SOU
(le nouveau en avoir plus de cinquante iinlle sous ses ordres, par la réunion de lruu|K>s tirées des placcsdc Hongrie, ou que l'arcliiduc palatin Joseph venait d'organiser dans ce royaume, ('.elle force imposante s'était établie sur les hauteurs qui masquent la ville de llaab. tjuoique cette positioti des Autrichiens, prolé'gée |»ar des rclrancheiix'iits naturels et hérissée d’artillerie, dut rendre l'attaque très-hasardeuse, le prince Kugétic n'hésita pasâ la tenter. Il n'avait (ms pour le moment sous sa niairi plus de treiilc-sis mille hommes, maislrciitc six mille huninicsaccouluniés à vaincre, cl qui ne respiraient que des combats nouveaux. (l'était d'ailleurs le H juin, jour consacri? par les batailles de Marengo et de Friedland , anniversairu heureux où la fortune ne pouvait être iiiGdèle aux armes fran^’aises, et celte cunliance était déjà elle-même un gage assuré de la victoire. Les soldats de IKOU furent dignes de leurs aincsde 18(N)ct de 1807. l'arloutoiicondiallil avec vigueur; mais une ferme, une maison carrée, admirabicnicnl défendue par les Autrichiens, fut surtout le théâtre d’une lutte pndongée et sanglante.
A la lin, les murs furent escaladés, les portes enfoncées à coups de hache, les bâtiments incendiés, cl ceux des Autrichiens défenseurs de ce |>osle que le fer avait épargnés, périrent par les Üammes. Sur les autres points, la résistance avait été égaienicnl opiniâtre; pressés partout, les Autrichiens furent heureux de pouvoir faire leur retraite sur Comurti. Leur perte, de leuravcu,rulde six mille deux cents hommes, dont plus de trois mille prisonniers. Les Français eurent six à sept ccnls luésct quiniee cents blessés. L'Empereur écrivit au prince Eugène :
« Votre victoire est une petitc-lllle de Marengo. » | \ét général Macdonald, malgré la rapidité de sa marche, ne put arriver qu’à quatre heures après midi ; mais la bataille était gagnée. Il prendra bientôt ailleurs une glorieuse revanche.
Tout en poursuivant l'archiduc Jean, le prince Eugène lit (‘ummcncer rinveslissemenl de la place de naab par le générai Baraguay d’ililliers. Un ordre de rKmpcrcur chargea le général l^auriston de couliiiuer ce siège avec la division qu'il avait sous ses ordres et quelques autres troupes que lui envoya le maréchal Uavoust. La place avait été mise dans un Ihui état de défense, mais sa garnison était faible. Elle capitula, le £5 juin, avec promesse d'ouvrir scs portes le ii , si elle ii'ctail pas secou-
' Le prince de NetifcbAicl MÎtii cet à-propos pour relever légérrmeni le lADgagr que le géncraliSBiine svatl tenu dons tes proclsmstioiis, «jouiaal : « tju'on avait fait peu • d'atlentiun à celles de jeunes princes sans expérience,» donnani à eniendre qu'il n'en était pat ainsi des siennes. La plaiule ctaii presque iiii cnmplimeni.
; rue. Elle ne le fut pas. lx‘S deux mille hommes qui en sortirent furent remis aux avant-postes de l'archiduc Jean , sous l'engagement de ne pas |Mirter U'S armes dans celte campagne. La victoire de Raab, si importante par son résultat, puisqu’elle nous avait livre cette place, pouvait avoir aussi scs dangers, en fon;aiit l’archiduc Jean de se |>urler sur la rive gauche du banubc , ce qui rendrait plus làcilc sa jonction avec l'archiduc (Charles. C’était une chance fâcheuse que devait détourner l'Empereur; |K>ur y parvenir, il avait de bonne heure envoyé sur Pre$bourg le maréchal Davousl qui , de là , appuyait les opérations du prince Eugène, et tenait en respect les Autrichiens rassemblés à celte hauteur du Danube. Oux-ci ayant réuni, sur les quais de Prcsbüurg.dt's matériaux ciuisidérahles pourl'élablisscim'iil d'un pont, Davoust somma Iccoimnaiidant de la place de faire cesser ces ouvrages, en le rendant responsable des malheurs qu’entrainerail son refus. Sur la réponse peu salisfaisant(‘ de ce commandant, lu maréchal Ut lancer quelques obus sur la ville, où l'empereur Franrois II venait justemcul d'arriver, (xlle manière de fêler la présence de ce prince abrégea le scqour qu’il voulait y faire, cl il en repartit aussitôt pour \\ olkersdorf. J.e feu continua pendant quelques jours , et incendia uiic ciiiquaiilaine de maisons. l.c généralissime en ayant porté des plaintes au major général de l'arméc française, rEiii|tereur lui lit écrire que c'est à ceux qui choisissent leurs points d'opération près des villes qu'il faut impultT les duniniages qu'elles ont à en souffrir, mais que cependant « l'attaque 1» de Frcsbuurg cesserait, puisque cela lui était K agréable L » On était arrive ainsi aux derniers juurs du mois de juin. Le :20,les grands ponts, qui comniuniquaienl de la rive droite à File de Lol>au, étaient terminés, et, de ce moment, un eü^pu opérer le passage. L'Empereur multiplia au plus haut point les précautions. Ces trois punis parailèlq» > avaient chacun à peu près six cents pasde lungucur; ils étaient protégés par des cstacades établies dans diverses directions, de manière à rendre sans effet le renouvellement des moyens précédemment employés, et même les moyens plus puissanlsde destruction que l'on pourrait tenter encore, tels que (les hrhjots ou autres machines incendiaires. Ces admirables constructions, exécutées dans un si court espace de temps, auraient seules illustré le nom du
' Le pnni de Trajan était iin pont en pierre, Fait en plusieurs années. Le pont de César, sur le Rbio, fut jeté, il est vrai, en huit jours, mais aucune voilure cbargée u'y pouvait passer. «Les ouvrages sur le Uaoubc sont • les plus beaux ouvrages de campagne qui aient jamais » été coDsirnifs.» 31' bulieiio.
cHAi'rriiE XIV.
général Bertrand >,aide de camp de l’Empereur, si, depuis, il ne l’eUt honoré davantage encore par une lidêlilé à toute épreuve dans les jours du malheur comme dans ceux de la gloire, L’Ile de Lobau était devenue elle-même une verilahie forteresse qui eiU pu, au besoin, offrir une retraite à rarmée. Dans les dix derniers jours de juin, rEmpereur passait dans cette tie ses journées presque entières. De là il observait les ouvrages de l'archiduc Charles et présidait aux siens. Il n’avait |ias tarde à reconnaître que c'élail devant les villages d'Aspern et d'Kssling que l'archiduc établissait sa plus forte ligne de défense. En effet, depuis le village de Gross- Aspern jusqu’à la petite ville d'Knzersdorf, en traversant Essling, l’archiduc avait fait exécuter d’immenses ouvrages, liés entre eux, palissadés et armés de plus de cent cinquante pièces d’artillerie de position. Pour l’encourager dans ce système, l'Empereur fit construire, de ce cùlé, un pont sur pilotis; il envoya occuper l'ile appelée lie du Moulin, et de là un second pont fut jeté dans la même direction. L’occupation de cette tic, d'où il fallait chasser les Aulrichietis, sous le feu de leurs batteries de terre, ne pouvait être l’œuvre que d’un coup de main audacieux et dillicile. C'était pour l’archiduc une raison de plus de croire la possession de l’ile nécessaire aux Français, et de la regarder comme le lieu où devait s’effectuer le passage. Ainsi ces deux ponts apparaissaient aux Autrichiens cumnie les deux routes où ils auraient à recevoir, à soutenir l’attaque de Napoléon ; mais en même temps, dans nie de Lobau, des pontons étaient rassembles en assez grand nombre pour former à la fuis quatre autres ponts vers l'autre extrémité de l’Ilc, cl tout était disposé de telle sorte que , pour placer ces ponts, deux heures devaient suffire. La distance de nie de Lohau à la terre variait de soixante à cent toises. Un cinquième pont, d’une invention nouvelle et dequatre-vingts luises de longueur, n'avait besoin que d’être accroché, d’un bout à l’Ilc, de l’autre à la terre. Au moment où on en fera usage, il sera établi en dix minutes. Bien n’était omis de ce que la prévoyance la plus étendue pouvait prescrire. l.’Empcrcur avait tout vu, tout reconnu, tout vérifié. Batteries, pontons, munitions, vivres, hùpitaux, tout dans l’ile et à Vienne était prêt pour une journée décisive. Déjà, le 20 juin, il avait fait connaître ses intentions au maréchal Davousl et au prince Eugène. Tous deux devaient quitter la llon-
' ün homme d’espril l’appelait en riant âummuspon- Ufrx.
^ L'cxcciition en fut coiiKcenii chef de bataillon Pelel, alors aide de camp de Massena, depuis lirulcuaiit i;éiiêral. qui a publié nue excellente histoire de la campagne
grie en masquant leur départ, de tnanicrc à venir combattre devant Vienne, sans que l’archiduc Jean, qui en était plits prés qu’eux , les y devançât, ou même les y suivit aussitôt. Des corps français et confédérés avaient été également appelés de I.intz, de Moclk et de Saint-Pollen. Gctil cinquante mille hommes allaient se trouver sous la main de Napo- < léon , pour en attaquer cent soixante-quinze mille ' dans des rclrancbemctits défendus par une immense artillerie.
Dans la journée du i juillet, rarmée de Napoléon était réunie soit dans l’ile de Lohau, suit à Ebersdorf, en face de cette Ile sur la rive droite du Danube. Indépendamment des ponts où défilaient, comme en pleine campagne, les corps d’armée avec leurs canonsel leurs bagages, des barques sans nombre, manœuvrées par des marins de la garde cl protégées par des chaloupes canonnières, offraient, à volonté , des ponts nouveaux , selon que le besoin du moment le demandait : des milliers d’hommes passèrent ainsi d'une rive à l’autre , et ce furent même les premiers qui prirent terre sur la rive droite. .\ onze heures du soir, une violente canonnade s’engagea entre Plie de Lobau et une partie des retranchements autrichiens. Ce fut particuliérement sur Enzersdorf, où s’appuyait la gauche des retranchements ennemis, que fut dirigé le feu des batteries françaises. Cette nuit fut une grandcscènc d’horreur, où l’air et la terre unirent leurs lemj»ètcs. Il semblait que les éléments voulussent lutter de fureur cl de bruit avec le tonnerre des deux armées. Un orage effroyable, les vents dcchafnés, des torrents de pluie menaçaient de tout bouleverser, et cependant rien n’arrétait ni les foudres de l’artillerie, ni les mouvements des troupes françaises 1 exécutés avec prestesse, dans l’ordre le plus parfait et comme sous le plus beau ciel. .A trois heures du matin, et grâce à la promptitude de l’établissement des ponts, l’armée française avait débouché en partie sous Enzcrsdürf, en partie vers Wiltau. A cinq heures, elle était formée. Masséna tenait In gauche, üudinol cl Bernadotle le centre, Davousl la droite. L’armée d'Italie, le corps du général Marmonl , la garde et la grosse cavalerie, à mesure de leur arrivée successive, composèrent la seconde ligne cl les réserves. Une horrible nuit avait fait place au jour le plus serein. L’éclat rlu soleil munira au généralissime autrichien l’armée française loin du point où il l'avait vainement attendue. Quarante jours de
I de 1809. Je nie fais iin devoir de rcconnailrc que c’est ! dans cet ouvrage que j’ai puise, pour la reproduire dans ; le inicii, l’appréciation des cvéneincnts de cette guerre, ■ qui, selon moi, n’ont été nulle part exposes avec plus de I lucidité et de Justesse.
AKFAinES EXTEHlhXRKS.
travaux étaient devenus romplétrmrnt inutiles. L’année autricbiemic se voyait tournée; il fallut faire un changement de front et détacher une |uirtiedes forces appuyées au l).inubc ]>our aller tenir télé aux Français sur un autre terrain. I.a petite ville d'Hni:ers<lorf , brûlée en partie par les obus c|u*on y avait jetés . ne put opposer une longue défense : à huit heures du matin elle était 4)rise. Quatre bataillons que retineini y avait laissés, en se retirant, furent faits prisonniers. Alors coninietira une suite d'actions partielles qui, sans avoir rcnsenible d’une l>ataille, prtxhiisircnl cependant d'importants résultats. Tandis que le inaréeiial l)avoust menaçait ta gauche des Autrichiens, Oudinut enlevait le village de llulzeiidorf. Celui de Rasdorf, quoique plus disputé, fut emporté |>arB<‘rnailotIe. Massena faisait mieux encore , il triomphait là où iVnnenii était le plus fortement retranché ; il s’emparait des ouvrages de (iross-Aspcni et d'Fssling. Tout le système de l'archiduc Charles avait disparu, line attaque qui pouvait être plus décisive fut tentée sur le centre de l'année ennemie. Macdonald , à la télé de trois divisions, marcha contre le village de Wagratii, sc rendit mailrc de cette position et lit trois mille prisonniers. danger était grave pour les Autrichiens. Aussi, des forces nombrcoscs furent envoyées aussilùt surce point, et Macdonald, pressé à la fors en télé et sur ses flancs, dut faire sa retraite qu’il opéra en bon ordre. Tout k coup une méprise déplorable faillit compruinetlrc l’arméo. Les Saxons , commandes par Bernadnlle , tirent feu sur les divisions de Macdonald, qu’ils prenaient pour des corps autrichiens, et y Jetèrent une grande confusion. La retraite alors ressemblait presque à une déroule. L’obacurité, qui avait causé l'erreur, en fut le remède. Les Autrichiens, ignorant ce qui se passait, ne purent pas en profiler; mais à la i faveur <iu désordre jeté dans nos rangs, les trois I mille prisonniers s'échappèrent. Ainsi se termina j la journée du 8 juillet, qui -a été nommée par les | Autrichiens l>alaille d'Enzersdorf : pour les Français elle n'csl que le prélude de la bataille de Wagratn.
Dans la nuit du 8 au Gjuilict, les généraux des deux armées avaient fait des mouvements en sens inverse. Tandis que rEiiipereur réunissait scs troupes et rassemblait de fortes masses en face de AVa-
* Agiié des seoiiments divers que devait inspirer k tout cffur français la lutte gigantesque engagée dans cette journée mémoraUe. je m’étais établi k l'observatoire de Vienne, d’où je snivats. quoique ronfusément, les variations de la iMiaille. Malgré ma eontiance siipcrslilieiise dans l’espéee d’infaillibilité militaire de l'Empereur, ce ; ne fui pas sans un vif effroi que je vis 1rs couleurs aiiiri- .
gram. centre de l’amiée ennemie, l’aethiduc Charles étendait et furliOail scs ailes, comme s’il n'avait eu qu’à nous enudupper et à recueillir le fruit d'une victoire. Aux premiers rayons du jour, l'armée française était rangée en bataille : à la gauche, Masséna et IleniatloUc; au centre, le prince Eugène, Oudinol et Mannoul; à la droite, le maréchal Ibivoust. L.1 garde impériale, la grosse cavalerie étaient distribuées on arriére sur plusieurs lignes. Au inumentoù l'Empereur sedisposaii à renouveler le coml>at, il fut prévenu |»ar farchiduc Charles. Le prince de Rosenberg, qui cuinmaiidait la gauche des Aulrictiiens, rnaiiœiivrail pour tourner la droite de l'armée française. Ce fut par le choc de ces deux corps que ctmimeiiça la bataille. L'Empereur sc porta aussitôt sur le point menacé. 11 renforça Davousl d'une division de cuirassiers, cl lit prendre en (Tanc le corps aulricbion <le RoscnlH^rg par une }>attcrie de douze pièces ti'artillerie légère. La mission du maréchal Da vousl. secondé par rcs renforts, était d'emporter le village forlilié de Ncusicdel, et lorsqu'il en serait maître, son feu servirait de signal à une charge générale. Dès ce mmnenl , il était manifeste pour Na|Miléon que l’archiduc Charles, qui, d’une part, voulait déborder notre droite, allait, d’un autre c6té, avancer en grande force sur notre gauche. |mur la séparer de ses ponts cl l'éloigner du Danul>e. Faire échouer ce plan dans une de ses parties, c’était en détruire l'ensemble, et l'apparence d'un succès tiimncnlané sur noire gaucho . oit s’entassaient les masses autrichiennes. ne serait qu'un leurre perfide qui rendrait leur défaite plus étendue et plus désastreuse. Le sort de In journée allait en grande partie dépendre du succès du maréchal Davousl. 1,'aiïairc entre ce maréchal cl le prince de Rosenberg étant bien engagée, l'Empereur était revenu sc placer sur un point intennédiaire d’où il observait feuneini. Tandis que les deux corps de Rosenberg cl de Davüusl étaient aux prises, l’archiduc Cliaries avait eflciiivemenl porté des forces immenses sur faile gauche de l’armée française. Déjà il s'est emparé de (îross-Aspern, d'où il a chassé la division Roudet ; déjà il a délKirdé noire gauche de plus de trois mille toises. Du haut des maisons de Vienne les h.ibilaiils, qui voyaient <lc si prés flotter leurs drapeaux, crurent un moment l’archiduc vainqueur.
cbicnaei ioicrposêes sur une si longue ligne, et presque fusqu’A file de Lnluii , entre l'armée française et le I)anul>e. tytiHIe joie, lorsque tout k coup le nioiivenicDl ri'irograde de cette aile <l« l'armée ennemie nous fit supposer. avec raison, qu'elle était enirainér dans une retraite générale !
CIIAl’tTftK XIV.
[isoy]
iO.S
Le maréchal Massciia, qu'une chute de cheval obli- | goail de parcourir les lignes en calèche, n'était ni | inuins actif ni inuins renne que dans les autres tuiiibals; mais il était, malgré lui. moins prompt | à ré|mrer un échec , inuins pruinpl à proliter d'un :i%an(age. UernaduUc , destiné depuis léna à être toujours un obstacle au milieu même des victoires do Napoléon, ne prêtait à 3lasscna qu'un médiocre appui. Au milieu de la plaine, des masses d'infanterie cl de cavalerie se heurtèrent plusieurs fois i dans la dirertion de Wagram, qui. aux yeux de rFinpert'iir, était la clef de la bataille; mais il attendait du sacres de sa droite le dénunment de cette lutte sanglante, on rarlilteric causail de part et d’autre d’cfl'ro}ablcs ravages. ]>cs ufllcicrs arrivaient au galop pour lui annonrer le progrès que les Autrichiens faisaient contre notre gauche. L’fle de Lobau clle-inème est menacée! L’Kiiipcreur ne répondait pas. 0.‘S cations qui sont derrière nous, ce sont les canons des Autrichiens! Il conliniiail â .SC taire. Autour de lui un s'étonnait de cc silence. Mais tout à coup il aficrruit le feu de Davousl sur les hauteurs entre Neusiedcl cl Wagram; alors il SC tourne vers l'aide de camp qui attend ses ordres, n t^ourez vile dire à Masséna qu'il tienne ferme dans scs fiosilions, cl que la balaille est gagnée. » Au même instant des onircs nouveaux donnaient au combat une face nouvelle. Cciil pièces d'artillerie sous les ordres de Lauristun luimenl à la fois sur la redoutable droite des Autrichiens, y jcUcnl la confusion cl réduisent au silence son arlilteric. Trots divisions de l'armcc d’Italie, Lamarque, Seras et Bruussior, sous le coiiimaiidomcnl de Macdonald, imirchcnt contre le centre de l'ennemi; clics sont soutenues par la division bavaroise de Wrede et par deux régiments de la garde, les chasseurs à cheval cl les lanciers polonais. Ainsi appuyé, et flanqué en outre par les divisions Durutte et Ihitliod, 3lacdonald enleva le village de Susscnbruiin, malgré les charges impuissantes de la cavalerie autrichienne. Il attaqua ensuite le village de Gerarsdorf, et, malgré une rcsislancc opiniâtre, le village fut enfin emporté, coup décisif de la journée. | Dans le même nioinenl, la division l'ulhud occupait j Wagram. Déposlé de scs plus fortes positions, le ^ centre eimeini ne pouvait plus songer qu'à ta rc- ; traite. Davousl, que soutenait Marinont. continuait de pousser devant lui le corps du prince de llo- j senherg. De son ciHé , Masséna, aidé de lierna- ^ duUc, qui avait rallié les Stixons, rcprenanl le terrain qu'il avait un moincnl cédé à l'ennemi, l'aile droite de l'archiduc se trouvait malgré clic entraînée dans le mouvement de retraite du centre et de l'aile gauche. Il n'élail que midi, la victoire était fixée. Les destinées de U niai.son d’Autriche
allaient une Iroisicino fois dé{>eiidrc de Napoléon.
Tout le ialeiil de l'archiduc avait pour but de sc retirer eu bon ordre et de dissimuler la route principale que son armée allait suivre ; celui do \a(>oléon. de presser les Autrichiens dans leur marche, sans hasarder des pas téméraires qui pussent ou découvrir scs ponts, ou compromettre sur aucun point scs troupes victorieuses. Alors parut, quand il n'était plus temps, l'avanl-gardc de l'archiduc Jean, qui, en arrivant plus tôt, eût pu seconder! l’action de Rosenberg contre l'aile droite des Français, et leur enlever, ou <lu moins leur faire payer chèrement la victoire. Klait-ce lenteur natiireltc de toute armée autrichienne? étatt-ce insnhordttiaiton de cc prince envers l'archiduc Charles? On a supposé Tune et l'autre cause.
Tous les corps français qui avaient pris part au combat s'étaient couverts de gloire. L'Fm|>creur leur en témoigna sa satisfaction. Des récompenses nombreuses furent distribuées sur le champ de bataille. l.a justice les décernait ; les soldats étaient là |H>ur dénicntir celles que la faveur aurait enlevées aux véritables services. Macdonald avait droit â une haute distinction. Réduit un moment à d'avoir que quinze cents hommes avec lui. il était resté avec cette poignée de braves, presque entourée par des masses ennemies, ferinc et inébranlable jusqu'à cc que des renforta, survenus à propos, le missent en état de vaincre les derniers obstacles. Macdonald, Oudinut, Marinont, furcnl j nommés marécliaux. Depuis le procès de Moreau ! jusqu'en I80U, Macdonald avait été condamné à rester spectateur inactif de la gloire de nos .irnies. La vengeance était longue. En y mellanl un terme, la conliancederKinpcrcur ne lui revint pas à demi. Napuléun l'envoya en Italie, où la jeunesse du prince ; Eugène demandait d'habiles cuopérateurs. C’élail,
; en le rappelant sous le drapeau, lui munlrer le bâton de maréchal. Cc bâton fut iiublemcnl con- I quis. Il fut dunrié aussi d’une manière honorable pour tous deux; l’Empereur embrassa Macdonald en présence de l'année. Le nouveau maréchal , touché jusqu'aux larmes, lui dit avec attcndrisscmcnl : H Ah! Sire, désormais c'est entre nous à n la vie, à la mort! »
Un seul corps d’armée avec fléchi dans la bataille de Wagram, celui que commandait le prince de Tonte Corvo, et dont les Saxons faisaient partie.
qui serait inexplicable de la part de tout autre que ce prince, c'est qu'il eut le singulier courage d’attribuer aux Saxons l’hunneur d'avoir, le S, an nombre de sept à huit mille hommes, percé le centre de l'amiéc ennemie, et pris ic village de Wagram , malgré la vive résistance de quarante mille Autrichiens, soutenus de cinquante pièces de
Diylîiz:-;i by Googk
AFFAIIŒS KXTElUtinES. 209
canon ; d'avoir, le 6, oppose ci lous les cfTorts de l’ennemi leurs colonnes vivantes, immobiles comme l’airain. Celte proclamation, envoyée par le prince de Fonte Corvo aux journaux français et ctrati(;crs, semble être une protestation calculée à l'avance contre le juste ressentiment de l’Kmpercur, auquel il sentait bien qu’il devait s’attendre. En effet, l’Empereur ayant refusé de le voir, il quitta l’armée, et partit pour Paris. Le corps qu’il commandait fut dissous. Les Saxons passèrent sous les ordres du prince Eugène. Un ordre du jour de l’Empereur, qui ne fut adressé qu’aux maréchaux, leur fît connaître son mécontentement de la conduite du prince de Ponte Corvo, dont il relevait les assertions évidemment fausses et ridicules aux yeux de toute l’armée. Depuis 1800, Bcrnadolte est assurément riiommc auquel l’Empereur a le plus pardonné.
La bataille avait été meurtrière. Les Autrichiens ont avoué une perle de vingt-quatre mille hommes ou tués ou blessés. Le bulletin français parle de trois on quatre mille blessés et do quinze cents hommes tués, évaluation assurément inexacte; mais, en admettant que, de part et d’autre, la perte dans le combat eût été presque égale, les résultats étaient bien différents. La retraite des Autrichiens avait été forcée dès le milieu du jour, et celte retraite devint une déroute. Ce fut une de ces journées qui doivent terminer une guerre, lorsqu’on ne veut pas mettre en jeu le sort d’un empire tout entier. Un nombre prodigieux de blessés ^ tomba entre les mains des Français, et ils furent traités comme les nôtres.
Cependant les débris d’une armée immense sont encore de vastes débris. Les corps autrichiens se retirant par grandes masses, la poursuite exigeait de la circonspection et de la réserve. D’ailleurs Na-‘ polcon avait, derrière lui, à tenir en respect l’archi-
' Le surlendemain de la victoire de Wngram, curieux de visiter le champ de bataille, je m’étais rendu sur le terrain, accompagne de M. Finot, niijourd’hiii membre (le In Chambre des députés, alors l’un des auditeurs nu conseil d'Ëtnt. employés sous mes ordres. Comme je m’étai.s proposé deronsarrer tout le jour à cette espèce d’éliidc, nous avions emporté des vivres avec nous. A peine .ivioiis-noiis fait trois quarts de lieue que nous reneoiitrèmes des blessés, et même quelques blessés français, qui n’étaient pas recueillis encore. Après avoir distribué nos provisions aux premiers qui s'étaient trouvés sur notre passage, et leur avoir promis un prompt secours, nous galopâmes vers une ambulance pour demander des voitures. Toutes étaient employées, et, par malheur, dans le moment on venait de recevoir l'ordre d’envoyer une division d’officiers de santé à la suite de l’armée. Ce n’était pas le moment d’achever notre eoiirse d’amateurs. Je retournai bien vite .A Vienne. Logé dans le palais impérial auprès de l'intendant génér.al, .M. Daru, et du
duc Jean, et à veiller sur scs ponts. Une partie seu- Icntcnt des forces françaises stiivit de près l’arinéc autrichienne, Massénn par Stockerau cl Hollabrunn, Marmonl par la route de Znaim. Les autres corps avançaient plus Ictilcinent. Le 7 juillet, le quartier général de Napoléon était à Wolkersdorf. Los trois jours suivatils se passèrent cit marches dans le.sqticlles les corps fratiçais attaquaient cl poussaient devant eux l’cnnetni toutes les fois qu’ils pouvaient l’atteindre. Le 11 h midi, l’Empereur était devant Znaim, où le combat se trouvait engagé. Les chances paraissaient belles pour un grand succès, lorsqu’un parlementaire autrichien vint demander une suspension d’armes. C’était le prince de Lichtenstein, déjè favorablement connu de Napoléon en 18015. L’Empereur fil cesser le feu. Cependant il ne se décida pas à la signature d’un armistice sans une délibération préalable avec ceux de scs ministres et des maréchaux qui étaient à son quartier général. Les avis furent partagés : on pensait, d’une part, qu’il fallait saisir l’avantage du moment pour porter à la puissance autrichienne un coup dont clic ne pùt se relever, et qui la mil hors d’état de tenter une troisième fois une pareille levée de boucliers contre la France; d’autre part, un entrevoyait qu’il pourrait exister un jour des dangers ailleurs qu’à Vienne, et on en concluait que, malgré les torts de l’Autriche, il fallait la conserver sur un pied assez imposant pour servir de barrière contre la Russie. L’Empereur termina la discussion par ces mots : « Il y a eu assez de sang versé. » L’armistice fut signé le 12 juillet. Sa conclusion, selon l’usage, ajoutait encore à l’heureuse position du vainqueur, en lui donnant des terrains qu’il n’occupait pas. Les stipulations les plus importantes étaient la remise des citadelles de Rrunn et de Gralz, ainsi que l’évacuation du Voralberg cl du Tyrol.
général Andréossi, gouverneur de cctee capitale, je leur exposai le triste toblean que je venais d’avoir sous les y eux. M. Daru était occupé A faire partir pour l’ambulance cc qui lui restait d'hoinmes disponibles appartcnaut au service de santé. Il m’autorisa A user moi-meme, (M)mme administrateur, de toutes les re.ssoiirccs locales. Les fiacres de Vienne furent mis eu réquisition ; M. Fiiiol et les autres auditeurs scs collègues, notamment M. Dclabordc, partirent av(^ des voitures chorgées de pain, de vin et d’eau, et commencèrent par satisfaire avec prudence aux premiers besoins des blessés ; ils présidèrent ciix-mémes A leur enlèvement, et en amenèrent un grand nombre h Vienne. Dans les journaux du temps comme dans les ouvrages publiés depuis, on a fait honneur do cette bonne aetion à diverses personnes qui n’y ont eu que peu ou point de part. A peine le nom de M. Finot a-t-il été prononcé. Le fait vrai est que, le hasard nous ayant mis sur la voie d’une <euvre d’humanité, ce fut cct auditeur qui joua le riile le plus actif dans son accomplissement.
'ilO
r.nAPITElK XV.