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CHAPITRE XIX

incnl exemple d’embarras. Indcpcndammcnl de son affection pour sa mère, dont il n’eùt voulu, en aucun cas, contrarier les intentions, cette princesse avait des droits qu’il devait respecter. L’acte qui lui donnait la disposition de scs lilles avait été, lors du couronnement de l’empereur Paul , déposé sur l’autel de la cathédrale de Moscou. Alexandre avait ainsi les mains liées. Le préjugé religieux assurait sur ce point la plénitude de l'autorité à l’impératrice, et il devait user ainsi des plus grands ménagements avec elle.

Le duc de Viccncc, à qui il était prescrit de ne traiter cette affaire qu’avec l’empereur Alexandre seul, fut un peu surpris de recoiiiinitre, peu de jours apres que ce prince avait mis M. de Romanzor dans sa conlideiicc. Alexandre s'en excusa sur les difficultés de sa situation : « C'est notre ami com- >• raun, dit-il à l'ambassadeur; il fallait bien m'en » ouvrir à quelqu’un, et personne ne mérite autant » notre coiiGancc à tous. » Dans ce nouvel entretien , le duc de Vicencc , qui venait de recevoir la lettre du 13 décembre que nous avons précédemment rapportée, crut devoir se montrer un peu plus pressant. L’empereur Alexandre, protestant toujours du bonheur qu’il aurait do tenir à ;Vo/»oléon par un lien de plus, exprima le regret qu’il ne se fût pas déclaré deux ans plus tél et de préférence pour sa sfciir la grande -ducliesse Catherine-, qui eût beaucoup mieux convenu. Pour cette dernière, il n’y eût eu aucun genre d'obstacle, et particulièrement de la part de cette princesse ; car elle était la première à dire u qu'il faudrait bien » que cela fût, si un le demandait. Son esprit, son >• caractère , son âge , tout cela , continuait Alcxan- » dre, était bien plus sorlablc pour vous.»

D'après la connaissance que ce prince avait de la mobilité des dispositions de sa mère, craignant scs indiscrétions, il pensa qu'il devait négocier avec elle, non sur le principe d'une proposition déjà faite du cùté de la France, mais dans l'hypothèse d’une demande éventuelle que l’on était fondé à prévoir. «Je ne veux point, disait-il au duede Vi- » cencc, compromettre le nom de l'empereur Napo- » léon ; je le sers en ami : je ménage sa délicatesse, » comme je voudrais qu’on ménageât la mienne. »

Le 10 janvier, d’après un nouvel ordre de son cabinet, l'ambassadeur demandait une réponse catégorique dans un délai de dix jours. Cet intervalle se consuma en pourparlers inutiles de l’cm-

' Le 1" janvier.

• Mariée depuis au duc d'Oldenbourg.

* I.’arcliiducliesse palatine de Hongrie cl la duchesse de Mecklcmbourg-Schwerin.

< La grande -duchesse Calhcrinc avait été aussi pro-

pereur Alexandre avec sa mère, et en conversations de ce prince avec le duc de Viccncc, à qui il en racontait les détails.

Quelques -unes des objections de l'impératrice douairière étaietit naturelles et raisonnables. Deux de scs filles étaietit mortes (tour avoir été mariées trop jeunes ^ : elle avait .i cœur de ne pas marier la princesse Anne avatit qu’elle eût atteint l'âge de dix-buit ans. ( Elle n’en avait encore que seize.)

A CCS raisons dignes d'égards elle eti joignait d’autres visiblement itisigniüantcs et évasives. •> Napo- » léon, dit-elle un jour, peut-il avoir des enfants?

» On prétend qu’il n’en a pas même avec scs mat- » tresses. » Sur une réponse assurante d'Alexandre , l'impératrice passait à d’autres allégations , elle rappelait que le rite grec ne permet pas de mariage avec un homme divorcé; que, d'ailleurs, il y avait déjà eu une promesse faite au duc de Cobourg pour un temps ultérieur; et, comme elle sentait bien qu’une pareille promesse * ne pouvait pas être d’un grand poids en une telle circonstance, elle s’armait contre son fils de la réticence dont il usait avec elle, et disait qu’après tout il n’y avait pas urgence de se décider ; que , pour avoir .à prendre un parti, il fallait une demande préalable, qui n’existait pas. « Mais que dirai-je, si cette pro- » position m’arrive? objectait .Alexandre. — (^)u’on » est sensible à ce choix , répliquait l'impératrice , » qu’on en est même flatté , mais que l’on a be- » soin de quelques jours pour répondre. »

En de certains moments cette princesse semblait disposée à entrer dans les vues de son fils, et elle s’exprimait sur l’empereur Napoléon avec éloge : Il On se trompe, disait-elle à .M. de lloinnn- » zof, sur mon opinion à son égard. Je suis mère ; » je voudrais que mes fils lui ressemblassent, non- » seulement comme grand capitaine, mais comme » homme d’Etat. On ne gouverne pas mieux. »

Un autre jour, son langage était loin d'être aussi favorable : n Les mariages de souverains ne se font » pas en vingt-quatre heures. Si Na|>oléon voulait n sincèrement celui-ci, il eut dû le préparer d’a- » vaiice. Peut-être, de sa part, cette pensée, si elle » existe, ii’cst-ellc qu’une fantaisie, une affaire de » circonstance, qu'un piège même. Peut-être, s’il » n’a point d’enfants, ce sera pour lui un prétexte » de renvoyer ma fille, qui, avec ses principes, ne » consentirait jamais à ce qui s’est passé en Suède » pour la naissancede Gustave IV' ^.» Tcllcsétaicnt

mise au prince roy.it de Bavière. Ce in.iriage avait été rompu, p.ircc qu’il ne plai$.iit pas à l’empereur NapuléOD.

* Voir ce qui a été dit h cet égard à l’époque de In déposition de ce prince.

AFFAIRES INTÉRIEURKS.

les réQexious conlradicloircs auxquelles se livrait tour à tour l'esprit flottant de l’inipi^ratricc. Il était évident que cc mariage flattait ses sentiments ambitieux; on voyait même qu'elle serait piquée qu'une autre que sa lillc pùl monter sur le trône de France, et cependant elle semblait se complaire dans son indécision. Elle avait l’air de vouloir que l’empereur Alexandre dit : « Je le veux. » En y consentant, en le désirant peut-être, elle se serait ménagé le plaisir de prétendre qu'elle avait été contrainte, L’empereur Alexandre, de son côté, ne voulait point lui donner sur lui-méme cct avantage dont elle eût pu abuser plus tard.

Ce prince, on n'en peut douter, raisall de bonne foi tous ses efTorts pour vaincre les hcsitalioris de sa mère. Je ne me décourage pas rcpcla-t>il

plusieurs fois, parce que Je crois l'union aTaiita- » geuse pour tous, parce qu'elle sera un nœud de » plus pour l'alliance. Je n'en ai pas besoin pour » moi; mais je serai heureux de penser que mes H successeurs respecteront notre ouvrage, et qu'ils n seront les alliés de votre dynastie, comme je suis H celui de son grand fondateur. Il n’est peut-être pas inutile de faire remarquer que le comte de Roinanxüf, tout en faisant d'ailleurs des vœux pour Je succès de la négociation, parce que les deux empereurs le souhaitaient, ne partageait pas leur manière de voir sur rulilitc de rétablisscmentd'uri rapport de famille entre eux. Les mariages, selon cc ministre, ne font pas les amis; souvent, au con- ^ traire, ils troublent de vieilles amitiés et amènent une foule d'embarras. Dans celui de la princesse Anne avec Napoléon, il pressentait des difficultés de diverses sortes, comme devant être la suite iticvilablc du caractère de l’impératrice. Si le mariage avait lieu, celte princesse s’en ferait un moyen de paissance; elle mettrait un prix à (oui. Slainlcnant elle est souvent une gêne; elle pèse A tout le monde, et A Pempereur plus qu'à personne, parce qu'il ne voudrait pas U heurter sur des choses qui lui soient personnelles. Elle exerce sur ses nilcs un empire absolu ; leur mariage en pays étranger ne les en alTrancbit pas. Elle les a élevées dans une telle dépendance, que celles même qui sont mariées ne doivent pas laisser passer un seul jour sans lui écrire. Combien de telles habitudes ne pourraient-elles pas faire naître de contrariétés!

A travers les irrésolutions de l'impcratricc mère, qui avait pour but de sc faire prier longtemps, ou de forcer son fiU à la manifestation d'une volonté

' Dépérhr du duc de Ticccce, du ISjaoTÎcr.

* Kxprestion cniployci* par l’Empereur daos une conversaiiuu avec un de srs minisiree,

9 BIGVOV.

2fll

fortement exprimée, sous laquelle eût üù fléchir la sienne, on était, A Fëlersbourg, arrivé au âO janvier, sans que l’ambassadeur français ciU pu transmettre une réponse précise à Faris; mais sa correspondance y avait été suffisamment enicndue. Ses dépêches du mois de décembre et de la première quinzaine de Janvier avaient mis l'Empereur en étal de comprendre que, si le consentement de l’impéralrice devait flnir par être accordé, il avait du moins la prétention de sc faire allcndrc.

Deux grands orgueils se trouvent en présence; ils sont aux prises, se mesurent fleroment, et so donnent de part et d'autre un libre essor. Si la fierlé dynastique de l’impératrice douairière s'est imaginé que son acquiescement au mariage d'une de ses fllieslvcc le chef de l'empire français soit, pour celui-ci, une faveur dont elle puisse lui faire sentir le prix par des retards plus ou moins prolonges, la fierté autocratique du prince, Dis de scs propres œuvres, n'admcl pas que l'un puisse balancer ainsi (levant une proposition qui. dans son opinion de lui-même, doit (Mre partout acceptée avec empressement. Suivant rimpéralrice de Russie, l'honneur d’épouser une des grnndos-duchc^sscs ses Dites peut bien imposer à Na|>oléon uiib attente d'une ou deux années; Napoléon ne se croit pas fait pour sc résigner à une attente de deux mois.

Comme les premières lettres du duc de Vicente n’avaient pas donne l’espoir d'une promplc solution, et qu’il ne pouvait pas convenir A l'empereur des Français qu'à l’étcrsbourgoii sc [>crmll île filer ^ un refite, ou même un njourneiucnt, ses regards s’élaicnl portés ailleurs, avant rexpiralion du délai de dix jours, flxé le 10 janvier, par son ambassadeur en Russie. I.'amour-propre de Napoléon doit être sauvé avant le moment où il pourrait être compromis. Il sera sauvé, si dans le cours de ce même mois de janvier, landisque la Russie temporise, une autre maison, non moios puissante et plus antique, accourt au-devant de cet engagement do famille sur lequel on délibère si lunglcmps à Pétersbourg. Ici la réserve est nalurcllemcnl indispensable. L’intention de l'Empereur est de rester entièrement libre, cl jusqu’au dernier moment. « Il faut, dit-il alors au duc de Rassano, engager » le prince de Schwarzenberg, sans m’engager.» Pour répondre A ses vues, M. de Bassano sc garda bien de faire des ouvertures à l'Autriche, mais il chercha les moyens d’amener l'Autriche à devancer toute démarche de la part de la France. Un agent intermédiaire, M. Delabordc fut, en cette

* M. Di-Iabordc, aeluelleroent membre de la chambre dca dêpniéa, ayant, pendant 1rs premières Années de la révolution, servi en Autriche, avait été attaché A

OIAPIÏRE XIX.

circonslancc , mis en jeu avec un plein succès. Tous les salons diplomatiques se préoccupant, à cette époque, du mariage de Napoléon, un soir que, dans celui du prince de Scliwarzenhcrg, clincun faisait ses conjectures, M. Dclabordc lit la sienne. Celle-ci fut relevée par rambassadeur avec un empressement qui, tout ensemble, indiquait son désir personnel, et laissait apercevoir que déjà lui-même il avait des données sur les dispositions favorables de sa cour. Quelques jours après, il fut convenu avec lui qu’il prendrait des mesures pour qu'à l’instant où la demande viendrait à lui être adressée, il piit répondre oui sur-le-cliainp. Cette assurance était complétemcntacquisc, lorsque, par une dépêche du duc de Viccncc, on apprit à Paris, le 6 février, que le délai de dix jours, qu’il avait, le 10 janvier, assigné à l’empereur Alexandre, s’était écoulé sans aucun résultat. De ce moment, la résolution de l’empereur Napoléon fut prise. Sa préférence originairement avait été pour la Russie, sa décision fut pour l’Autriche. Avant d’y donner suite, il assembla les grands dignitaires et les ministres, mais cette réunion ne fut que purement consultative. Toutes les opinions s’y produisirent avec une grande liberté. La diversité des vues qui furent exposées et le langage même de l’Empereur n’étant pas sans intérêt, nous en donnerons un court résumé. » Je n’ai pas, dit rEmpe- » rcur, renoncé sans effort, sans regret, à mon ann cicnne union, qui répandait du moins quelque :> douceur sur ma vie antérieure. Si, dans l’espé- » rance que l’empire altaclic à une autre union, je n pouvais ne consulter que mon sentiment person- 't ncl, c’est au milieu des jeunes élèves de la Légion U d'honnciir, parmi les fdlesiles bravesde la France, » que j’irais choisir une nouvelle contpagne, cl je » donnerais à la France pour impératrice celle que '• ses (pialités et scs vertus rendraient la plus digne '> du trône; mais il faut s’accommoder aux mœurs :• de son siècle, aux habitudes des autres États,

• aux convenances dont la politique a fait des de- » voirs. Des souverains ont désiré l'alliance de mes

• proches, et je crois qu’il n’en est maintenant

• aucun auquel je ne puisse offrir avec confiance » monalliance personnelle. Trois familles régnantes

> pourraient donner une impératrice à la France; :• celle de Russie, celle d’Autriche, celle de Saxe. » Je vous ai réunis pour examiner avec vous quelle

> est celle de ces trois alliances à laquelle la préfé- » rence peut être duc. n II y eut ici un moment de silence. Ensuite plusieurs personnes parlèrent tour à tour. On Ut valoir, pour chaque parti, des raisons

l’éuii • m.-ijor soiu les ordres du priace de Sehworïcnberg.

plus OU moins solides, comme aussi on signala, dans chacun, des inconvénients et des dangers. Un penchant très- marqué se montra d’abord en faveur de la maison de Saxe; mais la Saxe est enclavée entre trois grandes puissances, et elle pourrait devenir une occasion de guerre.

Une alliance de famille avec la Russie offrait l’avantage de contribuer au maintien de la paix universelle par l’ascendant commun des deux empires sur les États intermédiaires. Toutefois, de ce côte aussi, il s’élevait plusieurs obstacles. La grandeduchesse était bien jeune, et d’ailleurs la différence de religion n’était pas une circonstance indifférente.

En ce qui concerne l’Autriche, la difficulté semble plus grande encore. L’héritier de la révolution française épouser la nièce de Marie-Antoinette!... L’objection futaussilôtrétorquéecommcargumcnt; c’était la plus belle expiation du passé, c’était absoudre la France, aux yeux de l'Europe, d’un crime qui n’était pas le sien; c’élail prouver au monde que l’Autriche elle-même, en déplorant toujours la mort de celte princesse, n’en regardait point la nation française comme complice. L’Empereur ne s’élail point expliqué, mais les personnes qu’il écoutait avec le plusd’intérêt étaient celles qui parlaient dans ce sens. Il mit fin au conseil sans prendre les suffrages.

Le souvenir de Marie- Antoinette se réveillant nalurellcincnt ici dans toutes les imaginations, il n’est pas hors de propos de rapporter le jugement que l'Enipcreur avait plus d’une fois exprime, dans des conversations particulières, sur la mort de cette princesse. Suivant la croyance conimutic, l’existence d’une reine n’étant pas, comme relie d’un roi , liée au sort de l'État tout entier, le crime de sa mort est moindre que celui de la mort d'un roi. C’est précisément l’opinion contraire que professe Napoléon. « Il y a , disait-il , une grande dif- » fércnce entre la mort de Haric-Antoinetle et celle » de Louis XVI. Quoique ce prince ne méritât pas » son malheur, telle est la condition des rois. Leur » vie appartient à tout le monde. Il n’y a qu’eux » qui ne puissent pas en disposer. Un assassinai , n une conspiration , un coup de canon, telles sont n leurs chances; César et Henri IV ont été assasn sinés. L’Alexandre des Grecs l’cùtété, s’il eût n vécu plus longtemps; mais une femme qui n’avait » que des honneurs sans pouvoir, une princesse s> étrangère, le plus sacré des otages, la traîner » du trône à l’échafaud, à travers tous les outrages, n il y a là plus que parricide. » Celle appréciation du sort de la reine peut n’être pas rigoureusement exacte, mais elle a un caractère ingénieux et élevé qui plaît dans rempereur Napoléon.

AFFAIRES INTÉRIEURES

D'après les nouvelles de Pétersbourg, reçues le G février, la situation des choses était telle que l'or* gucil le plu» exigeant eût pu le désirer. Napoléon est à peu près roallrc du terrain , et c'est lui qui se retire. Sa pensée tout entière se révèle dans la lettre qu'il écrivit, le mémo jour, au ministre des alTaircs étrangères, pour furmer le texte d'une dc|)écbc miiiislcriellc à son ambassadeur en Russie.

« Faites connaître ^ au duc de Viccncc qu'un n conseil a eu lieu il jr a peu de jours , et que les n opinions ont été partagées entre les princesses •* russe et autrichienne; qu'elles sont partagées en » France parliculicrement à cause de la religion; » que les personnes qui attachent le moins d'iin- K portance à la religion, ne peuvent s'accouluiiicr

* à l'idée de ne pas voir l'impératrice suivre les » cérémonies de l’Église à côté de rEniporeur; que m la préKiicc d'un pope parait un plus grand in- I» convénienl encore, cl que ce serait montrer une

* grande infériorité que de constater, par une conn rention, la présence d'un pope aux Tuileries.

* Vous ajouterex que ces lignes étaient écrites N lorsque le courrier du 21 est arrivé, cl que vous a avez interrompu votre lettre pour déchilTrer les H dépêches dont il était porteur; que l'Eiupcreur > y a remarqué que la princesse Anne n'était pas » encore nubile; que quelquefois les filles restent a deux années entre les premiers signes de nubilité n et U maturité; que rester trois ans sans espea rance d'avoir des enfants contrarierait les inten- 9 lions de l’Empereur; que, d'un autre côté, le ternie a de dix jours était expiré et que, le 21, il ii'y avait a aucune réponse; que Sa Majesté ne peut concea voir comment, quand i'impirairice mèn a donné » son coHsontement 3, quand l'opinion de la prina cesse Catherine est favorable, on ne donne |)as a de réponse positive ; que ces délais contrastent a avec le dévouement et l'empressement de FAu-

* Lettre du û février au duc de Cadorc.

* Noua ne voyous nulle pari qu'il y ail eu un conacaicmcol formel de l'impérairice.

* L'expretsioQ est bimilière; elle pourra même élre taxée de mauvais goùl de la pan de l'homioe nouveau. Elle paraüraii naturelle chez un petii-filsde Louis XIV.

* Des puritains de couvenanres ont trouvé malséant que ce fût h un personnage, déeurc d'un nom fondé sur une grande défaile de TAulrichc, que l'Empereur coufiil celte mission. Dans de si grands iniéréis une telle remarque est bien puérile. On n’rut point une pareille susceptibilité à Vienne. Le maréchal Bertbier, quel que soit son litre, prince de Wagrsro ou de Ncufcbàiel, est l'homme que l'on a lonjours vu te plus avant dans l'iniimité de Napoléon. Si le titre de prince de Wagram lui a été déféré dans la campagne de 1809. c'esi que l'Empereur ne

H triche ; que Sa Majesté compte tenir domain un n conseil pour fixer ectlc iiicerlilude, n'ayanl plus Il de temps à perdre ; qu'il avait été question à » Krfurt de la princesse Anne, mais que Sa Ma- M jesté serait sunisainmeiil lihrc, iiuii d’un engage- » meut, puisqu'il n'y en a jamais eu, mats d'une 9 obligalion de tacite honnêteté, que lui imposait » son amitié pour l'empereur Alexandre, par le 9 delai d'un mois qu'il a mis à répondre... »

Il faut ici presque deviner la pensée de l’Empereur; car, dans cette dernière phrase, l'expression est assez obscure; mais, d'après rcnscmblu de la lettre , tout le monde comprend que Napoléon , qui d'ailleurs jusque-là ii'cUiil lié en aucune manière, se regarde aujourd'hui comme tout à fait dégagé par la temporisation de la Russie. Celle lettre indique clairement sa renonciation au projet d'uo mariage russe. C’est dans ce but qu'il l’a rédigée ainsi. Le soir du même jour, il recommande au duc de Cadore de l'expédier sur-le-champ. Un billet du même soir, adressé à ce ministre, porte : 41 Demain, quand vous aurez signé avec le prince w Schwarzenberg, vous expédierez un second cour- 9 rier en Russie pour faire connaître que je me » euis décidé pour l'Autrichienne 3. » Il ajoutait : U Apportez-moi le contrat de Louis XTl cl l’iiislo- 9 rique. Écrivez ce soir au prince Schwarzenberg, 9 pour lui donner rendez-vous demain à midi. 9

Le prince Eugène se rendit chez l'ambassadeur et fit la demande, qui fut agréée. Le 8, le duc de Cadorc cl le prince de Schwarzeuberg signèrent le contrai de mariage de Napoléon et de Marie- Louise.

Un message de l’Empereur, en date du 27, annonça au sénat que le prince de \^'agram ^ se rendait à Vienne, en qualité d’ambassadeur extraordinaire, pour demander à l'empereur François la ntain de sa fille. La demande solennelle fut faite le 7 mars; le tnariage eut lieu ^ le 11. Ce fut Par-

pouvait pa» le pren«Irc pour Itii-méme. Il ne Tràt conféré à nul autre. De loua lea gramla personoagea du nouvel empire, Berthier est donc le plu& élevé que Napoléon pût choijir pour cette ambaMade extraordinaire.

* Un incident faillit le retarder. Quelques joiiraauparavani, l'ambassadeur de France ayam annoncé à M. de Meiteroicb qu'il avait reçu les s^-nicncca de rofficialilc diocésaine et de Toflicialilé métropolitaine , qui déclaraient nul le mariage de Napoléon avec Joséphine, ro ministre, d.iiis la disposition où était sa cour d’étre facile sur toutes les formalités religieuses, avait répondu, un peu légèremem, que ces pièces n'étaient nullement nécessaires. Sur ce mot de M.deMettcrnkh,M.Otto,un peu légèrement aussi, au lieu de garder ces pièces, les avait renvoyées CD France. Toutàrouprarchevéquc de Vienne en demanda la production. Il y eut un luomeal d'etn-

aiAI'ITlVE XIX.

[IHlnJ

ne songea plus aux vaincs règles du programme Le mariage civil fut célébré, let'^ avril, à Saint*

Cioud. L'Empereur et l'impératrice firent le lendemain leur entrée solennelle à Paris, et ils reçurent aux Tuileries la bénédiction nuptiale. Quatre reines de la famille de Napoléon portaient le manteau de la jeune impératrice. Les détails, on le conçoit aisément, seraient ici sujKrfius. Tout ce que le goût, joinlà la richesse, peutimagiticrd'ingénicux cl de magnifique, fut déployé dans les cérémonies du mariage et dans les fêtes qui le suivirent. La France était éblouie; elle voyait, dans une union i

si imprévue, de l'éclat cl de la grandeur; les bom- 1

mes politiques croyaient y voir de la durée; les classes inférieures admiraient; mais l'adiniralion était sans enthousiasme, et, en réalité, ce mariage n'était point populaire. Il n'aura ce caractère qu'un seul Jour; ce sera celui ou Naric>Louisc donnera un fils à Napoléon. ]

Cependant la nouvelle du prochain mariage de l'Empereur était parvenue à Pclcrsbourg. Conformément à son ordre, le ininislrcdcs affaires ctraiigères, duc de Cadorc, en avait donné une connaissance directe au chancelier comte de nomaiirof L’impression qu'on en éprouva en Russie fut une j

blessure plus ou moins vive à l'amour-propre, et I

un mouvement plus ou moins marqué d'humeur. |

qui se cachèrent, sous des formes diverses, dans le ^

langage du ministère, de l'cmpcrcur et de la cour.

«I Nous .sommes satisfaits de cet événement, disait M y. de Romaiizofà l’ambassadeur duc de Yiccncc.

» >ous n'envions rien à rAutriohe, nous n'avons n aucun sujet de mécontentement contre clic; ainsi, n tout ce qui assurera sa tranquillité cl celle de » l'Europe ne peut que nous être agréable. » Le même jour, à la parade, l'empereur s'étant approché de l'ambassadeur, lui parla d’abord è peu près dans le même sens ; u Félicitez < l'Empereur sur n le choix qu’il a fait; il veut des enfants; toute la i

chiduc Charles * qui , en vertu de la procuration de Napoléon, épousa l’archiduchesse. Nous supprimons ici tous les détails qui n’ont pas un intérêt historique ; mais il est un fait que nous croyons ne pas devoir omettre, parce que, sans avoir en luimême une grande importance, il prouve combien Napoléon mettait de soin à faire prédominer en tout la nationalité française. La supériorité qu'il voulait pour son empire, il la voulait aussi pour notre langue. C’clait en Autriche une vieille coutume d'employer la langue latine pour la rédaction de tous les actes qui concernaient la famille impériale. On sait combien étaient opiniâtres ces habitudes de cbancellcric; elles durent céder devant une volonté plus puissante qu'elles. Na(>oléuu insista pour que les actes relatifs k son mariage, qui durent être signés à Vienne, fussent rédigés dans la langue do la maison ini]>érialc où la jeune archiduchesse allait entrer, dans la langue do la nation au milieu de laquelle elle était destinée k vivre. L’empereur François y consentit, mais sous la réserve que ce serait une exception qtti ne tirerait pae à coneéquence.

Le surlendemain du jour de son mariage, le 13 mars, la nouvelle impératrice quitta Vienne. A Rraunau, elle fut reçue par une sœur de Napoléon, la reine de Naples, et là elle se sépara de son cortège .lutrichicn. Elle continua ensuite son voyage à travers rAllcmagne cl la France, entourée de (ouïes les pompes et soumise à toutes les fatigues de l’étiquelte. Napoléon, pourlui en épargner lesdcriiiers ennuis, cmprcs.sé lui<rncmc de voir et d'cn)brasser sa nouvelle épouse, ii’altcndit pas son arrivée; il alla .-lu-devant d'clIe.Au moment d’un relais, il courut à sa voilure, l'ouvrit lui-même, y monta lestement, .'ibrégeant ainsi les formalités de rentrevue, et se fit conduire au grand galop à Compiègne. Toutes les précautions prescrites pour la séparation provisoire des époux étaient devenues inutiles^ et l'on

tkarra». On pensa que c'était une intrigue du clergé autrichien, bien aise d’avoir à toumcitre à sa juridiclion des actes du cicq'c français, d'autant plus que le < ardirial Fesch, en aa double qualité de grand aiimênicr cl d'arch<n éque de P.nrU, avait Fait parvenir la dispense de bans et fait la remise d’autorisation pour le prélat qui serait chargé de I>énir le mariage. L’affaire n'alla pas plus loin. L'archevrqiic de Tienne ne fut pas inflexible, il se contenta d'une déclaralion de raml>ataadviir, attestant que les semences (TofBcialité existaient et qu'il U$ nroit tuei.

' Iji gazelle de Francfort publia une préiendue leiire de Pempereur Napoléon à ce prince. Napoléon fil témoigner à Vienne qu'il avait vu avec peine celte lettre ridicule.

• Lorsqii'cn ÎCPO, Marie de Médîcîs arriva en France,

Henri IV alla à sa rencontre jnsqu'k Lyon. Désirant la voir sans être vu d'elle, il entra dans la salle où elle soiipail; mais, s’apercevant qu'il était reconnu, il se relira atissitàt. «Pendant le souper, dit le sieur de l'Étoile, le « roi fit avertir madame de Nemours qiiVlle dit h la

• relue qu'it était venu sans lit, espérant qu'elle lui ferait

• part du sien. La reine répondit à madame de Nemours

• qu’elle n'éuit venue que pour romplaire et obéir aux

• ordres de Sa Majesté, eomme sa irès-humhle servante. » Sur cela te roi se fil déshabiller et entra dans la ebam-

• brede la reine.» La manière de Napoléon est plus dans nos mtriirs actuelles.

’ .^près Is rnncliision de la paix avec la .Suède, qui avait valu i la Russie r.iequisilion de la Finlande, le comte tb* RomanzoF avait été nommé rhancelier de l'empire.

• né|X‘ehe du due de Vicence, cii date du 80 fé\ rÎCT.

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AFFAIRES INTÉRIEÜRES.

» Franco lui en désire. Ce lien est pour rAutriche M et pour l’Europe le gage de la paix , et , sous ce H rapport aussi, je suis enchante de ce qui arrive, h conversation ne finil pas là : l'empereur Alexandre t’ayant reprise un moment après, ajouta : « Il >• est cependant heureux que l'àgc nous ait arrêtés » ici. Si je ne m'étais pas borné à parler de cela en » mon nom, comme d’une chose où vous n’entriez » pour rien, quel effet cela aurait-il produit? Où » en serions-nous , si j'eusse eu moins de circoii- » spcction vis-à-vis de ma mère, si j’eusse moins » respecté scs droits? Quels reproches n’aurais-je •> pas aussi à vous adresser? Les retards dont vous <• vous plaigniez n’étaient donc quede la sagesse? » En s’applaudissant de sa propre réserve, l’empereur Alexandre insinuait ainsi légèrement que, du oHé de la France, on n’avait pas gardé la même mesure, et qu'on s’clait conduit de manière a le mettre dans un grave embarras. Bientôt l'explication devint plus nette et plus précise. Il était évident, selon ce prince, que l’empereur Napoléon avait traité de deux * côtés à la fuis ; il eut été impossible que le mariage fût conclu et le prince de Wagram désigné dès le 9 février pour aller chercher l’archiducbessc, si l’on ne s’élait pas entendu avec l’Aulrichc avant d’avoir eu connaissance à Paris des Cüiiférences^ que l’ambassadeur avait eues avec lui sur ccl objet. Le duc de Viccnce avait peu de bonnes raisons à op|H>scr à ces remarques. La meilleure eût été la vraie, c’était que rcinporcur Napoléon avait voulu être prémuni contre la possibilité d'une chance défavorable en Russie, et qu'ayant d'avance pris scs sûretés pour celte hypothèse, il avait abandonné la famille où l’on hésitait, pour celle où l'on n'hésitait pas. Cette raison toute simple n’était point celle que l’on alléguait à Paris. On y mettait en avant l'article de la religion. Le duc de Cadore ayant donne à entendre au prince kurakin que c’était celte dilfércncc de religion qui avait fait obstacle à une alliance avec la Russie, rempereur Alexandre répondait : « Si cette dilTén rencc a paru un obstacle insunnonUblc, on n'au- M rail pas dû m’assurer d’abord, à moi, qu'elle ne n ferait point de üilTicullé,» et il revenait toujours à la conclusion qu'il était bien heureux * que l’âge » eût arrêté. » Jusqu’alors, l’cmpcrcur Alexandre

’ 11 est ioronlestiblp que dani ic mois de janvier, il y a eu double nêgorialion ; mai» il nous par.iit certain qu’à la Hn de novembre el dans tout le mois de déecoibrc, le vnru de Napoléon éuit pour nu mari.'i[;e russe.

* Fn vertu de la dépêche du 34 nnvpmhrr ri de celle du lô décembre. Nous avons plus haut cité l'une cl l’antre.

* L'effcl était le meme à Vienne. Suivant une depeebu

avait laissé indécise la question de savoir si c'était de lui ou de Napoléon qu'étaient venues les premières paroles do mariage qui avaient été dites à Erfurt. Dans la nouvelle situation des choses, comme si son honneur eût pu être blesse par la supposition que ce fût lui qui en eût pris l'initiativc, il avait soin de dire, ce qu’il ne disait pas auparavant, « qu’ici comme à Erfurt, c’était Napo- » léon qui avait parlé te premier; que pour lui, il n ne s’en était mêlé que comme son ami ; qu’au- » jourd’bui, quoique personnellement il eût un peu » droit de se plaindre, il ne sc plaignait pas; qu'au > fond il se réjouissait d'un mariage utile à la France, » cl qu'il en félicitait bien sincèrement l'Empc- M rcur. ■ La position de l’ambassadeur était fort embarrassée; il ne pouvait pas insister sur la différence de religion, lui qui avait déclaré qu’on n'y melUit aucune importance ; il n'avait d’autre ressource que d'appuyer sur les retards de la Russie, qui avaient dû être regardés en France comme une espece de refus. Cet ambassadeur, dans sa correspondance, semble croirequcrcmpercur Alexandre ne conserve aucun ressentiment; que même la satisfaction qu'il témoigne a le caractère de la vérité; mais il n'en est pas ainsi, écrit-il, de l'impéra- Iricc douairière, quia éprouvé un désappointement véritable, qui même ne peut pas le cacher, « et qui » n’en est pas à son dernier regret. » A la cour, dans le corps diplomatique et la haute société, un seul objet fait l'entretien de tous les salons. I.cs Autrichiens sont dans la Joie et la laissent éclater ; les Russes sont mécontents ^ et murmurent contre l'inipcralricc douairière; on parle du mariage inconvenant de la grande-duchesse Catherine avec un pclilduc d'Uldenbourg, comme si ce mariage n'eut été fait que de la veille, cl que l’on eût pu i'empécher. «C'était, dit-on, cette princcssc-là qu’il eût » fallu donner à l’empereur Napoléon, w L’orgueil de Napoléon doit être satisfait : l'olfrc de sa maîo a été acceptée avec empressement à Vienne, el on regrette à Pélersbourg de n’avuir pas devancé l’acceptation de l’Autriche.

Le mariage de Napoléon avec une archiduchesse a-t'ü clé l'œuvre de la vanité, ou un calcul de politique? Je crois qu'on peut l'aUribuer à ces deux causes tout ensemble. Le mol de vanité o’est point

de M. Ouo du lO février, fa nouvelle de la signature du I mariage fût reçue daiu les salons autrichiens avec les I ph'* graoilci manifcstalioiu de joie; à la bourse le papier I monta de trente pour cent. Les sociétés russes étaieni ! très-mêconienlrs. I/.'imbassadeiir, M. de Srbuwslof, qui d'ailleurs vivait avec M. Otto dans les relations les plus I amivali-s, s’abstint liii-inéme de lui offrir les compliments I d’usage en pareille circoosUnce.

CHAIMTRF.

ici rcxprcjwion convenable. Pour un soldai couronne, le désir de mêler son sang à celui d’une ancienne race de rois n’csl point une vanité puérile et frivole, c’est une ambition légitime; c'est aussi un calcul d’intérêt bien entendu, t^tuoiqu'en une foule de circonstances i'Kmpereur aime à s'affranchir des entraves de l'imitation , il atlacbc, sous d'autres rapports , une grande valeur à des exemples qui ont pour eux l'aulorité d'une grande pratique, et, comme ici, d’une pratique de tous les temps. Dans les divers pays et les divers siècles, toujours un prince nouveau a cherché dans un mariage royal , un moyen d’ancrinissemcnt ‘ de plus pour sa puissance. Il semble que rilluslration de la famille à laquelle il s'allie fasse rejaillir, sur la nouveauté de la sienne, une partie du respect attaché A rantiquilé des noms; il seinhlc qu'une telle alliance vieillisse scs droits, qu'elle reporte dans le passé 1a date de ses litres, et qu'elle étende une rouille vénérable sur les Jeunes fondements de sa grandeur. Sans remonter bien loin , rbisloirc moderne est pleine de faits où l'an voit ces principes en application.

Ainsi un aventurier italien, enrichi parle pillage. Galéas Visconti , aspire à la main d'Isabelle, princesse du sang de France, et il roblierit Tn second mariage avec les Visconti, celui du duc d'Orléans avec la célèbre Valcnlinc, fonda les malheureuses prctcnlions de la France sur le duché de Milan.

I.a race du bûcheron Atlcndulo s'unit de même PiVr de douilles nœuds avec tes plus illustres dynasties. I.e bâtard François Sforce épouse une princesse de Savoie, sœur de la femme de Louis XI. Blanche Sforce devient femme dcraïculdeCharIcs- Quint, l'empereur Maximilien 1”'*. Charics-Quint

' ■Rcg.inbiu Dtjpiiis regmim hrmaliinit.i)

* Galéas, en épniiaant laaWile, lui Bt un présent de six cent raille florins. L« roi Jean était prisonnier. Le présent Fait à la princesse servit à la rançon de ion père. Lea amatcun de lou(j;ties gênéaloiyics n'ont paa manqué de reprocher à ce prince d'avoir vendu sa propre chair à l'eucan. La raison seule l'eu absou-

lui-même donne sa nièce Christine ^ à un autre Sforce, François II.

Les Alédicis, à peine élevés au rang de princes souverains, donnent des reines i la France, et un Cùinedc Médicis épouse une sœur de Maximilien II.

Aucun de ces personnages, dans sa grandeur récente, n'approchait de Na|>olcon Bonaparte, ni par l’éclat de ses succès guerriers, ni par l'étendue de sa duininalioii , ni par la splendeur du trône dont il pouvait offrir le partage. Napoléon est dans une position i part. Il marchait au moins de pair avec tout ce qu’il y avait de plus élevé au monde. Lorsque, cinq années auparavant, il avait pris le Litre d'empereur, l'Autriche avait dit : «On ne » |>cut que s'honorer d'un tel collègue. » Quand il épouse une archiduchesse, le mariage n'a rien d'inégal , et la fille des Césars ne déroge pas. C'est par cette raison même, il est vrai , que dans l'opinion de beaucoup de personnes, l'Eiiipcrcur eût dû dédaigner les routes vulgaires, cl ne pas demander à sa femme la dot d'une haute origine, dot dont il n'a pas l>csoin, et qui non-seulement lui est inutile, mais qui lui sera funeste. Telle doit être en effet sa destinée. Après avoir créé toutes les chances en sa faveur, il aura le prodigieux talent de les tourner toutes contre lui; mais ce talent fatal ne change pas la nature des choses. Lorsque Napoléon contracte ce mariage, t'cffcl qu'il en attend se réalise. A Vienne, on s'en félicite; à Fétersbourg, on en est jaloux ; à Londres , on s'en afllige; à la cour de Louis XVIII , on |>crd presque toutes les espérances qu'on avait Jusqu'alors conservées. I>c résultat a été produit; il a clé immense. Quoi qu'il arrive plus lard, Na(»olcon, en 1810, a eu raison d’épouser une archiduchesse d'Autriche.

drait, s'il n'en était pis absous par la rais«m cTÉtal.

*il y avait en Alirniagnrdrs rliapitret nobles »à n'auraicui pas pu entrer 1«^ enhinis de cet empereur.

4 Chrishuc était Bile d'isalxdtc, strur de Clisrles-Quint, etdeCbriitiern II, roi de Dauriuark.

^ Calheriue de Médicis, femme de Ucori IL

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POLITIQUE EXTÉRIEURE

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