CHAPITRE XXV
Au milieu dcsinlércls les plus élèves, on s’étonne souvent de voir l’Empereur suivre les details les plus minutieux de l’administration, et signaler au ministère les abus qui appellent la réforme. «Dans » tel département, le préfet et son secrétaire gé- II iiéral sont mal > ensemble. — Dans tel autre, il » n’y a point d’accord entre le ministère public et » la gendarmerie;... les affaires souffrent de cette Il mésintelligence. »
Il ün me dit du mal du maire d’Anvers »
« Je désire aussi des renseignements sur l’adn joint 3 (lu maire de cette ville. »
« 11 SC fait à Strasbourg * des recettes et des dé- » penses qui n’entrent point dans les caisses de la Il mairie. Faites comprendre au maire qu’on sait ■I plus de choses qu'il uc croit, et que ma patience Il est à bout. Il
Il Le sous -préfet de Turnbout ^ est fortement » prévenu de favoriser la contrebande, n
Il I.c commerce de Marseille se plaint de mon a consulta Venise; ordonnez une sévère enquête, a
«Vous ne m’avez pas propose la destitution dusea crétaire général ’ de la préfecture du Bas Rhin? a
Il Le sous-préfet d'OIéron ** est un homme décrié a dans l’opinion publique ; proposez-moi sa desti- II tution. Il
Des milliers de notes de ce genre étaient envoyées par l'Empereur à tous scs ministres. Lorsqu’il avait ainsi lui-mèmulcs yeux ouverts sur chaque branche de l’administration, on conçoit quelle devait être la surveillance des chefs de chaque département pour n’être pas pris en défaut, non -seulement dans leur propre conduite , mais dans celle de leurs subordonnés. Si la responsabilité niiiiistéricllc n’apparaissait pas alors dans le langage, elle était dans les choses; elle était d’autant |>lus assurée, d’autant plus inévitable dans la pratique, quoiqu’elle ne fut obligatoire qu’envers un seul homme, que cet homme savait se donner tout entier à chacun des objets dont il s’occupait, qu’il ne voyait rieu avec distraction, ne jugeait rien avec indifférence.
Dans le l’icmoiit , à Gênes , à Parme et dans la Toscane, l’administration n'était pas encore complètement établie sur le même pied qu’en France. L'Empereur veut que cette disparité cesse sous le plus bref délai. Il en fait la recommandation la plus vive à son ministre de l’intérieur.
La société maternelle avait précédemment existé
' heures des mois de Janvier et de février.
’ Leiirc du 27 mars.
* Lciirc du U avril.
t Lcllrc du h juin.
* heure du U avril,
* heure du 0 janvier.
sous les auspices de l’impératrice Joséphine, mais elle n'avait que très -imparfaitement atteint son but. Peu de temps après son mariage avec l'archiduchesse Marie-Louise, Napoléon, voulant placer celte société sous la protection de sa nouvelle épouse, se lit rendre compte de ses statuts et de sa situation. Il trouva que les résultats étaient <■ bien Il peu de chos(!, u et il exprima la volonté de lui donner une dolalion sur le domaine extraordinaire. Ayant fait alors avec la jeune impératrice un voyage en Belgique , ce fut d'Anvers qu’il data le décret qui organisa celte institution et lui donna une action plus étendue. La société devait avoir un conseil d’administration dans chacune des quarante-quatre bonnes villes de l'empire.
L’Empereur, dans les années précédentes , n’avait eu aucune inquiétude à l'égard des subsistances, l'exportation des grains ayant été fort restreinte; mais, lorsque le système des licetice$lui eut donné plus d'extension , on ne tarda pas à reconnaître que l'exportation cnlicremcnt libre n’était pas sans danger; aussi bienlêt fut-elle tout à fait défendue pour les seigles, et rendue moins facile pour les blés par le doublement du droit. Non content de ces premières dispositions, l'Empereur convoqua un conseil spécial pour s’occuper de cette matière, et il chargea son ministre d'y présenter tous les éclaircissements qui étaient entre ses mains. I.a lettre de l'Empereur au ministre fait connaître quelle était la nature des précautions alors en usage. « Tenez la main écrivait l'Ein- » pereur, à ce que ma réserve de Paris soit en- » tière.... L’existence de cet approvisionnement est » coiiDée à votre zèle. Voilà huit ans que je sacri- II fie, chaque année, un million pour cela. Il serait Il malheureux que ces huit millions et ces huîTans » de soins fussent perdus au moment où il faut en Il recueillir le fruit. Je ne dormirai tranquille là- » dessus que bien assuré que vous faites votre af- » faire particulière de vérilicr que l’approvision- » nement de Paris existe. « L’Empereur prescrit ensuite à M. de .Montalivet de prendre connaissance des approvisionnements qui dépendent du ministère de la guerre; de s’assurer que les Invalides, que les hùpitaux ont le leur, de manière à ne pas être pris à l'improvistc. « S’il était vrai , conn tinuc-l-il, comme on veut me le persuader, qu’on » eût exporté en Angleterre quarante millions de
1 heure du 15 mai,
* heure du 2H septembre.
V heure du 1 1 mars.
*“ h’Enipercur cuit parti de Compiegae le 27 avril.
” hc 5 mai.
hettredu 15 juin.
l'OUTiQUE INTÉRIELHE.
U grains depuis le mois d'aoûl dernier, cela sérail stante de l’Empereur de se montrer juste dans » effrayant, n L’Empereur demande en outre au les affaires qui intéressaient conlradicloiremenl la ministre de lui apporter un tableau exact et com* France et le royaume d'Italie. Nous retrouvons en* pict des exportations réelles. cure une preuve de cette louable impartialité dans
Cet article délicat des subsistances occupa rF.n)' une contestation relative i la navigation du FA.
pcrcur tout le reste de cette année. l>es grains L'Cm)>ereur entend que les droits des deux parties
étant encore à bon marché sur les bords du Rhin, soient respectes, et il onlonnc à son ministre de
il en lit arriver, par le canal de SaiiU-QuenLin, des riiilérieiir de sc mettre d’accord, sur les difficultés
quatililésassex considérables sur Paris. Il ordonnai existantes, avec le ministre secrétaire d'Étal du
aussi au ministre de l'intérieur d'en faire acheter royaume, M. Aidini.
à Hambourg, d'où ils arriveraient en Hollande, cl A tout moment, l'Empereur était dans le cas de là en France. Ceux qu’il faisait acheter dans nus de reconnaître qu’il ne suffisait pas de commander
départements méridionaux étaient acheminés de des travaux et même d'assurer les fonds nécessai-
la Rochelle à Nantes, et de Nantes dans riiitéricur. rcs à leur confection, pour que ces travaux fussent
Bien des genres d'hostilités attaquaient, dans exécutés. En traversant les dcpartemenlsde l’Ouest
riiitéricur, le gouvernement impérial. l>a guerre en 1810, il avait fondé une ville, prescrit défaire
des faux hruits n'est pas celle qui fatigue le moins percer des chemins <lans la Vendée, et indiqué le
l'autorité. L’Empereur, qui n'avait |)as fait entrer plan de diverses constructions importantes. Pour
dans sou systcine politique le principe de la lilierté savoir ce que scs ordres ont produit, il demande ^
de la presse, craignait de donner de l'importance au ministre de l’intérieur de faire venir l'ingénieur
aux faux bruits , s’il les faisait démentir par les préposé à ers ouvrages , de sc faire rendre compte
journaux. Pour en détruire le mauvais effet par de l'état des travaux, cl de lui présenter sans délai
une autre voie, il créa une sorte de gaxellc adnii- les devis qui auraient besoin de son approbation,
nislraljve hebdomadaire , qui devait tenir les pré- Parmi des décrets ^ portant plusieurs créations fets au courant des événements vrais, et les mettre essentielles pour la ville de Paris, comme celles de
à même de réfuter les rumeurs mensongères iri* cinq abattoirs, trois sur la rive droite et deux sur
ventées par la malveillance. Il dumia lui-iuèinc un la rive gauche de la Seine, il en est un que le bon
modèle des circulaires que le ministre devait dia- goût n’a pas sanctionné ; c’est celui qui ordonnait
que semaine adresser aux préfets. Par exemple, le d'elever, sur la place de la Bastille , une fontaine
bruit ayant été répandu que le tarif du sel, du sous la forme d'un éléphant en brome. En cher*
tabac et des droits réunis allait être augmenté, cbanl le grandiose, l’Empereur s'clail fourvoyé,
comme aussi qu’un allait revenir au régime des Celte idée, puérilement colossale, échoua dans la
jurandes et maîtrises, l'Empereur, en déclarant seule tentative d'exécution. I.e mauvais effet que
tous ces bruits cgalciiienl faux, ajoutait, à l'égard produisit lu modèle n’aurait pas permis d’aller plus
du dernier, que » rien de ce qui était mauvais ne loin.
H serait rétabli n Malgré la confiance de l’Empereur dans quel-
Tandis que les luis françaises accordent aux ques hommes auxquels il donnait des missions spé-
étrangers presque tous les droits dont jouissent les ciales, il voulait toujours que ces hommes fussent
nationaux, il existait, dans divers Étals, des droits subordonnés à scs ministres. Ainsi, pour les sla>
particuliers de bourgeoisie dont tous les étrangers tues qu'il a ordonné de placer sur le pont de la
étaient exclus. L'Empereur, en ayant faitia rcmar- Concorde, il désigne au ministre M. Ucnon qui
que eu ce qui concernait la ville de Francfort, de- déjà doit diriger l'exécution de la fontaine de l'Elé-
manda ^ au ministre quels élaient les autres {>ays phant et de l'aiguille du Pont-Neuf; mais, à l'égard
où il existait des diffcrcnccs semblables, son inten- de ces divers objets, M. Dciion doit prendre les or-
tiun étant d'obtenir partout la réciprocité. dres du ministre, et lui rendre compte de ses opé-
I.es travaux publics, quoique dépeudaiils du mi- rations, nislcre de riiilérieur, formaient une sorte de dé- L'Empereur, dans scs courses rapprochées ou parlement, quiavaitsundirectcurgcncral.EnlHlO, lointaines, ne fait guère do pas qui ne profilent au ce directeur était M. Molé. pays. Va-t-il visiter l’établissement des archives de
Nous avons déjà fait remarquer l’inlenliou con- l'Empire? il indique à son retour, des pcrfcc-
* Lfürc du 15 novembre. * Décrcii du 5 et du 0 février.
* Lcüre du 8 novembre. * Lettre du 15 février.
* Lettre du 12 norenibrc. ^ Lettre du 15 février.
* Lriire du 24 janvier. 1