‹ Histoire de FranceChapitre 51 sur 142 · SIS · texte numérisé non relu

SIS

victoire sans résultat, si l'on considère qu'après cette journée il n'était plus en leur pouvoir de poursuivre le but de leur expédition. Non -seulement les alliés ne pouvaient plus songer ù marcher sur Madrid, mais ils durent, au bout de quelques jours, abamloiiner d'eux-nièines cette position si forte, où ils avaient triomphe, en laissant quatre mille blessés à la gcnérosilc française. Sous ce rapport leur confîance ne fat point déçue. Le maréchal Mortier pourvut au besoin des hôpitaux, avant de faire distribuer des vivres à ses propres troupes. Lorsque, au commencement de 1810, le ministère britannique proposa au parlement de voter des rcinorclnicnlsà raniiéceldes récompenses à son chef, un membre de l'opposition, lord Grey, demanda en quoi consistait une victoire qui avait eu toutes les conséquences d’une défaite. La remarque clail juste : une défaite n’eùl pas eu des suites plus fâcheuses. L'année anglaise eut beaucoup à souffrir dans sa retraite, et, s'il faut en croire sir Arthur Wellesley, ce fut surtout par suite des mauvaises dispositions des F.spagnols qui ne faisaient rien pour elle, qui bien souvent, au contraire, agissaient de manière à lui causer les plus grands embarras.

La cause soudaine qui, peu de jours après la bataille de Talavera, forçait le vainqueur â fuir devant reiinemi qu'il croyait avoir dompté, était dans la prévoyance de Na|>oléon, qui, devinant, comme nous l'avons dit, le plan du général anglais,' avait, en réunissant plusieurs corps sous les ordres du maréchal Soult, mis ainsi ce maréchal en mesure d'arriver sur le flanc des armées alliées avec des forces beaucoup plus considérables qu'elles n’eussent pu l'imaginer. Alors éclata la gravité de la faute qu'avait commise le maréchal Victor, en précipitant, sans nécessité, une attaque dont, quelques jours plus lard, le. succès eût été infaillible. I.a circonspection inqfitètc du général anglais, les difficultés que Soult éprouva de li quel-

ques-ons de ses coopéraleurs, et les- vues dilTércntes du roi Joseph, rendirent presque inutile la formidable foncentraüon de forces ordonnée par l'Empereur, et sauvèrent les alliés d'une destruclioqqui, sans ces diverses circofbUnces, eût été inévitable. Cependant sir krihur Wellesley, qui avait rè^nnu, quoique un peu tard, le danger où le pj^içail la direction suivie par l'année du tnarécbal Soult pcrséviTalt dans son mouvement de retraite. En vain la junte centrale de Séville lui prodiguait les hommages et lui délirait le titre de capitaine général, en vain elle lui représentait le moment comme propice pour rejeter les Français au delà des Pyrénées, ce général, qui avait apprécié la présomption de la junte, la vanité de sot,promesscs et les forces réelles des Français. refuVa formol-

en

Page 1