‹ Histoire de FranceChapitre 7 sur 142 · EXTÉRIEURE · texte numérisé non relu

EXTÉRIEURE

1*0L1ÏIQLK

cabincU. Peul-élre H. de Romansof allail-il encore plus loin que l'empereur Alexandre. Il parait qu'alors un s'abusait un peu k Pétersbourg sur rêtendue de la résistance qu'eut pu rencontrer le partage de l’empire ottoman. « C'est un empire qui s'en » va, » disait ce ministre à l'amba.ssadeur de Napoléon. w Ce que vous pouvez avoir l'air de nous » donner maintenant, nous serons peut-être obli* » gés de le recueillir dans peu, même sans en avoir M l'intention. » La dernière guerre des Rossescoo- Irc les Turcs a fait voir qu'il y avait de la prêsoinjption dans une telle confiance ; mais alors il semblait que l'union des deux cni[>creurs dût faire évanouir devant eux tous les obstacles. Il y avait du gigan> tesquo dans les projets comme dans les paroles. Aussi fut-il question entre M. de Romaiisofct M. de Caulaincourt d'une expédition dans l'Indc, projet dont le succès serait assuré, disait-on, si quarante mille Français, passant par Constantinople, menaçaient cette contrée, en même temps que quarante mille Russes déboucheraient par le Caucase. La Russie ne refusait pas son concours. 11 n'eùl fallu que consentir au prix qu'elle voulait y mettre. Nous avons déjà Dous-niémes trouvé que Napoléon , en livrant la Finlande à la Russie pour récompense de sadcclaraliüu contre l'Angleterre, avait failun large sacrifice. Le cabinet de Pétersbourg est loin de s'en contenter ; il n'aura pas de repos qu'il n'ait obtenu de la France une concession definitive aux dépens de la Turquie.

Si les deux empereurs étaient convenus à Tilsitt d’adresser aux cours de Co|>enbague, de Stockholm et de Lisbonne, des sommations accompagnées de menaces qui devaient immédiatement se réaliser, en cas de résistance, ce n’était pas nalurcllemcrit ainsi qu'ils avaient dû procéder à l'égard d'une puissance de premier ordre comme la cour de .Vienne. Avec cette dernière cuur, le langage no devait avoir ni le oiêmc caractère ni les mêmes formes, mais on n'eu agissait pas avec moins de rigueur pour ramener aux mêmes déterminations. 11 était au reste à prévoir que, dans la situation où allait sc trouver l'Etfropc, le cabinet aiitrichicn saurait de lui -même sacrifier à la nécessité des temps scs liaisous avec l'Angleterre. Il restait encore à ce cabinet quelques points litigieux à régler ayec la France; et l'empereur Napoléon, de son cùté, ne demandait pas mieux que de lui accorder toute satisfaction, pourvu qu’il adhérât au système continental.

^ Au fond, l’Autriche, qu'avait vivement affligée le prodige des victoires françaises, ne voyait pas avec moins de chagrin que le dénoûmenl d'une pareille guerre fût l'intime union des cabinets de Paris et de Pétersbonrg. Lorsque, de Berlin cl de

Varsovie, rempereur Napoléon lui avait fait des avances pour un rapprochement plus étroit, surtout dans le but de maintenir l’intégralité de l'empire oUoinan, clic les avait reçues avec une extrême froideur, elle laissait même apercevoir des dispositions à tenir peu de compte de l'intégralité de cet empire, dans le cas où elle aurait eu à s'cnlaiKire sur cette question avec la cour de Russie. A l'aspect d'une armée russe envahissant la Moldavie et la Valachie, et d’une flotte anglaise qui passait les Dardanelles pour s’emparer de Cdnstantînople, la cour de Vienne, s'associant en pensée aur deux expéditions, avait paru dire comme, dans une autre circonstance, Frédéric H ; « Vous jouez notre jeu ; n si les as viennent, nous partagerons. » Les as ne vinrent pas. Ce déineinbrcnicnl, auquel on était loin de répugner si on eût pu y prendre une part active avec la Russie et l'Anglotcrrc, un le redoute au plus haut point, aujourd'hui qu'un le suppose devenu l'objet d’un accord auquel on est étranger. On voudrait du moins avoir quelques lumières sur sa nature et sur ses bases. On s'enquiert, on interroge, on ne reçoit point de réponse cl on s'effraye de ce silence.

Pendant la guerre, malgré scs protestations de neutralité, K? cabinet autrichien n'avait pas cessé de poursuivre ses armements; s'il s'était abstenu d'entrer dans la carrière, c'est qu'il ne croyait pas pouvoir mettre une confiance suflisanlc dans l'état de son armée, mal remise encore des désastres d'Ulm et d’Austerlitz. Au moins |>ar ses vœux il faisait cause commune avec les ennemis de la France. Sous prétexte de contenir les peuples de rancicnne Pologne, il avait établi la plus grande partie de ses forces sur la corde de l'arc de la Gallicie, c'est-à-dirc, sur le flanc des grandes opérations qui avaient lieu. L'ambassadeur de Russie ayant annoncé lal>ataillc d’Eylau comme une victoire: U Battez les Français encore deux fois, lui » avait-on répondu , et nous nous déclarerons. « Les événements avaient été tels qu'on n'avail pas eu à tenir celte promesse. Maintenant on regrette, non de ne s'êlro pas engagé avec la Russie, mais d'avoir éludé les propositions françaises, u Qui eût i> pu prévoir de pareils résultats? disait l’empereur » François II : il n'est plus possible de se battre avec ■ ces bommes-là.n L'humeur ainsi exprimée était un compliment assez adroit. Cependant l'accroissement soutenu de la puissance française devenait un motif d'armer plus que jamais. Du moment que Napoléon et Alexandre voulaient fonder et s'appro- I prier la dictature de l'Europe, Ü fallait bien que I l'Autriche so mit en mesure de garder sou indéi peodancc. Cette précaution de sa part était toute naturelle. l>a réserve qu'on observait à son égard

CIIAI’ITnF. I.

[JS07J

(levait l'orTcnsor. Après avoir voulu jouer le rùlc de médiateur^ elle se sentait humiticc, nun-seulemcnt de rester en deh(»rs des arrangements concertés entre les deux empereurs, mais même dans une ignorance absolue de la nature de ces arrange* monts.

Cette puissance n'était pas non plus sans iiupiié* tudesur le parti que prendrait rempercur Napoléon relativement à ta place de Rraunaii. On se rappelle qu'au mois de mars 1806, au moment où les troupes françaises, prétesà évacuer r Allemagne, allaient se dessaisir de cette forteresse, un incident inatlemlu était venu en prolonger l'occupation et arrêter la retraite de notre armée. Cet incident, c'était riiitidélité qui, au lieu de remettre les bouches du Cattaro a nos troupes, en exécution du traité de Presbourg, les avait livrées aux Russes, lorsque le corps français, qui devait en prendre possession, n'en était plus qu'à deux journées de distance.

iJéjà nous avons signalé aillcui-s l'cspècc d'obscurité dont est couvert cet acte fatal que nous ri'avuns pas voulu attribuer à un ordre direct du cabinet aulricbien, mais dans lequel ce cabinet, si le principe ii'cn remontait pas jusqu'à lui, n'avait voulu voir, de la part de ses agents, qu'un zèle plus déplacé que coupable, ^uui qu'il en soit, on ne saurait rcniarquer assez loale rélcndup d'influence que ce fait particulier a dû exercer sur les événements ultérieurs. Quelle différence, d'une part, dans l'esprit même de Napoléon, lors<}irà l'appui de scs exigences, il s'est vu autorise à maintenir,-par représailles, ccnl mille hommes au cœur de l'Allemagne ! Quelle différence, d'un autre c6té, ; dans les dispositions des cabinets rivaux qu'effraye justement une situation si iiieiiaçaiile, et dont l'irritation contre lui s'accroît en raison même du mal qu'il est en son pouvoir de leur faire! Qui peut dire que lu retour de l'armée française sur le sol français, au mois de mars 1800, comme Napoléon était prêt, pour son compte, à le faire exécuter, n’etU pas fait prendre un autre cours aux négociations avec l’Angleterre et prévenu la guerre de Prusse?

Le manque de foi, à quelque cause qu'il faille l'attribuer, iiVst pas non plus demeure tout à fait impuni pour rAulriche; inainlenanl elle est réduite à désirer la remise de Rraunau comme une faveur de Napoléon, car on sait que la Bavière sollicite avec vivacité racquisition d'un poste si important pour elle. I.a restitution de cette place causera autant de joie à Vienne que le gain d’une bataille.

Napoléon ne s'est pas mépris sur îes sentiments de l'Autriche. Sans être dupe des causes de son inaction , il feint de lui en savoir gré , et , quoique les offres de médiation de celle cour puissent lui

cire suspectes, il sc garde bieq de leur opposer une injurieuse déflance. Le mauvais accueil, fait à l'interveidion autricliicnne par la Russie et par In Prusse, avait formé un contraslc sensible avec les procédés tout différents de Pempereur des Français. Celui-ci persévéré dans sa conduite; il se montre satisfait des démarches auxquelles s'est porté à Londres l'ambassadeur autrichien, prince de Stahrcinl>erg , afin d'engager le ministère britamtique à entrer en négociation pour la paix niaritimc. Assuré que, dans rbypothèse probable de rinulilité de ces tentatives , la cour de Vienne est disposée à rappeler son ambassadeur et à fermer ses |)orts au commerce anglais, l'empereur Napoléon met de l'empressement à terminer tous les différends qui subsistent encore entre les deux cabinets de Paris et de V'iemic. Une convention additionnelle, conclue à Fontainebleau le 10 octobre, entre M. de Champagny et M. de Mctternich, règle les contestations de frontière laissées Jusqu'alors indécises. Le Thalv(cgderi$onzo est établi pour limite principale entre le royaume d'Italie cl les possessions de l'Autriche; des cessions réciproques sont consenties pour ajuster, sur d'autres points, la délimitation : on convient d'une route militaire pour la communication entre les provinces du royaume ü'Ilalic à la droite de l’isonzo, de l'istric et de la Raimatic, cl réciproquement. Enfin, par l'article VI, il est stipule que, les difficultés survenues à la suite du traité de Preshourg étant levées par la restitution à la France des bouches du Cattaro, et par la présente convention, l'empereur Napoléon fera évacuer la place de Braunau, qui sera remise aux troupes autrichiennes.

La signature de cette convention rapprocha pour quelque temps rAuIriche de U France. Le prince de Slabremberg, qui poursuivait à l.ondres SOS notifications pacifiques, en conséquence d'une première réponse qu'il se plut à considérer comme satisfaisante, fît connaître au cabinet anglais qu'il était autorisé à délivrer des passe-ports aux plénipotentiaires que S. 31. B. voudrait envoyer à Paris |>our traiter avec toutes les puissances en guerre. Cette déclaration ayant donne lieu à une réplique de U. Canning, par laquelle co ministre élevait des doutes sur les pouvoirs d'après lesquels avait agi l'ambassadeur autrichien, cl rejetait formellcincnl la proposition d’envoyer à Paris des plénipotentiaires, le prince de Slahremberg demanda lui -même scs passe -ports et ; quitta fx)ndres. Le but de Napoléon était alteintau moins en partie ; l'accession de PAulriche au système continental complétait l'cxcluston qui interdisait au commerce anglais tout accès sur le continent.

I*0LIT1QLB EXTERIEDUE.

Ainsi toutes les pensées de Napoléon se rapportent à un seul but, ou plutôt Napoléon n'a qu’une seule pensée , c'est de causer à l'Angleterre des dommages tellement graves, qu'elle soit contrainte d'entendre à des propositions d'accommodement. | Jamais lutte ne fut plus acharnée entre deux combattants. L'énergie de l’attaque n'a d’égale que l’énergie de la résistance , cl l’attaque se fait sentir sur toutes les parties du globe. Des deux côtés on prétend être sur la défensive, quoique des deux côtés il y ait agression. Ce n’est que depuis 1806 que la discussion est sortie du champ des accusations vagues, pour s'établir sur des faits positifs. Là , comme nous l’avons déjà indiqué ail- , leurs, a' commencé une série d’actes nouveaux , inusités, qui n’ont point d’analogues dans les temps antérieurs. De celte époque a daté la prétention de l’Angleterre d’établir le blocus, non plus par des escadres ou des vaisseaux obligés de surveiller les ports ennemis et d’en défendre l’accès, ainsi que l’a voulu de tout temps la loi des nations, mais par une simple déclaration de son bon plaisir, par un ordre du conseil daté de Downing-Street ou du palais de la reine. C’est contre ce système de blocus nominal que Napoléon s’csl élevé avec le plus de colère, et, il faut le dire, avec le plus de justice. Pourquoi ce qui est loisible à l’Angleterre ne le serait-il pas à la France? Pourquoi , si l’Angleterre a pu , par un ordre du conseil du 6 mai 1806, déclarer en état de blocus les ports , rivières et côtes , depuis la rivière de l’Elbe jusqu’au port de Brest, Napoléon ne pourrait- il pas, comme il l’a fait par son décret de Berlin dans la même année, déclarer en état de blocus les Iles Britanniques? C’est par calcul et dans son intérêt seul qi»e rÀftglclerre s’est abstenue de déclarer le blocus' pour la totalité des côtes de France; mais le ^déclarer pour la moitié des côtes, c’est s’en arroger le droit pour le tout. Le principe est le même. En guerre , les armes doivent être égales. Ce que fait l'Angleterre, la France est autorisée à le faire. L’Angleterre s’obstine à violer, sur mer, la propriété ptivée , malgré la neutralité du pavillon qui la couvre. Napoléon cesse de respecter, sur terre, la propriété anglaise. Le coup a été terrible ; les conséquences en ont été d’autant plus funestes pour les Anglais, que chaque jour alors la victoire élargissait le terrain sur lequel s’appliquait la réciprocité française. Pour rendre à la France le mal qu’elle lui fait , le gouvernement britannique essaye diverses mesures qui

■ Les ordres du conseil du 1 1 novembre se composent de trois décrets renfermant de nombreuses dispositions, dont nous avons dû nous borner à donner la substance.

font plus de tort à la navigation étrangère , et surtout à celle des Américains, qu’à la France elleblême ; et enfin , par ses ordres du conseil , du 1 1 novembre 1807 > , il assujettit les bâtiments de lotîtes les puissances neutres, amies ou même alliées, non -seulement à la visite de scs croisières, mais encore à une station obligée en Angleterre, et au payement d’une taxe dont il détermine la quotité. Il est difTicile de proclamer plus ouvertement que la mer, dans son immensité, est un domaine anglais, dont l’usage n’est désormais permis que sous la condition de venir en recevoir l’autorisation d’une autorité anglaise, moyennant le payement d’une redevance au trésor anglais. On conçoit d’avance qu’une telle déclaration ne peut être ni reconnue dans son principe, ni tolérée dans son application par la France , et le cabinet de Ixmdrcs s’abuse si , en s’élançant hors des routes battues jusqu’alors , il croit arriver à un degré d’audace et de violence où Napoléon ne puisse le suivre. Ce qu’il y a de plus afUigeant dans ce combat à mort do deux cabinets implacables , c’est que les traits qu’ils se lancent ne peuvent les atteindre qu’en blessant toutes les nations qui se trouvent , même malgré elles , jetées et compromises entre eux. Admettre les exigences de l’une des parties est un titre à l’animadversion de la partie opposée, et ce n’est qu'en échappant à leurs poursuites réciproques qu’il y a encore pour les neutres quelque possibilité de navigation et de commerce.

« Puisque les Américains, dit Napoléon -, souffrent » que leurs bâtiments soient visités et adoptent'' » le principe que le pavillon ne couvre point la Il marchandise, puisqu’ils rccoimaisscnt les abn surdes lois de blocus de l’Angleterre , puisqu’ils » consentent que leurs vaisseaux soient sans cesse Il arrêtés, se rendent en Angleterre et soient ainsi H détournés de leur destination, pourquoi ne souf- II frcnt-ils pas le blocus ^ de la France? Certes , la Il France n’est pas plus bloquée par l’Angleterre n que l’Angleterre par la France. Pourquoi ne Il soufTrent-ils pas également la visite des bâti- II ments français ? Certes , la France reconnaît que n ces mesures sont injustes, illégales, attenta- » toircs à la souveraineté des peuples ; mais c’ést >1 aux peuples à recourir à la force et à se pronon- II ccr contre des choses qui les déshonorent et flé- » trissent leur indépendance. » Dans ce langage de Napoléon éclate toute la différence qui existe, et cette différence est grave , entre les principes de la France et ceux de l’Angleterre; c’est que

■ Leurede Fontainebleau, le 15 novembre.

’ Bien entendu le blocus établi par la Franc*.

aumaB i.

rAiigleterre prétend s'approprier comme droit cc » tionalisés par les mesures arbitraires du gouque la France convient ne pouvoir s'attribuer qu'à » vcrnemciit anglais, entrent dans nos ports ou litre d'usurpation, mais cumme chûlirnenl pour les » dans ceux de nus alliés, suit qu'ils toinl)cnt au

États qui tolèrent l'usurpation anglaise. Ces actes » pouvoir de nos vaisseaux de guerre ou de nos cur-

que sc permet l'Empereur, il les reconnaît enta- ^ saires, ils sont déclares de bonne et valable prise, chés d'injustice et de barl)aric; il ne s'y détermine » Abt. 3. Les fies Britanniques sont dcciarces en

que pour forcer les nations neutres à faire res- ■ étal de blocus sur mer comme sur terre,

pcctcr leurs droits par rAnglelcrrc, comme clics » l'ouï bàlinienl de quelque nature qu'il soit, désirent qu'ils soient respectés par la France. Scs » quel que soit son chargement, expédié des porta rigueurs n'ont pas d'autre objet. II n'a rien de » de l'Angleterre, ou des colonies anglaises, ou des plus à coeur que de pouvoir bientôt rentrer dans » pays occupés par les troupes anglaises, ou allant de mciMcuros voies; il est prêt à le faire, le jour où » dans les colonies anglaises, ou dans des pays

l'Angleterre voudra, soit lui en donner l'exemple, » occupés par les trou|>cs anglaises, est de buimu

soit imiter le sien. Tel sera l'esprit du décret qu'il » prise, comme contrevenant au présent décret; il

rendra le mois suivant dans son voyage d’Italie, dé- » sera capturé par nos vaisseaux de guerre ou par

cret trop important pour que nous ne le rapportions » nos corsaires, et adjugé au capteur,

pas ici dans son texte même et dans toute son élcn- » Aar. 4. Ces mesures, qui ne sont qu'une juste due. Voici ccl acte, daté de Milan, le 17 décembre : » réciprocité pour le système barbare adopté par

» le gouvernemeul anglais, qui assimile sa légis- « ^’apotéun, empereur, etc. „ |j,(jgn à relie d'Alger, cesseront d’avoir leur effet

» Vu les dispositions arrêtées par le gouverne- » pour toutes les nations qui sauraient obliger le » nient britannique, en date du 1 1 novembre der- » gouvernement anglais à respecter leur pavillon. » nier, qui assujettissent les liàtiments des puissan- n Elles cunliimcruiil d'étre en vigueur |>endant n ccsnculros,amicselmèmea1liécsderAnglctcrrc, » tout ic temps que cc gouvernement ne reviendra » iiuii-seuleiiient à une visite par les croiseurs an- » pas aux principes du droit des gens, qui règle <* glais, mais encore à une station obligée en An- » les relations des Étals civilisés dans l'état de I» glelerrc et à une imposition arbitraire de tant » guerre. Les dispositions du présent decret seront

• pour cent sur le ciiargcnicnl, qui doit être réglée '» abrogées et nulles par le fait, dès que le gouver-

» par la législation anglaise; » nemcnlanglaisscrarevcnuauxprincipesüudroit

* Considérant que, pr ces actes, le gouverne- » des gens, qui sont aussi ceux de ta justice et de ment anglais a tlèHationalisé les bàliinents de » l'honneur.

» toutes les nations de l'Europe; qu’il n’csl au pou- ** Signé Napolboîi. >•

I* voir d'aucun gouvernement de transiger sur son

n indépendance et sur scs droits , tous les souve- Ce décret, qui porte en lui-tnéme l'énonciation

• rains de l'Europe étant solidaires de la souve- de ses motifs, n'a pas besoin d’autre commentaire. H raincté et de rii»dc|>ciidaiice de leur pavillon; 11 y a eu une époque où des écrivains sans palfio-

• que si, par une faiblesse inexcusable cl qui .serait tisme. peu soucieux de servir la cupidité étrangère

•* une tache aux yeux de la postérité, on laissait aux ilépcns de leur pays, ont trouvé ingénieux (le !» passer en principe et consacrer par l'usage une dire que, pour jusliÜcr scs viuleiices contre l'Aii- 1» pareille tyrannie, les Anglais en prendraient acte glelerrc, Na|)oléon avait été oblige de faire vio- I» pour rétablir en droit, comme ils ont profilé de Icnce à la langue même, et de créer des termes » la tolérance des gouv crncmenls pour établir l'in- nouveaux pour des vexations iiuuvelics. Ce langage » (âme principe que le |»avillon ne couvre point la de la prévention et du servilisme n'est plus de » marchandise, et pour donner à leur droit de notre temps; aujourd'hui on examine les principes » blocus une extension arbitraire et attentatoire à cl ics faits, et on juge : les faits et les principes n ia souveraineté de tous les États; sont ici on faveur de la Frana*. Napoléon pose en

M Nous avons décrété cl décrétons ce qui suit : principe que tous les Étals sont solidaires de l'in-

it Art. 1”. Tout bâtiment de quelque nation dépendance de leur pavillon. L’inlérél général des •» qu’il soit, qui aura souffert la visite d’un vais- nations réclame celle solidarité. Si un gouverne- » seau anglais, ou se sera soumis à un voyage en • ment veut supporter des insultes, des humiliations » Anglelerro, ou aura paye une imposition quel- qui tratteigiieiil que lui, il en est sans doute le » conque au gouveriicmcnt anglais, est, par cela maître; mais lorsque le contre-coup des outrages n seul, déclaré dénationalisé, a perdu la garantie qu'il endure sc fait sentir à une autre puissance, » de son pavillon et est devenu propriété anglaise, celic-ci a ic droit de faire tout ce qui dépend d'cllc n Art. 2. Boit que Jesdits bâtiments ainsi déna- pour s'y soustraire. Telle est ja situation présente.

TOI.ITIQL’E EXTÉHIEtRK.

Napoléon dit aux Américains : Vous subissez les usurpations dcrAnglclcrrü.et par conséquent vous reconnaissez ou du moins vous paraissez recounal* tre scs prétentions connue légitimes; vous souffrez la visite de scs croiseurs; vous vous laissez conduire dans scs ports, ou vous vous y rendez sur son ordre; vous y payez une taxe sur le cbargcfueiit de vos navires; ainsi vous vous constituez les vassaux, les sujets de l'Angleterre ; dès lors, A mes yeux, vous n'étes plus Américains, vous êtes des Anglais; vos propriétés, des propriétés anglaises. Le fait de la sujétion des neutres aux despotiques exigences de l'Angleterre était un l'ail nouveau; un tenue tiou>eau était nécessaire pour sa répression. Des hÂliniciits qui courbent leur pavillon devant une volonté arbitraire, ne peuvent plus avoir de garantie dans ce pavillon. Napoléon les déclare dénaiiO' no//aéa. L'expression est juste comme le cbâ liment. Les gouvcnicnicnls neutres ^ en effet sont coupables de ne pas s'unir tous pour se faire paiement respecter. Si les États-Unis manquent A ce devoir, ce n'est pas au gouvernement fédéral, aux chefs éclairés de ce gouvernement, que le tort en appartient : ce tort est celui de la population marchande qui domine l'acUon du pouvoir, et ccUc population, lorsqu'elle en est punie, n'a pas le droit de s'en plaindre.

Un décret de l'Empereur n'est pas un acte uniquement français; c'est un acte européen. Le décret de 31ilau est communiqué à tous les gouvernements qui sont sous sa dépendance, et aux cabinets plus puissants qui se sont ralliés à son système. 11 devient loi pour tout le cuntinent.

Le pour lequel les effets en seront le plus sensibles est l’Amérique du Nord. Le pavillon des Etats-Unis est presque le seul qui se fasse jour encore à travers les entraves élevées à l'ciivi contre les neutres par l'Angleterre et par la France. Malgré les alleiiiles portées aux droits de la neutralité, comme la navigation américaine était la seule A laquelle l'accès d'une grande partie des ports de l'Europe ne fût pas fermé, elle avait pris une extension extraordinaire et fait des béncUces immenses. En réalité, le gouvernement des États- Unis, comme toute l'Europe moins l'Angleterre, voudrait voir triompher les principes que soutient la France; et quel est le peuple qui puisse ne pas vouloir l'indépcudancc de son pavillon ? Alais do

puissants obstacles contrarient sa raison cl enchaînent sa volonté, une peur excessive de la guerre avec les Anglais et l'avidité mercantile de l.i population américaine. Dans les premiers transports de l’indignation produite par l'affaire de la frégate la Chi$apeake , le président Jefferson disait au ministre de France : « Si l'Anglclcrrc ne nous donne N pas de satisfaction, nous prendrons le Canada. » L'humme d'État pensait ^insi ; mais il avait à combattre le caractère égoïste de la S|>éculalion commerciale qui sacrifie difiicilcmenl un bénéfice actuel A la prospérité future, et moins encore à la dignité du pays. A force d’élre cosmopolite, le négociant ne reste que faiblement citoyen, et, maigre leur forme républicaine, peut-être ce calcul de l'intérêt privé est-il plus puissant encore aux États-Unis que dans notre Europe monarchique. Dans quelques moments, A la vérité, l’excès et la barbarie des insultes anglaises fait naître une indignation qui semble appeler une éclatante vengeance; mais celle ardeur factice se refroidit bientôt, cl le gouvernement fédéral, trop assuré de n'ètrc pas soutenu longtemps dans de géncreuxefforls, avait dû oietlre son habileté A se faire donner quelque apparence de satisfaction qui lui eût sulli : il n'est pas même parvenu A l'obtenir. ^

T>a discussion sur le droit do presso en pleine mer forme toujours une difficulté insoluble entre les plénipoteiiliaires américains, MM. .Monroé cl Pinkney , et le cabinet britannique. Ce cabinet s'armcconlre les États-Unis de rcxccsmcmcdc leur patience. Partant du principe qu'un ne peut pas interdire A une puissance belligérante le droit de rechercher sur les bâtiments neutres en pleine mer, soit la contrebande, soit les personnes, soit les propriétés cnnenues, de ce principe faux, dont les Américains souffrent l'application, U tire la conséquence très-juste que si, danscellc recherche, ^ la puissance exerçant le droit de visite trouve des sujets qui $e soient soustraits A son obéissance, on ne peut pas refuser de les lui rendre. Si le pavillon neutre ne protège pas la personne eintcniie contre une puissance belligérante , comment iK>urrait*il protéger les sujets d'une puissance contre clleméme? La faiblesse des Américains les avait condamnés à entendre une pareille argumentation. Cette même faiblesse avait conduit leurs plénipotentiaires à conclure avec legouveruemcnl anglais,

St

’ Dana l’une det guerres de Plnde, Tippo-Snüb proposant à un officier français de placer une balterie sur un ccriain |M>int qii'i] lui indiquait, roffieicr lui représenta que, si celte batterie pouvait foire en réalité quelque mal aux troupes anglaises, elle rn forait certainement encore beaucoup plus à un corps iiilermcditire de ses propres

troupes qui sc trouvaient dans cette direction. « Eh ! * qu'importe, répliqua Tippo-Saëb, qu'oo lue milia Ci- » payes, pourvu qu’on tue un Anglais?» Ainsi, dans ta lutte de l’Angleterre cl de Napuiêon , ces deux grands adversaires ne tiennent nui compte de ce qui se trouve placé entre eux. Les neutres sont les Cipayes.

JO

CUAWTRE 1.

[im]

thiis les tlerniers jours de décembre 1806, uit | traité dans lequel ils n*avaient obtenu ni satisfactioii i>our le passé , ni promesse de mudificalion j pour l'avenir. Ce dernier acte de condescendance 1 iravait point en rapprubation du président : aussi lui avait-il refuse sa ratillealinn, et le congrès avait ' donné un plein assentiment a son refus. Cependant, tnalgrc la proclamation* du president qui avait or- , donné à tous les vaisscauji armes anglais de quitter les ports et les mers des Élals-L'nis. malgré rarrélc du congrès qui plus tard ^ avait interdit à tous bâtiments anglais en général rentrée «les ports amé- ; ricains, les négociations continuaient toujours à ) Londres, ou, si elles étaient un moment suspendues, elles SC renouaient bientôt, latit le goiivcrncnicnt ; fédéral reculait devant l'idée d'une complète rup- I turc. Le miiiistcre britannique comptait si bien | sur celle disposition des Américains, que même, ! au milieu des conrércnccs de M. Canniug avec | MM. l'inkney et Munroé, la gazette^ de Londres publiait une instruction relative a la recherche des I marins anglais à bord des bâtiinclils neutres. Sur ! la remarque faite par les plénipotentiaires, qu'une publication de colle nature devait arK'ler loat^ négocialtun, M. Canniug leur ré|K>nd que publiée renferme bien en <^ct la déclaration del principes du gouvernement anglais, mais que ce I n'csl pas une raison pbnr ne pas négocier avec une puissance qui professe une doctrine diiïércntc, qui veut établir d'autres procédés ou faire prévaloir d'auLrcS-UMges ; mais en même temps il a soin I de UC pas léulMaisser croire que le gouvernement britanoique puisse Jamais nnionccr à ce droit de !

fdrme le point capital de coiiteslaiiuu , «nlra Ics^eux pays. Tandis qu'à Lomlres M. Caii- j Dtng SC montre si peu accominodanl, il envoie en Amérique un agent, M. Rose, chargé de traiter spécialement la question de la Chèêapeake; mission dérisoire, cuinme plusieurs autres qui la suivront, et qui n'auront d'autre but que de donner à l'irritation des esprits le temps de sc calmer.

Comme la question des neutres ne subira point de changement remarquable pendant rannée qui va s’ouvrir, etquc beaucoup d'autres intérêts d'une | nature nouvelle, viendront réclamer toute notre ! attention , il nous semble convenable de placer ici ^ une {tnlicalion des points principaux qui fourni- \ font matière à débat entre la France et les États- | L'iiis, dans le coorsde l'année 1808. Les ordres du : conseil britaniiiquedull novembre 1807, le décret ' français, daté de Milan le 17 décembre, sont connus. C'est sous le poids des entraves , mises ainsi j

des deux côtés à la navigation des neutres, que vont s'agiter les Américains pour rompre la chaîne ou pour y échapper. Tous n'échapperont pas, et dès lors le ministre des Élats-L’iiis en France , M. d'Armstrong, va être occupé à former sans cesse des réclamations en faveur de ceux dont les bàlinumts sont capturés et amenés, soit dans des ports français, soit dans des ports amis de l.a France, par suite du décret impérial. Il invoque certaines dispositions du traité de 1800, que violent, selon lui, les nouvelles mesures du gouvernement français; il pose diverses questions sur lesquelles il priclc gouvernement de s'expliquer. Aux instances et aux interrogalioits de cet envoyé, le iiiiriislèrc français opuMM^Ac réjranse qui n'admet pas de réplique regret usage

des annct^^JHpércs cntpioyces par te gouvernement anî^K^oii ne peut pas exiger de lui qu'il sc contienne en des bornes que l'on permettrait à ce H^crnemcnt de franchir; ce serait, do la part dctTAmcricains, faire acte de sujétion à rAngletcrrc, que de sc soumettre auxordresdu conseil du 11 novembre. Mais il aime à augurer . mieux de la conduite des Américains; dans celle r^ersuasîon, il s'abstient de prendre à l'égard de leurs I>àlinient5 aucune mesure définitive ; il les fait seuleinciit placer sous le séquestre, se réscrvanide régler ses déterminations ultérieures sur la nnrrhc qu'ils auront cux-mémes jugéà propos de suivre. Le ministère français a soin de faire observer en outre, que c'est surtout envers les Américains que des exceptions sont impossibles. Une exception en leur faveur laisserait ouvertes au commerce anglais les routes du continent, l/cur langue, leurs habitudes, et quelques-unes de leurs productions coloniales étant les mêmes, on n'aurait aucun moyen de reconnaître la simulation du pavillon et les autres fraudes auxquelles des spéculateurs américains ne manqueraient pas «le sc livrer, auxquelles ils se livraient déjà , ainsi qu’on en avait de nombreux exemples.

Le gouvernement fédéral, qui ne disconvenait pas que l'initiative des infractions au droit des gens devait être imputée à rAnglclerrc, avait au reste, à cette époque, divers motifs pour se maintenir en «le bons rapports avec la France. L'Empereur, de son côté, eut été tout prêt à forliüer ces rapports, même par une alliance. D'après ces dispositions mutuelles, M. d'Armstrong désirait savoir si, «lans le cas où les Anglais attaqueraient les Floridcs, l'Empereur ne trouverait pas mauvais que lesÉlals- I Unis lissent marcher des troupes |K>ur les défendre;

' 25 Movciubre.

* 17 octobre.

POLITIQUE EXTÉniEUnK.

si, dans la supposition d’une alliance avec lui, il ne se prêterait pas à favoriser la cession des Floridcs aux États-Unis.

Cette demande étant parvenue à Napoléon pendant son séjour à Rayonne, au moment où se préparaient pour l'Espagne do nouvelles destinées, sa réponse ne fut rien moins que favorable L II fit déclarer à M. d’ArinsIrong, que les Américains étant en paix avec les Espagnols, ne pouvaient occuper les Floridcs sans la permission ou l’invitation du roi d’Espagne. Les temps changeront, cl cette question prendra un autre cours.

Cependant le gouvernement américain, pressé entre l'Angleterre et la France, avait pris en considération la situation du pays.^A^tla suite d’un rapport fait au sénat, plusieud^|Mrtii avaient été proposés, savoir : protéger le.,coiAinéKc par des .vaisseaux de guerre; laisser au 'CO'indierce le soin de se protéger en s’armant lui-nicmc ; déclarer la guerre; suspendre tout commerce avec l’étranger;' et enfin, mettre un embargo sur tous les vaisseaux et bâtiments dans les ports des' États-Unis. Ce fut ce dernier parti qui fut préféré. Un acte supplé-

dispositions adoptées à ce sujet. L’embargo am6 ricain, s’il eût pu être complètement exécuté, aurait du être moins défavorable à la France qu’à l’Angleterre; mais il s’en fallait beaucoup que tous les bàlimcnts de cette nation y eussent été soumis et consentissent à s’y soumettre. La menace des peines - les plus sévères était impuissantecontrcl’appàt des énormes bénéfices que la désobéissance offrait à la cupidité. Les États-Unis avaient en Europe une colonie flottante qui servait le commerce anglais sur toutes les mers, et portait dans tous les ports les productions de l’Angleterre ou de ses colonies. Les Anglais cux-niéines ne se faisaient pas scrupule d'arborer sur leurs bâtiments le pavilion'américain. Nous en citerons quelques exemples. A Rochefort et à la Rochelle, dans un moment où il s’y trouva douze à quinze bâtiments mis sous le séquestre, les agents américains étaient obligés de reconnaître la justice de cette mesure. « Je suis instruit, écrivait* i> un consul à M. ^!Arin$trong, que les papiers dc^ » la moitié de ecs bâtiments ont été fabriqués à » Londres, et il est plus que probable que l'autre U moitié ne sont que des bâtiments anglais, ayant i> de vieux papiers américains » Lorsqu’un con-

sul dcsÉülts<UbisTaUun pareil aveu à l’égard d’un certain nombfi^^MbâÙments séquestrés en France, le doute pour le j^aTèt^nement français pouvait-il exister? Ce n’est pas sculcinent dans scs ports que la France acquiert la preuve decesimrtes de falsifications, on voit pareillement arrimr dans des ports espagnols, des bâtiments américains qui prétendent venir de pays neutres, et ils ontà leurBord des passagers anglais; d'autres font voile pour Gibraltar, et, de là, escortés par des vaisseaux anglais, ils passent dans la Slcditerranée. En npus occupant bientét des querelles de l’empereur Napoléon avec l’Autriche , nous aurons aussi occasion de rcmar-' quer que, de ce cùté également, le pavillon américain sert à couvrir, au profit des Anglais, un commerce actif entre Malte et Trieste. Lorsque des faits de cette nature éclatent de toutes parts aux yeux du gouvernement français, doit-on s'étonner de la rigueur des précautions qu’il déploie pour réprimer la fraude, et peut-on lui faire un crime de cette rigueur ? " .*

Quoique le président Jefferson mit personnellement une grande différence entre l’esprit qui diri-

mentaire du 11 mars 1808 développa les premières^ geail l’Empereur et celui qui animait le ministère

' « Répondra à M. d’.trmsirong que fOSS ne savez ce n qu'il vent dire par rucciipation des Flurides....* Lettre de bayonne do 2J juin 1808.

* Une loi du congrès portait que «tout capil.-ii^mui 0 SC soumettrait aux ordresdu conseil britauniqi^W H • novembre, qui accepterait une licence de ce gouverne-

anglais, il était, comme chef du gouvernement fédéral, obligé de placer les deux puissances sur la*? même ligne. Dans une conférence avec le général Turreau, il témoigna le regret de cette nécessité, ê et fit entendre que , selon lui , l'Empereur ferait un aete d’habileté, en promettant de révoquer scs décrets en faveur des Américains, à condition que l'embargo américain serait abrogé en faveur de la France. Si ce conseil ne fut pas entièrement suivi, il amena plus tard une détermination qui produisit le même résultat. Quelque sévères que fussent les mesures adoptées par représailles en France , les Américains avaient encore beaucoup plus à souffrir de la part de l’Angleterre. Par suite des attentats de la marine britannique, non-seulement contre les * bâlments du commerce, mais contre les vaisseaux 'de i'ÉUt, non-seulement «n pleine nier,.,nia^ sur les eûtes et dans la juridiction même d<âi États- Uu», le mécontenfement était très-vif et se mani- y festait par.des résolutiooaénergiques dans presque tous les États de la confédération. Au fond , il était tellcnicnt légitime, que, dans tout autre pays où l’amour du gain n’cùt pas dominé à un aussi haul^ point le sentiment de l'honneur national, la guerre

• ment, ou lot payerait une tâxé^eiMnquc, serait ex- B patrie et privé à jamais des droits de citoyen des » Etats-Unis. < C’était là une de ces lois que l'on n'appliquu guère ou qui n’aUcignent qu’un coupable sur raille. ^

’ Lettre du 18 octobre 1808.

CHAPmiB I.

aurait été déclarée i l'instam même. Cependant I M. JuiTcrsim, quoique entouré de la farcur publi* ' que. iiVùlpas pu rciiireprcndre sans compromettre i S.1 popularité. Aurestc, quelque clTorlqucron fasse

pour éviter celte guerre, elle aura lieu un jour. C'est un mallicur pour les Américains, pour la France, pour FFurope peut-être, qu'elle n’ait pas éclaté plus tôt.

AFFAIRES INTÉRIEURES

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