CHAPITRE XVI
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les risques à courir et les avantages du rétablisse- i inciU immédiat de la paix, (^ue rallail-il enlcodrc parcelle base d'w/iposttJefia, présentée ainsi d'une I manière générale? I.es Autrichiens prétendaient que l'on ne peut considérer comme provinces coii' ^ quises ‘ des provinces occupées mililairemeut, tant qu'il n'existe aucune renonciation de la part du premier imsscsscur. Le plénipotentiaire français était loin d'admettre colle déllnition. iielon lui, la conquête était le résultat de l'occupalion militaire, et ii'avail nullement besoin d'élre consacrée par des transactions diplomatiques. La conquête seule conférait tous les droits de la souveraineté, et par conséquent le droit de garder les pays conquis, ou d'en faire la cession et l'échange : c'était aux Autrichiens de voir quelles provinces ilseiilcndaiciit conserver, quelles provinces ils voulaient céder. L'Em- |>crcur pourrait entrer en accord, moyennant de justes compensations.
A ecs pourparlers se mêlaient sans cesse , de la part des Autrichiens, de vives remontrances sur les procédés violents des Français envers le pays; de la part du négociateur français, des reproches non moins vifs sur les entravesapportées par le gouvernement autrichien à l'action de l'autorité française dans les provinces occupées, entraves qui forceraient l'empereur Napoléon d'en faire prendre possession * au nom de la France, d'y abolir les droits féodaux, d'y introduire son code civil , et surtout d'y annuler le papier-monnaie dont les planches étaient encore entre les mains de l’empereur d'Autriche. A l'appui de cette menace,* le plcnipolen- Uaire français alléguait que rcxpéricnce de trois guerres, toutes commencées par l'empereur François, avait appris à la France ce qu'elle devait attendre de lui; qu'elle ne pouvait renoncer à la position avantageuse où elle sc trouvait, sans avoir la certitude de n'étre pas contrainte de livrer de nouveaux combats pour revenir au même |>oint. Sans cela, mieux vaudrait y rester.
Des instructions très-dclaîllées de l'Empereur chargèrent M. de Champagny d'insister fortcmcnl sur rinlention où il était, si les négociations d'Altenbourg restaient sans issue, de prendre, à l'egard de la maison d'Autriche, les mesures les plus rigoureuses, et iiülaiimicnl de séparer ses trois couronnes. Comme il prévoyait que l'on chercherait, dans la négociation, des moyens de jeter des semences de soupçons entre l'einpcreur Alexandre et lui, il avertissait son ministre ilc sc tenir sur scs gardes. <1 Remarquez bien qu'on vous parlera beaucoup de
’ Protocole de U quatrième aèaore.
* Lettre de l'Empereur à .M. de Champagny, co date du
M la Gaiicie, pour savoir ce que nous voulons faire • de ceUe province. Il recommandait de faire rédiger un protocole des conférences, pour qu'on iic prêtât |>oiiiti son négociateur un laiigagcqu'Ü n'aurait pas tenu, cl, à ce propos, il rappelait la mauvaise fui avec laquelle rAulriclic avait annoncé dans son manifeste que nous lui avions proposé le partage de l'empire oUoiuan, coqui* n'élaft pas crai.
Les p|cni|Hdentiaires autrichiens persistant A I presser le négociateur français de prendre l'initiative des pr<»positloiis, cclai-ci. sans s'écarter de la base de l'wlt possitUtis, demandait d'abord la province de Saizbourg et la Haute-Autriche, jusqu'au Thalweg de l'Eiins, rintentionüe l'Empereur cUiit de tlonncr ces pays â la Bavière. Celte déclaration |)articllc ne convint pas encore aux .Autrichiens, i Les conditions de la p.*HX ne |>ottvanl, A leur avis, être bien jugées que dans leur onsemblc, ils désiraient cuiinattre dans toute leur plénitude les vues de l'empereur Napoléon, üu resle,>é la base de r«/i jM>ssidetis, ils opposaient la Imsc également générale du statu quo ante bêllum.CcHt dernière était facHc- I ment re|>oussée comme dérisoire. On part du |H»inl I où l'on est; un ne part pas du point où l'on a été.
Relativement aux frontières du c6té de ritalie^, les cessions i faire par l'Autriche dovaient comprendre la t^rinlhie, la r.amiole et les pays siUlés au midi d'une ligne qui , de la (^rtifule, suivrait Us cours de la Save jusqu'à la Bosnie.
Enfin, du côté de la Saxe l'Autriche ccdcrtyl quelques districts de Bohéma , comme les ccrcict de Leulmerilz,de Saali etd'K(lcnl>oycn,à l'exception do la forteresse de ThéresiensUdl.
M. de Champagny ajoutait qu'à l'égard des pays occupés par l'armée russe et les troupes du duché de Varsovie, un pourrait traiter séparément; il annonçait d'ailleurs qu'il n’était pas question du rétahlisscment de la Pologne.
Des demandes aussi étendues équivalaient, selon I les ministres autrichiens , à la destruction de la I monarchie. Afin de faire de leur côté un pas en avant, ils olTrirdnt la cession du la princi{>auté du Saizbourg et de Bcrchtolsgaden, cl celle d'une partie de la Gaiicie. Une autre portion de la Gaücic-pourrait être cédée en échange du Voralberg et du Tyrol, que l'on désirait recouvrer, à cause de l'altachemeiil de ces pays a la maison d'Autriche. Cette puissance ayant aussi à eccur de conserver i'Islric vénitienne cnliéremenl enclavée dans ses Étals, c'était pareillement dans la Gaiicie qu'elle en proposait la compensation, plénipotentiaires au-
* Même lettre de l'Empereur, en date du 19 août.
t Protocole de la deuxième aéaace.
')i. i- by GcïOgl^
trichiéns suivent précisément la marche que Napoléon a prévue. Cest dans la Galiciequ’ils se montrent prêts à faire leurs cessions principales, parce que c'est là que la destination â donner au territoire cédé peut amener des débats entre Napoléon et Alexandre. >
{«Tandis que douze à treize séances des plénipotentiaires ne produisaient ainsi que de très-insignifiants résultats, l'empereur Napoléon avait cherché à donner aux esprits* une impulsion plus^ve, en jetant, à travers la négociation, des idées nouvelles, et en articulant avec netteté scs intentions véritables. C'est dans sa correspondance avec son ministre que sa politique éclate sans aucun voile. Celte correspondance explique la dureté des conditions qu'il propose. Le princi|>e de sa rigueur est dans la faiblesse de l'empereur François; il l'a dit à' un aide de camp de ce prince, et il raconte celte conversation à son ministre; en voici quelques traits: « S'il y avait un empereur ‘ à- la bonne foi duquel » je pusse me Hcr, comme le grand-duc de Wurtz- » bourg ou l'archiduc Charles, je rendrais toute la » monarchie autrichienne, cl n'en retrancherais » rien... Je veux avoir affaire à un homme qui ail » assez de reconnaissance pour me laisser tranquille » ma vie durant. Les lions et les éléphants ont » souvent, dit-on , montré des preuves frappantes H de ce sentiment sur leurs cœurs, il n'y a que votre N maître qui n'en soit pas susceptible. » L'aide de - camp.de l'empereur d'Autriche ayant répondu à *cetlc sortie, en exprimant le désir d'uuc alliance, Na poléonluiavaitrépliquéqu'ilsétaient, l'empereur François et lui, deux taureaux qui roulaient coucher avec l’Italie et la Gertnanie; qu'ainsi l'alliance était difficile, et que l'cmpcceur François ne l'avait jamais voulue. Napoléon terminait sa lettre à son ministre, en lui disant qu'il exigeait, de la part de l'Autriche, non les neuf ou dix millions d'âmes qu'emportait la base de Vuti posshletis, mais un sacrifice à peu près pareil à celui qu'elle avait fait per la paix de Presbourg, la position de la France étant maintenant bien meilleure qu'en 1803.
L'un des points que l'empereur Napoléon recommandait le plus à son plénipotentiaire, c'était la régularisation dclafronlicrc du royaume d'Italie, ‘ pour lier la Dalmatic à ce royaume. « Faites com- » prendre ^ à M. de Mcllcrnich que cet intérêt est » pour nous le premier; que nous n'en avons aucun » sur la Baltique, aucun en Pologne, mais que *n nous avons l’ambition de la Méditerranée ; que » l'assertion du manifeste autrichien qui nous ac- » cusc de vouloir partager l'empire ottoman est
' Lciii'c (le Napoléon à M. de Champagny, en date du 7 septembre.
» une imposture ; qu'il n'y a aucune puissance qui n ail autant à cœur que nous de le défendre. » Les communications données aux plénipotentiaires autrichiens en conséquence de ces ordres de Napoléon, amenèrent quelques concessions nouvelles de leur part; mais que sont de vaincs controverses sur la cession de quelques lieues carrées de plus ou de moins, en comparaison de l'audacieuse pensée qui allait jusqu'à déplacer la couronne et à la* porter sur une autre tête , toujours dans la même *
famille, en assurant par là l'intégrité de la monar- ^ chie autrichienne'/ Ce ne fut pas chez l'empereur Napoléon une pensée fugitive et sans consistance; il y revint plusieurs fois, et notamment dans une lettre du 15 septembre, où il rendait compte à son ministre des particularités d'une de ses conversations avec l'aide de camp de l'empereur François,
M.dc Uubna, particularités dont quelques-unes sont *
assczgaics, comme lorsqu'il ditqucM.deBellegardc ne voit pas clair, que le prince de Lichtenstein est .une tête d'alouette, mais qui deviennent très-graves quand il ajoute : u Je ne désire rien de l'Autriche ;
» la Galicie est hors ma position; Trieste n'est bon » que pour être détruit, puisque ^'ai Venise; il X m'est indifférent que la Bavière ail un million n de population déplus ou de moins; mon véritable » intérêt, c'est de séparer les trois couronnes ou » de faire une alliance intime avec la maison ré- >■ gnante. La séparation des trois coüronnes n'est » proposable qu'en se battant encore; l'intime aln fiance avec l'empereur actuel est difficile, parce U qu'il ne peut plus m'inspirer une confiance en- » tière; j'ai dit au prince de Lichtenstein : Que n l’empereur cède le tr&ne au grand-duc de ff-'urtxn bourg ; je restitue tout à l’Autriche sans rien n exiger. M. de Bubna m'a arrêté là, en me disant n que l'empereur n'était pas éloigné de faire ce sa- » crifice. Je. lui ai répondu t^xxc je l’accepterais; que n la base mise en avant aux négociations d'Allen- », bourg n'était pas de''rigücur.... Insinuez à H. de n Mctternich' que si l'empereur Frapçois voulait » céder le trône au gfand-duc de \Vurtzbourg par n une raison quelconque (on dit qu'il en ^t dé- **
» goûté ), je laisserais entière la monarchie. •
Pour accélé^cB la marche des négociations qui languissaient à Allenbourg, Napoléon, en réponse à une lettre de l'empereur d'Autriche, réduisit singulièrement scs demandes, et les énonça en termes très-précis. Il consentait à faire la paix moyennant une cession sur la frontière de l'Inn et de l'Italie, équivalant à un million six cent mille âmes, et la cession de moins de moitié de la Galicie au roi de
^ * Lettre du 15 septembre.