, on le conçoit à merveille; mais qu'il y ait eu, à l’avance, un plan forme dans uti sens précis, c’est ccquc nous croyons pouvoir nier, et on en jugera bientét les raisons.
T^dis que le traité du 27 octobre se discutait encore à Fontainebleau, les deux parties, d’accord sur les bases, en commençaient rexéculion. Dès le 17 du même mois, l'armée française de la Gironde, sous les ordres du général Junot, passait la Ridassoa ; le 19 novembre, elle mettait le pied sur le territoire portugais. Deux routes conduisent à Lisbonne, l'une par Abranlcs, l'autre p.ar Ponte-Murcclla; celle d'Abranlés est la plus courte mais la plus difiicilc : ce fut celle que préféra le général Junot. La marche fut rude; des sentiers souvent
■ «rail fait aiiiani àlV|;ard du aicn. car le firincr de Tal- . • leyrund «y eu! aucune fxirt. » L'aueriion c*i ncn« et | préoi*!»; un mot aiiflit pour U driniire. A celte epiKpic, le mioUlre d<*s atFaircc étrangerea de Napoléon n'était plus M. de TalIcyraDd, mais M. de Cbampagny, nc« dernier avait pleine connaUsanre de la négociation que suivait, avec M. Ysiquierdo. le général Piiroc. ce qtic M. de Talleyrand lui même n'ignorait pas.
ou des rivières débordées, furent le seul ennemi qu’on eut à combattre, mais ccteuncmi causa beaucoup de fatigues, des perles même d'autant plus sensibles qu'elles n’étaient point compensées par la gloire des combats. Arrivé à Abraulès le.2i novembre, le général Junot écrivit au premier ministre du Portugal : « Je serai dilfe qi^tre ^urs à ! •» Lisbonne; mes soldats sont désolés do n’avoir^ n pas encore lire un coup de fusil : ne los y forcez » pas. je croîs que vous auriez tort. » Celle affectalion d'iiidifférencc sur le parti que prendrait la cour de Li.slK>nnc ne inanquail pasd'habilelé. Rien de plus téméraire que le inouvoihent de rarmcc française. Cette armée sc composait presque en totalité d'une jeunesse sans force et sans expérience. En la précipitant dans une contrée que la nature du terrain, des positions avantageuses cl d’anciennes places fortes, rendraient si facile à défendre, leur cbofavenlureux avait montré une audace qui n'eût été permise qu'avec une année aguerrie; mais alors noms 2 réceinmeiit illuslrés d'Iéna et de Friedland retentissaient partout devant nos phalanges. Le reflet des victoires de leurs aînés assurait à nos conscrits di*s succès dignes des vieux soldats de Marengo cl d'AuslerliU.
Au lieu de songerà une defeosÀlÉeùt pu, sinon empêcher, du moins honorer sainlnm. le gouvernement portugais s'élaîl décidé sucressivcineiil à des concessions infructueuses, parce qirdlcs étaient incomplètes et tardives, l/c 22 octobre ^ , de con. cert avec le cabinet de Londres, il avait déclare ses ports fermes au commerce anglais. Le 8 novembre. iJ onbmnail de garder à vue le petit nombre de sujets anglais qui se trouvaient encore eu Portugal, et dan.s ce même moment, il envoyait à Paris le marquis de Martaiva, avec mission d’offrir à l’Empereur des sacrifices pécuniaires et de lui proposer le mariage du prince de Boira * avec l'une des filles du graiid-duc de Berg. A peine, le 2f nuvembre, croyait-on à Lisbonne que l'armée française fût arrivée à Alcantara, lorsque l’on reçut des lcl(re.s du général en chef Junot, datées d'Abranlés. Dt>s. lors l’alternative fut nettement posée pour la famille roy.*ile. Il faihit choisir ou de rester prisonnière des Français, ou d'aller régner au Brésil. Le
' Ariicle VI. ♦
* w Miigns fortnna popiiH romani rii; nuigniimvl ler- » ribile nomen ; rceeoti riiioA Anniltaiis, Phtlippi, An- • liochi. propè nitüiiiti er.inl.« Tite-Live.
* Par uu irailé aJgnê II l.oudres re même jonr 23. le cabinrl brilannique s'engageait à tolérer la clùliire «les ports, si U Frame n'evigeail riea de plus.
4 Ce prinre était A^'è de neuf .‘•ns.