‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 33 sur 52 · SAINT LOUIS · texte numérisé non relu

SAINT LOUIS

L'année suivante, le turbulent vassal du roi de France, Pierre de Dreux, fut obligé de renoncer au duché de Bretagne, qu'il ne possédait qu'en attendant la majorité de son fils, et comme mari d'Alix. Ce fils, Jean, dit le Roux, ayant atteint vingt et un ans, fut couronné à Rennes par l'évêque Jean Gicquel, et Pierre Mauclerc se contenta du titre de simple chevalier. On l'appela depuis Pierre de Braime, du nom d'une petite propriété qu'il avait conservée. Toutes ses pensées se tournèrent alors vers la Terre-Sainte, où le pape Grégoire IX appelait les chevaliers de la chrétienté.

De grands événements attiraient encore sur ces contrées l'attention de l'Europe. L'empereur Frédéric II avait reconquis Jérusalem en 1229. Mais ses démêlés avec Jean de Brienne, son beau-père, pour la possession de ce royaume, ses luttes continuelles avec l'autorité pontificale, et ses guerres de Sicile, l'empêchèrent toujours de protéger les

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chrétiens d'Asie. Nous avons vu Jean de Brienne implorant les secours du roi de France : la cour de Louis vit bientôt arriver un nouveau souverain, menacé de perdre la capitale de son empire : c'était Baudouin II. empereur de Constantinople. vivement pressé par les Grecs qui voulaient reconquérir leurs anciens domaines. Puis, par-dessus tout cela, la grande invasion des Tartares Mongols roulait ses flots vers l'Occident : Genghis-Khan, maître de l'Asie, avait en mourant partagé à ses fils le reste du monde à conquérir. Pendant que l'un renversait l'empire des Ralifes. l'autre envahissait la Russie, brûlait Moscou, et marchait vers la Baltique. La grande famille chrétienne était menacée, et aux motifs pieux qui entraînaient les populations d'Europe contre les infidèles, se joignaient pour les princes des considérations de la plus haute politique pour opposer à la férocité musulmane cette puissance de ressources que donnaient à l'Occident sa constitution féodale, son esprit chevaleresque, sa foi religieuse. Une touchante cérémonie vint ranimer ces sentiments populaires : la couronne d'épines du Sauveur, donnée par l'empereur Baudouin, arriva en France en 1228. Louis IX alla la recevoir à Vincennes. et la porta, avec son frère Robert d'Artois, jusqu'à Paris, marchant pieds nus et vêtu d'une simj)le tunique. Il fit commencer aussitôt pour la mettre en heu digne d'elle la belle église de la Sainte- Chapelle, auprès de son palais.

Ne pouvant pas s'éloigner de son royaume, il encouragea par des dons nombreux la croisade qui se préparait, et à la tête de laquelle se mit Thibaut, roi de Navarre et comte de Champagne : avec lui s'étaient croisés Hugues IV. duc de Bourgogne: Pierre Mauclerc. Amaury de Montlôrt. Humbert de Beaujeu. Cette expédition, partie en 1239. fut malheureuse. Débarqués à Saint- Jean d'Acre, le grand poste chrétien de la Palestine, les croisés furent battus à Gaza, et revinrent l'année suivante, pendant que Richard, duc de Cornouailles. frère du roi d'Angleterre, arrivait de son côté. Ce prince revint en 1241 sans avoir fait autre chose que racheter les prisonniers de Gaza.

Ki.IZlEME SIECLE.

Pendant ce temps, Louis IX avait fait un acte de liante >agesse, ({ui l 'élevait, bien jeiuie encore, au-dessus des rois

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