CHAPITRE XIX
AFFAIRES INTÉRIEURES
Divorcr de Napoléon. — Moiiüt de l’.ittachcmcnt que portail b France & l’impératrice Joséphine. —Cérémonie du divorce. — Discours de l’Empereur, — Discours de l’inipcratriec. — Discours du prince Eugène. — Sénatus-consulte qui prononce le divorce. — Approl>ation doiiucc au divorce par le clergé français. — Chances offertes A Napoléon pour un second mariage. — Première pensée de l’Empereur pour un mariage russe. — Consentement de l’empereur Alexandre. — Pouvoir exclusif de rimpératrice mère sur scs filles. — Demande d'une réponse dans un délai de dix jours. — Hésitations de l’impératrice mère. — Inconvénients de ce mariage scion .M. de Itoman/oF. — Facilités pour un mariage autrichien. — Ki-scrvc de la part de Napoléon. — Conseil tenu aux Tuileries sur la question du mariage. — Langage de l’Empereur sur la mort de Marie-Antoinette. — Motifs de renonciation h un mariage russe. — Signature du contrat de mariage entre .Napoléon et l’archiduchesse Marie-Louise. — Aml>assadc extraordinaire du prince de Wagrnm. — Emploi de la langue française dans les actes du mariage. — .Arrivée de Marie-Louise à Compiègne. — Mariage et fcKrs. — Sensation produite par cette nouvelle à Pétersbourg. — Affectation d'indifférence lie la part de l’empereur Alexandre. — Humeur de l'impératrice mère. — Observations sur le mariage de l’Empereur avec une archiduchesse. — Exemples de pareils mariages.
Après tous les élonnemcnls qu'avait produits raimèc 1809, il ne restait plus, pour la terminer dignement, et pour ouvrir de même ranncc 1810, que le spectacle inattendu d’un grand divorce, et celui d'un mariage plus inattendu encore. Dès longtemps les frères et beaux-frères de rEmjMïrcur, impatients de tout parLigc, et envieux de scs bontés pour les enfants de Joséphine, avaient conseille et sollicité la rupture de leur union. Il semblait qu'au sang des Bonaparte seuls dussent être attachées des destinées royales. .Malgré sa faiblesse pour sa famille, ce n’est point à ce penchant que Napoléon obéira le jour où le mari, l’ami de la meilleure des femmes, s’effacera pour l’Empereur. Peut-être le projet d’une séparation que l’orgueil pouvait, à scs yeux, rendre nécessaire, projet que le cours des événements avait dù plus d’une fois ramener à sa pensée, était- il, depuis plusieurs années, arrêté au fond de son âme; mais ne vouhint, sur un point aussi grave, agir que par lui-même, il se réservait d’en déterminer seul la convenance et l’op-, porlunitc.'
En 1807, un ministre qui croyait .se montrer zélé et habile, Fouché, s’élant persuadé que l'heure en était venue, avait, pendant un voyage de l’Em-
pereur en Italie, fait semer le bruit de son divorce comme prochain, et s’était permis avec Joséphine un langage qui semblait annoncer rintenUon de la préparer à ce grand sacriricc. L’Empereur n'aimait pas à être deviné. Sa volonté éventuelle, lorsqu’il en avait une bien prononcée, était un secret qui n’appnrlcnait qu’à lui ; il trouvait d’ailleurs trèsdéplacé qu'un de scs ministres entendu lui imposer une résolution, et lui assigner, pour ainsi dire, le jour où il devait la prendre. Ce fut à Venise que lui parvint la nouvelle de cette indiscrète tentative. Sa colère contre Fouclic éclata en paroles sévères. Celui-ci reçut une dure réprimande, et l’ordre immédiat d'employer tons scs moyens pour faire démentir le bruit de divorce, comme n'ayant aucune ombre de fondement. Plusieurs fois depuis, la même su|)püsitiun s’était renouvelée , et notamment à l’époque de l’entrevue d’Erfurt, mais clic n’avait pas pris de consistanco.
La F' rance, en général, porbiit de rattachement à l’impéralricc Joséphine. L’ascendant peu sensible, mais toujours bienfaisant, qu’elle exerçait sur l’Empereur, lui avait conquis l’afTcclion publique, et leur bon accord intéressait en faveur de Napoléon même, en qui on aimait le mari plein d'égards
AFFAIRES INTÉRIEURES
cl d'atlachcment pour sa fcimnc. A peine parvenu au consulat, il avait eu à coeur en elTcl de douter, au pouvoir nouveau établi en sa personne, le caractère et les formes d'une décence polie, aussi éloi- ■ gnée de l’austérité républicaine de certains membres du directoire que du relâchement afliché par celui d’entre eux qui s’élail principalement chargé des devoirs de la représentation. Le premier de scs principes avait été d’honorcr le mariage, et il en donnait l’exemple. Sa conduite avec Joséphine, empreinte de tendresse et de dignité, était restée constamment la môme dans toutes les phases de sa destinée.
Ce n’était pas une tâche facile pour une femme, même d’une origine distinguée, mais sans être du premier rang, que d’avoir eu à suivre, dans sa progression rapide, la fortune d’un homme tel que 'Napoléon. Ce rôle, Joséphine l’avait soutenu avec un succès admirable. A quelque hauteur qu’elle eût été portée, jamais elle n’avait été au-dessous de sa position. Il n’y a que deux qualités qui puissent opérer un pareil prodige, et ces deux qualités constituaient tout son être, la bonté cl la grâce. La bonté seule pouvait faire pardonner une si merveilleuse élévation; la grâce seule avait pu la faire aimer.
Joséphine ne s’était Jamais complètement dissimulé que, dans un temps plus ou moins prochain, la pensée dynastique d’une hérédité directe pourrait jeter l’Empereur dans les bras d’une plus jeune épouse; mais peut-être le moment où il s’y arrêta fut-il celui où elle le craignait le moins. L’incertitude ne fut pas longue pour elle; à peine Napoléon, au retour de la campagne d’Autriche, était arrivé à Fontainebleau, qu’elle s’empressa de l’y rejoindre. Bientôt, à l’embarras de ses manières, elle put pressentir quel changement se préparait, et les quinze jours qu’ils passèrent dans celle résidence furent également pénibles pour tous deux. Ce fut à Paris, et le 30 novembre seulement, que l’Empereur rompit le silence, et lit connaître à Joséphine sa résolution. Quoique non imprévu, le coup fut accablant, l’émotion vive, les larmes amères; Napoléon n’était pas moins ému, et peut-être la douleur n’était ni moins sincère ni moins profonde là où * elle n’avait pas le soulagement des sanglots et des pleurs.
,Un cruel devoir était imposé aux enfants de Joséphine; ils curent le courage de le remplir. Eugène et Hortensc ne pouvaient douter ni de l’attachement vrai de Napoléon pour leur mère ni de sa tendresse pour eux. Ils payèrent, ce jour- là, tous les bienfaits qu’ils avaient reçus de lui ; iis les
' Le motif du divorce de Denri IV fut qu’il ne prévoj aii pas sans chagrin qu*,autrcment « les ordres, for-
payerent chèrement, mais ils rendaient justice à l’Empereur, cl ils n’ont pas cessé d’être ses enfants.
Quoique les discours pt énoncés dans ces grandes conjonctures soient des ,uvrcs d'apparat, cl, en quelque sorte, conventionnelles, nous en ferons ici connaître la substance, parce qu’ils nous semblent rendre avec exactitude la véritable situation des parties intéressées. Le 13 décembre, tous les rois, princes et princesses de la famille impériale étant assemblés aux Tuileries, et l’archichancelier de l’empire, Cambacérès, duc de Parme, étant présent, comme exerçant les fonctions qui lui sont attribuées par le statut de la famille impériale, l’Empereur s'exprima dans les termes suivants :
U La politique de ma monarchie, l’intérêt cl le » besoin de mes peuples, qui ont constamment U guidé toutes mes actions , veulent qu’après moi » je laisse à des enfants, héritiers de mon amour n pour mes peuples, ce trône où la Providence m’a » placé. Cependant, depuis plusieurs années, j’ai » perdu l’espérance d’avoir des enfants de mon » mariage avec ma bicn-aimee épouse l’impéra- » Iricc Joséphine; c’est ce qui me porte à sacriGer » les plus douces affections de mon cœur, à n’c- » coûter que le bien de l’État, et à vouloir la disn solution de notre mariage.
» Parvenu à l’àgc de quarante ans, je puis espé- 3 rer de vivre assez pour élever dans mon esprit » et dans ma pensée les enfants > qu’il plaira à In » Providence de me donner. Dieu sait combien une n pareille résolution a coûté à mon cœur! mais il » n’est aucun sacrifice qui soit au-dessus de mon Il courage, lorsqu’il m’est démontré qu'il est utile n au bien de la France.
Il J’ai besoin d’ajouter que, loin d’avoir jamais n eu à me plaindre, je n’ai au contraire qu’à me n louer de l’attachement et de la tendresse de ma i> bicn-aiméc épouse. Elle a embelli quinze ans de n ma vie; le souvenir en restera toujours gravé n dans mon cœur. Elle a été couronnée de ma » main : je veux qu’elle conserve le rang et le titre n d’impératrice, mais surtout qu’elle ne doute n jamais de mes sentiments, et qu’elle me tienne » toujours pour son meilleur et son pluschcrami.»
Joséphine à son tour, après quelques mots sur les bontés de l’Empereur à son égard , et sur les témoignages d’affection qu’elle avait reçus du peuple français, continua ainsi : « Je crois reconnaître « tous ces sentiments en consentant à la dissolution n d’un mariage qui désormais est un obstacle an n bien de la France, qui la prive du bonheur d’étre » un jour gouvernée par les descendants d’un
a mes et ménages, établis par lui, seraient renver- » ses. O
CUAriTRE XIX.
Il grand liuinme, si évideinmenl suscité par la Pro- i « videncc pour effacer les maux d’une terrible rén volution et rétablir l'autel , le trône et l’ordre » social. Mais la dissolution de mon mariage ne » changera rien aux sentiments de mon cœur;
Il l’Empereur aura toujours en moi sa meilleure » amie. Je sais combien cet acte, commandé par Il la politique et par de si grands intérêts, a froissé Il son cœur; mais l’un et l’autre nous sommes glon rieux du sacriiiee que nous faisons au bien de la Il patrie. » Ce peu de mots ne fut pas prononcé par Joséphine sans être interrompu par scs larmes.
Le procès-verbal de ces déclarations de l’Eiiipcrcurct de l’impératrice ayant été, le lendemain 16, porté au sénat par rarcbicbuncclicr de rempire, un orateur du gouvernement exposa brièvement les motifs du sénalus-consultc dont il présenta le projet. Une commission fut immédiatement nommée, et , dans ta même séance , un rapport fait par cette commission. L’exposé de motifs et le rapport de la commission étaient conçus dans un esprit que l’on apprécie sans peine. Nous ne citerons ici que quelques paroles du prince Ejugène, dont la position excite naturellement un intérêt particulier : u Ma Il mère, ma sœur et moi, nous devons tout à l'Em- II pereur; il a été pour nous un véritable père : il Il trouvera en nous dans tous les temps des enfants » dévoués et des sujets soumis.
» Il importe au bonheur de la France que le fon- » dateur de cette quatrième dynastie vieillisse cnviroiiné d’une descendance directe qui soit notre » garantie à tous, comme le gage de la gloire de la » patrie.
» Lorsque ma mère fut couronnée devant toute Il la nation par les mains de son auguste époux ,
Il elle contracta l’obligation de sacrifier toutes ses » affections aux intérêts de la France; elle a rempli » avec courage, noblesse et dignité, ce premier H des devoirs. Son âme a été souvent attendrie en Il voyant en butte à de pénibles combats l'àinc d’un » homme accoutumé à maîtriser la fortune et à U roareber toujours d’un pas ferme à l’accomplissèment de scs grands desseins. Les larmes qu’a » coûtées cette résolution à l’Empereur suffisent à » la gloire de ma mère, n Le projet de sénatuscousulle fut aussitôt adopté; il portait :
(^ue le mariage contracté entre l’empereur Napoléon cl l'impératrice Joséphine était dissous;
Que l’impératrice Joséphine conservait le titre cl le rang d’impératricc-rcinc couronnée ;
Que son douaire était fixé à une rente annuelle de deux millions de francs sur le trésor de l’État.
Le sénat ne pouvait annuler que le contrat civil. Pour prévenir toute objection à un nouveau mariage, il restait à rompre le lien religieux.
Dans les temps antérieurs, jusqu’au roi d’Angleterre Henri VIll, le divorce d’un prince souverain avait toujours exigé le consentement du saint-siége. Ce prince lui-mème ne prit le jiarti de se passer de cette permission qu’après l’avoir vainement sollicitée. Quoique durement punie en cette conjoncture, la cour de Home n’avait pas renoncé à faire payer scs complaisances. On sait à quel prix Louis XII avait acheté celle d’Alexandre VI. Si le pape Clément VIII SC montra moins diflicultucux pour le divorce de Henri IV, sa condescendance s'explique par l’espoir qui lui fut donné que ce prince épouserait une de ses parentes. Peut-être Pie VII eUt-il pu, quoique prisonnier à Snvnnc, ne pas se montrer contraire au désir de Napoléon; mais le prince qui l’avait détrôné ne devait mettre ni sa bonne ni sa mauvaise volonté à l’épreuve. C’était d’ailleurs une innovation importante et digne de l’Empereur, que d’affranchir la royauté d'une dépendance étrangère qui avait si souvent troublé la paix intérieure des États. Jaloux de donner ce grand exemple, tout en montrant son respect pour les convenances sociales et religieuses, il fit apposer à la dissolution de son mariage le sceau de l’approbation du clergé national. L’ollicialité diocésaine de Paris, à laquelle il eut recours, parut d’abord, vu la haute position des parties, douter de sa compétence. Il en fui référé à une commission d’évêques alors assemblée dans la capitale. L’officiaiité diocésaine ayant été déclarée compétente , prononça la nullité du mariage, et sa sentence fut conrirméc par l’oOicialité métropolitaine.
Le divorce est consommé. Sans doute Napoléon a une résolution prise, un choix fait et accepté. On doit le croire ainsi, et comme, par révénement, c’esk une archiduchesse d'Autriche qu’il épousera, on SC persuadera que cette union avait été convenue par un article secret du traité de Vienne. La supposition est fausse. Nulle part, rien n’est arreté encore. Peut-être seulement a-t-il été dit au respectable roi de Saxe quelques mots indirects sur une de scs nièces , pour le cas où l’on rencontrerait ailleurs des difficultés qu’il parût difficile de vaincre, ou des conditions auxquelles il ne convint pas à l’Empereur de se soumettre. Aux yeux de beaucoup d’hommes sensés, le mariage, auquel Napoléon ne se déciderait qu’à défaut des deux autres, est celui qu’il eût fallu préférera tous.
Certaines données autorisaient Napoléon à penser que l’offre de sa main ne serait refusée ni à Pétersbourg ni à Vienne. Pour la Russie, on en jugera par le langage que nous auroits bientôt à citer .de l’empereur Alexandre. Relativement à l’Autriche, les indices étaient d’un ordre différent.
AFFxilRES INTERIEURES.
En 1809 , lorsqu’il avait été question de marier le prince Eugène avec une princesse de Bavière, le baron de Thugut avait fait dire à M. Marct, depuis duc de Rassatio , que, s'il entrait dans les vues de rEiiipcrcur do donner à sa raniillc le relief d'alliances avec d'anciennes dynasties , u c'était sur X un autre terrain que celui- In qu'il fallait prendre X racine. » En 1800, le même baron de Thugut était venu voir Napoléon à Schœnbrunn. Avait-il été, dans leur conversation , jeté quelques propos sur un mariage autrichien? Tout le monde l'i- ^gnorc. Ce qui est certain pour nous, c’est que ce ne fut point vers l’Aulrichc qu’au moment du divorce se portèrent d'abord les vues de Napoléon, mais vers la Russie. Le 24 novembre, SI. deClianipagny , devenu duc de Cadorc, adressa au duc de Viccncc une dépêche qu'il avait lui-même chiffrée, et qui devait être déchiffrée par l’ambassadcurscul. Il rappelait, dans cette lettre, qu'à l'époque de l’entrevue d’F.rfurt, des bruits de divorce ayant couru , l’empereur Alexandre devait avoir dit à l'Empereur que sa sœur la princesse Anne était à sa disposition. Le ministre avertissait le duc de Viccncc que c’était uniquement avec l’empereur ^Alexandre qu'il devait s’ouvrir sur celte affaire, et il lui en prescrivait niême les termes : u Sire, dc- X vait dire l'ambassadeur, j'ai lieu de penser que X l’empereur Napoléon, pressé par toute la France, ÿx se dispose au divorce. Puis-je mander qu’on X peut compter sur votre sœur? (^)uc Votre Majesté ^ X y pense deux jours cl me donne franchement sa X réponse, non comme à l’anibassadcur de France, X mais comme à une personne passionnée pour les X deux familles. Ce n'est point une demande for- ^x melle que je vous fais , c'est un épanchement de X vos intentions que je sollicite, x Le ministre recommandait ensuite au duc de Viccncc de lui faire connaître les qualités de la jeune grande-duchesse, cl surtout l’époque où elle pourrait être en état de devenir mère; « car, ajoutait-il, dans les calculs ac- X tucis, six mois de différence sont un objet, x
Celle lettre à l’ambassadeur de France en Russie avait précédé non -seulement le divorce, mais même la communication du projet de divorce à Joséphine. L’épouse de Napoléon ignorait encore la séparation prochaine dont elle était menacée,
' Dépêche dti (hic de Vicencc, du j.invier.
’ Ce» p.irolesdc l’empereur Alex.vndrc jellcnl quelque lumière sur la queslion d’inili.'ilive que se renvoient les deux empereurs. On voit que le duc de Viccncc, soit à Pclershüuri;, soit à F.rfiirt, s’étnil entrclenu avec rrm- {H.-rcur Alexandre d'une possibilité d'alliance de (aniille; que rcmperciir Alexandre, comme il le r.vppcllc luimènie, en parla à N.apolcon, cl que celui-ci, pour qui le
Cl déjà on cherchait au dehors une princesse pour la remplacer sur le Irène où la fortune de son mari l’avait fait monter. Le 13 décembre, l’œuvn; de la séparation étant près de s’accomplir, le ministre des affaires étrangères en informa l’ambassadeur à Pétershourg, et lui lit savoir que, tout en se maintenant dans la position où il s’était placé, il pouvait niellrc plus de précision dans son langage. Pour sa direction, le ministre énonçait trois points principaux : u L’Empereur préfère, si vous X n'avez point de données qui doivent faire chan- X ger son opinion, la sœur de l’empereur Alcxan- X dre d’abord, x Eu second lieu, on calcule ici tous les moments, cola étant une affaire politique. L’Empereur a hâte d’assurer scs grands intérêts par des enfants. Le troisième point consistait dans la déclaration que l’Empereur attachait peu d’iniportanee aux conditions accessoires, nièinc à celle de la di/fùrence de religion ou autres, mais en même temps qu’il désirait, « avant la fin de jan- X vier, savoir à quoi s’en tenir, x Cette lettre renfernie la pensée réelle de Napoléon. La vérité est là : c’est avant tout une sœur de l’empereur Alexandre qu’il préfère.
Le coMSentement personnel de ce prince n’était pas douteux. Il le témoigna sans détour au duc de Vicencc sur la première communication que lui Rt cet ambassadeur. Le 28 décembre, il lui disait en termes formels : «Pour moi, cela me convient ' X fort, celte idée me sourit même, et, dans mon X opinion , ma sœur ne peut rien faire de mieux X pour elle et |)our les affaires en général ; mais un X ukase, ainsique la dernière volonté de mon père, X donne à ma mère la libre disposition de scs filles. X Scs idées ne sont pas toujours d’accord avec mes X vœux, ni avec la politique, pas meme avec la X raison. Quand je pariai à l'Empereur à Erfurl X du désir qu’avaient scs véritables amis comme X scs plus fidèles serviteurs de voir sa dynastie X établie par des enfants , U ne me répondit que X raguement. Je crus qu’il ne partageait pas vos X idées Je ne fis donc rien. Depuis , n’ayant rien X préparé, je ne puis pas vous répondre aujour- X d'hui. Si cela dépendait de moi, roue auriez ma X parole atant de sortir de mon cabinet, n La position de l'empereur Alexandre n’était pas cffcctivc-
momrnt n'en était pas encore venu , ne lui fil qii’unn rnqiif n'-p«»âe. Prubabicment ce n’était pas sans ordre que le (lue (le Vieeiiec avait eu auparavant un entretien de ee genre avec l'empereur de Russie, Hn fait, dansve cas, lu réalité de l'initiative appartenait A Napoléon; par les fiirines et les apparences, elle était du cèlé de l’eiupereiir Alexandre.