CHAPITRE XVT
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concernait la Galicic, accepter les offres de celte puissance. Là clic offrait deux hommes pour un qu'il lui eût fallu donner ailleurs. C'est au roi de Saxe que la Galicic occidentale va appartenir, et U assurément les principes de ce prince ne sont U rien moins que révolutionnaires. » Au reste, tout ce qui pourra tranquilliser la Russie aura l’assentiment de l’empereur Nnpoléoti. Il est disposé à concourir avec rciiipereur Alexandre à effacer tous les anciens souvenirs. Enfin « Sa .Majesté apn prouve que le nom de Pologne et de Polonais dis- » paraisse iion-sculemenl de toute transaction polin tique, niais même de l'histoire. » Ces dernières paroles seront précieusement recueillies par l’empereur Alexandre cl par.son ministère. La lettre de M. de Champagny, portant la date du 20 octobre, a dû être écrite au mouieut où ce ministre parlait de Vienne pour rejoindre à Munich rempereiir Napoléon. Nous ignorons si l'Empereur, dans l'énergie de scs entretiens précédents, avait tenu un langage pareil, ce qui est possible, mais nous croyons que, dans ce cas même, son ministre, en rendant sa pensée, aurait dû adoucir les ternies dont il pouvait avoir fait usage. C'était un art qu'avait eu M. de Talleyrand, et dont rEiiipereur lui avait su gré.
Les déclarations de M. de Cliampagny produisirent un effet très salisfaisant à Pélershourg. Il s'éleva bien encore quelques plaintes nu sujet d'un arrangement militaire conclu par le prince de N'cufchâlel avec le gouvernemeiil autrichien , cl dans lequel se rclrouièrcnl les mots de Pologne et lie Polonais, mais il ne fut |ins Irès-dillicilc de faire comprendre que le prince de Neufchàtel, qui n'était pas dans la coiindoiice de ce qui se passait entre les deux empereurs, s’élail fort innocemment servi de cette dénoiuination vulgaire, dont il ignorait que l’on voulût supprimer l'emploi. On reconnaissait à Pélershourg que la dernière lettre de •M. de Champagiiy était bien dans l'esprit de l'alliancc, et on s'occupa aussilèl à préparer les hases de la conventioii à conclure pour dissiper toutes les craintes de la Russie, coiiveution demandée par l’empereur Alexandre, et « laquelle il tenait toujours inrariablemcnl *.
Les premières hases mises en avant par la Russie étaient :
L’engagement à prendre qu’il ne serait jamais question du rétnhlisscmcnt de la Pologne, et le maintien de l’état actuel du [lartagc ;
La suppression des noms de Pologne cl de Polonais dans tous les actes publics et privés ;
' heure du duc de Viecncc, en d«ie du 7 novembre.
^ La suppression des anciens ordres de Pologne ; I L’engagement qu'aucun sujet russe ne serait reçu nu service du roi de Saxe, etrice rersâ;
I La suppression de tout ce qui pourrait classer ' le duché de Varsovie nuiremcul que comme une [ jirovincc du royaume de Saxe.
I Tel fut le premier texte d’une discussion dont ; nous aurons <i suivre plus tard les progrès, les varialions et le fâcheux déiioümcnt.
La conclusion de la paix avec la Suède, dont M. de lUmianzof a donné connaissance au ministère français, avait eu lieu à l'riederichsham, le 17 septembre. Napoléon, malgré scs disiiosilions amicales pour le nouveau roi , avait abandonné cette question à la merci de l’empereur Alexandre, eu se bornant à exiger, aux termes de leurs anciennes conventions^, la rupture ilu cabinet de Stockholm avec l’Angleterre. L’empereur de Russie demanda ! effectivement à ce cabinet d’adhérer au système I conlineulal, mais il sc contenta d'une adhésion incomplète, portant réserve de quelques modill- ' calions qui seraient plus particulièrement stipulées ; dans les négociations à ouvrir entre la Suède, la France cl le Danemark. En d’autres termes, l’empereur Alexandre, ayant assuré ses intérêts directs par l'ncquisition de la Finlande, des Iles d’Aland et d’une partie de la Wcslro-Bolhnie, laissait à la France le rôle désagréable d’enlever à la .Suède quelques avantages qu'il paraissait lui accorder. Ges avantages, mentionnés en l’article Z du traité, consistaient dans la faculté d'importer eu Suède du sel et les denrées coloniales nécessaires aux habitants. On conçoit que, pour l'importation du sel, l'empereur des Français admettra volontiers une exception ; il n’en sera pas de même |)our les denrées coloniales, l’endaul l'abscnccdu Napoléon et de M. de Chani|)agiiy , les plénipotentiaires ■ suédois qui attendaient eu France leur retour, avaient eu préalablement quelques conférences avec M. d’ilauterivc, l'un des principaux employés ! du département des affaires étrangères. A l’arrivée de l’Empereur, la négociatioii ])ritunc marche plus décidée. Il lit déclarer aux plénipotentiaires suédois qu’on UC pourrait admettre les bâtiments de leur nation ni dans le .Mecklembuurg ni dans la Poméranie, ni, en général, dans aucun autre port euro])éen, si des inarchaudises anglaises étaient portées en Suède , même sur des bâtiments suédois. <> l.a Suède, disait le. ministère français, cn- » tend-elle soumettre son pavillon à des recher- » ches, à des visites, à des taxes, véritables signes » de dépendance, véritables tributs payés par des
' Lettre <lc .M. ilo Cliampagny au duc de Viccme, en ' date do IC .-luiil.
AFFAIRES EXTÉRIEURES
>1 dations soumises à une naliun souveraine? Si la » Suède reconnaissait des prétentions d’après Icsx quelles la mer appartiendrait h rAii(;lctcrrc , t> comme la Tamise , tout arrangemeut entre elle "Il et la France serait impossible. :> En conséquence de son traite avec la Russie, Charles XIII s'empressa d’ordonner qu’à partir du 11! du mois de novembre, il serait interdit à tout vaisseau de guerre et à tout bâtiment marchand de la Grandelirctagnc d’entrer dans aucun port de la Suède; mais, à Paris, les plénipotentiaires de ce prince se débattirent pendant plusieurs mois pour obtenir ^Ic consentement de l’Empereur aux modifications énoncées en l’article 3 du traité de Friederiebsbam. Sur ce point Napoléon resta inllcxible, toute concession de la nature dont il s'agissait ne pouvant manquer de produire de véritables abus, t.a ^Suède fut obligée d’adopter pleinement et entière- ' ment le système continental , et elle renonça à la <’ faculté que lui laissait son traité avec la Russie au 'sujet des denrées coloniales, se réservant unique- V ment celle de recevoir'le sel nécessaire à lançonsommation du pays. Du reste, l'Empereur se mon- '^ra généreux sous les autres rapports. Par le traité * qui fut signé à Paris, lc"21 janvier 1810, entre les
deux gouvernements, il rendit ù la Suède la Pomé'
rallie, la principauté de Rugen et leurs dépendances. Il restitua de même tous les bâtiments capturés depuis ravénement au trône de Charles XIII, ainsi que les marchandises trouvées à bord de ces bâtiments, et qui ne provenaient ni du sol de l’Anglc-(terre ni de scs colonies ; il garantit à la Suède toutes scs possessions telles qu’elles étaient reconnues par le traité. ' , “ ■<* - *
Le système continental se complétait par''‘ics transactions successives du gouvernement français. L’Autriche, qui, par la paix du 1i octobre, avait cédé à la France Trieste, Finnie et le littoral, hongrois, se trouvait, par sa situation nouvelle, hors d’état de contrarier en rien ce système , cl l’cnipercur Napoléon, en s’engageant à ne mettre aucun empêchement au commerce d'importation et d’exportation de cette puissance par le port de Fiume, avait eu soin de stipuler « que cela ne pou- >1 vait s’entendre * des marchandises anglaises ou Il provenant (lu cnmmcrccanglais.il Par l’accession de la Suède au sysUmic français, tout le continent, moins le Portugal, était fermé à l’Angleterre.
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CIIAriTRE XV n.
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