‹ Histoire de FranceChapitre 57 sur 142 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

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proposant d'y attendre la ralincation de l'empereur d'Autriche, sur laquelle il était permis d'avoir quelque incertitude. I^ cour de ce prince se partagenil en deux factions contraires. C'ctaii du comte Stadiun, ministre des affaires étrangères, que les plénipotentiaires ü'AlIciihourg avaient reçu leurs très-peu conciliantes instructions, tandis que le ^prince üc Lichlcnstcin et M. de Bubiia, frèquemment envoyés à Vienne, avaient eu, soit avec M. le <luc de Bassano, suit avec l’Empereur mémo, des conversations dont ils rendaient un compte direct à leur souverain, ce qui préparait dans celte ville un arrangement déflmtir; mais, cuinme les con* ditions en étaient assex rigoureuses, on |K>uvait craimlre que le parti contraire ue les fit rejeter. Aussi, l'empereur des Français avait-il combiné toutes scs dispositions de manière à pouvoir reprendre les hostilités «i l'instant où le refus de rali- Heation viendrait à lui être notifié. A tout évétiemeiil, et pour prévenir, on d'autres guerres, le risque de sc voir de nouveau arrêté vingt -quatre heures devant Vienne, l’Empereur en fit sauter les forliflcalions ^ Dans un temps où les Turcs ne menacent plus cette capitale, où les Russes ne la menacent pas encore, où Napoléon seul avait pu l’occuper, cl rocni|K.T deux fois, la mesure n'avait rien qui, à l'egard des habitants, fût matériellement hostile. De la pari de leur souverain, rafTraiichisscmcnl d'une chance funeste, celle d'un siège, eût été même un hienfait pour eux; le bienfait était une mortelle injure <lc la part d'une main ennemie. L'ordre ne fut exécuté qu'après le départ de Napoléon; mais c'étaient là cependant d'étranges adieux. Qu'il eût adopté celte détermination le jour de sa seconde entrée à Vienne, ou iiièine plus tard, mais avant ramuistie de Wolkersdorf, et surtout avant la signature de la paix, on eût pu ne la considérer que comme un acte de guerre ou de politique. L'adopicr, la faire exécuter dans l'intervalle de la signature du traité de paix par les plénipo-

' Du haut du chàlcati imperia], je contemplais l'aciion de la mine el a«s rcdcMitablcs ciTeK. Les remparts, soulevés en Pair et gonllés comme des innnlagncs, s'onvraient en volcan, d’où Jaiilissaicni des masses de feux Cl des torrents de pierres. La marche cl le progrès de cette explosion, sur itoe ligne extrêmement èicndue. Farmaiem te plus terrible, mais peut-étrelc plus magniBqiic des spect.'ules.

Les jours suivants, toute la population de Vienne visita ces vastes ruines. $i là, comme partout, il y avait une portion de peuple, peu solgaetise de l'bonuciir national, qui se mouirait satisfaite de ec que Vienne cessait d’être une place de guerre, on poiivati aussi remarquer sur le visage d'un grand nombre d'habiianis remprcinlc de la douleur et d’un vif ressemimem.

tontiaires autrichiens et de la ratification de ce traité par l'empereur leur maître, s'il y avait là de la colère cl de la menace, le sentiment qui s'y iiiuntrail le plus était le dédain et le mépris. On pardonne à l'oppression qui frappe la propriété et méinc les personnes. L'humiliation ne sc pardonne |>a5. Au reste, si la pensée de Napoléon ebil de faire sentir à l'cmpcrcur François le danger d'une plus longue lutte contre un homme résolu desormaisà s'alTranchirde tout niênagement, l'iritenlion fui remplie. Deux jours après, le 19, les raliticalions de l'empereur d’Autriche arrivèrent à Vienne. M. de Champagny les porta lui- même à Munich. Napoléon, dès qu’il les eut reçues, partit pour la France. Le S7 octobre, i) était à Fontainebleau.

Par la paix de Vienne, l'Autriche perdait (rois millions et demi ^ d'habibnts. La plus grande partie des territoires cédés passa dans les mains des ailiésde Napoléon. L'inn-Vicrlel elle Hausnick- Viertel, .ainsi que Salzbourg avec RerchUdsgaden, furent iocor|>orésaux Ébts du roi de Bavière. Sur les cessions faites en Galicie, la Russie obtenait une jKipulalion de quatre cent mille àines, el le duché de Varsovie une population de quinze cent mine environ. I.e territoire renfermant quatre cent mille âmes, destiné à la Russie, devait être pris dans la partie la plus orienble de la Galicie ancienne. Outre toute la Galicie occidentale ou Galicie nouvelle, le duché acquérait, dans la partie orientale, le cercle de 2bmosc, avec la place de ce nom, el le district de Podgorxc, sur la rive droite de la Vistule, pour former le rayon de Cracovie. Le roi de Wurtemberg et le grand-duc de Bade étaient aussi récompensés de leur participation à la guerre, mais par un autre moyen. l.e traité de paix confirma le premier dans la possession de la principauté de Nergentheim et des autres biens de l'ordre Teuloniquc, dont il s'était emparé au comincncemcnl de la guerre. Ces biens ne dépendaient pas de la monarchie aulrichietinc, mais ils cbiciit possédés

On fil circuler alors une de cr* ptaitaoterica, assez jiisivs en rllrs-mémrs, sur ta forfanirrie de In veillr qui sc dément le lendemain. On disait qu'une vieille femme, oecitpêe à Fmiiller les ruines, et interrogêr sur les motifs de sa solliriiude, avait ré|>oiida : «Je rliercbe ce pauvre « archiduc Reyoter, qui avait juré de sVusevdir sous les • remparts. «>

* Voici l'état de res perles •

|o .Sur les Etals allemands. .... 1,137.680 bab.

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3" En Uoflgric. .......... ,Vo5,703

Total 3,537,632 bab.

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AFFAIRES EXTÉmEFRES.

}iar UH prince autrichien, en sa qualité de grand maître de Tordre, l’archiduc Antoine. En revanche de l'acquisition importante qu’il avait faite, le roi de WurteiiiLcrg céda, plus tard, au grand-duc de Bade, le comté de Nellenhourg. Ainsi, tous les alliés de la France recueillaicot le fruit de ses victoires I. Napoléon réunit au royaume d'Italie quelques portions de territoire necessaires pour les communications de ce royaume, et il ne garda pour la France que les provinces lllyricnnes, dont il ne considérait même la possession que comme temporaire, se réservant d'en disposer plus lard pour un grand intérêt européen.

Au traité patent signé le H octobre, on avait joint, selon Tusage presque général alors, des articles secrets qui avaient la meme force et la meme valeur.

Le premier article déclarait le traite patent commun à la Russie.

Par Tarliclc 2, sans contredit le plus important de tous, i'cmpcrcnr d'Autriche «s'engageait à ré- 1» dulre les cadres de son armée, de manière que n le nombre total des tnvupes de toute arme et de n tout genre ne s’élevât pas au-dessus de cent cin- » quanle mille hommes pendant la durée de la n guerre maritime. »

Ce prince proinetlail (article 3) de renvoyer de son scnice tous les officiers, agents politiques et civils, nés en France, en Belgique, en Piémont ou dans les États vénitiens.

Il ratifiait (article 4) tous les engagements pris par les régences autrichiennes.

Enfin, le cinquième et dernier article réduisait à quatre-vingt-cinq millions ^ les deux cents millions de francs imposés aux provinces de la monarchie occupées par les troupes frauçaises. Trente millions devaient être payés avant l'évacuation de Vienne; pour le reste, U serait donné des lettres de change à des époques plus ou moins prochaines.

L'esprit d'ordre que Napoléon portail dans les

’ • Lesênat ùtaii unepartiedii domsinedu peuplevaioeu pour la donner aux alliés; CD quoi il faisait deux cIioscb : il attAchail i Rnnie dca mis dont elle avait peu craindre et beaucoup i espérer; et il en afFaiblIssait d*aiilre4 domdlc n'avail rien i espérer et lout à craindre. « (MoHletquifu.)

* Tous 1rs ouvrages qui ont fait nieulion de ers articles secrets nVn ont donné jusqu'à présent que des indications trés-inexartes.

* • Après avoir détruit les armées d'un prince , les Romains ruinaient ses Hiiaoces par des taxes excessives ou un tribut, sous prétexte de lui faire payer les frais de la guerre.» {MotUftqmeu.)

4 Lettre à M. Daru, intendant général de Tarmée et des pays conquis.

* U J'ai rendu aujourd'hui un décret pour accorder

affaires intérieures de la France, ne Tabandonnaii point dans scs expéditions guerrières. « Je ne veux « pas, écrivait-il le 7 août *, que Tarmée ait, dca puis le avril, coûté un sou au trésor de la » France ni à la caisse de Textraordiiiairc. A par- « tir de celte date Jusqu'au 1" octobre, Tarmée » sera soldée sur les fonds de la cinquième coali- » lion. Los fonds de la cinquième coalition se comn posent de tous les revenus des pays occupés en » Allemagne et des coiitrihulions des pays conquis » depuis (a nonvelle guerrc.Toulcs les avances faites H sur celte époque, depuis le J" avril jusqu'au n octobre, seront restituées au trésor public. » Non conlcntdc libérer la France des charges que la guerre avait occasionnées à son début, TKmpercur trouvait, dans les ressources fournies par la conquête, le moyen d'accorder de magnifiques récompenses à ses compagnons d'armes, et ces récompenses s'étendaient à tous Jes rattgs de Tarmée. Tel fut particulièrement le caractère de la distribution qui eut lieu le 13 août, fêle de Napoléon. Si des décrets impériaux érigeaient des principautés avec des revenus considérables pour Bertiiier, Davoust et Masséna, d'autres accordaient à des services moins éclatants des litres et des dotations plus ptodeslcs. D'autres aussi assignaient, particulièrement à tous les militaires amputés, des pensions proportionnées à leurs grades. La pension dlj^soldat amputé était de cinq cents francs. Le meme jour 13 août, l'Empereur ajoutait de nouveaux avantages ^ à ceux qu'il avait déjà précédemment assurés aux enfants adoptifs de la France, élevés dans les maisons d'Écouen, de Saint-Denis cl autres, fondées pour celle patriotique destination. Ces actes de munificence de Napoléon sont à peu près les derniers dont la victoire ait fait les frais. Depuis scs prennères campagnes en Italie, jusqu’à celle d'Allemagne on 1BR9, général, consul ou empereur, il avait ainsi trouvé dans la guerre J*alicDeot et le prix de la guerre ; il n'cii sera plus ainsi daui

• une doialion de 000 Francs à mes enhmis adoptifs, gar- « coas et Biles, et 3.000 francs aux enfants d'officiers. » prenez les mesures nécessaires pour faire imieher cette » rente en leur nom, et, comme ils doivent être cnirc-

• tenus à mes fr.vis jusqu'à leur majorité, vous en ferez ■ verser le inoulanl à la caisse d*amoriisscaioal, et on le

• placera sur le grand-livre pour faire, avec le temps,

• un hicD-être à ces enfants.» Lettre à U. Daru, intendant général, en date du 13 août.

On cite souvent des lettres de l'Empereur à cause de Tèncrgie de la pensée et de Toriginalité du style. Rien <le simple comme celle que nous venons de rapporter, m.iis Tobjel en est tranchant, et on aime à voir Napoléon livré à de pareils suint au milieu de t.ini de grands intérêts qui roccupent.

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CHAPITIIK XV!.

SOS entreprises ultérieures, et déjà même ce mode economique de guerre d’invasion a éprouvé un échec sensible en Kspagne.

Parmi les redierciics auxquelles se livrait l’Einpereur pour inventer, en faveur de son armée, des réniuiicralions qui ne pussent exister nulle part ailleurs, il eut une ambitieuse pensée, qui sourit quelque temps à sou imagination, et qu'il trans- Ibrma en décret : ce fut la création de l'ordre des Trois-Toiions d'or. Les trois pays où il avait existé un onlre de la Toison d’or, se trouvant ou en sa possession ou sous sa dépendance actuelle, son amour-propre se complaisait à former, de ces trois ordres si recommandables en Europe, un ordre unique, qui éclipserait tous les emblèmes de chevalerie anciens ou nouveaux. La réflexion corrigea les écarts de l’orgueil. L’Empereur ne larda jias à comprendre quelle grave atteinte l'introduction de cet ordre nouveau porterait à la belle inslilution de la Légion d'honneur, et le décret relatif aux Trois-Toisons d’or resta sans exécution.

Dans l’élan de sa reconnaissance non-seulement pour l’armée , mais pour la France entière. Napoléon décida , par un décret daté aussi du V-i août , qu’il serait élevé, sur le terre-plein du Pont-Neuf, un obélisque en granit de Cherbourg, de cent quatre-vingts pieds de hauteur, avec l'inscription : L’Empereur Aapolêon au peuple français. En 1805, il avait consacré à l'armée la colonne d’Austerlitz. Ces dernières mesures, et en général tous les actes de sa vie, attestent en lui un désir constant de flatter la nation française et de lui plaire. Uoit-on s’étonner que, même au milieu de ses malheurs et de ses fautes, il ait trouvé tant de sympathies dans la nation et dans l'armée?

La guerre d'Allemagne, en 1809, si ruineuse pour l’Autriche, a coûté cher aussi à l’Angleterre. Le sang anglais a été prodigué dans l’expédition de Walcheren , ex])édition sans fruit, conquête d’un jour et sans gloire; mais ciqxMidant, c’est encore pour l’Angleterre qu’en définitive cette guerre a produit les plus utiles résultats. Si l’armée anglaise, après la brillante jourtiée de Talavera, a été obligée de se retirer en Portugal, la soumission de l'Espagne n'a pu cependant être consommée par les armées

' « Il ctl réserve, dil M. Sehtrll, lUttoire des Traités, » tome X. pan*' ^ l’Iiislorien iniini de In correspun- » dnncc diplnmaliqiic qui a eu lieu entre l.n Kiissie et » Ronnpartc depuis la paix de Sehœnbrunn, de f.aire ronn naître la suite des événenieiits qui ont relâché le lien n qui unissait les deux cahiiiels depuis la paix de Tilsilt n et l'entrevue d'ErFiirt.n Nous commcneoiis ici et nous - continuerons à produire celte précieuse rori'cspondnnce «pie M. .Schœll regrette, avec raison, de ne pas coniini-

françaiscs, et elle l’cùl été sans la guerre d'Ailtrichc. Un autre cITct de celte guerre, non moins avantageux pour le gouvernement britannique, c’est le commcnceinciit de mésintelligence t qu’a fait naître, entre Napoléon et Alexandre, la guerre d’abord, et ensuite la paix. Au lieu d'une coopération active, comme il l’attendait delà llussie, N'apo- ; léon n’avait vu, dans le mode de concours dccetlc puissance, qu’une marche équivoque et presque suspecte, dont il eut été fondé à se jtlaindrc, si la fortune eût été moins fidèle à ses armes. D'abord,

I la Russie n’avait fourni qu’un corps auxiliaire peu I considérable, et nous avons vu quel genre d'appui ce corps avait prêté à l’armée du duché de Varsovie. Peu de temps après, il fut question à Pétersbourg d'envoyer au prince Galitzin quatre divisions ' do plus, deux précédemment employées sur les côtes, et deux tirées de l’intérieur. On avait d’abord fait trop peu, c'était tout d'un coup faire trop pour . inspirer une pleine confiance. Lorsque l’empereur Alexandre amionça cette intention à l’ambassadeur français, celui-ci n’hésita pasà répondre : u Ce sont " là de grandes dispositions : si ce n’est que contre >• les Autrichiens, Votre Majesté leur fait trop d’hon- » neur. » Singulière situation des deux grands alj liés entre eux, cl qui ce|)cndanl s’explique à merveille par rextrême inquiétude que toute chance relative au rélablisscmcnt de la Pologne entretenait dans râme de l’cmpcrcur Alexandre cl de son ca- I binct ! On s’obstinait à croire que les mouvements I des Galiciens avaient été fomentés par des instigations françaises , ou du moins avec une connivence française, cl on continuait à se plaindre que l'einpcrcur Napoléon n’eût pas, en conséquence de la note de M. de Romanzof sur la question de la Pologne, donné des explications formelles et catégoriques, ni même aucune sorte d’explication qui se I rapportât à cette grave diflicullé -. « Le silence I » seul blesse, écrivait le duc de Viccncc à M. de ; » Champagny; l’empereur Alexandre, ntalgré scs 1» dehors chevaleresques , est assez polilicpic pour ’ » tout entendre. » Suivant cet ambassadeur, il eût j mieux valu parler que se taire; la moins défavo- ! rabic des interprétations auxquelles on se livrait, c’était que l’empereur Napoléon attendait l'éréue-

; tre, cl (Inns Inquellc, eu effet, sc développent gradticl- ’ Icnient les germes d'où sortira la guerre de 1812.

* » Moi-méinc, disait M. de Roinnn/oF, pliilôt que de » consentir an rétnhiisscmrni de la Pologne, je conscil- » lcr.iis h l'cnipercnr de tout risquer, de tout sacritiur. » On se trompe en Europe sur ce pays-ci. On croit qu'un 1 » ezar peut tout Faire. Un czar doit ménager toutes les j » opinions. Catherine elle-mémc les cajvUtit toutes, même I • celtes des rieillcs femmes; c'est elle qui nie l'a dil. “

AFFAIIIES EXTÉRIEVIU-^.

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ment }tour réponUre, cl on (IcNinait juste <• Aussitôt que les bases üe la paix avnicnl ctcciiincnucs, mais avant la signature du Irailc, Napoléon avait écrit à rcnipcrcur Alexandre pour le préparer à voir sans trop d'Iiumcur les arrangeineuts relatifs à la Ga> licie. K La plus grande partie du royaume, lut » disait-il ne changera point de maître, et j'ai » ménagé vos interéis comme vous l'eussiez fait a vous'iiiémoy la prtjspéritc et le bien-être du du- H ché de Varsovie demandent que Votre Majesté le n voie d'un œil favorable... »

L'empereur Alexandre n'était nullement disposé à le voir ainsi, et la lettre de Napoléon ne le fit pas revenir à d'autres sentiments. Ce fut dans celle situation peu satisfaisante des esprits que parvint i Pétersbourg la comniunicatrou du traité de Vienne. I.e 27 octobre, aussitôt après l'arrivée du courrier qui le lui apportait, le duc de Viccnce se rendit chez renipereur. Ce prince lut le traité sans dire un seul mol, mais non sans laisser paraître des signes marqués de tnéconlentcmcnt. La lecture terminée, il prit sur sa table le jugement du général Gortschakof, le montra au duc de Viccncc cl lui en lit remarquer la date ^ , eoimnc preuve de la sincérité de la Russie et de sa liflélité à l'alliance ; puis, léiiioignaiil qu'il se trouvait mal récompensé d’avoir remis ses intérêts aux mains de l'empereur Napoléon, il interrompit les explications que voulait lui donucr l'ambassadeur ci te congédia.^ - *

Le mécontentement de l'empereur de Russie était réel; mais peut-être ce prince en exagérait-il un peu la démonstration. L'nc acquisition de quatre cent mille habitants cii Galicie était, après tout, une assez belle récompense (K>ur l'équivoque secours que la France avait reçu de lui. Un envoyé d'Autriche,)!, de Saint-Julien, chargé de portera Pétersbourg une lettre de son maître sur la conclusion de la paix, cherchera vainement à piquer l'orgtieil russe, en insinuant que sans doute la générosité do l'cmpcrcur Alcxaiulrc. jointe à son dMain pour un si chétif intérêt, ne lui permettrait pas de s'enrichir des dépouilles d'un prince avec lequel il n'avait eu dirccteuicnl aucun démêlé; le cabinet russe fermera l'oreille à ces caressantes paroles, et rralTcclera point le stérile honneur du désintéressement.

De son côté Napoléon, tout en désirant accroître

' Lettre de Napoléon & Alexandre, en date du 10 octobre.

* l.r lieutenant général prince Gortschakof avait, dans une lettre A l'archiduc Jean, lettre qui Fut interceptée, exprimé le vom de la rcuRion de» irou|>es russes aux troupes autrichiennes, lîn onire du jour du rainislre de la

f Uii.xox.

la consistance du duché de Varsovie, avait vivement A cœur de ne point blesser d’une iiiaiiicrc trop sensible l’empereur Alexamlrc. Ce sentiment éclate (laits toute sa correspondance. Sans cesse il y répîte que, dans aucuncas, Une veut se brouiller avec La Russie; mais il veut que l'on tâche d'amener celle puissance à ne point prendre en mauvaise part des arrangemcnls qui, selon lui, n'ont ricnd'inquicUiiit pour clic. Il se montre dis|}osc à toutes les mesures propres à faire entièrement disparaître Icsinconvénicnls remarqués depuis la paix de Tilsiit. u Vous êtes autorisé, dil-ii â son ambai- N sadeur, à donner toutes les sûretés convenables. »

11 indique quelques-uns des moyens que l'on pourrait adopter dans ce but. Il explique d'ailleurs l'ensemble du trailé de manière à établir que la Russie n'est pas fondée à se plaindre. I>a France s'csl principalement occupée de ses alliés, la Russie et les princes de la confèdéralion du Rhin ; elle s’est peu occupée d'cllc-même. La part de la Russie est dans le rapport d’un à quatre; une population de quatre cent mille âmes, sur un territoire parfaitement à sa convenance, n'est pas un si mauvais partage. C'est la disposition seule où était l’Autriche de se défaire de la Galicie occidentale, qui a valu lo gros 3 lot au roi de Saxe.

Imlépcnda inment de cesjuslifications auxquelles il SC livrait lui- même, Napoléon recommandait à M. de Giainpagny de ne rien négliger pour convaincre l'empereur Alexandre, d'une piirt, que la paix n'avait pas été possible à des conditions düTércnles, cl, d'autre part, qu'on était prêt à donner à la Russie toute sécurité contre les périls éventuels qui causaient scs terreurs. Kii conséquence, sur CCS entrefaites, ce ministre ayant reçu de M.dc Romanzuf une lettre qui lui annonçait la signature du ta paix entre la Russie et la Suède, proüta de la réponse qu'il devait à cette notification pour donner, à la déférence de rempcrcur Napoléon sur les dé-* sirs de la Russie, des développements très-clendus et même d'anc (elle nature qu’il semble douteux que Napoléon eût pu , s'ils lui eussent été soumis, en approuver dans toute sa plénitude , sinon l’esprit, du moins l’expression. Après avoir rappelé que l'cmpcrcur n'avait pu abandonner aux vengeances de rAutriclic des lioinmcs qui s’ctaiciil sacrifiés pour lui, M. de Charnpagny reproduisait les autres considérations qui avaient fait, en ce qui

guerre Aratuchelef, en date dti septembre ( 1 1 onobro), avait annonce h l’armée rnsac que ce général était tenu de quiner le «ervifc, qii'îl ne pouvait plus «ire employé & l'avenir, et qu’il lui était défendu de résider dans i'iinu ni dniis l'antre des deux rapitalcs.

* Expression d'iinr lettre de rEmperenr.

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