PHILIPPE DE VALOIS
Charles IV laissait sa femme enceinte : elle accoucha d'une fille.
Le plus proche héritier du trône était Philippe de Valois : il [ail le titre de roi. Mais bien que la question de la loi salique fût vidée, les prétentions contraires n'étaient pas mortes ; et l'Angleterre ne tarda pas à revendiquer pour Isabelle, sœur des trois rois précédents, un privilège qui, selon les lois anglaises, devait passer avant celui de cousin germain.
Cependant, en bonne logique, la loi sahque était admise ou ne l'était pas. Si elle l'était, le trône appartenait à Philippe de Valois: si elle ne l'était pas, alors ou Philippe V et Charles IV n'étaient que des usurpateurs : Jeanne, fille de Louis X, devait régner; ou, le lait accompli faisant loi, les
QUATOUZIÈME SIÈCLE. 411
quatre filles de Philippe V et les deux filles de Charles IV passaient encore avant la sœur de ces rois, Isabelle. La prétention de cette dernière était donc extravagante.
Il est vrai que les légistes qui appuyaient ses droits soutenaient que si les femmes ne pouvaient régner, ce n'était pas une raison pour que leurs descendants mâles fussent exclus du trône. Ils regardaient le droit d'Isabelle comme imprescriptible ; admettant seulement qu'en sa qualité de femme, elle n'en pût faire usage, ils le réclamaient pour son fils Edouard III . Mais dans ce système même, il fallait attendre que toutes les princesses dont nous venons de parler, et qui passaient avant Isabelle, eussent des enfants : car leurs descendants mâles devaient régner avant le fils d'Isabelle, et Edouard n'eût dû, à la rigueur, que leur garder le trône comme régent. On voit dans quel inextricable labyrinthe on s'engageait avec cette théorie de la représentation de la mère par le fils.
Enfin, en dernière analyse, l'intérêt national, et par conséquent la raison, qui finit toujours, comme l'a dit un écrivain, par avoir raison, devaient décider la question, et Philippe de Valois eût-il été le plus inhabile des hommes, il fallait qu'il régnât. Il laissa la Navarre à Philippe d'Evreux, mari de la fille de Louis X, et se fit sacrer à Reims le 29 mai, par Guillaume de Trie, archevêque, en présence des pairs du royaume.
Le comte de Flandre assistait au sacre. Il demanda des secours à Philippe VI contre ses sujets; car ceux-ci, ne voulant pas payer les sommes que le traité de Charles IV leur avait imposées , s'étaient de nouveau révoltés contre le comte Louis. Philippe n'était pas prêt pour la guerre : il envoya en Flandre l'évêque de Senlis pour menacer les Flamands de l'excommunication. Cette menace n'ayant produit aucun effet, le conseil du roi endéhbéra. L'automne approchait ; il était bien tard pour commencer une campagne dans cette contrée ; mais le connétable, Gaucher de Châtillon, qui avait près de quatre-vingts ans, s'écria : « Qui a bon cœur, a toujours le temps à propos ! » la guerre
HISTOIJIE DE FRANCE.
fut résolue. Philippe n'était pas fâché de commencer son règne par un succès. Ce prince, d'un caract're aventureux
Hôtel de \llle de Louvoln 1.
et irréfléchi, malgré ses trente-cinq ans, se jetait en aveugle partout oti il y avait une apparence de gloire à conquérir : ce fut le malheur du roi et de la France. Cette fois seulement il réussit. Ayant rassemblé son armée à Arras, il se mit en campagne, suivi des rois de Bohème et de Navarre, et marcha droit au Mont de Cassel. Cette ville, qui s'élève sur l'unique montagne qu'il y ait dans tout le pays, semblait inexpugnable aux Flamands. Ils avaient
1 Voyez à la lin du v.jlume Y Explication raisounée des figures, w 39.
peint sur une des toiii's un grand co(), avec cette légende : Quand ce coq ici chantera^ le roi trouvé ci entrera. Le roi trouvé, c'était Philippe, roi de rencontre, selon eux. Philippe les assiégea. Toutefois, peu s'en fallut qu'il ne fût victime de son manque de précautions; car les Flamands, dans une sortie, le surprirent sans armes jusque dans sa tente. Il eut à peine, comme Philippe IV à Mons-en- Puelle, le temps de monter à cheval. Mais les Français, revenant à la charge avec impétuosité, firent un grand carnage de leurs ennemis, et s'emparèrent de la ville. La Flandre se soumit de nouveau à son comte, et Philippe revint en grande pompe à Paris. Il entra à cheval et tout armé dans l'église de Notre-Dame, et offrit à la sainte Vierge son armure et son coursier. La statue équestre qu'on lui éleva à cette occasion était encore de nos jours dans la nef de l'église cathédrale.
Le vainqueur crut que l'occasion était favorable pour parler en souverain. Il fit sommer le roi d'Angleterre de venir lui rendre hommage pour la Guyenne. Edouard III n'avait pas encore dix-huit ans, il était toujours sous l'influence de sa mère, et, malgré sa fierté et ses prétentions, il se soumit et vint trouver Philippe à Amiens. La cérémonie de l'hommage se fit le 6 juin 1329, dans la nef de la cathédrale d'Amiens, avec un éclat inaccoutumé. Le roi de France était sur son trône, vêtu d'une robe violette semée de fleurs de lis d'or, la couronne en tête, ayant debout à ses côtés les rois de Bohême, de Navarre et de Majorque, le comte d'Alençon son frère, Louis, comte de Flandre, Eudes IV, duc de Bourgogne, Jean III, duc de Bretagne, le vieux connétable, les maréchaux, des évêques et tous les officiers de la couronne. Le jeune Edouard, vêtu d'une robe de velours cramoisi, sur laquelle étaient brodés des léopards d'or, s'avança, la couronne en tête, l'épée au côté, armé d'éperons d'or. Il fallut déposer ces insignes pour prêter le serment à genoux, ce qui humilia beaucoup l'orgueil du monarque : aussi fit-il les réserves accoutumées. Mais Philippe était satisfait : cette cérémonie imposante avait frappé l'ima-
gination des peuples, et ses droits n'en étaient que plus afiermis.
Philippe de A'alois. tout préoccupé de ses idées chevaleresques, ne songeait guère alors à se garantir de l'Angleterre; de grands projets de croisade fermentaient dans sa pensée. L'occasion lui semblait favorable pour une ligue des princes chrétiens contre l'Orient, et il avait raison en quelque sorte. Le roi de Bohême, Jean, aloi*s en France : le roi de Hongrie. Charobert; le roi de Naples, Robert le Sage; ces deux derniers de la maison d'Anjou, tous deux petitsfils du frère de saint Louis: le roi de Chypre, Lusignan, Français aussi; les Hospitahere de Saint- Jean, qui avaient pris Rhodes en 1310; la maison d'Autriche, alliée delà France : les Génois et les Vénitiens, toujours prêts à vendre leurs services, formaient tout autour de la Méditerranée une ligue puissante que l'impulsion française pouvait entraîner. Il n'y avait d'autre obstacle que Louis de Bavière, empereur malgré la France, malgré le pape, et maître alors de l'Italie, où il avait fait couronner un antipape, Nicolas y. Philippe de Valois se rendit à Avignon pour conférer de ses projets avec Jean XXII, qui, malgré ses quatre-vingt-huit ans, conservait toute l'énergie de la jeunesse. Le roi était logé à Villeneuve, vis-à-vis Avignon, et tous les soirs il traversait le Rhône poiu' conférer avec le pontife. Des communications furent faites à tous les princes que nous venons de citer, de grands préparatifs d'argent, d'hommes et de navires furent commencés; et peutêtre une croisade plus brillante que toutes les autres eûtelle étonné l'Orient, si un misérable procès, survenu en France, n'eût amené tout à coup dans le Nord de terribles événements.
Robert d'Artois, descendant d'un frère de saint Louis, n'avait point hérité du comté d'Artois à la mort de son grand-père Robert II, parce que son père étant mort avant lui, sa tante Mahaut, veuve du comte de Bourgogne Othon IV, devait, selon la coutume d'Artois, qui n'admettait point la représentation, hériter des Etats paternels.
QUATOliZIÈME SIÈCLE. 415
Le Parlement de Paris l'avait ainsi jugé. Philippe de Valois, dont Robert d'Artois s'était montré un des plus chauds partisans lors de la succeshion au trône, avait érigé en duchépairie son comté de Beaumont; mais Robert voulait l'Artois. Mahaut, morte en 1329, avait laissé ce comté à sa fille Jeanne, veuve de Philippe V, qui elle-même mourut deux mois après, le laissant à sa fille du même nom, épouse du duc de Bourgogne K Eudes IV. Robert attaqua cette transmission, cita le duc de Bourgogne devant le Parlement, et perdit son procès. Toutefois, le roi, qui le ménageait, lui permit de produire des pièces nouvelles, qu'il prétendait avoir découvertes en sa faveur. C'était un testament de son aïeul Robert II, et une substitution de son père, scellée du grand sceau du roi Philippe IV, et de celui de Robert II. Le Parlement vérifia ces titres : ils étaient fabriqués, les sceaux étaient faux. Un arrêt nouveau adjugea l'Artois au duc de Bourgogne, et condamna Robert à de fortes amendes. Celui-ci s'emporta, menaça le roi de lui faii^e perdre cette couronne cpi'il prétendait lui avoir donnée, et poussa si loin ses outrages, que le roi le chassa du royaume. Robert se retira en Brabant, puis en i\.ngleterre, où il mit tout en œuvre pour exciter Edouard III à faire valoir ses droits par les armes, et pour former une ligue redoutable contre son pays.
Edouard, qui s'était délivré de Roger Mortimer par le supplice, en 1331, et de sa mère Isabelle en la reléguant dans un château, commençait à déployer cette puissance de volonté et de génie qui en a fait un des grands rois de l'Angleterre. Il tournait alors ses efforts vers l'Ecosse, dont l'usurpateur Baillol s'était emparé, tandis que le jeune roi, David Bruce, fils du fameux Robert Bruce, cherchait un asile à la cour de France. Robert représenta au roi d'Angleterre que Philippe était haï de son peuple, à cause des impôts dont il l'accablait, sous prétexte de la croisade ; que* le roi de Navarre était prêt à réclamer la Champagne, et
1 Voy. à la page 405.
({lie si la Flandre pouvait se soulever, il serait facile d'attaquer la France par le Xord. Le comte de Hainaut. beaupère d'Edouard, l'engagea de son côté à rechercher l'alliance des princes riverains du Rhin; ceux-ci, après de longues négociations, consentirent à seconder l'Angleterre, si l'empereur Louis de Bavière nommait Edouard son vicaire. Les Flamands, de leur côté, n'aspiraient qu'à une guerre contre la France ; toujours en lutte avec leur comte, ils étaient alors sous l'influence despotique d'un brasseur de bière, nommé Arteveld, qui prétendait, à cause de ses richesses, traiter d'égal à égal avec les rois. Edouard rechercha son alliance, et s'assura par lui-même de l'appui des milices flamandes.
Philippe de Valois entendait l'orage gronder autour de lui ; il chercha aussi à se procurer des appuis. Son fils Jean épousa Bonne de Luxembourg, fille de Jean de Bohème et sœur de ce Charles qui prétendait à l'empire. Le duché de Normandie fut donné à l'héritier du trône. La Bretagne était aussi, contre les Anglais, un rempart nécessaire : Philippe demanda et obtint, pour Charles de Blois \ la main de Jeanne de Penthièvre, nièce et héritière de Jean III, duc de Bretagne, qui n'avait point d'enfants. Il comptait aussi sur le pape ; mais Jean XXII était mort à Avignon en 1334 % et Benoît XII ^ qui lui succéda, penchait pour une réconciliation avec Louis de Bavière, et voyait avec peine une guerre qui allait suspendre les projets de croisade. Philippe, qui l'alla trouver à Avignon, en 1336, en fut reçu très-froidement. A son retour, il fit sommer Edouard III de lui livrer Robert d'Artois. Celui-ci refusa, et enfin, le 21 août 1337, déclara cette guerre fatale qui devait durer cent ans.
Les préparatifs de cette guerre désastreuse occasionnèrent en France de plus lourds impôts et une nouvelle
1 II était tîls (le la sœur du roi, Marguerite, comtesse de Bluis : il avait dixsept ans.
2 Jean XXU est l'auteur du Stabat mater.
3 Fouruier, fils d'un boulanger de Saverduu (Ariége).
QLAKMlZIEMt SIECLE. 417
altération des monnaies. Le système fiscal de lMiilij)j)e le Bel repainit ; et la nation, qui commençait à peine à respirer, entra dans une nouvelle ère de souffrances.
Le pape Benoit XII fit entendre sa voix pour apaiser les querelles près d'éclater : il en appela à l'Empereur, il menaça la Flandre, il fit prêcher la paix à Philippe et à Edouard. Ses reproches et ses exhortations se perdirent dans le bruit des armes.
Edouard commença les hostilités par la prise de Cadsand ^ qui appartenait au comte de Flandre. Au printemps de 1338, il débarqua à Anvers, et parcourut les provinces rhénanes, où il reçut le titre de vicaire de l'Empire. Philippe, de son côté, leva des troupes dans le Midi, oti il prit quelques châteaux de Guyenne, et attira sous ses bannières Gaston, comte de Foix. L'année suivante, sa flotte, composée de vaisseaux génois, alla piller en Angleterre la ville de Southampton. Edouard se vengea par des ravages dans le Cambrésis; il s'avança même jusqu'à l'Oise. Philippe, las de ces brigandages, appela Edouard à une bataille. Celui-ci accepta, et les deux armées se trouvèrent en présence à Buiron-Fosse ^ le 23 octobre 1339. Mais une forte opposition s'éleva dans le conseil du roi contre une bataille dont le gain ne menait à aucun résultat, tandis que dans l'état actuel du pays, ravagé et sans moyens de défense, sa perte ouvrait la France au vainqueur. On cita aussi une prédiction du roi de Naples, Robert le Sage, qui passait pour savant astrologue, et qui avait conseillé de ne jamais attaquer une armée commandée par Edouard en personne. Pendant ces débats, la journée se passa et le roi anglais, impatienté, se retira sans livrer bataille.
La Flandre l'inquiétait : le comte Louis avait accordé de nouveaux privilèges, et plusieurs villes refusaient leur concours à l'Angleterre, pour ne pas manquer aux devoirs de vasselage. Ce fut alors qu'Arteveld conseilla à Edouard de
1 Ue située aux bouches de l'Escaut.
2 Village à 20 kilomètres nord de Vervins. Edouard était campé à 2 kilomètres à l'est, à la Flamengerie.
418 HISTOIRE DK FRANCE.
prendre le litre de rui de France, el d'en adopter les armoiries. Le prince anglais suivit cet avis, et le 28 janvier 1 340. il reçut en cette qualité le semient des villes de Flandre. Benoît XII. à cette nouvelle, lança l'interdit sur ce pays. Mais Edouard fit venir sur le continent des prêtres anglais qui célébrèrent les offices divins.
Comme le comte de Hainaut avait secondé son gendre, Jean, fils de Philippe, s'avança à la tête d'une armée pour le combattre. Ce lut dans cette campagne, au siège du Quesnoy. qu'on vit pour la première fois employer l'artillerie. L'usage de la poudre, connu en Chine depuis des siècles, avait été apporté dans l'Occident par les Arabes. Mais en Europe on n'en avait pas encore essayé l'application à l'envoi des projectiles. Cette artillerie fut d'abord fort grossière : les pièces se composaient de longues douves de fer liées ensemble par des cercles, et lançaient de grosses pierres qu'on appelait bombardes.
Le 24 juin, la flotte française, commandée par l'amiral Bahuchet et le capitaine génois Barbavera, fut attaquée par Edouard en vue du port de l'Ecluse. On combattit à l'abordage avec gi'and acharnement : la victoire resta aux Anglais, qui coulèrent à fond plusieurs vaisseaux, et pendirent Bahuchet au gi'and mât du sien, pour le punir du pillage de Southampton.
De là Edouard s'en vint assiéger Tournai. Ce siège se prolongea deux mois sans résultat, grâce à la belle défense des habitants et à l'arrivée de Philippe de Valois, avec son escorte de rois et de grands vassaux. Edouard lui proposa un combat singulier, ou avec cent chevaliers, dont le prix devait être la couronne de France. Il adressait le cartel à Philippe, comte de Valois. « Ce n'estpas pour moi, répondit le roi avec raison : dites à votre maître que nonobstant j'accepte le défi, si la couronne d'Angleterre y est mise en jeu comme celle de France. » Edouard, comme on le pense bien, n'y consentit pas. Mais il ne vint peut-être à l'esprit d'aucun des deux rois que ni l'un ni l'autre n'avait le droit de faire ou d'accepter pareille proposition.
QUATORZIKME SIECLE. 419
Cependant une femme vint interposer sa médiation dans cette grande querelle : c'était Jeanne, sœur de Philippe, mère du comte de Hainaut, belle-mère du roi d'Angleterre. Cette bonne princesse sortit de l'abbaye de Fontenelle sur l'Escaut, où elle s'était retirée à la mort de son mari Guillaume de Hainaut, et elle fit tousses efforts pour rapprocher les deux rois. Arteveld s'y opposait : « Monsieur, lui ditelle, faut-il qu'à l'appétit d'un vilain la noblesse de toute la chrétienté s'entre-coupe ici la gorge? » Toutefois la paix était impossible en présence de tant d'intérêts soulevés. Tout ce qu'elle obtint, ce fut une trêve de six mois, qui fut signée dans la chapelle d'Esplechin, le 25 septembre 1340. Les sollicitations du pape Benoit XII firent ensuite prolonger cette trêve jusqu'en 1342. Mais Dieu en avait ordonné autrement.
Jean III, duc de Bretagne, au retour de cette campagne, tomba malade à Caen, et y mourut le 30 avril 1341 . A cette nouvelle, Jean de Montfort, son frère, se fit reconnaître pour duc par les habitants de Nantes. Jeanne, épouse de Charles de Blois, réclama sur-le-champ, en vertu des titres de son père, frère aîné du comte de Montfort. Charles de Blois en appela à la Cour des pairs qui décida en sa faveur, et le roi lui dit : « Beau neveu, vous avez pour vous jugement de bel héritage : or vous hastez de le conquerre sur celui qui le tient à tort; je ne vous y fauldrai mie. » Jean de Montfort, qui était venu à Paris avec quatre cents gentilshommes, se hâta de partir, et, maître du trésor ducal dont il s'était préalablement emparé, il se fit en Bretagne un* parti considérable. Presque toute la noblesse de France embrassa la cause de Charles de Blois, et la guerre commença.
Le début n'en fut pas heureux pour Jean de Montfort : assiégé dans Nantes par son rival, il fut pris le 2 novembre, et envoyé à Paris, où on l'enferma dans la tour du Louvre. Il avait reçu d'Edouard III le comté de Richmond, et lui avait fait hommage. L'appui de l'Angleterre était acquis à sa cause.
Mais snii plus terme soutien l'ut sa leniuie. Marguerite. sœur de Louis, comte de Flandre, héroïne digne des plus beaux temps de la chevalerie. Dès qu'elle apprit à Rennes la captivité de son mari, elle fit prêter serment à son fils encore enfant, et se mit à la tête des troupes. Elle courut s'enfermer à Hennebon * pour être à poilée de recevoir des secours d'Angleterre.
Charles de Blois s'avança vers Rennes : Louis de la Cerda. arrière-petit-fils d'Alphonse X. et qu'on appelait Louis d'Espagne, dirigeait les opérations de la campagne, à laquelle prenaient part le comte d'Alençon. frère du roi, les ducs de Bourgogne et de Bourbon. Rennes fut prise, et les vainqueurs se présentèrent devant Hennebon. Cette petite ville, située sur le Blavet. était bien fortifiée : la marée, qui remonte jusque-là, la mettait en communication avec la mer. Marguerite, armée comme un preux, dirigeait tous les travaux de la résistance. Elle fit un jour une sortie vigoureuse, et. voyant sa retraite coupée par Louis d'Espagne, se retira, toujours en combattant, jusqu'en basse Bretagne, puis revint à rimpro\iste, marchant jour et nuit, passa à travers le camp des ennemis, et rentra dans Hennebon au bruit des fanfares. Pressés par la famine, les habitants allaient enfin la forcer de se rendre, lorsqu'elle aperçut la mer couverte de vaisseaux. « Ah ! s'écriat-elle, louons Dieu et saint Yves ! voilà le pavillon d'Angleterre ! » C'était Gautier de Mauny qui lui amenait des secours.
Charles de Blois fut contraint de lever le siège, et se contenta de ravager les environs. Mais Louis d'Espagne fut battu près de Quimperlé. et Edouard III. en attendant qu'il pût lui-même passer en Bretagne, envoya à la comtesse de nouveaux secours sous la conduite de Robert d'Artois. Cette armée prit d'assaut la ville de Vannes, et la livra au pillage. Henri de Léon et Olivier de Clisson qui l'avaient défendue la reprirent (juelques jours après, et en chassèrent lacom-
1 A 12 kilomètres nord de Lorient, département du Morbihan.
tesse. Robert, blessé dans cette affaire, se fit transp;n'ter à Londres où il mourut le 15 novembre 1342; prince bien digne des malédictions nationales, si l'on songe à tous les maux que sa révolte attira sur son pays.
Edouard passa alors sur le continent avec une armée assez nombreuse pour qu'il lui fût possible d'assiéger à la fois Vannes, Rennes et Nantes. Philippe, de son côté, envoya des forces considérables, sous le commandement de son lîls. A l'approche du duc de Normandie, Edouard se replia sur Vannes, et les deux armées s'observèrent sans se combattre pendant la mauvaise saison. Le manque de vivres dans ces pauvres contrées les força enfin à conclure une^trêve de trois ans. Elle fut signée à Malestroit, le 19 janvier 1343, en présence des légats du pape Clément VI \ successeur de Renoît XIL Les deux rois convinrent de s'en rapporter, pour leurs différends et pour la question de Rretagne, à l'arbitrage du pape. Cette résolution était sage; mais elle ne devait pas non plus s'accomplir.
Ce fut le 20 mars de cette année que Philippe de Valois établit la gabelle, impôt sur le sel, qui en conférait le monopole au gouvernement. Cet impôt si impopulaire lui a donné en France une triste célébrité, qu'un mauvais jeu de mots consacra dans l'origine. Edouard III l'appela Y auteur de la loi salique.
La trêve de Malestroit permettait les hostilités entre les prétendants à la Rretagne, pourvu que les deux rois n'y prissent aucune part. Aussi la petite guerre continua dans ce pays. Un événement, dont les véritables causes sont restées inconnues, contribua à l'irritation des partis. Olivier de Clisson et dix-sept autres gentilshommes bretons ou normands, arrêtés à Paris dans un tournoi, eurent la tête tranchée par ordre de Philippe VI, qui répondit aux plaintes d'Edouard qu'il avait des preuves de leur trahison. Geoffroi d'Harcourt, seigneur normand, échappé à ce supplice, s'enfuit en Rrabant et de là en Angleterre ; Jeanne de Relle-
1 Pierre Roger, né eu Limousin, docteur de l'Université de Paris, bénédictin, puis archevêque de Rouen. Il réduisit le jubilé de 100 à 50 ans.
ville, veuve de Clisson, courut se jeter avec son fils, âgé de sept ans \ aux pieds de la comtesse de Montfort, se mit sous sa protection, et. comme elle, prit les armes. Sur ces entrefaites. Jean de Montfort parvint à s'échapper de sa prison, se proclama vassal du roi d'Angleterre, et guerroya en Bretagne. Il ne tarda pas à y mourir. Mais Edouard avait déclaré la trêve rompue le 14 mai 1345 : il avait donné des troupes à Montfort. et envoyé en Guyenne son cousin. Henri de Lancastre. comte de Derby. Lui-même devait attaquer la France par le Nord, avec l'appui des Flamands et du comte de Hainaut.
AJais ces deux appuis lui manquèrent presque en même temps : lorsqu'il débarqua, le 3 juillet, au port de l'Écluse, il trouva la Flandre divisée, et surtout insurgée contre la tyrannie d'Arteveld. Les trois villes qu'il avait soulevées, Bruges. Gand et Ypres. étaient en proie aux fureurs d'une démocratie qu'il ne pouvait plus contenir. On l'accusait de vendre son pays aux Anglais, et, en etiet. Edouard comptait sur lui pour faire nommer comte de Flandre son fils le prince de Galles. Arteveld fut égorgé à Gand par la populace, le 19 juillet.
Le 27 septembre, Guillaume de Hainaut périt dans une embuscade, en poursuivant les Frisons révoltés. Le Hainaut fut réuni à l'Empire par Louis de Bavière, qui se réconcilia avec Philippe.
Cependant Henri de Lancastre obtenait de grands succès dans le Midi. Il prit Bergerac et plusieurs petites \illes, fit prisonnier le comte de Lille- Jourdain, que Philippe avait chargé de défendre le Périgord. et s'avança jusqu'à Angoulême. Philippe convoqua à Paris les Etats généraux de la langue d'oil, et Jean, son fils, ceux de la langue d'oc à Toulouse, pour obtenir de la nation de nouveaux subsides. Certes, de grands sacrifices étaient nécessaires ; mais les intérêts de l'État se trouvaient confiés à des mains peu habiles.
1 II fut depuis connétable de France.
Geoffroi d'Harcourt conseilla à Edouard d'attaquer la Normandie, dont les places n'étaient pourvues ni de munitions ni de soldats. Edouard suivit^ce conseil, et le 12 juillet 1346, débarqua à la Hougue avec son fils Edouard, prince de Galles, âgé de quinze ans, et une armée de trente-deux mille hommes. Le roi de France n'avait rien prévu : son fils combattait dans le Midi. Lui n'avait pas seulement rassemblé une armée. Edouard s'empara facilement de toutes les villes du Gotentin: Barfleur, Yalognes, Cherbourg, Carentan, Saint-Lô, dont il envoyait les plus riches habitants sur sa flotte, pour les rançonner. Le 26 il était devant Caen.
Le comte d'Eu, connétable de France, et le comte de Tancarville, s'étaient jetés dans la place. Les milices bourgeoises, seules forces qu'ils eussent à leur disposition, lâchèrent pied à la première attaque. La ville fut prise et pillée, le connétable et Tancarville faits prisonniers-.
De là Edouard gagna la vallée de la Seine, dans l'espérance de surprendre Rouen. Mais les ponts étaient coupés : il suivit donc la rive gauche, après avoir pillé Louviers, déjà renommée par ses fabriques de draps, brûla Yernon, Gisors, Mantes et Meulan, et vint camper à Poissy, d'oti il envoya des détachements qui brûlèrent aussi Saint-Germain, Saint-Cloud, Boulogne et le Bourg-la-Reine.
Le roi de France n'avait pas paru encore. N'ayant pas eu le temps de rappeler ses troupes du Midi, il assemblait lentement une armée. Heureusement de nouveaux renforts lui arrivèrent d'Allemagne : c'était le vieux roi de Bohême, Jean l'Aveugle, avec son fils, Charles de Luxembourg, qui venait de se faire proclamer empereur, et n'avait pu encore se maintenir contre Louis de Bavière. Ces deux princes trouvèrent le roi à Saint-Denis, avec le comte de Flandre, le comte de Savoie, le duc de Lorraine, le dau-
1 Le pillage dura trois jours : Tindustrie avaifdéjà fait de grands progrès dans cette ville, car on chargea quatre-vingts bâtiments des richesses qu'on lui enleva, et au nombre desquelles on compte plus de quarante mille aunes de draps de toute sorte.
phin du Vieiinois et toute la noblesse de France. Cette Liillante chevalerie, à laquelle s'étaient réunis les milices des communes et six mille archers génois, pouvait facilement arrêter l'ennemi. Mais il ne fallait pas lui livrer bataille ; il suffisait de lui couper les communications avec la mer, et d'intercepter le passage des fleuves. L'armée d'Edouard devait périr, faute de vivres et de secours. Le roi de France comprit ce système, et se mit en devoir de l'exécuter. Edouard, qui sentait les embarras de sa position, songea à se rapprocher des côtes de Picardie, et prit sa route vers la vallée de la Somme. L'armée française le suivit en flanc, couvrant les villes de Beauvais et d'Amiens. Edouard se hâtait, de peur d'être coupé : il passa la Somme au-dessous d'Abbeville le 24 août, à Blanchetache, à la basse marée. Philippe n'arriva qu'à la marée haute, ne put passer, et fut obligé de revenir à Abbeville.
Edouard, après s'être assuré des deux petites \'illes de Crotoy et de Rue, résolut d'attendre Philippe à Crécy : il y campa, et donna du repos à ses troupes. Le roi de France, sorti d'Abbeville le samedi 26 au matin, se trouva en présence de l'ennemi, et. sans laisser prendre haleine à son armée, il ordonna l'attaque. Il était trois heures : il avait plu toute la matinée : les archei*s génois, qui reçurent l'ordre de marcher les premiers, ne purent faire usage de leurs arcs, dont l'eau avait relâché les cordes. Tout à coup des détonations terribles se firent entendre : c'étaient les bombardes auxquelles personne n'avait songé dans l'armée française, et qu'Edouard employait pour la première fois dans une bataille. Les Génois prirent la fuite. Philippe entre en grande colère, les accuse de trahison, et le comte d'Alençon, frère du roi. ordonne de leur passer sur le corps pour charger l'ennemi. Il s'élance à la tête de ses chevaliers, et les autres princes, jaloux de partager avec lui l'honneur de la journée, se précipitent en avant, pêlemêle, sans attendre l'ordre de bataille, que d'ailleurs personne ne donnait. Le roi fit comme les autres : brave chevalier autant que mauvais général, il courut frapper d'estoc
QUXTORZIÈME SIÈCLE. 425
et de taille, sans savoir ce qui adviendrait. Il n'y eut pas jusqu'au vieux roi de Bohême, aveugle, qui ne partageât
Armes à feu l.
cet entraînement fatal : il fit attacher la bride de son cheval à celle de deux braves de sa suite et leur dit : « Menez moi assez avant pour que je puisse férir un grand coup d'épée. » Ainsi les rois entendaient alors les batailles : c'était pour eux un grand tournoi où ils jouaient pour un coup de lance la fortune de leurs peuples.
Edouard fut plus sage : immobile sur une éminence, d'où, sans armes, et un bâton blanc à la main, il dirigeait les manœuvres de son artillerie, et suivait des yeux les chances du combat, il refusa même de porter secours au prince de Galles, serré de près par les chevaliers français : « Il faut, dit-il, qu'il gagne ses éperons : je veuille se Dieu l'a ordonné que la journée soit sienne. »
L'armée française fut cruellement détruite dans cette plaine funeste : on peut juger de ses pertes par les illustres morts qui restèrent sur le champ de bataille. Le comte
1 Voyez à la fin du volume V Explication raisonnée des figures, iv 40.
d'Alençou. frère du roi; le comte de Savoie, le comte de Flandre, le duc de Lorraine, le grand-prieur des Hospitaliers, les archevêques de Mmes et de Sens, les comtes de Blois, d'Harcourt, d'Aumale, de Bar, de Sancerre, de Thouars, six comtes allemands, furent tués. On trouva le vieux roi de Bohême parmi les morts, son cheval toujours attaché aux deux autres K Charles de Luxembourg, son fils, avait quitté le champ de bataille après avoir reçu deux blessures. Le roi de France y resta jusqu'au dernier moment : démonté deux fois, il fallut qu'on saisît de force la bride de son cheval pour l'entraîner loin de là. Il s'en alla frapper la nuit à la porte du château de Broyé, en disant : « Ou^Tez, c'est la fortune de la France ! »
Cette fortune avait coûté la vie à onze princes, à douze cents chevaliers, à trente mille soldats.
Le vainqueur avait besoin d'une place forte pour s'assurer de ce côté une entrée en France. Il alla, le 3 septembre, mettre le siège devant Calais. La ville était bien fortifiée et défendue par Jean de Vienne, brave chevalier bourguignon, et Arnould d'Andreham, qui fut depuis maréchal de France. Edouard comprit que le siège serait long : il établit un camp fortifié, et se disposa à y passer l'hiver.
Pendant ce temps Philippe cherchait à rassembler quelques forces à Amiens. Geoffroi d'Harcourt, désespéré à la vue de son frère qu'il trouva mort sur le champ de bataille de Grécy, vint se jeter aux pieds du roi de France, la corde au cou : Philippe lui pardonna.
Il ra[»pela alors le duc de Normandie, occupé au siège d'Aiguillon, dégarnissant le Midi pour couvrir le Nord. Derby en profita, ravagea la Saintonge et s'empara de Poitiers, qu'il livra au pillage. Le malheur semblait s'attacher à toutes les entreprises du roi de France. Son allié David, roi d'Ecosse, sur lequel il comptait pour faire une diversion, fut battu et pris par les Anglais à Durham. Charles de Blois se laissa surprendre dans la petite ville de La-
1 Le prince de Galles prit la cotte de mailles de ce brave vieillard, sa devise et ses trois plumes d"aulruche, qui sont devenues les armoiries d'Angleterre.
QUATOKZIÈME SIÈCLE. 427
roche-Dcrrieii \ et fut emmené prisonnier en Angleterre.
Nouvelle altération des monnaies, nouvelles exigences de la gabelle, confiscation des biens de tous les banquiers lombards, accusés d'usure, enfin nouveaux subsides obtenus du clergé : tels furent les moyens qu'il fallut mettre en usage pour se procurer une armée. Enfin, au mois de juillet, Philippe se dirigea vers Calais, dans l'espoir de faire lever le blocus.
Mais Edouard avait pris ses mesures. Le passage des Dunes, le long de la mer, était coupé par de nombreuses et profondes tranchées, et le pont de Nieulai, seul passage praticable sur terre, était hérissé de fortifications et entouré de marais. La flotte anglaise croisait sur la côte.
Philippe, du haut du mont de Sangate, vit ces précautions formidables, et comprit que l'attaque était impossible. Il envoya défier le roi d'Angleterre, qui répondit qu'il voulait prendre Calais, et non se battre. Le roi de France se retira.
^ Calais, réduite à l'extrémité, demanda à capituler. Edouard promit aux habitants la vie sauve, pourvu que six des principaux bourgeois lui fussent livrés, la corde au cou, pour être pendus. Eustache de Saint-Pierre se dévoua avec Jean d'Aire, Jacques et Pierre de Wissant et deux autres dont les noms sont perdus. Ces braves citoyens se rendirent au camp d'Edouard qui donna l'ordre de les faire périr, malgré les instances de ses chevaliers et de son fils, admirateur de tout ce qui était beau et grand. Mais il ne put résister aux larmes de sa femme, la bonne Philippa de Hainaut, qui se jeta à ses pieds pour obtenir leur grâce.
Calais fut donc livrée à Edouard III au mois d'août 1347. Il en renvoya tous les habitants, et repeupla la ville avec une colonie d'Anglais. Philippe, pour dédommager les malheureux Calaisiens, leur octroya, par son ordonnance du 8 septembre suivant ^, « toutes les forfaitures, biens meubles « et héritages qui pouvaient échoir au roi, comme aussi
1 A i2 kilomètres est de Lannion (Côtes-dn-NorJ).
2 Registres de la Chambre des comptes.
428 HISTOIRt l»E FUA>C£.
« tous les offices, quels qu'ils soient, vacants jusqu'à ce qu'ils « Fussent tous et un chacun récompensés de leurs pertes. »
L'inten-ention du pape Clément YI amena alors les deux rois à signer une trêve d'un an. L'horrible fléau qui vint fondre sur l'Europe l'année suivante contribua à prolonger cette suspension d'amies.
C'était la peste, si connue dans l'histoire sous le nom de peste de Florence, à cause des illustres victimes qu'elle moissonna dans cette ville, alors une des plus brillantes de l'Europe. L'épidémie, semblable à ce terrible choléra que nous avons vu sévir dans nos contrées, arriva d'Asie par la Méditerranée, ravagea l'Italie, puis, s'avançant vers le Nord, détruisit, en Provence et en Languedoc, plus du tiers des populations. L'ignorance des médecins, qui fuyaient devant le mal au lieu de l'obserser ; les teiTeurs universelles, l'égoïsme, les superstiticms populaires, l'état misérable des villes et des campagnes, donnèrent au fléau une effrayante intensité. Des idées d'empoisonnement, comme toujours, se mêlèrent à l'épouvante générale; les malheureux juifs en furent la victime. Le roi de France s'en prit aux blasphémateurs, contre lesquels il rendit des ordonnances impitoyables. Pendant les années 13-48 et 1349. la France fut couverte de deuil. Les puissants ne furent pas à l'abri : on put compter parmi les victimes la reine de Navarre, Jeanne, fille de Louis X ; l'épouse de l'héritier du trône de France, Bonne de Luxembourg: Jeanne de Bourgogne, reine de France, et Eudes 1\ duc de Bourgogne, qui avait réuni à son duché les comtés de Bourgogne et d'Artois, et laissait cet héritage à son petit-fils. Philippe de Rouvres, âgé de quatre ans ^
La couronne fit alors deux importantes acquisitions : Humbert, dauphin du Viennois, céda, pour 200,000 florins, le Dauphiné au petit-fils de Philippe de Valois, Charles, qui prit le titre de Dauphin (1343-49) : et Jacques, roi de Majorque, vendit Montpellier au roi pour 100.000 écus (1349).
1 On ne doit pas onlilier. parmi les vidiines .le la peste, rette belle Laure. que Pétrarque a rendue si celèhre.
La cérémonie de l'investiture du Dauphiné se fit à Lyon, en présence de Jean, duc de Normandie, qui avait amené son fils. C'est depuis ce temps que les fils aînés des rois de France portèrent le nom de Dauphin. Humbert entra dans les ordres, et Clément Yl le nomma patriarche d'Alexandrie.
La reine de Navarre, dont le mari, Philippe d'Evreux, était mort en Espagne en d349, laissait deux enfants, Charles, depuis surnommé le Mauvais \ et une fille d'une grande beauté, nommée Blanche. Philippe la demanda et l'obtint pour son fils devenu veuf; mais, veuf lui-même, dès qu'il vit la princesse, il en devint amoureux et la voulut pour lui ; il l'épousa le 19 janvier 1350. Le 9 février suivant, Jean épousa la veuve de Philippe de Bourgogne tué au siège, d'Aiguillon. Les fêtes de ces deux mariages furent bientôt interrompues par la maladie du roi de France, qui mounit à Nogent-le-Roi, le dimanche 22 août 1330, à l'âge de cinquante-neuf ans.