CHAPITRE XIII
positiuii. Cross-Aspcril est altaqué par le general Ililler avec une étonnante vigueur et une grande supériorité de forces. La fermeté et les sages dispositions de Masséna le contraignent de renoncer à des tentatives aussi impuissantes que meurtrières. Essling, que défend le maréchal Lannes, courait <lc plus sérieux dangers, lorsque l’Empereur fil diversion à ces attaques , en dirigeant sa cavalerie et scs autres troupes disponibles contre le centre de rennemi. Le mouvcmonl fut heureux, et Bessières, à la tète de sa cavalerie, jeta le désordre parmi les Autrichiens; mais la nuit qui survint mil un terme à cette journée qui , toute sanglanic qu’elle fut, n’était qu'un faible prélude de la terrible bataille du lendemain.
I.cs moments sont précieux , les heures même comptées, car chaque heure apporte un renfort à Napoléon. Les troupes qui passent les ponts dans la nuit élèvent sa force à près de cinquante mille hommes. Cette fois l’archiduc Charles ne perd point de temps. A deux heures du malin , son canon se fait entendre. Comme la veille, ses colonnes s'avancent contre les villages de Gross-Aspern et d’Essling. Le général Ililler, comme la veille, revient à la charge contre Gross-Aspern, mais appuyé ce Jour-là par le général Bcllogardc. Ce village, toujours défendu par Slasséna, devient le théâtre de la lutte la plus acharnée. Les Français en restent maîtres. A Essling , môme résistance et même succès.
Vers sept heures du matin. Napoléon, qui a reconnu les positions de l’ennemi, forme le projet de partager l'armée autrichienne en traversant son centre. C’est au maréchal Lannes qu’il confie cette opération. Lannes, à la tète de la division Saiiit- Uilairc, ayant à sa gauche les troupes d’Oudinot, à sa droite la division Boudcl, s'avance fièrement, précédé d’une artillerie dirigée par la Riboissiérc ; il rompt la ligne ennemie, et arrive, au milieu des cris de rtrer£'mpereur/jusqu'auprès du village de Breitenlée , où est le quartier général de l'archiduc Charles. L’archiduc, saisissant lui-méme un drapeau du régiment deZach, veut en vain reconduire au comhat ses lrou|>es découragées ; il est entraîné avec les fuyards. Un dernier effort du maréchal Lannes eût achevé sa brillante entreprise. Tout à coup il s’arrête , il modère l’ardeur de scs braves, cl , au lieu de poursuivre l'ennemi, il revient lentement se replacer entre Essling cl Gross-Aspern. Un ordre de l’Empereur lui a prescrit ce mouvement rétrograde , cl cet ordre, l’Empereur l’a donné en apprenant le terrible accident de la rupture des ponts. La crue rapide des eaux, les arbres, les bateaux, les moulins, emportés par la violence du courant ou lancés par les Autrichiens, ont rompu
le grand pont et suspendu la communication entre les deux rives. Le corps de Davoust, attendu pour consommer la victoire, est retenu sur le bord ; nul secours ne peut plus venir de la rive droite. I.es munitions manquent à nus troupes ; il n’est encore que neuf à dix heures du malin , cl ce ne sera guère qu’a la baïonnette qu’elles auront à combattre le reste du jour. Le fatal événement est bientôt connu des deux armées. Les Autrichiens redoublent d’audace; Gross-Aspern et Essling ont à soutenir de nouveau les plus impétueuses attaques. Chassés plusieurs fois par le nombre, les Français reviennent à leur tour en assaillants, et le nombre cède à leur fougue irrésistible. Gross-Aspern fut pris et repris quatre fuis; Essling, huit. A la fin du jour, épuisés par l’attaque comme par la défense, Autrichiens cl Français se retrouvèrent dans les mêmes positions qu’avant la bataille. Les pertes des deux armées étaient immenses. Celle des Français, qui avaient eu à ménager leurs munitions, dulêlrc la plus considérable. Napoléon , tour à tour sur le champ de bataille et <lans l’Ilc de Lobau, avait réglé les mouvements des corps ou animé les travaux |)our la réparation des ponts. Le spectacle de la foule des blessés, qui se pressait pour rentrer dans l’ile, eût suffi à déchirer son àme, lorsque de loin il aperçoit douze grenadiers portant un blessé sur leurs fusils croisés, dont, avec quelques feuillages de chêne, ils ont fait un brancard ; il prévoit trop que ce doit être l’un de ses plus héroïques compagnons; c’est le maréchal Lannes, qu’un boulet a atteint aux deux genoux et frappé à mort. La douleur de Napoléon fut vive et sincère; quelles que soient les paroles qui furent dites alors, elles partaient, elles devaient partir du cœur. Lannes , l’un de ceux qui avaient suivi et partagé le cours de sa fortune depuis ses premières campagnes d'Italie, s’était' dans celle dernière guerre , montré plus grand que jamais. Davoust, Masséna avaient dignement soutenu leur haute réputation. Lannes venait de se surpasser lui-méme. Au brillant début des cinq jours, il avait été, dit le général Pelel, « l’Ajax de l’armée, son !• glaive.exterminaleur. » Il l’eût été encore à Essling, si la fortune, par un événement inattendu, ne lui eût arraché la victoire au munientoù il était prêt à la saisir. A neuf heures du soir on entendait encore le canon des Autrichiens; maisce feu mourant ne tarda pas à s’éteindre tout à fait. .Au milieu de la nuit, les Français rentrèrent tous dans l’ile de Ldbau. Que vont-ils devenir dans cet espace étroit, sans munitions, sans vivres, si les Autrichiens les attaquent? Les Autrichiens n’attaqueront pas; ils ne l’oseront pas, ou, s’ils l’osent, la tentative serait liasardeuse contre des braves au désespoir. Napoléon a foi en lui-méme; il a foi en Masséna, si grand,
si admirable dans ces deux dernières journées.
^C’esl à lui qu'il remet le dépOl sacré de l'flc cl de tout de qu’elle renferme. A onze heures du soir, il se jette dans un bateau qui le porte, non sans danger, à l’autre rive, et aussitôt il pourvoit à tout ce que demandctil le passage des blesses, la réparation des ponts, et les approvisionnements en tout genre que la défense de l’ile exige. Le jour luit, le jour s’écoule; les Autrichiens n’ont pas attaqué. Un second jour se passe de meme, (lu’ils paraissent maintenant, les Français ne redoutent plus rien. On a blâmé cette inaction de l’archiduc Charles. A moins de déclarer ce prince le plus inhabile des hommes, on doit croire que, s’il n’a pas attaqué, c’est que la gravité de ses pertes, le désordre de son année ne le lui ont pas permis; c’est qu’il a craint qu’un retour de fortune ne lui enlevât cette apparence de succès que le hasard lui a donné. Dans celte lutte prodigieuse de moins de 1S0,000 hommes contre 90,000, où est la gloire? où est le triomphe? Il y a un vainqueur peut-être; mais ce vainqueur, les soldats l’ont nommé, c’est le Danube.
Si les premiers vingt jours de la campagne ont •déconcerté les projets des ennemis de Napoléon, il semble que les deux journées d’Essling doivent, en prolongeant la guerre, réveiller leur ardeur et ranimër leurs espérances. L’ardeur se réveillera, mais les espérances ne s’accompliront pas. Bicntùl, malgré les exagérations qui feront retentir au loin le bruit des prétendues victoires de l’archiduc, les faits seront connus.appréciés, réduits à leur exacte | valeur. Dans rinlervallc , riiiQiicnce des premiers | événements de la guerre se sera fait sentir sur les poinls'lcs plus éloignés et aura partout assuré la supériorité des armes françaises. L’un de ces im- , portants résultats fut la jonction > de l’armée d’Italie avec la grande armée.'
Nulle part les Autrichiens n’avaient dù compter sur le succès autant qu’en Italie. Là encore les Français étaient moins qu’en Allemagne préparés à une si brusque rupture. Là n’était pas Napoléon r pour compenser, par son génie, l’infériorité des forces. Une affaire, imprudemment engagée * à Sacile par le prince Eugène, avait procuré un premier avantage à l’archiduc Jean , mais l’archiduc ne sut pas en profiler, cl le prince Eugène, prompt à reconnaître qu’il était beaucoup trop faible pour lutter contre une armée si supérieure , se hâta de se replier sur l’Adige, où il trouva des renforts. Bientôt, sans être égal à l’ennemi, il n’hésita pas à reprendre l’offensive. D’illustres généraux le secondaient de leur expérience comme de leurs bras. Macdonald commandait son aile droite. Grenier le
' Le *31 mai.
centre, Baraguey d'Ililliers la gauche. Le 27 avril, les deux armées étaient en présence, lorsque le canon de Vérone proclama les victoires de Napoléon sur le Danube. La même nouvelle était parvenue à l’archiduc Jean. Dès lors, la guerre prit un caractère tout nouveau. L’archiduc ne songea plus qu’à se retirer ; mais à se retirer avec honneur, en disputant tous les passages susceptibles d’étre défendus, cl en faisant acheter aux Franç.ais le terrain qu’il consentait à leur abandonner. C’est ainsi qu’il développa toutes ses forces sur la rive ^ gauche de la Piave, où il attendit les Français de pied ferme. La rivière fut franchie malgré tous scs elTorls, ses troupes furent mises en déroute, fl y perdit près de dix mille hommes tués, blessés et prisonniers, plusieurs drapeaux, quinze pièces de canon et un grand nombre de voitures de munitions et de bagages. La bataille de la Piave affranchissait rilalic comme celle d’Eckmühl avait affranchi la Bavière. Les Autrichiens furent encore battus à Prcwald, à San-Michclc, surtout à Tarwiz. Nous n’entrerons pas dans le détail de ces avantages obtenus par le prince Eugène; nous nous iKtrnerons à citer quelques passages d’une proclamation de l’Empereur, où ces faits glorieux sont rapidement signalés. <> Soldats de l’armée d’ilalic,
» disait l’Empereur, soyez les bien venus; je suis » content de vous. Surpris par un ennemi perfldc » avant que vos colonnes fussent réunies, vous avez » dù rétrograder jusqu’à l’Adige ; mais lorsque vous » reçûtes l’ordre de marcher en avant, vous étiez » sur le champ mémorable d’Arcole, et là vousjun râtes, sur les mânes de nos héros, de triompher.
» Vous avez tenu parole à la bataille de la Piave, n aux combats de San-DanicI, de Tarwiz, de Go- <1 rilz... Vous avez pris d’assaut les forts de Mal- » borghetto, de Pradel, et fait capituler la division » retranchée dans Prcwald et dans Laybach. Vous i> n’aviez pas encore dépassé la Drave;^.et déjà n vingt-cinq mille prisonniers, six cenls'pièccs de » bataille, dix drapeaux, avaient signalé votre va- " » leur. Depuis, -la Drave, la Save,, la Muhr, n’ont, n pas retardé votre marche.
» La colonne autrichienne de Jellachich, qui la i> première entra dans Munich, qui donna le signal » des massacres dans le Tyrol , environnée à San- » Michèle, est tombée sous vos baïonnettes ; vous » avez fait une prompte justice de ces débris dé- » robés à la colère de la grande armée.
» Soldats, celte armée autrichienne d’Italie, qui n un moment souilla mes provinces, battue, disn persée, anéantie grâce à vous, sera un exemple .» de la vérité de cette devise: Dio la mi diede, ,
t • Le 16 avril.
CHAflTHE XIll.
» g%taia chtla locca. Dieu me t'a duiinéc. malheur >» à qui la louche! »
L'armée d’Italie est devenue l'aile droite de l’armée de Napoléon; mais elle ne doit pas s'arrêter dans M marche. Il importe que l’archiduc Jean ne |Hiisse |>as aller rejoindre l'archiduc Charles. Pour empêcher cette réunion, le prince Eugène est chargé de le poursuivre en Hongrie.
Tandis que l'armée d'Italie faisait sa jonction avec la grande armée, le général Marmont, parti <ie la Dalmatie avec les divisi<ins Clause! et Montrichard, faisait sa jonction avec l’armée d'Italie.
Aux détails de la guerre régulière entre Ips grandes années, nous devons ajouter quelques (rails rapides sur les guerres d'insurrection dont l’Autriche attcmlait de si grands résultats. Si les insurges avaient eu |>our mobile un sentiment généreux, l'amour de l’indépeiHlancc ou mémo une vieille aiïeclion pour leurs anciens maîtres, après les avoir combattus il faudrait les respecter. Tel n'était nulle part le principe des insurrections. Dans le Tj rol, les moines s'inquiètent des suppressions de cloîtres of>érécs en Bavière; ils craignent d'étre soumis à de pareilles réformes. Ce sont les moines qui prêchent la croisade. L’aubergiste llufcr est le chef nominal des insurgés; le chef vcrilabte est le capucin > Gospinger, et les prêtres, dans les révoltes, donnent rarement des exemptes d’huinanité. Plus de mille Bavarois et une centaine de Kraii^'ais furent indigneinent égorges après avoir mis bas les armes. Le général comte de Chatcler, Belge au service d'Autriche, sc trouvant, peut-être malgré lui. associé aux cruautés de ces fanatiques cl féroces inonlaguards fut désigné et flétri par un décret de Napoléon, comme en étant, iiun-seulemcnt le complice, mais le principal auteur.
A ta première nouvelle de la révolte du Tjrol, l'Empereur avait, le 10 mai, détaché le maréchal Lefebvre avec divisions havanaises des généraux de W rode et Derui, pour rétablir dans ce pays l'autorité du roi de Bavière. Lefebvre, avec la division du général de Wrede, battit te général de Chateler à Wnrgel le 15; il prit Schwatz d'assaut le IS, et il entra, le 10, dans Inspruck. Dans le même temps , le général Deroi avait débloqué Rufstein. La junte insurrectionnelle ayant déclaré qu'elle se livrait à la discrétion du roi, le maréchal Lefebvre, trompé par celle feinte soumission, accorda un |varüun général. Sa bonne foi sera mal récompen-
' xOnnrevotmrntr ribelli.» /.wrcAcnwt.
*0 décret, daté du 5 mai, présentaot M. de Chaicler romiuv préveoii iTèire PAiilPur des roauacre* rommis sur le» priwanier» bavarois ei français, ordonnait qur, s’il élaii fait prisouuirr, il fût traduit à une commis-
I sée. Nous verrons bicutét la révolte sc renouveler, sous les mêmes chefs, avec plus d'audace encore « et de violence.
Dans le nord de l'AIlcmagno, l'esprit d'insurrection avait un but plus vaste et embrassait une plus grande étendue de terrain. Il s'agissait d'entraîner la Prusse è (a guerre. L'humiliation de la défaite, les souffrances d'une longue occupation militaire, aulurisaient de justes mécontenlciiicnts ; mais le mobile le plus actif était, pour l'arislocralie aile* mande, la haine des principes français, tels même que les appliquait Napoléon, et, de plus, la haine d'une gloire qui faisait pâlir toutes les gloires. Les sociétés secrètes, si puissantes pour soulever les peuples, sont rarement soumises à une exacte discipline. Presque toujours des hommes jo)palicnls, dans le désir de sc signaler eux-mémes, rompent les plans les mieux conçus par l'iiiopportunité de l’cnlre|irise. Ainsi mémeavanlqucl'arcliiducCharic.s eût passé rinn, dès le 3 avril, un ancien uflicicr prus.sien, le lieutenant de Kall, s’imagine pouvoir, i l'aide de quelques aventuriers, surprendre Nagdebourg. Repoussé, poursuivi, il ri'a d'autre ressource que d'aller en Bohème chercher un refuge auprès du duc de Brunswick-Ocls.
Dans la Hesse électorale, au centre du royaume de Weslphalic, des intrigues bien dirigées ont amené devant Cassel, le 30 avril, quinxc à vingt mille paysans auxquels on a promis que la garde du roi de Wcstpbalie sc joindrait à eux. Un transfuge en effet, le colonel Doernberg , va sc ractlrc d leur tête. Jérôme Bona|>arte, en celle circonstance, n'est point indigne de son nom. Il réunit les trois ou quatre mille hommes de troupes qui composent toute sa force, il fait un appel à leur loyauté, s'abandonne à leur fui, et déclare que ceux qui veulent le quitter sont libres de le faire. Un cri général de dévouement répond d ce léiiiuignage de confiance. liC 3i au malin, le général français Éblé, ministre de la guerre, fait attaquer les masses irrégulières des insurges; il y jette la terreur par quelques coups de canon, ci une charge de cavalerie achève de les disperser. Ces paysans, qu'aucun enthousiasme n'animait, se hâtèrent de rentrer dans leurs villages. Vingt-quatre heures plus lard, rien n'annonçait qu'il eût existé la moindre agitation dans le pays. Doernberg comme Katt, alla rejoindre le duc de Brunswick en Bohême.
Peu de jours après, le 38 avril, Berlin voyait
lion militaire, ei passé par les armes. •*il y arait /urw.
* Doernberg, Uanovrieo, colonel de» chasseurs de la garde du roi de Wcstpbalie. avait trahi sou bieofaiietir (Hmrcoulribucrii une révolution qui aurait ramené t'élecieiir de Hes&r à Cassd. Fugitif, il se rendit d'abord À
l'.’rs l'.v Cit-'v
AFFAIRES EXTÉRIEURES
éclater une lentatirc qui pouvait avuir üc bien autres résultats. Un oflicier supérieur des hussanls de Brandebourg, le major Scbill, sortait à la (été de cinq cents hommes rie son régiment, comme f»our aller faire des manoeuvres hors de la ville. Bieiilét il fut rejoint par ln»is cents hommes d'un régiment d'infaiilcric légère. A |>einc est-il à quel* que distance, que son projet, connu dans Berlin, est le sqjcl de toutes les conversations; on l'approuve, on le loue. Peut-être aura-t-il des imitateurs ; peui-élrc n’esC-ce IJi que la première étincelle d'un grand incendie; on |h;uI le croire, mais l’incendie va être étoulTc , amorti du moins pour le moment. liC jour où Schill tentait son aventureuse entreprise, on connaissait l’invasion de la Bavière par l’archiduc Charles, l’infériorité de l'armée française. l'alnencc de Napoléon. On rêvait pour l'Autriche des succès extraordinaires. Le Icndciiiain, des nouvelles toutes différentes viennent détruire ces illusions. On apprend tout à la fois la présence de Napoléon h sou armée, scs premières victoires, et la rclraitc de l'archiduc Charles en Bohême. L’exaltation sc calme, renlhoosiasme sc refroidit, la prudence commande la dissiiuulotiou. Schill est désavoué cl déclaré déserteur. Il a beau prendre le titre de général prussien, proclamer qu’il est autorisé par son gouvernement ; il n'est plus qu’un proscrit que les événements ont condamné.
De Berlin, Schill. après avoir passé l’Kllic h \Vittemberg, s’était porté sur Magdebourg. Be|K>ussè de cette place, il avait, après des courses sans résnlt/it. Uni par gagner Stralsuiid. Maître de ce dernie^ poste, il voulait, disait-il, en faire une Saragu^ nouvelle. sc termine sa carrière, t^luuiquc sod corps, grossi de vagaiwnds et de déserteurs, sol. de quelques milliers d'hommes, il ne fera qtfune faible résislaiKc. I«c général hollandais Gntieii attaque Straisund avec vigueur et l'enlève. Schill est tué ; les débris de sa bande sont faits prisonniers. Jugés et envoyés aux bagnes en France. Le chAlimcnl était sévère; il a donné lien i des déclair.aliuns brillantes sans doute, mais qui ne contentant pas la froide raison. En prétendant faire la guerre i la France avec des soldats prussiens, lorsque la Prusse était en paix avec la France, Schill s'etait mis dans la |M)silion d'un pirate qui , contre la volonté de son gouvernement, attaque les navires d'une nation .imie. I.es hommes qui se jettent dans de toiles entreprises savent d'avance le sort qui les attend ; le succès seul peut les absoudre. Si, auasitùt après le mouvement de Schill
Pr4g(u- Auprès dr ce pnorc. L’Éiectenr lui donna an billcl dff millr florins de la banque de Vienne, c’est-àdire . suivant le cours d'ainrs . une valeur d’environ
et de scs compagnon!, la Prusse s’était décidée h la guerre, on aurait vu en eux les précurseurs de la libération de la patrie. Seuls, abandonnés par leur gouvernement, ils ne sont plus que des aventuriers. Ur des aventuriers qui se font passage le sabre à la main, qui lueiil des sentinelles chargées de la défense d'une ville, de la garde d'une caisse, sont des brigands cl doivent être traités comme tels. Sans doute le caractère politique de leur entreprise n'inspire pas l'horreur qui s'attache aux crimes contre les ]>ersomies privées; on (veut même, comme homme, éprouver de l'intérêt |>our des témérités guerrières dont le principe a quelque chose de patriotique et de généreux . mais les gouvernements .lUaqués ne innit p.is tenus à l'imlulgnicc, et une répression sévère est dans leur droit comme dans leur intérêt. Kn d'autres sK'cIcs que le iiètre. cette répression eût été la |>eiiic capitale.
Ce qui manqua surtout aux projets d’insurrection dans le nord de l'Allemagne, ce fut l'accord dans leurs mouvements. Kalt, Doernberg cl Schill se sont levés successivement ; ils ont succoml>è tour à tour. Le duc de Brunswick-Oels entra luitnéme trop tard en cam|)agne }M>ur se réunir à Schill. C'était particulièrement sur ce prince que les sociétés secrétes avaient compté le plus. Chef d'ordre lui-méme, il était en relation avec les directeurs de CCS sociétés . auxquelles étaient affilies les jeunes gens des familles les plus distinguées du noni de l'Allemagne. Pour imprimer à sa troupe un caractère plus lcrrible. il lui dtmnail le nom de Lfgion noire. Des tètes de mort décoraient la coiffure de ses soldats; espèce de fantasmagorie qui plaît à riinaginalion des illumines, mais qui produit |>eu d'effet sur le champ de bataille. Entré en Lusace le H mai, il fut chassé do Zittau, le ü, par le général saxon Thieiman, qui était resté, avec quelques milliers d’hoinrnes, )>uur la garde de Dresde. Le It juin, la légion noire, formant l’avaiit-gardc d'un corps autrichien asses considérable, entrera dans cette ville, d'où se sera retiré le généralThielmaii. Decemumentjusqu'au il juillet, elle restera associée aux opérations assez insignifiantes (lu corps autrichien ; mais , lorsque, plus tard , uh armistice sera conclu entre Napoléon et l'archiduc (Uiarles, le duc de Brunswick-Oels, ne voulant (MS sc soumettre aux conditions qui lui seraient applicables, prendra une détermination hardie, qu'il saura exécuter avec courage. Informé de la présence d'une croisière anglaise i l'embourhurc de l'KIbe, c’est à l’Angleterre qu’il ira de-
ireDle-cioq louU de France. Digne Mlaire de u perfidie ! Puis acceptez le nom de trailrct pour servir dr Iris prinrrs.