CHAPITRE XXll
célèbre écrivain ministre > secrétaire d'Élat du roi i de Wcstphalic. Les sciences et les lettres avaient I auprès de ce prince un juge éclairé et un honora- ! ble protecteur. |
Un jour, lorsque, dans une autre direction des I esprits, les nations germaniques voudront se donner des gouvernements représentatifs, la Hesse ' électorale sera un des Etats ou le peuple saura le j mieux faire valoir ses droits, évidemment parce que l'existence même passagère d'un royaume de Westphalie dans cette contrée y avait jeté un germe des idées françaises, restées, sous beaucoup de rapports, libérales, malgré Napoléon ou par Napoléon.
Au moment ^ où l'Empereur avait cédé au roi de Wcstphalic la possession du Hanovre, le projet de traité qui lui fut soumis, portant cession de la souveraineté de ce pays, l'Empereur, comme nous en avons fait précédemment la remarque, inodiQa cette rédaction, attendu, disait-il, u qu’il ne pou- X vait donner ce qu’il n'avait pas, mais seulement » céder les droits qu'il avait lui -même sur cet )> Etat. » En d’autres circonstances, l'Empereur prétendait que la conquête seule constituait la souveraineté 3. Ici il semble prévoir qu'un jour il pourrait lui être utile d'avoir conservé la libre dis- [ position du Hanovre, et il prolitcra en cITct de la , première occasion qui lui sera oITerlc pour se res- i saisir d'un droit supérieur sur ce pays, quoiqu’il | l'ait cédé au royaume de Wcstphalic. [
La remise du Hanovre ayant été faite par un i agent français le 11 mars, le ministre wcstphalicn j désira que l'acte qui en avait été dressé fût con- | lirmé et approuve par l'Empereur. Deux griefs contre le roi Jérôme servirent de prétexte au rejet de cette demande.
Dans presque toutes les cessions de territoire que faisait l’Empereur, son usage était de prélever une part de domaines, qu'il répartissait, à titre de récompenses, entre les hommes qui le servaient le mieux, et particulièrement dans l’armée. En prescrivant une retenue de ce genre dans le Hanovre, il avait fait stipuler que les domaines réservés à la France resteraient, pendant dix années, exempts de toutes charges. Le traité obligeait aussi le roi de Wcstphalic à pourvoir aux masses et à la solde
des troupes françaises laissées dans ses États. Au mépris de ce double engagement, les domaines réservés avaient été soumis à des taxes anciennes ou nouvelles , et la solde des troupes n’avait pas été payée exactement. Informé de l'inexécution des conditions imposées au roi de Wcstphalic sur ces deux points essentiels, l'Empereur ül déclarer, par une note ^adressée au ministre wcstphalicn à Paris, que, d'après ces deux circonstances, il se voyait à regret dans la nécessité, non de reprendre cl de retirer au roi radministralion du Hanovre, mais U de regarder le traité comme rompu par la Wcsl- » phalic cllc-mémc. » Il écrivit de sa main , cl fil ajouter à la note les mots suivants : u En consé- » qucnce, l'Empereur se croit en droit de disposer Il à l’avenir du Hanovre comme le voudra la poli- » tique de la France, n En faisant connaître au ministre de France à Casscl la note remise à Paris, le duc de Cadorc chargeait cet agent, M. Reinhard, de répéter au ministère wcstphalicn que le roi pouvait toujours administrer le Hanovre, « mais que » l'Empereur ne se tenait pas pour engagé. » Ce langage est celui d’une prévoyance bien entendue; mais n*cùt-il pas valu licaucoup mieux garder le Hanovre en état de disponibilité, comme objet éventuel d'échange, que de se condamner, par une cession prématurée, à employer ensuite de vains prétextes pour recouvrer la libre disposition de ce pays dont on s'était dessaisi sans nécessité?
Le roi de Wcstphalic, comme tous les jeunes princes, aurait désiré avoir, non pas une armée nombreuse, ce que scs finances ne lui permettaient pas, mais du moins quelques corps brillants, tels, par exemple, qu’un régiment de cuirassiers. Dés que rEm(>crcur fut instruit de ce projet du roi, il s’empressa de l’en faire détourner, cl par d'excellentes raisons : « C’est une arme trop dispen- :> dieuse^*, disait l'Empereur; il est plus convenable » d’avoirdc la cavalerie légère. D’ailleurs, de toutes i> les parties de rAlleniagne, ce sont les soldats » wcstphaliens sur lesquels on peut le moins comp- » ter. Si j'ai envoyé en \>'estphalie dix-huit mille » hommes, mon but a été en partie de dispenser I) le roi d’avoir un trop grand nombre de troupes n cl tant d’ofiieiers qui, au premier vent, se tour-
’ Voici dans quels termes Jean Muller , que j'avais ; beaucoup vu priulam qiiciqiios années , m'aunonra sa uoniinanon : «Enlevé, nu milieu de ma course en Wur- » lenilH-i’ij, par un rnnrricr qui me surprit, autant que » l'aigle de Jupiter le jeune priiirc iroyen, je fus trans- 1 porté de Francfort à Fontainebleau, comme lui des |
• pltiirages du mont Ida nu séjour des dieux. Celait |
• bien pour être ministre d'un des dieux, non pour lui
» verser le nectar, mais pour signer des décrets. » On .
peut cire un grand historien sans posséder le style épislolairc tel que nous l'entendons en Franec.
* n juillet 1810.
* Nolainment dans les négociations pour la paix de Vienne, en 1800.
* Note remise par le due de C.idore a M. de XVinlxingerotie, ministre de Westphalie ù Paris, le 23 oclobr<-
* Lettre du due de Cadore, du 1) novembre.
[tsio]
POUTIQÜF. EXTÉRIEIRE.
» ncrorit contre moi.» L'Empereur ajoulail encore une réflexion très-ugc : « Le Bavière, la Saxe, étant i> de vieux pajrs, sont sûres de U iidélilé de leurs m troupes , et encore les princes de ces Étals ne » s'amusent point à créer de nouveaux corps. » La prévoyance de l'Empereur était juste; seulement elle n'allait pas assex loin. Des circonstances surviendront où les vieux pays, les anciens États euxmêmes, ne pourront pas plus que les nouveaux rois répondre de l'obéissance de leurs peuples et de la fldèlité de leurs soldats.
Le roi de Naples , dans son voyage à Paris , n'a* tait pas même été aussi heureux que le roi de Westphalie; sa situation ne s'était nullement améliorée. Le trésor français continuait i réclamer de loi les sommes dont il était débiteur, et , sur d'autres points encore, l'Empereur ue lui montrait pas plus d'indulgence.
Presque tous les nouveaux rois de la famille de PEmpercur mellaienl un grand prix à accréditer des ministres auprès des cabinets de premier ordre, et ils traitaient chez eux, avec une distinction marquée, les envoyés de ces cabinets. L'Empereur, comme nous l'avons vu, avait été dans le cas de reprocher au rot de Hollande ses préférences pour un ministre de Russie. Afin d’éviter de retrouver ailleurs les mêmes inconvénients, il lit conoattre au roi Joachim qu’il n'était pas d’avis i que ce prince cnvoyAI de légation à Vienne ni à Pétersbourg. Tout envoi d'agents de la part du roi avait été jusque-ii seulement suspendu d'après les iusinualions françaises. Le duc de Cadore, en exprimant au ministère napolitain l'intention plus précise de l'Empereur, ajoutait que d'ailleurs, en ce qui concernait la cour de Vienne, il pourrait y avoir des difRcullés, celte cour n'ayant reconnu lo roi que comme roi de \epte$.
(,)uclque temps après, l'Empereur Ht annoncer qu'il n'aurait ^ plus d’ambassadeur auprès du roi, mais seulement un chargé d'affaires. La Russie rappela de même son ambassadeur. Cependant, plus lard, la mauvaise humeur de Napoléon contre Joachim se calma, et il accrédita prés de lui on envoyé extraordinaire.
Ii€ désir de devenir roi effectif des Deux-Siciles, en réunissant le royaume insulaire au royaume de terre ferme, avait été l’un des principaux motifs du voyage de Joachim k Paris, et l'objet habituel de ses entretiens avec l'Empereur, i qui il ne cessait de demander le concours d'une flotte française pour l'aider dans la conquête de la Sicile. Rentré dans ses États * avec la persuasion , fondée ou chi*
' l.eltre du due de Cadore. du 30 avril 1810.
* Lettre du duc de Cadore, du 99 nai.
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mérique, qu'il pouvait compter sur ce concours, il s’occupa activement des préparatifs de l'expédition ; il arma une flotlille, réunit, aux points d'em- I barquement , quinze mille Français et douze mille I Napolitains, mais il alleiidil vainement la flotte I française qu'il prétendait lui avoir été promise. Tenter l'entreprise sans cet appui contre un littoral bien fortifié, défendu par un corps nombreux de ! troupes anglaises et protégé par une escadre de la même nation qui croisait dans ces parages, c'était j là une évidente témérité. Le roi en avait été sufli- ' samment averti par un échec arrivé à sa flottille dans les premiers jours du mois d’août. I.4I croi- I sière anglaise avait coulé bas une de ses chaloupes canonnières, maltraité les autres, et enlevé un I convoi ini|)ortant. L'augure n'était pas heureux.
I Cependant Joachim, que ne distinguait pas une rare prudence, ne recula point devant le péril, soit I fausse honte d'abandonner tout à fait un dessein médité avec éclat cl qui lui avait occasionné de grandes dépenses, soit esp«>ir d’une chance de succès qui n'appartiendrait qu'à lui.
Le mois d'octobre étant arrivé sans que l'on vil paraître la flotte française, une partie des troupes napolitaines , avec la seule flottille du roi , passa le détroit , et se trouva sans obstacle sur les côtes de la Scalrlta ; mais, le lendemain , le général Cavai- I gnac qui les coumgindail, voyant que le reste de l'armée ne le suivait pas, fil rembarquer sa troupe, et revint au point d'où il était parti. La promptitude du retour fut telle qu'il laissa en arriére quelques compagnies qui, s'étant engagées dans des montagnes, furent coupées et faites prisonnières. Le gouvernement napolitain a supposé que l'Kmpi'rcur, en autorisant une espérance qu'il ne se proposait pas de réaliser, n'avait eu en vue que d'occuper, dans la Méditerranée, des forces anglaises considérables de terre et de mer, afin d'einpéclier qu'elles se portassent soit vers Corfou soit vers le Portugal. Quoi qu’il en soit, ce n’était (las une raison pour le roi Joachim, du moment que l'assislance française lui manquait, d'aller commencer, sans avoir le moyen d'y donner suite, une opération dont il devait sentir que, pour scs forces seules, l'exécution serait impossible.
Si, de Naples, nous remontons au nord de l’Ilalic , ce n'est plus le pape que nous trouvons à Rome. Le drapeau pontifical a fait place au drapeau tricolore. Naples est devenue limitrophe de la France, et ce voisinage éveille par moments, chez le roi Joachim, des inquiétudes sur la durée même de l’existence de son royaume, inquiétudes
* mai.
CEIAPITllE XXir.
mal fondues qui, en inQuanl sur sa conduite, affaibliront la conflancc entre lui et l’Empereur.
Après son enlèvement du palais Quirinal, le pape, transporté d'abord à Grenoble, avait été, sur un ordre de l'Empereur, daté de Schœnbrunn, conduit à Savone, que ce même ordre désignait pour la résidence de Sa Sainteté. Séparé de tous les hommes qui antérieurement avaient pris part aux affaires politiques. Pie VII ne montra, dans cet isolement , que plus de fermeté et une résistance plus énergique aux désirs du gouvernement français. Il se plaignit vivement qu’on eût éloigné de lui les personnes dont les conseils lui étaient le plus necessaires, et particulièrement le cardinal Pacca, détenu à Féncstrcllc. Des cardinaux et des évêques français et italiens, désirant amener un rap- > prochement entre le saint-père et l'Empereur, du moins sous les rapports ecclésiastiques, prièrent vainement Sa Sainteté de contirincr l’institution canonique aux évéques que l’Empereur avait nommés aux différents sièges vacants en France et dans le royaume d’Italie. Pour rendre plus facile le consentement du pape, le cardinal Caprarn, son dernier légat en France, et qui lui écrivit comme archevêque de Milan, lui annonça que » l’Ein- » pcrcur n’exigeait pas que Sa Sainteté fit men- » tion de lui dans les bulles apostoliques , pourvu » cependant qu’elles ne contÿisscnt rien qui fit >1 supposer que la nomination fût faite par le pape » de BOH propre moutement. » Cette condescendance ne satisfit pas le saint-père. Dans sa réponse * au cardinal Caprara, tout en regrettant de laisser les églises sans pasteurs, le pape demandait une satisfaction préalable sur une foule de griefs dont il faisait une longue énumération. Il témoignait en outre qu’il ne pouvait délibérer sur des questions aussi graves sans avoir auprès de lui les conseillers de son choix. Comme le cardinal Caprara, dans sa lettre à Pic VII, avait donné à entendre qu’il ne manquerait pas de gens qui lui reprocheraient de ne pas vouloir mettre de distinction entre le spirituel et le temporel. Sa Sainteté lui disait qu’il connaissait assez la vérité pour démentir cette calomnie. i: D’ailleurs, ajoutait le saint-père, vous savez X bien que nous ne pouvons laisser sans défense le » patrimoine de l’Église, sans manquer esscntiel- » lenient à nus devoirs et sans nous rendre par- » jures. » Ainsi, dans la justification meme de sa conduite, le pape avouait la confusion des pouvoirs dont il cherchait à se défendre, cl convenait que c'était la question du domaine temporel qui l'empêchait de faire cesser le veuvage dessiégcsépiscopaux.
‘ Lettre (le Pic VII ou CKrdiiial Caprar.'i , du 20 août
Le décret impérial du 17 mai 1809, qui avait prononcé la réunion des États romains à l’empire, fut confirmé par un sénatus consulte du 17 février 1810. Ce sénatus-consulle, qui portait que la ville de Rome serait la seconde ville de l’empire , que le prince royal prendrait le titre et recevrait les honneurs de roi de Rome, établissait, d’une part , l'indépendance du trêne impérial à l’égard de toute autorité sur la terre, et, d'autre part, l’inconipatibililé de toute souveraineté étrangère avec l’ciercice de l’autorité spirituelle dans l'intérieur de l’empire français. Les quatre propositions de l’Église gallicane, arrêtées dans l’assemblée du clergé en 168â, étaient déclarées communes à toutes les églises catholiques de l’empire. Les papes ! devaient , lors de leur exaltation , prêter serment de ne jamais rien faire contre ces quatre propositions.
Quant à rcxislcncc personnelle des papes, il devait leur être préparé un palais dans les départements de l’empire où ils voudraient résider. Ils en auraient un nécessairement à Rome et à Paris, et il leur serait assuré un revenu de deux millions en biens-fonds exempts de tout impôt.
Ce ne sontguère les raisonnements qui manquent quand il s’agit d’expliquer un envahissement plus ou moins légitime. Les motifs sur lesquels on appuyait la réunion des États romains à l’empire avaient été de nouveau exposés dans un rapport fait à l’Empereur par son ministre des affaires étrangères. Ces motifs étaient de deux espèces : les uns concernaient le pape comme chef de l’Église; les autres le concernaient comme souverain temporel. Les torts du chef de l'Église étaient de se refuser également à l’exécution du concordat français et à celle du concordat italien ; de laisser dans le royaume d’Ilalic et en France une foule de sièges vacants, à défaut de l’institution canonique qu’il refusait aux évêques nommés. Le pape avait en outre repoussé toutes les instances faites auprès de lui par l’Empereur pour obtenir un concordai à l’Église d’Allemagne. IiiQexiblc dans le dessein d’élever la suprématie ponlificalc aux dépens de l’indépendance de l’empire et des droits de l'Église gallicane, dès 1804 il avait demandé directement à l’Empereur l’abrogation des quatre propositions de Bossuet qui consacrent ces droits.
A l'égard de la puissance temporelle du pape, l’obstination de Sa Sainteté à vouloir rester en dehors de tout concert propre à garantir In sûreté de l'Italie, avait rendu indispcns.ibic In destruction de celle puissance. Cependant l'Empereur désirait vivement mninlcnir l’unité de l’Église romaine; mais, disait le ministre des affaires étrangères, « l’unité n et la sainteté du culte n’exigent pas que le chef
POLITIQUE EXTÉniEURE.
n de l'ÉglisesoUsouvcrain... Les papes n*onlacquis » une puissance temporelle que par des moyens n temporels ; ils peuvent la perdre de la même n manière.
» En faisant cesser celte souveraineté abusive, » Votre Majesté n'apportera aucun changement « dans les choses spirituelles. Sa ferme volonté est n que le pouvoir religieux soit respecté dans toutes
• ses allribulions, et le concordat sera toujours la R règle des rapports nécessaires de ce pouvoir avec
• l'autorité civile. L'évéque de Rome continuera N d'être le chef de l’Église. Quelque part qu'il soit, « son pouvoir est le même. L'Église est toujours N gouvernée par son chef, quoique ce chef soit » absent de Rome....
n L'empire de Votre Majesté contient maintem nant les deux tiers des États catholiques de l'£u- » rope. L'inlérétde la religion exigerait donc que V Paris fût, comme Pont été Ârles et Avignon, la a résidence du pape, ou au moins le siège du gou- » vernemcntde l'Église.»
L'Empereur tenait beaucoup à ce que Paris fût le séjour habituel du pape. Il ne songeait point à se faire, comme les czars de Russie cl le roi d'Angleterre, le chef extérieur de l'Église-, il préférait l'exemple de Constantin, et pensait que l’intcrét du culte voulait que les deux grands pouvoirs de la catholicité résidassent dans une même capitale.
En citant quelques passages du manifeste impérial comme exposition des doctrines de l'Empereur sur la question ecclésiastique, nous nous sommes abstenu de reproduire tous ses autres sujets de plainte contre le saint-siège; mais étail'Ce bien un Étal en paix avec la France que ce gouvernement romain dont les agents attisaient, dans l'Italie tout entière et dans te Tyrol, le feu de la révolte contre elle, dont les salelliles les plus dévoués, les jésuites, avaient formé une confédération souterraine qui, sans les victoires de l'Empereur, eût pu amener en Italie un massacre générai des Français? El n'était-ce pas la plus violente des déclarations de guerre. le plus passionné des manifestes, que cette bulle d'excommunication lancée contre l'Empereur, précisément au milieu des pln.s grands dangers de la guerre, sur l'espérance trompeuse du triomphe des Autrichiens, bulle incendiaire qui, dans l’hypothèse de revers de Napoléon en Autriche, eût fourni l'arme la plus terrible à scs ennemis, puisqu'elle tendait à rompre tous les liens entre
' Ix>rsque rarmêe frinç«ise l'einpara de Trietie, elle y trouva 2â,000 fuciU rt un grand magaain d'êqtiipemeni apporiéa dans celle ville par les Anglais, et deslinês à t'armernem des £lals romains.
* I”juin 1H|0.
SCS peuples et lui? L'Empereur, dans les reproches qu'il adresse à la cour de Rome, se dispense même de citer des faits ^ spéciaux qui prouvaient l'intenlion où était cette cour de prendre une part active à la guerre, le jour où elle aurait pu le faire avec quelque espoir d'impunité.
La conspiration ourdie, dès 1809. par les jésuites contre les Français, fut découverte cl déjouée en 1810. Elle consistait en une grande association formée sous le nom de société (fiéccratiçue an/tfiapo/éontênn« f dont les deux sièges principaux étaient à Lugo et à Bellunc. Là résidaient les deux comités qui meltaientcn mouvement toute l'organisation, et donnaient des instructions aux deux ^ classes de ses membres, les adeptes et les néophytes. LesraraificalionsdcceUc société étaient immenses, cl lorsque l'on put juger jusqu'où elles s'étendaient, on fut effrayé du grand nombre et de la qualité des hommes qu'il y aurait à punir. La politique parut ordonner de jeter un voile d'indulgence sur la masse des coupables. Trente des chefs principaux furent arrêtés livrés à la cour de justice de BoIogM et condamnés à diverses peines. Ccl acte, empreint tout à la fois de sévérité et d'indulgence, rompit les trames, découragea les conspirateurs et tint en respect pour quelques années tous les genres de malveillants , sans en excepter les jésuites eux-mémes. Ce u'estqu’cn 1814, au^moment de nos désastres, que nous les verrons reparaître.
Préservé, en 1809, par la fortune, de reffet des intrigues auxquelles s’élail livrée la cour de Rome, l'Empereur, pour éclairer les difficultés de sa situation avec le saint-père comme souverain spirituel, avait, le 16 novembre , formé, sous la présidcnci' du cardinal Fesch, on conseil composé ^ des hommes les plus éclairés du clergé françias. Ce conseil s’élanl réuni dans le mois de janvier 1810, l'Empereur lui soumit plusieurs questions fort importantes, et particulicrcmciil celles qui suivent : Le gouvernement français u'ayaiit point manqué à l'exécution du concordat, tandis que le pape s'est refusé à remplir les obligations qui le concernent, que convient-il de faire pour le bien de la religion? Les circonstances n'cxigeiU-cIles |>as la convocation d'un concile national? Le conseil fut d'avis qu'il y avait lieu à convoquer un concile. Quant au refus fait par le saint-père de donner rjnslilutiuri canonique aux évêques, le conseil décida que cctlc
* Le» membre» de ce conseil éuient l'jircherêque de Tour», le cjirdiaal Maury, les evéque» de Nanie», de Trêves, d’Évreux et de Ycrct-il, le supérieur du séminaire Saini-Snipiee. M. Émery, et le père Footane, général des baroahiies.