CHAPITRE XV
Icincnl de continuer scs operations en Espagne, et, après une campagne de deux mois, lit rentrer son armée dans les frontières du Portugal.
Le roi Joseph, pour se dédommager de l'échec qu’il avait reçu avec Victor contre l’armée anglaise, pritsa revanche avec Sébastiani contre l’armée de Véiiégas. Ce dernier général avait résolu d’attaquer, te IS, l’armée française; il fut lui-méme attaqué et battu >,Ie 11. L’armée espagnole eut trois mille hommes tués, laissa quatre mille prisonniers, et perdit toute son artillerie avec ses munitions et scs bagages. Les débris de cette ariAéc se réfugièrent dans la.Sierra-Moréna. Sébasti^i porta son quartier général à Aranjucz; Victor établit le sien à Tolède, ^t le roi rentra dans sa capitale. Ce fut là un de ces moments où Joseph* put se croire aircrini sur le tréne , ou se flatter du moins de n’avoir plus à craindre que des résistances dont il flnirait par triompher. Sa situation, ù la vérité, n’était pas ce qu’une main habile eût pu la faire. Le désaccord des maréchaux trompait les vues de rEinpcrcur; mais si le maréchal Soult n’avait pas réussi dans son expédition en Portugal, l’armée anglaise, appuyée des Portugais et des Espagnols, n’avait pas été plus heureuse dans son expédition contre Madrid. La royauté nouvelle venait de conquérir quelques mois de sécurité ; on se contentait d'avantages incomplets là où l'Empereur ne.se trouvait pas. Sur ces entrefaites d'ailleurs, un ordre arriva de Vienne, qui prescrivait de renoncer à l’oiTensivc. L'armistice de AVolkersdorf, autorisant " l’espoir d’une paix prochaine, l'Empereur jugeait* prudent de suspendre toute entreprise hasardeuse. Le maréchal Jourdan , qui remplissait auprès du ^ roi Joseph les fonctions de major général , étant alors rentré en France, l’Empereur, pour faire cesser le défaut d’ensemble qui avait causé tant de mal, confia ces importantes fonctions au maréchal Soult. *
Au moment où venait d’échouer l’un des projets les plus hardis de la politique anglaise, une autre tentative d’une nature plus menaçante con>mençait à s’exécuter au nord même de la France. L’Autriche ^ et tous les ennemis de Napoléon avaient en vain sol- * lieité l’Angleterre d’effectuer sur quelques points de l’Ailomagne septentrionale un débarquement «qui pût appuyer les insurrections et entratner la • Prusse, fût-ce malgré elle, dans la guerre. Cette coopération aurait épargné à l’Autriche de grauds revers , et causé à Napoléon de sérieux embarras. Comme elle ii’oifraitan cabinet britannique qu'un avantage incertain etc oigne, ellcj^ait été éludée;
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' Bataille d'Almonacid à trois lieues de Tolède, le 1 1 nonl. ^ «
c’est à un intérêt direct, prochain, immédiat, que ce cabinet s’attache exclusivement ; c’est à l’cm-^ bouchure de l’Escaut, à FIcssinguc, à Anvers, le grand chantier de la marine française, gue^get intérêt l’appelle. Entreprise plus tot, celte divenion eût pu rendre encore un important service à la monarcliio autrichienne; elle ne s’opère qu’aprùs la défaite de ses armées, retard funeste qui la rend inutile pour cette puissance, qui la rendra désutreuse pour l’Angleterre elle-même. *
Depuis plusieurs mois, de grands préparatifs se faisaient dans les ports britanniques. Â la fin ^c juillet, trente vaisseaux de ligne et*plos de qent autres bâtiments de guerre, avec cinq cents transports, ont fait voile des Dunes et de la Tantisé i>our les cùtés de la partie de la Hollande récemment incorporée à l’empire français. L’amiral Stracliam commandait la flotte; lord Chalain, l’un des ministres, commandait l'armée. Depuis le i29 juillet, la flotte a été signalée; c’est le S août seulement que le déi)arqucincnt commenee; il a lieu dans riledeSud-Révcl^nd. Un général hollandais. Bruce, abandonne le fort de Batli sans avoir niOmc vu l'ennemi. Cet abandon compromet tout A la fois la sûreté de la flotte française, en livrant aux Anglais la communication avec la branche occidentale de l’Escaut , où se trouvait cette flotte , cl la sûreté d’Anvers , en permettant à l’ennemi d’arriver par terre en peu d'heures sous les murs de la place , alors peu préparée à uuc grande résistance. Ces chances heureuses ne furent point saisies par le général anglais, qui porta toute son attention et tous ste efforts sur FIcssinguc. Cette place capitula le 15 août. La garnison, composée de quatre mille hommes, fut faite prisonnière. Les soldats, en apprenant cette condition, voulaient continuer de combattre; mais bientôt ils furent pressés de toutes parts et obligés de se soumettre. L’Empereur, indigné, fera traduire le gouverneur de la ville à un conseil de guerre, qui le déclarera coupable. Ce jugement sévère sera-t-il juste? Le général Monnet, peu digne d’estime sous quelques rapports, occupé à s’enrichir par des monopoles, ne s'était montré, au jour du péril, ni intelligent ni habile; mais il n’est nullement certain qu'il fut un traflrc.
Quoique la capitulation de FIcssinguc parût être un succès pour l’Angleterre, le danger pour la France n’était pas là, et quand FIcssinguesc rendit, le véritable danger n’existait plus. A la nouvelle de l’entrée des Anglais dans l'Escaut , le roi de Hollande accourait, l'un des premiers, à Anvers, pour présider à la distribution des troupes cl des gardes nationales qui s'y rendaient de toutes parts, et à la direction des travaux que pouvait exiger la défense. Les marins et les militaires l’avaient merveilleuse-
AFFAIRES EXTÉRIEURES
> , ment secondé. Sur l’Escaut, Tamiral Missiessy avait
*ren(lu la ligne française inattaquable. Les forts (le Lillo et de Liefkciisliock étaient armés de formidables batteries, et rniniral britannique, après un échange de quelques coups de canon, eut bientôt reconnu que toute tentative contre Anvers serait aussi dangereuse qu’inutile. ^
Cependant à l’aris le débarquement d*one armée anglaise sur'àn sol maintenant français avait produit une profonde section. En l'absence de l'Empereur, le chef du gouvernement était l'archichancclier Cambacérès.; et,* de coucert avec lui, Clarke, ’Âioistre de la guerrè, avait* fait toutes les dispositions réclainées par les circonstances; mais c'est toujours on be§u moment pour le Jeu de l'intrigue oj^de la vanité, que celui qui donne à des hommes de second rang la faculté de,sc produire en première ligne, ét d'adopter,' en leur propre nom, des mesures qui, par leur importance, semblent requérir i'assçntiiqéht du chef de l'État. Fouché ne laissa point échapper une pareille occasion sans chercher à saisir uk rôle qui le distinguât entre les autres ministres.'^u Prouvons, disait-il dans une i> çirculair^quclqucs préfets, prouvons à l'Europe >• 'Que' si le génie de Napoléon peut donner de l'éà la France, sa présence n'est pas nécessaire ' pour repousser l’ennemi. » Alors, comme en plu-, sieurs autres circonstances, la marche équivoque de ce ministre laissa mettre en doute s’il ne cherchait pas à augmenter l'alarme plutôt qu'à la faire cesser.
Bernadütle,' qui de Vienne était venu à Paris, • se bâta de s'offrir à l’arcbichaucelicr pour aller prendre lo commandement d'Anvers. Clarke, ministre de la guerre, qui savait pour quel motif il avairquilté l’armée, hésita un moment à lui conGer une mission aussi importante; mais les protestations, répétées par le maréchal, de son dévouement à l'Empereur, portèrent le ministre à se désister d'un refus qui eût été injurieux. Bernadolte arriva le 1!) à Anvers, et le commandement lui fut remis par le roi de Hollande.^ Le zèle des départements avait été admirable. Les gardes ’^iatioiiales et les troupes réunies présentaient une masse de plus de cent mille hommes. Du 15 au 25 août, le général anglais ne lit que des mouvements sans but comme sans résultat; et, le 25, uu couscil de guerre qu’il avaij. assemblé ayant Jugé l’attaque d’Anvers impossible, il déclara que, selon scs instructions , le moment était arrivé où il devait rentrer dans les ports d’Angleterre. Peu de jours après, le 2 septembre, il en reçut l'ordre de son gouvernement. - * *
A peine débarqués sur le sol de AVakkeren, les Anglais avaient ressenti rinnueiicc du climat.
Lorsque l’Empereur apprit qu'au lieu d'avancer contre Anvers, ils s’occupaient à prendre Flcssingue, il écrivit au général Clarke : » Nous sommes » heureux de voir les Anglais s'entasser dans les'
Il marais de la Zélande ; qu’on les tienne seulement » en échec, et bientôt le mauvais air, les Gèvres » particulières à cette contrée auront détruit leur i> armée.n Sa prévoyance ne fut pointtrompée. L'armée anglaise eut près detre^ mille morts ou ma- ^lades. L’ile de AValckcrcn de^nt pour elle un vaste cimetière. On fut réduit à n'enterrer les morts que dails la nuit, comme dans les villes désolées par la . Ceprndantlccabinetj^c^ntuque s'obstinaitlTmaintenir dans Flessinguc une garnison de dix mille hommes, probablement dans l’intention d’exercer * quelque inilucncc sur les négociations qui se suivaient entre la France et l’Autriche, et peut-être de ramener celte dernière puissance à la reprise des hostilités. Ce ne fut qu'après la signature de la paix qu'eut lieu l'évacuation, et, avant de l’ciïcclucr, les Anglais eurent soin de détruire dans Ptlc tous les travaux maritimes. Les plaintes des muu- - rants étaient parvenues en Angleterre. Un long cri d'indignation et de colère s’éleva dans toute la nation et dans le parlement contre l’imprévoyance et l'inhabileté des hommes qui avaient préparé et conduit cette expédition. Ou reprochait surtout au gouvernement d'avoir, malgré l'impossibilité reconnue d'une tentative sur Anvers, prolongé, mal à *» propos, une occupation où quelques milliers d'houimes de plus venaient de périr sans aucune ombre d’avantage. Sur ce fait, le ministère fut blâmé par x la chambre des communes à une majorité de deux cent soixante-quinze voix contre deux cent vingtquatre. Le nom de lord Chatam, si justement célè- * bre dans l’administration cl la politique, fut flétri, dans le frère aine de M^^itt, comme le type de l'incapacité militaire. “ ^ •
Dans celte campagne, l’^Tsmi^é^iî'de l’Angleterrc lui fit perdre le fruit do tousJ^ sacrifices. C'est parce qu’elle ne songeait qu'à elle seule que ses entreprises 4ournaient contre clle;el, cette fofs, ‘ scs sacrifices étaient immenses. Non contente de payer le combat, elle t^it combattu elle-n^mc et prodigué les hommes aussi bien que l’argent. iTîi double choix avait été en son pouvoir. Aulicu d'en-,, sevelir cette bcUu armée dans l’ilc de Walckeren,.. si elle l’eùl portée au nord de rAllemogue, elle aurait décidé la Prusse à fa guerre, et donné un autre cours aux destinées de FAulriche. Si elle en avait seulement envéfyé vingt-cinq ou trente mille hommes en Espag^, etj^tail là surtout ce que craignait^ Napoléof^jir Arthur ^’ellcsley, avec trente mille Anglais de plus, serait entré à .Madrid. (,)uelle que fût l'habileté de l'Empereur ,il avait toujours
CHAPITKE XV.
un puissant auxiliaire dans la mauvaise politiquede . SOS ennemis. |
L’expédilion de Walckeren, malgré la prise cl | la dévasUlion do Flossingue, ne fut une vérilablc | calamité que pour rAngIctenre. Cependant elle au* ' rail dù être aussi une leeon pour l’Empereur. La I situation de Paris, à propos de cet évéïiciucnt, aurait dû lui faire comprendre qu'une absence qui le tenait à trois ou quatre cents lieues de sa capitale j n’étail jamais sans quelque danger pour lui. Dès j 1800, U seinhic que celle réflexion eût dù le frap- | per, lorsque après la luitaille d’Eylau il eut la cou- | rageuse patience de prendre scs quartiers d’iiivcr i dans un village entre Varsovie et Rœiiigsbcrg. En CCS diverses circonslanccs, le général d’armée faisait son devoir; rEinpereur en avait d'autres. Il n'èliit pas bon pour le chef d'un Étal, dans une l>usition cüinriie la sienne, délaisser un champ trop libreà des passions ennemies. C’était dans les jours douteux, où un combat incertain interrompait une série «le victoires, que se réveillaient les souvenirs de | l'ancienne dynastie et de la république, ou du moins les ambitions qui croyaient avoir quelque avantage ‘ à recueillir du retour de l’une ou de l'autre. Les | |>arlisans des Bourbons, comme les républicains, ne levaient la tète qu’aulant qu’ils croyaient l'Empereur dans l'embarras, et quelques serviteurs du gouvernement les caressaient alors plus ou moins, selon qu'ils jugeaient pouvoir le faire avec plus ou moins de certitude d’impunité. IPailleurs, à une époque où la presque universalité de la population « française se souinettait sans réserve à rascciidanl d’un génie qui nccessaitderétunner etdc l’éblouir, c'élail un rùle à part, c'était presque une iilustra- ' lion de paraître étranger à radinlratiuii commune, d’afTecler une sorte de froideur cl d'indépendance, de s'afficher même comme mécontent ou frondeur. Cette siiigularilc tentait quelques esprits dans des positions très-diverses, comme |)ar exemple, trois des personnages que nous avons nommés à l'occasion de l’expédilion anglaise, le roi de Uollande, Bemadotte et le ministre de la police Fouché.
Leroi l>ouis. comme s'il eût été fait roi pour devenir Hütlaiidais sans la France ou même contre la France, tantôt contrariait ouvertement l'Flmpcreur dans scs mesures contre lectMumercc anglais, tantôt ne s'y associait qu’inconiplétumenl et de mauvaise grâce. Blessé d'avoir été remplacé à Anvers par Ilcrnadotlc, il faisait insérer dans son journal oflicicl un pompeux éloge des etTurts exlraurdiiiaircs delà Hollande |>our couvrir Anvers, annonçant la creatiou d'une nouvelle année, plus forte que celle u dont l’absence avait procuré aux ennemis l'occasion de se rendre inaüres de l'ilede i> Walckcrcii cl de Sud-Bévcland, malheur que # •
n tout le monde avait prévu depuis réluignement » de l’armée nationale. » Nous avons vu naguère Gouvion Sainl-Cyr sc plaindre de l’insunisaricc des forces mises à sa disposition en Catalogne; voilà, d'un autre cèlé, le roi I.rtuis sc plaignant de l’absence des troupes hollandaises qui laissent ses côtes à découvert; l’un et l'autre accusent l'Empereur de malveillance. Toute sa inabcillancc e.st de voir ailleurs des interets plus pressants qu'eu Catalogne et en Hollande.
Bemadotte aussi, malgré rindulgoncc dont plus d'une fuis il a eu besoin, nimail à lai-sscr croire qu'il était, pour rEm|H?reur, l'objet d'une inimitié ou même rl'unc jalousie persurmeile. Flatteur des répubticains à l'intérieur de la Fraucc, il tic négligeait rien pour plaire aux cours et aux arislocralics étrangères. Celte lactique ne lui avait pas constamment réussi. Avec les Espagnols, elle n’avait servi qu'à le rendre leur dupe, ce qui oHire toujours un côté ridicule, (tétait encore le même esprit qui, ap^<^s la bulaillcde Wagrain, avait dicté son ordre dujoarenipliatiqueel faux en rhonneur des Saxons. Au reste, il n'a pas eu à se repentir de ce genre de calcul, puisque c'est â ses soins délicats |>uur les Suédois, en 180Ü, qu'eu 1810 il a dû sa cuumime.
Quant à Fouché, sa passion étâit de n’élrc pas simplement un ministre cuminc les autres ministres. H voulait faire autrement, il voulait faire plus. Four tVgir, il n'aUeiidait pas (oujoursiescunûdenccs de l'Empereur; il voulait avoir eu le mérite de 1& deviner et de l'avoir servi sans ordre. Ainsi il faisait répandre lehruildu divorce prochain de Napoléon, avant que Napoléon eût parle de divorce, ou bien il tentait des ouvertures de négociation avec l'Angleterre, par quelques-uns de ces intrigants qui se prc.sscnt toujours sous la main d'un ministre de la police; il cherchait enfin à se créer, auprès de l’Empereur, un degré de valeur, un genre d’importance qui ne lui fût commun avec aucun de scs collègues. Dans ces actes et d’autres encore, nous n'imaginons pas qu'il y ait eu, de la part de Fouché. d'intention véritablement digne de blâme; mais il est des homn)cs d'une réputation malheureuse auxquels on suppose des torts dont on cfTct ils no sont (>as coupables, et Fouché m'a toujours paru être de ce nomhre.
Nous avons déjà précédemment expliqué |>our quelle cause l'armée russe, auxiliaire de Napoléon dans la guerre contre l'Autriche, au lieu de seconder activement la politique cl l'action iniliUire de la France, avait paru au contraire les entraver, d'une part en éludant de prêter aux troupes du duché de Varsovie une assistance qui leur eût été trèsutile, de l'autre, en rétablissant dans ta Galicie les autorités autrichieuiics que le prince l'onialowski
AFFAIRES EXTÉRIEURES
avait fait rémpUlcer par des’ autorités nationales. On sait que le fantôme de la Pologne, que le nom seul de Pologne épouvante la Russie, et que l’enipereur Alexandre ne pourrait, sans compromettre son existence, cesser d’être Russe sur cc'point. La controverse qui en est résultée entre les deux ein- ' percurs est loin d’étre à son terme. Nous devons continuer à ensuivre Ics^ariations, car il y a là un grand intérêt d'avenir. Quelquefui.s l’empereur Napoléon forme les ycus sur c«‘. qu’il remarque de louche et d'éqiiivoque^lans la conduite du prince ^litzin; quelquefois, offensé de l’csitècc de concert ’ qu’il aperçoit entre les mous cinenis du corps russe et les Autrichiens, il char,çc^’son ministre desalTaircs étrangères de faire à l’éieri-hôurg île vives représentations, csiir celle /juf/rcsse ' condufte- La joncj> lion des Russes à rurmée polonaise, disait-il, ne >1 devait-elle donc être marquée que par des revers « et par la perte d’une conquête que les Polonais * >• avaient seuls su faire et conserver? Ce n’est pas Il là rintention ® de l’empereur Alcxamlrc; ce sera n lui rendre servie*' que de le mettre dans le cas de » se faire obéir.» Tel était, lelUjuilIct, le langage de.N9puléq9. ^luoique lafortuncedl déjà prononcé uj^ghinâ arrêt à Wagram,, le sort de la guerre ne pal’aissait pas encore Gxé. Le lendemain seulement, m arriva au quartier général français le prince de Lichtenstein. Après la signature de l’armistice , le ton change, lesplainteaccssenl : Napoléon témoigne • plus vivement que jamais le prix * qu’il met à son alliance avec la Râssie. ^ '
Dans le même moment, l’empereur Alexandre 'articulait ses griefs sur ce qui se passait dans la Galicie..« Comment se fait -il, disait ce prince ^ n que Poniatowski prenne. possession de cette con- » trèe au nom de l’empereur Napoléon? Il est im- » possible à la Russie de laisser s’établir une fepn- » lière iVaiiçaise sur sa propre frontière, n Durant ces légères contestations, M. de Czernichew arrivait à Pétersbonrg avec la nouvelle de la bataille de Wagram, cl les débats étaient suspendus par des félicitations ®. ^ » ’ < .
Le prince de Lichtenstein, qui^ après la signature de l’armistice, était retourné à Coinorn auprès de l’empereur François, étant venu, peude jours 9prcs^ apporter une lettre de ce prince à l'empereur Naj^’
' LcUreàM. (IcCh.'nnp.'if'iiy, 10 juillet.
’ Le (jèuêr.vl Sukolnicki av.iit pris .Sendomirz, tiinis. faute <lc inuiiitiuiis, il fut cuiitraiut de l'évacuer, t.'indis qu’à peu <le di8l.inre de là, sur le San, .se trouvaient driix divisions russes fortes de 24,000 hoinnies qui restèrent immobiles.
’ C'ctaii riuteiiliou de rcmpcrcur Alexandre. Le prinre Galitzin le prouva au prince Poniatowski , en lui nion-
léon, celui-ci se hâta de cominuniquerd l'emllèrcur Alexandre et cette lettre et sa réponse. L’empereur d’Autriche avaitaussi écrità l’empereur Alexatidrc, pour lui exprimer scs dispositions à la paix et sa conviction que <t les intérêts de l’Autriche no sau- >1 raient jamais être étrangers à ceux de la Russie. n Alexaudrc s’empressait, de son côté, de faire coiinailre et cette lettre et sa réponse à l’etiipercur Napoléon. La simultanéité de ces communications respectives atteste que la confiance entre eux était portée aussi loin qu’elle a jamais pu l’être |^lre les chefs de deux si grands empires.
Relativement à la négoçiatiou qui allait s’ouvrir, Napoléon proposait à Alexandre, ou d’y prendre une part directe par l’envoi de plénipotentiaires , ou d’y être compris comme allié de la France. Le choix lui en était formelleincnt offert; c’est le dernier de ces deux partis qu’il adopta. La Russie ne se liorna pas à rénonciation verbale de scs inquiétudes sur les chances d'un rétablisseinent de la Pologne ; elle le consigna dans une note remise par U. de Romanzof au duc de Viccncc. Le ministre russe représ,entail que les troupes du duché de Varsovie ne se considéraient pas du tout comme des troupes saxonnes : « Elles se qualifiaient, disait-il.
Il de Polonais; elles font des proclamations au nom ' Il de la patrie. L’idée de rétablir la Pologne germe ^
Il dans leur létc ; elle n’y repose pas comme un Il vœu secret, elle se prêche comme une croisade ;
Il maiscetteidée ne peut, dans l’imagination mémo,
U chercher son accomplissement que dans la sup- II position que l'on parviendrait à désunir les deux,
Il empereurs » M. de Romanzof rappelait qu’à
l’ouverture de la campagne il avait déjà clé question de s’entendre sur le sort de la Galicic , dans, l’hypothèse que les armes des alliés vinssent à l’arracher à l’Autriche, et il proposait d’entrer en arrangement sur ce point, l’empereur Son maltro étant convaincu » qu'une pareille convention, une Il fqiB grrèfèe entre les doux monarqu^, . ferait scq|p Il évanouir celte foule d’entraves qui allaient so Il présenter sur la route de ^alliance, n Laquestion est posée; il s’agit d’arriver a une convention ayant pour objet d’einpêchef la Pologne de renaître. Quel, que temps après, rempereur Alexandre lui-même Ut entendre le même vœu dans une lettre à Nap*^
trant Ica iustructions qui lui dcfcadarcnt 'de passer l.i Vittulc.
* Lettre portée à Pcterslioiirg, quelques jours plus tard, par M. de lîorgoli.
’ Lettre du duc de Viccncc, du 27 juillet.
''' Czcruichcw était arrivé à Pélersbourg dans la nuit du 23 au 24 juillet ; Alexandre écrivit aussitôt au duc du Viccncc : «Je vous fois bien mes cotnpliioents, général.