‹ Histoire de FranceChapitre 73 sur 142 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

nement fil naître des rapprochements * sopcrstl- | tieuXf qae justifiera trop bien l'avenir. L'impression fut vive et profonde. A Vienne comme à Paris» de tristes pressentiments frappèrent toutes les imaginations; mais bientôt une heureuse nouvelle fil, à Paris comme à Vienne, oublier ces mauvais présages. La grossesse de Uaric- Louise répandit la joie dans les deux pays. « Le fils de Napoléon» di- » sait l'empereur François au comte de Sickingen,

» sera mon petit-fils: il trouvera en moi lessenti- • ments ^ d’un père. > Les lettres de Marie-Louiso charmaient ce prince» et le bonheur de sa fille faisait le sien.

Quoique Napoléon n'cùl pas modifié son système d’alliance, le séjour du comte de Mclternich à Paris n'était pas sans quelques résultats. Ce ministre en avait obtenu deux, dont Tuti tenait aux intérêts matériels, l'autre à riionneur de sa cour. Douze niillioQS de francs restaient dus sur la contribution de guerre stipulée dans le traité de Vienne. C'était une dette envers la France, dont Napoléon ne se croyait pas autorisé à faire la remise; mais il accorda des délais ^ pour le payement. Celte cuiideseendancc fut d'un grand prix pour un gouvernement dont les finances étaient dans la plus déplorable situation; mais, à côté de celle faveur purcmciil pécuniaire» une autre concession d'un caractère plus grave fut annoncée à l'empereur François par Napoléon lui inémc» dans une lettre^ qu'il lui adressa au retour du comte de .Melternich à Vienne. Après quelques mots übligcanls pour Sa Majesté Impériale, Napoléon ajoutait : ije ii’at- M tache plus de prix à rcxécutiun des articles se- » crets <lu traité de Vienne relatifs à son arincc. a Je désire qu'elle voie, dans ce désistement, mon » désir de lui plaire... » Au fond, ce désintéresse* rncnl était un témoignage d’amitié plus qu'un bienfait véritable. D'uii côté, l'Fmpcreur ne devait pas | craindre que les armements de l'Aulriche, si clic en faisait, fussent» de quelque temps du moins, dirigés contre lui; de l'autre» il savait que la situation financière de cette puissance ne devait pas, avant quelques années» lui perinellrc de grands efforts. D’ailleurs» l'obligation imposée à i'Aulri* ebe de n'avoir que cent cinquante mille hommes sous les armes, appartenant à celle classe de me-

* Tfiui le momie lie rappela le dèaâcirenx évènemeDt i1«* la place Loiiia XV lurt du ntaria^e de Louia XVI avec JHarie-Antoiartiv.

* O aoni là de ces paroles doni l’aveuir e»i le aeiil juge.

* Il fut ronveau plus tard que cette somiDr, qui aurait dû être acquittée au 1** janvier 1811» icrait payée dans le* six premiers mois de 1815, à raison de deux million par mois.

sures qui souffrent dans l’exécution d'énormes difficultés, l'abandon de cctlc clause n'était en efiet qu'un hommage» mais un hommage toujours précieux, rendu à l'indépendance d'un grand empire. Dans lu cas où la cour de Vienne n'aurait pas été dénuée de toutes ressources, elle eût pu aisément» malgré la surveillance de Napoléon» élever son état militaire à un degré de force beaucoup plus considérable. Dans la gène de sa situation» l'clfcctif de rarméc autrichienne 4^’aUeignait pas même la limite fixée.

Si la bonne administration d’un pays, si l’babile gestion et l'ordre de ses finances sont les cléments sur lesquels doit s'évaluer son importance politique, il faut convenir que l’Autriche ii’offrail, en 1810, aucune des conditions propres à faire attacher un grand intérêt à sou alliance. Son administration n'éUit qu'un chaos. I.cs Mclternich n'exerçaient d'action que sur la politique extérieure. Au dedans» nul ministre n'avait la haute main sur renscmbic des affaires de l'État. Chacun d’eux faisait des rapports partiels; les comptes étaient rendus individuellement à l'empereur» qui souvent les approuvait sans les lire. I.e mal tenait à des causes fondées sur la situation morale du pays. Les hommes manquaient au gouvernement pour les fonctions publiques de premier ordre. Les classes supérieures irayanl point l'ambition du pouvoir» les emplois lombaiciil ou entre les mains d'étrangers qui venaient chercher fortune à Vienne» ou de subalternes, sans instruction solide» sans autre science que celle d'habitudes étroites et mesquines. Si quelques grands ^ seigneurs, on mal élevés, ou élevés dans un autre but que le service de rÉlal» avaient parfois la fantaisie de prendre part au gouvernement» ils y devenaient bientôt des embarras plutôt que des auxiliaires ou des iuslruroeuls utiles.

La différence des Étals dont se composait la monarchie, enfantait aussi un aulro genre d'inconvénients. Les intérêts des divers pays n’étaient pas les mômes. C'était un llungruis, le comte Zichy, qui dirigeait le dé|>arteincii( des finances. La Hongrie était prospère; les charges pesaicul presque sans réserve sur les États allemands.

Peu de temps après la hausse passagère des fonds

* En d.iic du 50 scpinnbrr.

^ Je lit dans un bulletin tin irnipt : • Le* gr.>ndt

• teigneur* auiricbient «e livreol preti;ue tout à de sin- « giiliôre* ditiractioiui. L’un fait chanter de» mrstet; no

• autre det opérât; celui-ci biiii dn lourellet tnr «le* ■ roc* etcarpé*, celui-là un temple de la Nuit. Ce tont là » Ici plut taget; lot autre» te ruinent au Jeu. •

rOUTIQUB EXTÉIUELRE,

pablici, produite par le mariage de Napoléon avec une archiduchesse, la baisse avait recommencé pour se prolonger sans terme. Le papier-monnaie était tombé au point qu'il se vendit, en certains momeols, à raison de cent dis florins pour un /oni> de France.

Les métalliques dont la valeur décroissait chaque jour, avaient été accaparés par les spéculatcurs de toute religion, juifs, grecs et chrétiens. Il fallait toute la patience du bon peuple d'Autriche pour supporter la misère qui résultait d'un tel état de choses. L'empereur François était fort occupé de scs fleurs , et très-peu des embarras de l'État, et ou UC l'en aimait guère moins. Cependant des essais d'émeute avaient lieu; des cris se faisaient entendre sur les places publiques; on arrêtait^ les hommes les plus mutins, et, quelques jours après, on les mettait en liberté. La cour fut un moment inquiète ; scs équipages étaient prêts pour sc mettre en sûreté à la première apparence d'un mouvement plus grave; on tenait les troupes de la garnison sous les armes, et on leur distribuait des cartouches; mais, tout à coup, quelque manœuvre de banque ou quelque circonstance particulière amenant le moindre cüangomenl favorable dans le cours des fonds, le calme se rétablissait partout. A la lin de décembre, la valeur nominale du papier était à huit cents pour cent de la valeur réelle. C'était presque de la prospérité. Un mois plus tùt, il avait perdu jus<|u'à douie cents pour cent. l.a monarchie autrichienne a véritablement un caractère tout particulier. On est étonné des immenses moyens que lui fournit pendant la guerre le dévouement de sa population. La guerre cessant, toute cette force disparaît avec elle. C'est la guerre qui lue les autres gouvernements ; celui de l'Autriciic SC mine surtout par la paix; mais, même dans cette maladie de langueur, il a encore un principe de vitalité plus fort que les autres Étals; il résiste à des crises sous lesquelles tout autre gouvernement eût succombe.

Cette situation de l'Autriche était parfaitement connue de Napolé<»n. Sans doute son mariage lui offrait, pour des circonstances diircreotes, l'éveo-

’ 1.8 monnaie de cuivre était un vériiahle papier-tnonnaie, dont la valeur réelle i'éluignail Jiiui chaque jour de SA valeur nominale; mai* celte dépréciation allait moiui vile que celle dci billet* de banque. Avant la guerre de 1809, le gouvernement avait fait, dans une Année, un bénétîce de huit milliou* de tlurin* sur celle fabrication. J'ai eu sou* les yeux la preuve de ce fait dans me* fonctions d'adminislraletir générai de* province* Autriebiennes conquise* en 1809.

• Au milieu de décembre.

* Vokn dans quels terme* le duc de Cadorc s'expliquait

tualilé d'une alHance plus fticHc avec cette puissance, mais ce n'était là qu'une chance éloignée, qui ne préstuilait pas un intérêt actuel , et, après tout, dans sa lutte contre l'Angleterre, la Russie était loûjours pour lui le plus puissant cl le plus indispensable de ses auxiliaires. D'ailleurs, il y avait en Russie une volonté qui savait être forte an besoin. En Autriche, on voyait l'empereur François exposé à des entraînements dont il était incapable de se défendre. Si, dans ce dernier pays, les ennemis de Napoléon avaient été quelque Iciiips obligés de SC taire, l'fiosiililé, loin de s'eteindre, vivait et se forliliait dans des esprits incurables, qui ne manqueraient pas de reveuir bieutôt à leurs précédentes habitudes.

L'intrigant Haldacci , stigmatisé par les bulletins de Napoléon dans la guerre de I8(H), avait déjà repris faveur auprès de l'empereur François; cl des articles de journaux, dirigés contre ce misérable personnage, ne faisaieul qu’accrullre son crédit auprès de ce prince, auquel il se montrait comme une victime de üévouciiienl à sa personne.

1^ comte de Stadiun, absent de Vienne depuis la paix, y ayant reparu sous prétexte d'aflaires personnelles, y fut l'objet de caresses et de démonstrations dont la signification n'était pas douteuse.

Si l'aristocratie russe ressemblait à l'aristocratie autrichienne par son opposition au système français, du moins Alexandre savait-il la maîtriser, et principalement i l'étersbourg. C'èlail seulement loin de ce prince qu'elle manifestait avec éclat des tendances contraires aux sicunes. Tandis que, depuis la paix de Tilsill , Alexandre avait professé un atlachcnicnt public à l'alliance de Napoléon , le parti anglais, qui s'agitait constamment à Vienne contre cette alliance, se composait en partie de Russes, et même de Russes en activité de service. Dans ce nombre figuraient, en I81U, le général prince Bagration et le plus jeune des deux frères Alopèus , employé par Alexandre dans sa diplomatie. O dernier était destiné à se rendre à Naples, comme ministre auprès du roi Joachim. Je ne parle pas en cc momcDt de Poxzo di Rorgo 3,

sur celui-ci clao* nnc lettre du 97 juillet à l'ambassadeur M. Otto ; « Le ftieur Poxzo di Borgo, qui a été au service

■ de Russie, est revenu k Yirtinc pour y couiiiiuer *e* » talc» intrigue*. De quelque titre qu'il *oil décoré , il B est oc français, et par conséquent il est sujet tk l'Ema pereur. Il * été coudauiué k mort par rouiuraace a comme ayant trahi la France eu faveur des Anglais, a L'Empereur pourrait dcmamlrr ton exu-A<lhiua; il

■ demaude aeiilenicDt sou expulsion de* ÉlAt* de la mo- * narebie aulrichicooe. •

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