‹ Histoire de FranceChapitre 97 sur 142 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

Slli

remplacer riiidigo ou en diminuer au lUuiiK la con> somrnaliun. Del pria furent proposé» pour l’un et l’autre objet: un prix de cent iitillc francs pour celui qui trouverait l’cquivalerit de l'indigo dans une plante indigène ; des prix de cinquante cl de vingt'Cinq mille francs pour ceux qui, en conliiiuaiil d'employer i’imligo, diminueraient, à l'aide de produits de notre industrie ou de notre sol « la quantité dont ils continueraient de faire usage.

La prime d’encouragement qui avait été accordée pour la culture du coton dans les États romains, fut étendue au royaume d’Italie et aux dcparlcmenls de la C4>rse.

l>a guerre maritime, si ruineuse pour le littoral de la France, ne nuisait pas également à toutes les industries françaises. Les produits de la fabrique de Lyon ne suflisaienl pas aux demandes des acheteurs. «Pourquoi Lyon * ii’a-l'il pas expédié plus M de soieries â la foire de Leipzig? • Cette question faite par l'Empereur était la suite des plaintes de maisons de l<eipzig cl de Francfort, qui, tout en payant comptant, ne pouvaient obtenir de Lyon la moitié de leurs commandes.

Adéfaut d'un commerce maritime régulier, l'Empereur ne répugnait pas à favoriser un commerce interlope. Dans un voyage qu’il fît au Hâvre i la lin du mois de mai, l’idée lui vint, probablemenld’aprés les notions recueillies sur sa roule, de faire un essai de commerce par la voie des tmogglerê. « Mon but, M écrivail-it *, est de favoriser rexporlalion des mar- » chamiiscs de France et l'importation du numé- » raire étranger. » Ij'inlcnlion de l'Empereur était que cette contrebande se fit par Dunkerque et Flcssiiiguc. Ici son impartialité ordinaire l'abandoniic, car il veut, pour ks deux villes, un droit inégal, le droit à payer devant être moins forlâ Dunkerque, « afîn, dit-il, de favoriser cette dernière ville, et n de lui procurer les moyens d'améliorer son port » cl autres objets d'utilité publique. »

Le système des lietnees, que nous avons examiné ailleurs, fut, en 1810, un des sujets principaux de la correspondance de Napoléon. Ce ne fut l>as sans hésiter qu'il entra dans ce système. Après avoir délivré quelques licences, il retint * les autres entre ses mains, attendu que la question lui paraissait mériter de mûres réflexions sous divers rapports. A celle époque , l'impurlalion à faire de l'Angleterre était restreinte aux articles nécessaires à la marine. Celle des denrées coloniales n'éuit pas

* Lettre du Mjanrier.

■* Lettre du 14 août.

* S'il rsi vrai, comme on l'a prétendu, que le gouver- Mriiient anglaii détirAt, de »nn edté, envoyer du numétMÎre »ur le comincm afin d'y relever ten rbangrs, il ne

permise encore; car l’Empereur dit à son ministre : « H ne serait pas impossible, si les Anglais reçoivent » nos vins, nos soieries, nos linons et autres pron duits des manufactures françaises , que je lais- H sassc entrer en France du sucre et du café. •• Ainsi jusqu’alors, l’inlroduclion du café et du sucre n'avait pas été antorisée.

Comme l'Empereur voulait être instruit de tout, les rapports lui arrivaient en foule; mais toujours son premier soin était de procéder à la vérification des renseignements qu’ils rcnrcrinaicnl. ■ Est -il n vrai qu’il sc fait à Marseille * des accaparements » de charbon de pierre, ce qui en aurait doublé » le prix? Est-il vrai que des employés de la pré- » feclurc ne soient pas étrangers à ces accaparc-

I» mcnls?n

Kn général, l’Empereur, avant de se former une opinion, veut que toutes les questions soient éclaircies par des hommes compétents. Une lettre d'Ancène parle de toile§ peinlei de lin. Un mémoire lui a été envoyé sur le commerce de Java, un autre sur la foire de Francfort, un troisième sur la consommation du thé en Hollande. Sur toutes ces matières il demande des informations qui puissent aider son jugement et diriger ses déterminations.

Bien différent de la plupart des gouvernements curupcens qui traitent avec douceur leurs posses sions anciennes, et oppriment sans scrupule leurs possessions nouvelles, l’cmpcrcar Napoléon tenait la balance égale entre la France et le royaume d’Italie. Rclalivemcnl aux Ucenca, il voulut que ritalio fût traitée comme la France même. Sa prévoyance veillait aussi à l’cntreiicn des manufactures établies dans cette contrée; et, dans la crainte qu’elles ne fussent réduites â chômer, il recommandait ^ d’y faire l’envoi de toutes les matières propres à leurs fabrications.

Depuis la réunion de la Hollande i la France, les colonies hollandaises ii’avaicnt pas non plus échappé à l’altcntion de l'Empereur. D'après les notions fournies par le gouverneur de Batavia, celle colonie ayant besoin d'un grand nombre d’objets qui pourraient y trouver des placements très-avantageux, l'Empereur jugea que le moyen d’encourager * CCS envois serait de permettre les retours en denrées coloniales, affranchies de tout droit. CcUe intention fut annoncée aux chambres de commerce de Nantes, Saint-Halo, la Rochelle, Bordeaux, Bayonne, Morlaix et Brest. En même temps ou leur

résulte nullement de eeitc coïncidence que Napoléon ait été dupe de l’habileté financière de ce gouvernetneni.

< Lettre du 13 septembre.

* Lettre du 15 arpiembre.

* i.<Mtre du C novembre.

'7~~~ : iTl'oogle

POUTIQÜE INTÉRtElRE.

lit cannaltrc Cfne l'Emperear disposé à pren> dre un Intérêt dans trente de ces expéditions arentarières qui partiraient, savoir, cinq de Nantes, cinq de Saint-Malo, dix de Bordeaux, cinq de Bayonne et trois de Brest ou Morlaix. Suivant I*avis de rEm))ereur, H convenait que les dix expéditions de Bordeaux s’assurassent entre elles, et les autres è peu prés dans la même proportion. La ville d'Amsterdam et autres grandes cités hollandaises furent aussi informées de ce projet, pour qu’elles pussent y prendre part. L'Empereur leur faisait seulement observer qu'il y aurait plus de risques à courir pour des bâtiments sortant des ports hollandais que pour ceux qui sortiraient des ports du midi de la France. Ce projet d’expéditions ayant trouvé faveur dans les ports, l'Empereur donna ordre à l'intendance du domaine de fournir les fonds qu’il voulait y mettre pour son compte.

Nous avons déjà précédemment relevé les interprétations doimées au choix qui avait placé M. de Fonlancs à la tête de l’université impériale. Incontestablement le désir de Napoléon a été de remettre en vigueur tout ce qu’il y avait eu de classique, d'utile dans l’ancienne université de Paris, mais les faits constatent sans cesse qu’il ii’cotendait point ressusciter les abus du régime antérieur, line lettre du 15 juillet de cette année en fournit une nouvelle preuve. Voici le texte de cette lettre : ■ On m’assure que H. de Fontancs a nommé U. de » Galonné, prêtre fanatique, principal du collège » de Quimper, en déplaçant l’ancien principal de 1 ce collège , homme généralement estimé. Fain tes-moi un rapport pour me proposer d’annuler w cette nomination.

» Faites connaître au grand maître que c’est » avec les préfets et non avec les évéques qu'il doit

■ En 1800, l'Empereur avali fait la répartition atii-

vanie:

lUM.Hauy 0,000 fr.

Bernardin de Saint-Pirrre. ...... 9,000

Lapone du Theil,tradiirU'urdc$iraboii. 9,000

Gosselin 9,000

Corai. 9,000

Monge 0,000

Gianni, poëtc italien. .......... 3,000

Le Brun , ex -élève du Prylanée , poêle. . 1,900

Legendre. . 5,000

Barré é,000

fladet 4,000

Desfontaines 4,000

Honsigny, musicien. 9,000

Pallitsoi 5,000

A reporter. . . 44,900 fr.

n correspondre pour ce qui regarde l’instruction » publique, et qu’il ne doit pas faire de cela des » aflaircs de coterie et de religion. • Le grand maître ayant des prétentions à une sorte d’indépendance de tous les ministres , c’était pour lui une leçon assez sévère que d’annuler une nomination qu'il avait faite, et de l'annuler sur la proposition du ministre de l'intérieur, ce qui plaçait formellement l’université sous la suprématie de ce ministre.

En soumettant les journaux i la censure, et en réduisant leur nombre, l’Empereur avait voulu faire sortir, du monopole attribué aux journaux maintenus, une part de bénéfice au prolit des gens de lettres. On a, depuis la restauration, fait beaucoup de bruit de cetlc prétendue atteinte à la propriété; mais, dans le mode de gouvernement qui existait alors, le pouvoir, en assurant à certains journaux un privilège, n’avait -il pas le droit de mettre un prix à cette concession exclusive, et pouvait-il en faire un meilleur usage que d’en employer le produit en récompenses aux lettres, aux sciences > et aux arts?

Quoique en 1810 l'Empereur n’eût pas certainement un projet arrêté de faire la guerre à aucune puissance, pas même i la Russie, l'idée d'expéditions lointaines sc présentant cependant à lui sous 1a forme d'une éventualité possible, son imagination s’exerça, dès le milieu de cette année, sur l'hypothèse d’une guerre qui porlAt l'armée de ligne hors du territoire de l’empire. Dans ce cas, il faudrait mettre en sûreté nos frontières et nos eûtes, tiebe qui devrait regarder la garde nationale. Le secret à trouver était le mode d’organisation le plus favorable pour le gouvernement, comme le moins onéreux pour la population. C’est contre l’Angleterre qu'il faudrait sc prémunir. Des

Report. . . 4-1,900 Fr.

Villcvielle

En 1807, il y «jouta :

31M. Chénier 0,000

Ducrcat , frère de nudarae de GcnlU. . 3,000

B«oiir Lormiaa. ............ G.OOO

Picard f ........ . 0,000

Ddrieu. . 6,000

Luce-Lancival. 6,000

Total 70,900 fr.

Je me aouviena avec plaisir d’avoir mot- même fait obtenir an secours de ce genre à nn de rocs vieux parenu, le aataralisle Talmoat de Bonare. J’eo eus l'obligation à M. de Talleyrand qui avait soivi set cours d’histoire nalorelte. Je conduisis chez lui le bon M. dr Bomare, devenu presque aveugle. Celui-ei n’ayant iné-

CILU'ITIIE XXV.

lonUlivcs > pourraient être faites par cette puissance sur Anvers, Uoulognc, Cherbourg, Brest et Rochefort. Il faut que, sur tous ces points, on puisse, sans agiter toute la France, réunir, des départements voisins, un corps plus ou moins considérable , qui d'avance soit organisé. L'Empereur se pose ce problème à résoudre. Combien, en cas d'événement, peut-on faire marcher de gardes nationales sur les points menacés? Si chaque million d'habitants peut fournir vingt mille hommes, on aura un corps de soixante mille hommes pour chacun des points indiqués, en donnant à chacune de ces armées auxiliaires un arrondissement de trois millions d'àraes.

Après ce premier calcul, l'Empereur en fait un second où il réduit les chiffres de moitié. Dans celui-ci, chaque million d’habitants ne fournirait que dix mille hommes. Faisant l'application de ce dernier calcul à Anvers, il réunit huit départements pour former trois millions d'âmes, ce qui donnerait trente mille hommes. I>a Hollande, en raison de deux millions d'habitants, en fournirait vingt mille, ce qui ferait cinquante mille hommes pour cette place. Dans le cas d’attaques sérieuses sur un point , trois arrondissements pourraient se réunir, et on aurait une armée de quatre-vingt-dix mille hommes. Toutefois, dans ces projets divers, l'Empereur entrevoit des obstacles. Comment seront habillées et payées les gardes nationales? Ne conviendrait-il pas de n'y admettre que des hommes en étal de s'équiper eux-mémes? Il n’y a pas de doute, obscrvc-l-il , que cela ne revienne à un impôt, mais c’est l’impôt le plus indispensable de tous. Le développement de nos frontières et de nos côtes est si étendu. La formation de la garde nationale en armée de défense est seule capable de mettre l'empire à l'abri sur tous les points, u H n est pourtant vrai, ajoutait-il, qu’il y a beaucoup >• à méditer sur cette matière. >•

Après une longue dissertation où l'Empereur balance plusieurs propositions contradictoires, il arrive i une espèce de conclusion qu’il résume ainsi : « Je pense qu’on pourrait se contenter d’un » homme sur cent, La France a quarante millions

n d'habitants; elle fournirait donc quatre cent mille » hommes; on aurait un corps d’élite de quarante » mille... Il faut organiser cette force nationale... » C'est un l)cau complément de notre système mi- » litaire que de s’assurer huit grandes armées inlc- II ricurcs, et d’avoir, au premier signal, quarante » mille hommes qui formeraient ravanl;gardc de » quatre cent mille. » Cependant l'Empereur n’a point une conflaiice absolue en ses propres idées ; il les communique au ministre de l’intérieur, pour que celui-ci les livre à l’examen d’une commission. « Ce sont seulement des matériaux que les » commissaires doivent retourner dans tous les » sens, aOn de former un projet qui remplisse mon » but. » Le projet qui lui fut remis ne le salisüt pas complètement; il le renvoya ^ au ministre avec des observations. Dès celte époque, l'Empereur adoptait les locutions qu’il emploiera plus tard , celles de premier et de second bans de la garde nationale. L’arrière-ban était la nation. L'Empereur, avec cette large compréhension qui embrasse tant de chances d'avenir, est le plus grand exemple de la limitation des facultés humaincs.il semble qu’il ait obvié à tout, que rien n'ait échappé à sa prévoyance, et c’est l’imprévu qui le perdra.

De tous les hommes qui ont, à un haut degré, attaché sur eux les regards du monde, l’empereur Napoléon est peut-être celui qui gagnerait le plus à être étudié de près cl jusque dans sa vie privée. Nous ne le suivrons pas si loin ; mais nous ne pouvons passersous silence l'adininistraleurdans l’emploi de sa liste civile.

Parmi les travaux publics exécutés par ordre de l’Empereur, nous avons omis ceux qui concernent le Louvre, parce que ces derniers appartiennent à une autre nature de recettes et de dépenses. Ia;s fonds affectés aux constructions du Louvre n’avaient d'abord été fixés qu’à douze millions cinq cent mille francs. Par un décret ^ nouveau, l’Empereur les porta jusqu’à trente-six millions, et il ordonna que cette somme fût versée par la caisse de l'extraordinaire dans la caisse de la couronne.

Quoique l'Empereur eût assigné ainsi d’avance trente-six millions pour le Louvre, il désirait beau-

moire que (le l'abbé de Talteyrand et songeant peu an I nouveau rôle du prince de Bénévent, son ancien élève, ! au lieu du titre d'Exccllence en usage alors pour les rainisircs, lui donna constamment celui d'/imini'tice. M. de Talleyrand me regardait en souriant et n'en fut pas moins gracieux pour le respectable vieillard. Avant la révolution, M. de Bomare avait cédé son cabinet d’histoire naiurcljc au prince de Condé qui l'avait hit transporter h Chanlilly. Plus tard, la pension que lui faisait le prince ayant été payée en assignats par le

gouvcrncmeni , il tomba dans une misère extrême dont il ne sortit qu’à l’é|>oque où furent organisées les écoles centrales, dans l'une desquelles il obtint une pKice de censeur. Par le supplément qu’il reçut sur les journaux, j’ai eu la satisfaction de contribuer à rendre plus douces les dernières années de sa vie.

' Notes dictées de l’Empereur, le 21 juillet 1810.

’ Le 29 septembre.

^ Lettre de l’Empereur à N. Daru, du 17 janvier

[lAlO]

POLITIQUE INTÉRIEURE

coup ne pas y employer celte somme toat entière. Trois projets lui avaient été présentes : le premier aurait coûte cinquante et un millions, le second trente-quatre, et le troisième vingt-huit. L'Empereur repousse nettement le premier projet; le second lui parait encore bien cher; il penche pour le troisième. >< Si, dit-il, des circonstances de guerre » ou toutes autres m'obligeaient > à me tenir à ce » dernier, j'aurais toujours un magnifique palais. Il On pourrait le perfectionner plus tard. »

L'élévation des chiffres n'est pas ce qui occupe le plus l’Empereur dans sa correspondance. C’est dans de courtes lettres qu’il parle de cinquantaine de millions ; il en écrit une fort longue au sujet d'une maison cl de deux vignes. Celte maison et ces deux vignes étaient un présent qu'il avait voulu faire à sa nourrice, la veuve llari, et il avait chargé de ce soin M. Ramolino par un acte qui conférait à celui-ci, dans la ville d’Ajaccio, la propriété de biens dont la valeur était de plusieurs centaines de mille francs. L'Empereur se plaint que M. Ramolino n’ait pas satisfait aux obligations qu’il lui avait imposées, « quoiqu’elles ne fussent pas dans Il le rapport d’un à dix entre ce qu’il avait à donner Il et ce qu’il recevait. J’apprends, écrit Napoléon Il que ma nourrice a été maltraitée, cl que le Iri- II bunal d’Ajaccio a assez mal rempli son devoir n pour rendre une sentence qui parait inique. Je » désire que vous saisissiez de celle affaire mon » conseil du contentieux. Comme la donation que » j’ai faite est gratuite , il me semble que j’ai le » droit d’exiger que, si la maison et les deux » vignes, que M. Ramolino doit rétrocéder, ne sont Il pas remises à une époque qui sera fixée, ma don nation soit considérée comme nulle. » Deux circonstances étonnent ici de la part de l’Empereur, l’une, qu’il n'ait pas déjà, depuis quelques années, assuré largement le sort de sa nourrice; l’autre, qu’il montre si peu de munificence envers M. Ramolino, frère de madame I^litia, sa mère. Une autre remarque, que l’on fait sans cesse en lisant les lettres de l’Empereur, c’est qu’il n’y a point de petites choses pour lui, et qu’il mêle souvent les petites aux grandes, comme si elles frappaient au même degré.

Dans on moment où il se propose de compléter à trente millions le revenu de la couronne, il a besoin , pour arriver à ce total , d’y faire entrer, pour un million , le revenu des domaines ; et ce revenu d’un million , il ne peut le former qu’en faisant quelques achats de plus à Rambouillet, à Fontainebleau ou à Compiègne. A celle occasion ,

' Lettre i M. Daru, du 11 février.

* Lettre au même, du 4 février.

I il se récrie sur îles non-valeurs qui ont lieu par la I faute de l'administration de la liste civile. « Je dé- X sire que vous me fassiez connaître pourquoi, » cette année, à Rambouillet, un n’a pas semé la » formel; pourquoi, à Saint-Cloud, on néglige » quantité de terres en les livrant à la stérilité, au ; » lieu d’y recueillir des moissons , ce qui est à la » fois un embellissement et un profit... Depuis six » ans, je demande qu’on sème les carrés de Saitil- » Clüud. Aujourd’hui, on va plus loin ; on ne sème X pas même la ferme de Rambouillet. Cela est d'au- » tant plus important que ce n’est qu’en réunis- » sant tous les moyens de mes domaines que je » puis être à meme de les entretenir cl d’en tirer » le revenu convenable. » L’attention que porte l'Empereur sur ses affaires domestiques est aussi soutenue que s’il s’agissait de graves intérêts d’Élat. L’expérience l’avait confirmé dans l’opinion que c’était en poursuivant l’abus dans les choses d’ordre inférieur qu’on s’habituait à le découvrir cl à le détruire dans celles d’un ordre plus élevé.

Après avoir établi à trente millions les revenus de la couronne , l’intention de l’Empereur est que l’on forme un budget de dépenses qui ne dépasse pas quinze à seize millions, mais qui, en y joignant certaines autres dépenses qu’il indique, pourrait aller jusqu’à dix-huit *. Ainsi les dépenses sont fixées à douze millions au-dessous du revenu. Ce n’est pas avec cette prudence qu’a été administrée la liste civile de la branche aînée des Rourbons.

C’était un usage des rois de France de délivrer, en certaines grandes occasions, les pères de famille détenus pour mois de nourrices. Il était tout simple que cet exemple fût suivi par l’Empereur à l’époque de son mariage; mais Napoléon ne se borna pas à la libération de celte espèce de détenus. Il

* Lettre è M. Darti, dti 16 juillet.

4 Modèle de budget donné par l'Empereur :

Pour le service du grand aumônier. . . . 340,000 fr.

du grand maréchal 3,000,000

du grand éeuj'er 3,000,000

du grand chambellan. . . 3,500,000

du grand veneur 430,000

du grand maître des cérémonies 140,000

de l’intendant et du trésorier 600,000

Pour l’extraordinaire de tous les services. 4,000,000 Pour achat de meubles, grandes réparations, etc 3,000,000

Ce qui porterait les dépenses à 16,000,000

h peu près 14,900,000 fr.

Plus pour les dépenses de la grande cassette, pour certains traitements, gratifications, présents, eu; 3,000,000 fr.

Page 1