‹ Histoire de FranceChapitre 68 sur 142 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

lions conformes à ses mes, cl d’envoyer ccl aclc tout ratifié en Russie. Quoique le ministre des affaires étrangères lui représentât qu’il pourrait y avoir de l'inconvenance à mettre la signature impériale au bas d'un acte qui , en réalité, ne serait qu'un projet, puisque l’acceptation en était incertaine, l'Empereur persista dans cette idée, et elle reçut son execution.

Le principal changement apporté à la rédaction était dans l’article

Au lieu de ect article si expressif dans sa brièveté : royaume de Pologne ne sera jamais ré-

tabli ; l’articte de la convention nouvelle était ainsi conçu : « L’empereur des Français s’engage à ne » favoriser aucune entreprise tondant à rétablir le n royaume de Pologne, à ne donner aucune assis- » lance à toute puissance qui aurait celle vue, ni » aucun appui ni encouragement soit direct, soit N indirect, à toute insurrection ou soulèvement des n provinces qui composaient ce royaume. »

L’article 2 de la rédaction de Petersbnurg im* posait, comme le faisait remarquer Napoléon, une responsabilité qu'il n’était pas possible de prendre: c’était d’empécher que les dénominations de Pologne cl de Polonais fussent jamais employées. Il admettait bien cette obligation pour lui et le roi de Saxe ; mais il ne voulait pas, ainsi que l'exigeait la Russie, se charger de poursuivre ailleurs la proscription générale de ces dénominations.

Napoléon consentait à l'alKilition des ordres ytolonais stipulée en l'arlicic 5 de la convention russe; mais, selon lui, cctlc* abolition ne pouvait avoir son elTct que pour l'avenir, et il devait être permis, à ceux qui avaient reçu les décorations de ces ordres, de tes porter^

Au reste , ces difTcrcnces sur les articles 2 et 5 ii’étaicnt pas celles qui cntrafiiairnl une diOiculté essentielle. Le plus grave dissciilimcnl était, après l'article sur l’article S.

Dans la rédaction russe de celui-ci, le principe de la réciprocité n’existait pas. On y déclarait, comme princifte fixe et inaltérabie, que le duché de Varsovie ne pourrait Jamais s'accrotlrc de territoires enlevés à l’une des |>arlies qui composaient l’ancienne Pologne ; mais l'interdiction eût dù être la mémo pour la Russie. Pour qu'il y eût égalité entre les deux contractants, cette puissance aurait dû, de son cblé, prendre rengagement de ne ])as s'étendre en Pologne, et surtout aux dépens du duché. Celle réciprocité se trouvait dans la rédaction franç.'iisc.

Article b. « Il est établi en principe qu'à l'avenir, » ni la Russie ni le duché de Varsovie ne pourront » accroître leur territoire aux dc|>cns des proviii- U CCS qui faisaient partie de l’ancien royaume de

N Pologne , ou que , si 1^ cas arrivait , ce ne serait « qu’après un concert préalable entre les deux n hautes parties contractantes, h

La rédaction de Paris, je l'avoue, me semble renfermer tout ce que peut raisonnablement désirer le cabinet de Pétersbourg. Le fond des demandes de ce cabinet est accordé,* et dans des termes satisfaisants, tandis que, dans la rédaction russe, il y a une extension recherchée d'exigence, un despotisme d’expressions impérieuses qui ne sont ni dans les convenances , ni dans les formes habituelles de la diplomatie. Au reste, nous devons suspendre ici toute réflexion personnelle; car les divers points de dissidence que nous avons indiqués, vont être tour â tour attaqués et défendus par les deux cabinets, ou plutôt par les deux empereurs eux-mémes.

On avait montré à Pétersbourg une grande impatience de recevoir la ratification française, et l'on n'était pas sans dcQancc sur l'assentiment de l'Empereur. Ou comptait les jours déjà écoulés sans réponse, et le duc de Viccnce avait soin de rappeler dans scs lettres que le délai convenu allait bientôt expirer. C'était le 10 février que la rédaction nouvelle fut adressée de Paris à cet ambassadeur. La date devait être remarquée; par une suite naturelle de cette date, on en reçut la noliCcation en Russie presque en même temps que la nouvelle de la résolution prise pour un mariage avec une princesse d'Autriche. Celle dernière nouvelle était cependant arrivée la première, et t'cmpcrcur Alexandre, à la suite de sa conversation avec le duc de Yicencc sur le mariage autrichien, avait dit, à l'égard de la convention dont l’ambassadeur ne parlait pas : u Que l'on ratifie ou non, il fallait H répondre dans le délai convenu. » C'était une espece de reprcsaitle contre Napoléon , qui , lui aussi, ayant fixé un délai, n’avail pas attendu au delà, si meme il avait attendu jusqu'à sa fin. Deux jours après, arriva le courrier porteur de la convention nouvelle. Xc moment n'était pas favorable. On ne s'expliqua point d'abord d'une manière précise. Le duc de Vicence cul beau employer tous les ménagements qui lui étaient recommandés pour faire accueillir les changements désirés par l'Empereur, les objections qu’un lui faisait , si clics ne renfermaient pas un refus, en étaient l’équivatent. N. de Romanzof cl l’cmpcrcur Alexandre lui-mème virent, ou du moins afTeclèrcnl do voir, dans les modilicalious proposées, un cfTel de la circonstance qui plaçait l'empereur Napoléon dans des rapports nouveaux avec la maison d'Autriche. » Rour- \ I» quoi, disait le comte de Ruiiiaiizor, l’Empereur I n ne vcul-il plus nous duiiiier les garanties que ] » nous lui demandons, et aussi positives qu'il le»

POLITtOUE EXTÉIUEl'RE.

n avait promises? S’il veut réellement la paix du » monde, il retiendra bientôt entièrement à noue, » Mécontent de rAolricho il y a un mois, il épouse K aujourd'hui une de scs princesses. Nous le conn cevuns : il doit vouloir tout ce qui peut consoli> » dcr. n A l'appui de celle réflexion, 31. de Ro> maiizor disait au duc de Vicencc, que parfois, durant son séjour k Paris, on lui avait fait entendre qu’une alliance politique de la France avec l'Autriche pourrait avoir un grand avantage, comme étant la plus propre à favoriser 1a conclusion de la paix avec i’Aiiglolerrc. Ce ministre laissait entrevoir qu’il ne croyait pas impossible que ce fût celle idée qui pour le moment dominât aux Tuileries. (^>uanl au cabinet russe, quoique la nouvelle convention ne répondu pas à ses vues, il ircnlcnüait pas pour cela changer de système. Souvent M. de Romanzof ajoutait à scs observations cette espèce de refrain: « Si l'Empcrear s'éloigne un moment, I» il nous reviendra. « Le n)lc de ce ministre consistait ainsi dans une sorte d'indifl'érciicc.

L’empereur Alexandre prenait les choses plus vivement, cl il discuta en détail, avec l'ambasudeur, les articles rédiges par Napoléon. Le premier, selon ce prince, n'est pas assez signiflcalif; il offre même une certaine amliiguUé qui peut ouvrir la porlc'à de mauvaises interprétations. Relativement au cinquième, il s'offense de la parité qui s'y trouve établie entre le duché de Varsovie et l'empire russe. L'orgueil, sur ce point, ne vaut pas un bon raisonnement; mais la véritable diflicuUé n'est pas dans l’article 5, elle est dans l’article 1". L’empereur Alexandre s’occupa d'un contre-projet, et il l’adressa au prince Kurakin, son ambassadeur à Paris.

Quoique Pemperenr de Russie, comme M. de Romaiizuf, assurât qu’il tenait toujours invariablement à l’alliance, il lui échappait, au milieu de ces protestations, de singulières paroles que rien ne scmhlait devoir autoriser. « Si les choses chan- I» gent disait-il, ce ne sera pas ma faute. Ce n'est 1* pas moi qui troublerai la paix de l'Kurope , qui » attaquerai personne. Si on vient me chercher, je )• me défendrai. « Malheureusement plus lard on ira le chercher; mais assurément celte pensée n'ôlait pas dans l’esprit do Napoléon au commencement de 1810, et cette supposition anticipée paraissait moins, en ce moment • là , l’effet d’une crainte qui eût quelque fondement, qu'une espèce de menace déguisée.

Sans rompre le fil de ces débats sur les formes d'onc convention dont on admettait, de part et

• Lettre du duc de Viccnce, du 1 1 mars.

* L’Empereur nyam prit conDAittaiiee de la lettre que

d'autre, le principe, nous devons faire connaUrc ici quelques circonstances qui, survenues à travers CCS dissentiments, n’étaient pas propres à en faciliter la conciliation.

Des lettres reçues soit de Paris, soit do Vienne, donnaient à entendre que la détermination de l’empereur des Français pour un mariage autrichien, ne datait pas seulement du jour où elle venait de SC manifester. L'empereur Alexandre en concluait que PouTcrturc pour un mariage russe n'avait pas été sérieuse. Suivant cette interprétation, ce n'était |H)int par la crainte d’un refus à Pélersbonrg que Napoléon avait songé à se tourner vers Vienne; mais, pour le cas d'un refus ou d'un arrangement difficile à Vienne, il s’était ménagé une ressource à Pélcrslx)Urg.

n’autres faits, que nous exposerons plus tard en détail, et qui sc succèdent, à de courts intcrvaUcs, dans diverses parties du contiiicul, tenaient en Russie l’attention éveillée et indécise.

Le Hanovre avait clé incorporé au royaume de Wesiphalie;

Le Brabant hollandais, ainsi que la Zélande, cédés à la France.

Un nouvel État, sous le titre de grand-duché de Francfort, était organisé pour le prince primai, ancien archichancelier de l’empire germanique, cl ce grand-duché était déclaré héréditaire en la personne du prince Eugène Beauharnais, vice-roi d'Italie.

Des ouvertures de négociation avec l’Angleterre avaient été tentées , du côte de la France, par différentes voies. D’autre part, le ministre britannique près la Porte ottomane, M. Adair, faisait, de Constantinople, parvenir à l’empereur Alexandre des insinuations pour un rapprochement de la Russie avec rAngtclerre.

Tous CCS faits avaient leur genre d'importance, et nous les reprendrons dans leur ordre naturel; mais nous avons dû indiquer leur simultanéité avec ta négociation qui sc suivait entre Napoléon et Alexandre. Seulement un de ces faits demande dès à présent quelques explications préalables.

La seule tentative de négociation avec l'Angleterre qui vint en effet de Napoléon , fut celle qui eut lieu par l'intermédiaire du ministère liotlaiidais. L'Fjnpercur supposait que, s'il était une considération politique qui pùl décider le gouvernement britannique à la paix, ce dc> ail être la crainte de la réunion de la Hollande à la France. Le roi Louis, sc trouvant à Paris , autorisa ^ deux de scs ministres, Van dcr Ucim et Moliérus, à envoyer à

le roi Louis écrivait à ers minisircs, n'en fui point salisfait. Il trouva qn'rllr ne préseiiinit pas d'une maiiièrr

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