‹ Histoire de FranceChapitre 62 sur 142 · IC · texte numérisé non relu

IC

CIIAIMTRE XVIH.

il rcniiisstit tons les avantages eiléricurs propres i charmer la population de celle capitale. C’était * pour la multitude na|K>lilaine, un autre duc de Beaurorl. Lorsqu’il se montrait, les lazzaroni le saluaient de leurs acclaiiialions et renlouraicnt avec omprcsscmcnl. Four justifier et rorlifior la faveur |>ul>lique. il avait à cœur de signaler, par une cn> treprise éclatante, le commencement de son règne. Cette bonne fortune ne lui manqua pas. I/lIc de Caprée était occupée pur une garnison de deux mille Anglais. Des bàlimrnlsdc guerre anglais slalioimaient constamment dans Plie de Puiiia, vni> sine de Caprée. Deux tentatives de Joseph contre celte dernière Ile avaicntéchoué. Joachim fut plus heureux. Une expédition composée de seize cents hommes, sous les ordres du général I>ainarque, Irionqdia de tous les obstacles de la nature et de l'art. Il fallut, pour atteindre des cimes escarpées par un talus rapide et découvert, en hissant des échelles les unes au bout des autres, des prodiges d’audace, de sang-froid et de patience; mais, après s'élrc emparé de la partie supérieure de l’ilc et y avoir fait onze cents prisonniers , on n’avait encore accompli que la moitié de l'ouvrage. Il ne fallut pas moins d’intrépidité et de téméraire cünüaticc pour descendre à la partie inférieure, encore forlement défendue, sans avoir d'autre voie de passage qu’un escalier do cinq cent quatre-vingts marches suspendu sur un abîme. Ce beau fait d'armes eùtsuflià l'illuslration du général I.amarque, quand même il n’eftt pas dù, comme le général Fuy, joindre , dans les dernières années de sa vie, les lauriers de la tribune aux lauriers de la guerre. Le commandant anglais, qui eut la honte de n’avoir pas su conserver un rocher si facile à défendre, est ce même Iludson-Lowc, qui un j(Kir obtiendra , sur un autre rucher, une cêlchrilé digne de lui, comme geélier du prisonnier de Sainte-Hélène.

Le début administratif du roi oc fut pas aussi satisfaisant que son début militaire. Dans tous les pays et dans tous les temps, une réduction de Tinlcrèl des rentes est une opération hardie et dangereuse; elle l'est nalurelleincnt bien plus encore aux premiers jours d'un règne, de la part d'un roi que la nation n’a pas choisi, mais qu’elle a reçu d’une maiti étrangère. La faute était d’autant plus grave qu’il fallut reculer après l’avoir commise. Elle était de plus une viulaliurt du statut constitutionnel. i/Einpereur,^ qui ne s'est pas toujours pique d'un respect religieux pour les clauses du pacte social en France, n’entendait point que ses frères se perniissent de pareils écarts dans leurs États. Cette

éioii ainsi foiieu . • L*’ prince Joachim Napoléon, devenu * roi flr» t>cux-Siefies , ri>nserT«e.n 1.1 digniiè de grand

infraction n'clanl pas d'ailleurs la seule dont le ruî Juaehiiu so fut rendu coupable, Napoléon lui en fil témoigner un vif mécontentement par son ambassadeur. Le ministre des aflaircs étrangères, M. de t'hampagny, écrivit * à ce dernier: uL'F.m- M pereur apprend avec iKiiic que le roi a réduit )• la dette publique de cinq à trois pour cent. Sa I» Uajeslé regarde celte réduction coiiune contraire H aux intérêts du royaume de Naples et aux ctiga- H gcmenls pris par le roi. En lui donnant la eou- I» roniie, l'Empereur y a mis trois conditions: l'inh viulabililé do la cnnstitulion, la garantie de l.v «dette publique, l'enlrctien des troupes frann çaiscs.i* L’ambassadeur cuit charge de remettre des notes séparées sur chacun de ces trois objets, et, de plus, il lui était prescrit de demander, par une quatrième, que la constitution fût mise en activité dans tout le royaume, cl que le Code Napoléon y fut exécuté sans aucune restriction, «iiulamn ment en ce qui concerne le divorce.» Tous les sentiments exprimés ici au nom de Na|H>léun sont en 04ix-mêmcs dignes d'èlogc ; mais, relativement au dernier article de ces admonitions impériales, il ii’échappcra pas que c'est dans le momeul où il s'uccu(>c de son divorce en France, qu'il recoinmande l'exécution de la disposition relative au divorce dans les Étals qui dépendent de son empire. Au reste, l'Empereur avait aussi, comme nous l'avons vu, rappelé le mi Louis au respect de la constitution hollandaise. Il avait procédé de luèiiie avec le roi de \\'e.slphalie. •

Les rcclanialiuns du trésor français sur le rof Joachim rohligeaient, |>our sa justilicalion personnelle, à imputer la gène de sa situation au prince son prédécesseur. L’cxcusc de ses retards était que, sous le règne d'ailleui^ si court de Joseph, les finances, détournées de leur légitime destination, au lien de pourvoir au payement de ta solde des troupes et à celui du miliiuri annuel, réservé pour doutions par l’Empereur, avaient été, en partie du moins, dissipées en dépenses d'agrément et en dons énormes de rentes sur le grand-livre, à des fcumies et à des favoris. Les allégations, exagérées peut-être, offraient cc|>cndant un fond de vérité, et l’F.mpercur tic l'ignorait pas; mais soit indulgence, suite de rattachement sincère de Joseph à sa pef^oime, soit vieille habitude de resj>ect pour son aillé, il ne s'abandonnait point envers lui aux boutadcsdüinauvaise humeur dont iisc faisait pou de scrupule, tant avec ses jeunes frères, Louis cl JérOtric, qu'avec son beau-frère Joachim.

Outre que celui-ci continuait de recevoir à sou

w .imlral de France qni »eni aitichée h sa couronne. *

' Le 25 IHOtJ.

tl80f)]

l‘OLlTinUK EXTÉRIEVKK.

service des Français, sans qu'ils en russenf ohlenu | PauLurisaliun du rEn>pcrc(ir,il se |)criiio(lail aussi I d’envoyer à scs amis, Cil France, des dècuratioiis i iiapitlitaines. Cette |irodigaii(c dépluLà l'Empereur, | cl il fit notifier au roi qii*il tic devait en domicr au- i cône à des Français sans son consenlement ‘.Four j satisfaire aux intentions de l'Empereur relativement . aux l-'rançaisqui étaient au service de Naples, le roi ordonna que tous ceux qui n’avaient pas reçu l'au- ' torisatiou impériale cessassent Icursfunctioris. Cette mesure plut beaucoup aux Napolitains. En tout pays, ' et presque toujours, on déleste les hommes qu'un ' roi étranger amène avec lui; on voit en eux des con- ! currciils, des maîtres, et on les hait en cette qua- j lité, quand même quelques-uns, par leur caractère personnel, mériteraient d'inspirer de meilleurs scii- j tiinenls.

De temps en temps, l'Empereur faisait rappeler ^ au cabinet de Naples combien il était essentiel, poar écarter le commerce anglais, de repousser le pavillon américain, qui en était le colporteur principal. H L'intention de Sa Majesté, écrivait^ M. de » Champagny, est que l'admission des bâliniciits • américains ne soit prononcée i Naples que lors- » qu'elle aura été décrétée en France, les mesures M adoptées contre rAngielcrrc ne pouvant avoir n un important résultat que par l'uniformité de » leur application. » On avertissait le roi de Naples que les témérités du roi de Tlollandc n’étaient pas bonnes à suivre comme modèle, et que, si ce prince avait pris sur lui d'autoriser les bitiments américains à entrer dans scs ports, la révocation do cet acte d’autorilc, si contraire au système français, lui avait été demandée avec une énergie qui ne comportait pas de refus. En conséquence ilc celte communication, le roi donna des ordres conformes aux demandes de la France, mais qui ne furent pas mieux observés k Naples qu'ailieurs. Le ministère du roi mcUail peu d'obstacles à la fraude, si même il ne la tolérait sciemment. L'Empereur écrivait, quelques mois après : « Ou fait la cunlrebandc à » Naples, et Salicctli ^ la favorise. » ^

La vie privée des rois de la «lynaslic napoléonienne est sans doute de très- peu d’intérêt p<»ur l'histoire. Aussi, nous n'oii parlerons qu'aiilant qu’il s'y rencontrera des circonstances où l’F.ropereur ait à intervenir. Dans son extrême désir de paraître indépendant de l'Empereur et de tout le monde, Joachim cherchait à établir cuiuinc un fait notoire que la reine était entièrement étrangère

à tout acte de gouvernenaent cl d*adininistralinn. Cette iiilention du roi était portée jusqu'à une alfeclation capricieuse et bizarre. La rciiio Caroline, sœur de Napoléon, remar<iu»l>lc par sa beauté, ne l’était pas moins par son esprit. Feut-étre étaii-cc la conscience de la supériorité qu'elle avait sur lui, qui eufiduisait le roi à cette puérile démonslratinn. L'.vmbassadeur de France à Naples crut devoir donner, dans plusieurs dé{>échcs successives, des détails assez étendus à ce sujet. Il le fabait, a t-il dit plus lard , avec l’autorisation cl même sur la demande de la reine, qui ne voulait pas en écrire dircelemcnt à l*£mpercur. Pour toute réponse à ces officieuses iiifurma lions, le ministre des afTaircs étrangères écrivit à cet agent que l'Empereur lui aeconJait un congé pour revenir en France; il lui disait : « Les circonstances * étant devenues plus » favorables à la demande de conge que vous lui » avez faite plusieurs fois, Sa Majesté a daigné » raccuciilir. » L'ambassadeur, qui n'avaît pas demandé de congé, ne comprit pas, ou feignit de ne pas comprendre ce que ce congé signifiait. Il fallut que le ministre lui parlât avec plus de clarté, ce qu'il (U dans les termes suivants : •< L'Empereur ^

» vous croit en France, et son intention est que n vous y soyez. » Cette fuis l'ambassadeur voulut bien deviner que Son congé était uu rappel.

Parmi les décrets rcmanératoires que l'Em{)ercur avait rendus à Vienne, le lU août, il eu était un qui portait création de quatre duchés dans le royaume de Naples. Les titres de ces duchés reposaicol sur des villes de ce royaume, Reggio, TarciUe, Olrantc et Gaélc, et leur dotation devait être prise sur les sommes ducs à la France. Ces titres ne furent pas tous accordés comme récompciist* roiiilairc. Deux seulement eurent cette destination le litre de duc de Reggio donné à Oudiiiot, celui de duc de Tarcnte donné à Macdonald. Les deux autres furent conférés comme récompense de services civils : à Fouché, le titre de duc d'Olrante ; à Gaudin , ministre des tiiianccs, celui de duc de Caéte.

Malgré tout le charme du rôle de roi pour un homme nouveau, le roi de Naples, pendant la campagne d'Autriche, avait beaucoup regrollc de n'é- (re point appelé à y prendre part. Plus d'iiuo fois il s'^ait plaint d'élre relégué au fond de l’1t.illc, tandis qu’on livrait de si grands coinlwls en Aile- ' in.'igiie, et il avait craint que, dans sa condamnation au repos, il n'y eut eu ou dédain de ses ser-

■ • Le roi de Naplea euvoie des décoraiions h loin le , P inonde sans ma permission. Cela est souverainement * ridiciiio.K

Lettre & M. de Champagny, do 24 janvier I8D0.

■ Schffnbrunn, 25 jnillei.

* Uinisire de U police de Joachim.

* U*itre de Vienne, Ic21juin.

* Le 24juü!el.

CIIAI'ITRE XVIII.

[IHOO]

Ticcs, ou rcrroiiüsscmcnl de TEmpcrcur envers lui. Pour se rendre à Paris, il n’enl pas besoin d’en <^lrc presse coiiime le rui de Hollamlc, Dès qu’il sut que sa présence n’y serait pas désagréable, il s’empressa de se mettre en roule po«ir aller prendre place dans cette réunion de courtisans couronnés.

I<e royaume de \Vcsq)halic oITrail moins de motifs à des contestations avec la France que ceux d'Espagne, de Hollande et de Naples. Cependant rEroperciir avait aussi les yeux ouverts sur tout ce qui SC passait dans ce royaume. Il désirait particulirremcnl connaître les circonstances de la vie intérieure du roi , et , comme ces détails domestiques eussent mal figuré dans des dépêches olTiciclles, il Gl ordonner à son envoyé en cette cour, M. Reinhard, de joindre des bulletins à ses dépêches. CcUc obligation fut bieiitût étendue à tous les autres agents. L'Empereur avait ainsi régulièrement la chronique des cours de l’Europe, ce qui formait au moins la partie la plus amusante de la correspondance, quand elle n'en était pas la plus intéressante. M. Reinhard n’avait pas dû laisser ignorer que le roi dépensait au delà de sa liste civile, et rEinpcrcuren exprima son inccontenlcment à ce prince. Malgré les juslificalfons de celuici, r£in{>ercurrecurnmandait toujours à son envoyé de tâcher « d’inspirer, autant qn’il pourrait, l'éco- » nomic au roi. n Quelques mors plus laril , ces conseils paraissant avoir été peu écoutés, il les renouvelait dans des termes plus sévères : « Écrivez ‘ » à Reinhanl que je suis garant de la constitution H de Westphalic, et que, si le roi emploie pour sa n liste civile plus qu'il ne lui appartient, j'en renn drai responsables les ministres des finances et du » trésor. » L'Empereur avait droit d'exiger que la liste civile des rois qu'il avait créés suffit ù leurs dépenses. A ccté^gard, il parlait d'exemple. On sait que jamais, ou presque jamais, il ne dépensait plus que la moitié du la sienne, et l'excédant était ou destiné à former un fonds de réserve, ou consacré à des travaux d'utilité publique.

Quoique le roi Jeréine protestât de sa bonne adminisfration, IvcntM il fut réduit aux expédients, et il cul l’idée de faire un cmpruntde trois millions de francs à llamlmurg. L’emprunt iic réussit |>as ; mais, au lieu de trois milifons qu'il demanda en vain aux capitalistes de celle ville, le sénat lui prêta une somme de trois cent mille francs, et le Ht d'autant plus volontiers, dit M. Bourienne, iniuislrc de France auprès des villes anscatiqurs, que, par là , il éloignait de Jlarbourg, point contigu à son terri-

' Scliitnhrunn, 30 aoAt, à M. de Cbsmpagny.

» î^xcptrmbre 1809.

* Lettre du 8 octobre, à M. de Cbampn^'oy.

tuirc, un corps de troupes qu’y avait envoyé le gouvernement westphalien. Jéréroe, en cba^cant un banquier deCassel d’aller à Hambourg bire ooc tentative d'emprunt, l'avait gdressé^au ministre de France. Calui-ci, n’nyant pas eu le temps de prendre les ordrr.^tlc l'Empcreurqiii était à Schœnbrnnti, crut cependant devoir employer scs Ixms offices pour lui faire obtenir le léger prêt du sénat. C'csl M. Bourienne qui expose lui-mémc ainsi sa petite cuo|)éraliiün dans celte alTaire. Il paraît que le roi Jérûmc lui en sut beaucoup de gré, car il lui fil don de son portrait entouré de diamants. L'Empereur, qui ne fut informé que plus tard et de l'emprunt cl du présent, récompense de l'emprunt. Gt donner ordre à M. Bourienne de renvoyer au roi de >t'es(phalie son portrait, et le réprimanda de ne lui avoir pas donné connaissance de la négociation d'argent tentée à Hambourg par le roi Jérôme, «i Faites sentir ^ à Bourienne que je veux tout M savoir, et qu’il deviendra responsable de tout cc N qu'il ne me dira |tas. n Dans cette même lettre à M. de Chairipagny, l'Empereur ajoutait, à l'occasion d'un homme peu digne d'estime , qui était en faveur auprès du roi de \^ estphalie ; «> Dites à Reinn liard que je ne souffrirai pas qu'un pareil fripon » reste auprès du roi. »

L'Empereur ne dissimulait point ses ^oupçons sur la conduite de son ministre à Hambourg, et il les luiêaissail voir à lui-même. Ayant k déterminer la siUiation des villes anséatiquesà l'égard de la Fi#fcc, c'était i ce ministre qu'il eût dù naturellement en confier te soin. Il di>mia la préférence à M. Reinhard, mini>tre à Cassed. L’opinion de l’Empereur, à celle époque, sur les vHIcs aiiséatiqucs. élatl qu'il n’y avait rien de plus avantageux que de les laisser subsister comme villes impériales. Seulement il voulait que les relations qu'elles avaient eues avec l'cinpire germanique eussent lieu à l'avenir avec l'empire français. Il entendait que les fonctions supérieures, celles de bourgmestres, |>ar exemple, fussent à sa nomination, sur une liste triple formée par les étals, lin projet de coustilulion devait être rédigé pour ces villes, et énoncer en outre les moyens d'exécution, n Je charge * Hein- » hard de cette mission, écrivait -il, parce que je I* ne veux point de ces tripotages d'argent qui desn honorent les gouverneiiicnls. h Ce langage de l'Empereur est empreint d'un double sentiment que l’on aime dans le chef d'un Étal, t'estin>e de la probité ^ en cllc-mêmc, cl l'amour de la probité pour l’honneur de la France.

t Sf» septembre.

^ On coniMit de gramU ('xrmplrs de resifUitions inpo< séi-s par r£mpercur à des bomiueg de premier rang. Pour

Digilized by

En exposant les relations de la France avec les divers États earopéens, nous avons, d’une manière indirecte, fait connaître l'étal de sa lutte avec le gouvernement anglais , car clic a rencontré ce gouvernement dans tous les pays où il croyait pouvoir la combattre cl lui susciter des ennemis. Nous devons cependant encore ajouter ici quelques faits qui compléteront le tableau de la situation des deux puissances. La fortune continuait à se montrer peu favorable aux alliances anglaises. * Lorsque, dans le parlement,* on reprocha * au ministère de causer la perte des États qu’il entraînait à la guerre , sa justification ^ fut que ce n’éUiit pas sur lui que devait peser la responsabilité de leurs déterminations. Relativement au roi de Suède » Gustave-Adolphe, le ministère avait bien pressenti que la guerre serait funeste à ce prince ; mais du inomcnt qu’il s’obstinait à la'fairc, on n’avait pas dil l’abandonner. Il en était de même de l’Autriche. Assurément on n’a pas pu s’afiliger de voir une puissante monarchie se soulever pour mettre un terme aux cnvahisscmcnls de l’ambition française, mais le ministère n’a pas désiré que la cour de Vienne s'engageât dans une si grande guerre autrement que pour un intérêt autrichien; seulement, au cas où cette cour croirait faire un généreux effort dans sa propre cause, il lui a promis toute l’assistance qu’il aurait le moyen de lui donner. L’Autriche a trop présumé de ces promesses, car elle a tiré sur le trésor britannique des lettres de change dont un a dù rejeter le payement. Cepen- 'dant le ministère était d’avis qu'il convenait de lui accorder tel subside que pourrait exiger la lutte qu’elle soutcnail contre l’ennemi commun'. Le roi en fit la demande par un message en aunonçanl que ses anciennes ^relations de bonne intelligence cl d’amitié avaient été heureusement rétablies avec celle puissance. - *

Si les grandes expéditions de l’Angleterre sur les cAtes du royaume de Naples, en Espagne sur Madrid, au nord dans l'Ilc de Walchcren, n'avaient produit qu’une grande et inutile consommation d’argent et d’hommes, ces contrariétés ne restaient passanscompeiisation. La mer donnait au gouvernement anglais les avantages qu’il demandait en vain au continent. La France, dans le domaine des mers , n’éprouvait que des échecs et des perles.

* * ' ■ les agents civils, à peu d'cxceplions près, il se montrait irès-scvère. Aussi l’administration, sons son règne, a-l-ellc été généralement plus pure qu’à toute autre époque antérieure. A l’égard des militaires, on le voyait plus iiHlulgcnt; mais quelquefois cette indulgence était presque une nécessité. J’ai lu dans une de ses lettres les mots suivants : a J’envnic tel général à... je sais qu’il est un

En 1800, r Angleterre lui enleva , aux Antilles^ la Martinique et Santo-Domingo; dans la Méditerranée, les tics Ioniennes ; sur le continent américain,* Cayenne, et, en Afrique, le Sénégal. ' ;

Quoique l’Empereur eût pris le sage parti d’éviter tout grand choc maritime, trop souveqt éncorc des rencotitrcs avaient lieu ; et prestjuc toujours elles étaient malheureuses pour nos armes. De sept vaisseaux attaqués devant la Rochelle *par l’amiral Gambier et lord Cochrane, l’un fut obligé d’amener son pavillon , cl trois se jclcrcat * à la cùle. Ces derniers loinbèrcnt ensuite au pouvoir des Anglais, et furent brûlés par eux. ^

Un convoi d'une vitiglainc de voiles destine pour l’Espagne , à peine sorti de Touloti , (ht dissipé ^ par l’amiral Collingswqod. Deux vaisseaux fratieais ayant fait côte, leurs équipages y mirent ciixméines le feu. Quelques affaires brillantes, comme la prise de la frégate anglaise la Proserpinc par le capitaine Duliourdicu, et le retour de la frégate la Sémillante , qui avait soutenu cinq combats et causé à l’Angleterre des perles immenses dans l’Inde , ne balançaient pas le dommage constant que recevait la France dans' presque toutes les affaires engagées avec les Anglais. Cependant ces succès faibles et partiels n’étaient pas sans importance, car ils sauvaient l’honneur.

11 est une puissance avec laquelle l’Angleterre resserrait d’autant plus scs rapports que la France paraissait s’éloigner d’elle par son propre choix ; c’était la Turquie. L’entrevue d’Erfurt, où le Grand Seigneur devait croire qu’il avait été pris des résolutions contraires à scs intérêts , les démonstrations toujours croissantes de l’intimité de Napoléon et d’Alexandre, ne permeltaicnt pas au cabinet ottoman d’ajouter foi aux protestations amicales que l’Empereur lui faisait répéter par ^n chargé d’affaires à Constantinople. Les paroles de cet agent ne pouvaient' pas obtenir une grande croyance, démenties, comme elles le seront bienlAl, par une déclaration publique de l’Empereur dans une constance aussi solennelle que Tôuvertare de la session du corps législatif.-»^

Napoléon qui, à son retour d’Autriche, s'était ’ rendu à Fontainebleau , y prolongea son séjour jusqu’au 15 novembre. Sur la nouvelle de l’arrivée^

du roi de Saxe à Paris , il y revint de sou côté , et . » * • .

» pea pillard, maie il est actif, inielligcal ,' et conviCDt « parfaitement à ce poste, n '

' Le 13 mai 1809. *

’ Discours de M. Canning.

’ Le 34 mai.

* « Il avril 1809.

* 35 octobre.

Page 1