‹ Histoire de FranceChapitre 87 sur 142 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

pagnes, les villes môme étaient desertes. Les Français, ne rencontrant partout que la solitude et des ruines , étaient forcés à de longues et pénibles excursions pour se procurer des vivres et des fourrages. I/arniée anglaise , approvisionnée par la mer, ii'cprouvait pas ellc-mènic de pareils besoins; niais les masses nombreuses rassemblées près de Lisbonne y souffraient tous les tourments de la plus affreuse disette. La faim produisait la révolte; pour apaiser la révolte , la régence avait recours aux baïonnettes anglaises. De l'aveu même des écrivains anglais, plus de quatre cent mille habitants périrent de misère.

Presque aussi souffrante et manquant de tout, l'armée française s'obstina, pendant près de deux mois, à bloquer des armées trois fuis plus fortes > qu'elle; mais enfin le courage des privations, le plus difficile de tous, dut avoir son terme, et l'épuisement de tous les pays cnvironuanls, même ù une

• D'aprè* le» ôlals soumis .‘iii parlement, lord Wellington avait sous ses ordres, eu 1810 :

Troupes anglaises 54,000 h.

Troupes portugaises régulières. 51,000

Milices 80,000

Total. . . . 185,000

graitde distance , lit au maréchal Masséna une loi impérieuse de chercher des ressources dans uit ntouvemcitt de retraite sur Santarem. Le général anglais voulut s’assurer si la retraite était sérieuse. Ayant bientôt reconnu que les Fraitçais, avant tout, desiraient trouver occasion de combattre, il rentra daits scs positions fortifiées, et ce fut dans cet état d'observation réciproque que s’écoulèrent, pour les deux armées, les derniers jours de l’année 1810. Dans cette lutte de deux hommes qui occupent un rang distingué (laits l'histoire, la témérité avait été le partage du vieux guerrier, et la circonspection, le mérite distinctif du plus jeune. L’un ne se montra pas peut-être aussi brillant qu’il l’avait été tant de fois ; l’autre n'était pas encore ce qu’il sera un jour. Tandis que ce dernier se tenait opiniàtrément sur la défensive, les maladies ayant été pour lui d'actifs auxiliaires, sa timide défiance a été réputée une temporisation habile. On lui a fait honneur d'avantages qu’il n’a dus qu’à des circonstances tout a fait accidentelles; mais on peut sans crainte , en cette circonstance , s'abstenir de partager une admiration prématurée, parce que plus tard il y obtiendra de justes droits, et prouvera que , si d'abord il avait été bien servi par la fortune, il devait bientôt mériter ce que d’avance elle faisait pour lui.

l'OLlTIQL'E EXTÉRIEURE.

Page 1