‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 7 sur 52 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

mîmes, dans la fondation des ordres religieux et militaires; la renaissance de la représentation nationale, oubliée depuis les Champs de Mai ; les premiers élans du patriotisme, dans les guerres avec l'Angleterre ; l'ouverture des grandes écoles de Paris, où l'Europe entière accourt à la voix de Guillaume et d'Abélard ; les gigantesques prédications de saint Bernard, qui remuent le monde ! Au dehors, de brillantes croisades où la France porte le flambeau de la civilisation, quand les autres peuples ne lancent que les feux de la guerre. Enfin, deux illustres noms apparaissent tout à coupa la fin du siècle : celui d'Innocent III, le fléau de l'hérésie ; celui de Blanche de Castille, qui vient donner saint Louis à la France. Telle est celte période. Mais le grand homme du siècle, celui qu'on doit appeler l'homme de Dieu, parce que seul il marche à la tôle de tous dans les voies tracées par la Providence, c'est saint Bernard : je ne parle pas de cette éloquence presque miraculeuse qui enchaîne à sa parole toutes les populations, même dans les langues qu'il ignore, des rivages de l'Elbe au pied des Pyrénées ; mais de cette foi puissante qui voit dans l'avenir, de cette ardente charité qui embrasse dans un même amour l'humanité tout entière. Suger prêche le patriotisme ; il ne regarde que son pays ; il veut la France honorée, prospère, indépendante ; il la conçoit telle que Louis XIV, avec bien d'autres ressources, doit la faire un jour. Abélard prêche la raison : il en ferait volontiers la reine du monde, car il soumet jusqu'aux mystères à ses hardies investigations. Son horizon est plus vaste, il travaille pour le genre humain ; mais il lui prépare bien des erreurs, avec bien des découvertes, car où s'arrêter dans cette marche audacieuse, et quelle barrière empêchera de descendre de Descartes à Helvétius, de l'Assemblée nationale à Robespierre ? Bernard ne voit que l'humanité, telle que Dieu, sans doute, doit la constituer un jour, avec une seule loi, un seul amour, une seule espérance. Il combat l'hérésie, mais comme une erreur et non comme un crime, avec les seules armes du raisonnement et de l'exemple. Il appelle, partout et toujours, sur les juifs que son siècle persécute, les miséricordes divines et la tolérance humaine; sans cesse réunit dans des pensées de concorde, de fraternité, les hommes et les nations ; et s'il soulève l'Europe pour la croi-

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sado, c'est pour composer de la chrétienté une grande famille, en attendant que Dieu appelle à lui les autres.

Le xni^ siècle commence dans la gloire et s'achève dans la tiistcsse : la pensée que saint Bernard représentait, parvenue dans saint Louis à sa plus haute expression, à sa réalisation la plus éclatante, se retire du monde après ce roi dont la France doit être si fière, parce qu'il fut le chef, le défenseur, le juge, le père, le représentant de la chrétienté. Avec ce soleil du moyen âge, s'éteignent pour longtemps toutes les gloires de la France, et surtout ces lumières de justice et d'honneur dont les reflets environnent encore le nom français dans les contrées de l'Orient. Je n'ai pas besoin de dire combien ce règne fut beau, et quel admirable progrès il fit faire cà toutes les nobles idées, à toutes les sages institutions : on le comprendra si Ion jette les yeux sur le tableau que j'en ai tracé. J'appelle lattention du lecteur sur cette partie de mon ouvrage.

Notre admiration pour saint Louis ne doit pas nous faire oublier Philippe-Auguste, le vrai fondateur de la monarchie; la conquête rapide des provinces nées françaises, et la victoire de Bouvines, la première de nos victoires nationales. Ainsi le siècle, qui devait être si beau, s'ouvrait sous d'éclatants auspices. Mais lorsque Boniface VIII, en l'an 1300, célébra dans un jubilé la naissance d'un nouveau siècle, il pouvait prédire à la France, comme à 1" Europe, d'effroyables malheurs.

A partir de cette époque, il ne faut plus chercher dans l'histoire de la France celle du monde chrétien : l'œuvre de saint Louis est brisée comme jadis celle de Charlemagne, et les personnalité^s nationales commencent. Elles commencent par des luttes odieuses, par des guerres sanglantes. Le saint-siége n'est plus qu'un trône comme un autre, sur lequel un insolent chevalier vient, au nom du roi des Français, frapper de son gantelet de fer la joue du père des chrétiens. Les derniers héros des croisades, les templiers, tombent flétris sous d'impures accusations que leur lâcheté déclare vraies dans les tortures, que leur courage repousse sur le bûcher. La fortune publique, accrue par les travaux de l'agriculture, par les inventions de l'industrie, disparaît, en proie à des exactions perfides, ou va se perdre dans de folles prodigalités. Un roi sans loyauté et cinq sans génie conduisent la nation, de dé-

ÎNTROOrCTION. 1 B

sastre en désastre, jusqu'au honteux traité de Brétigny qui la \end aux Anglais, ruinée, flétrie, découragée par deux de ces immenses défaites dont nous voudrions tous oublier le nom. La nation s'est instruite, il est vrai, au milieu de ses malheurs; elle a grandi, elle a compté ses forces, elle les a classées dans de nouvelles combinaisons; le tiers État a monté jusqu'aux degrés du trône, et les États généraux sont constitués à côté de la royauté. Mais, comme tout pouvoir qui s'essaie et s'organise, ils veulent débuter par détruire, et ils profitent honteusement, pour usurper l'autorité, de la consternation que produisent toujours les grandes calamités nationales. Il semble que la monarchie va crouler sous leurs coups, et que le territoire français ne sera plus qu'une province anglaise, lorsque Dieu appelle Charles V et Duguesclin. Seize ans d'un gouvernement, le plus sage qui fût au monde, et de campagnes merveilleuses, dirigées par un homme extraordinaire, rendent à la France tout ce qu'elle avait, lui rappellent ce qu'elle fut, lui présagent tout ce qu'elle doit être. Mais qu'est-ce que seize ans dans un siècle? Bientôt commence le règne le plus désastreux de notre histoire, et malheureusement un des plus longs. Au reste, Tinfortuné Charles VI n'est pas le seul que Dieu ait frappé de folie : le même vertige s'est emparé de toutes les têtes; la nation est dans l'état d'un jeune homme qui, lassé des nobles penchants et des subhmes enthousiasmes, échappe aux habitudes de famille, aux leçons d'un sage précepteur, et se précipite en aveugle dans les passions extraordinaires, dans les désordres qui compromettent la vie. On ne songe plus qu'à des fêtes, aux vanités du luxe, à d'absurdes entreprises : on bâtit une ville de bois, pour la transporter dans l'Angleterre, que l'on veut conquérir ; on envoie l'élite de la jeunesse, resplendissante d'or et de soie, combattre l'Ottoman qui s'avance, et mourir aux champs de Nicopolis ; le successeur de Constantin, un des derniers défenseurs de l'empire d'Orient qui succombe, vient en France implorer les secours de la chrétienté, de la chevalerie ; on lui donne des tournois. C'est que la chevalerie est sans cœur, la chrétienté sans tête, car deux papes se disputent l'obéissance des fidèles ; et, comme s'il fallait donner au monde une preuve de plus de cette folie des nations, la France, qui reconnaît Benoit XIII, va l'assiéger

dans Avignon pour le forcer d'abdiquer ^ Il est évident que Dieu punissait la France d'avoir brisé les liens sacrés d'autrefois. Au reste, elle ne périssait pas, parce qu'elle n'était pas seule chûtiée. Partout désordre, anarchie, révolutions : les Guelfes et les Gibelins ensanglantaient l'Italie; deux enfants se disputaient le royaume de Naples ; l'Espagne était livrée à des princes incapables; l'Angleterre détrônait l'imbécile Richard II, et l'Allemagne chassait \N'enceslas l'ivrogne.

Le xiv^ siècle s'achevait sur ces malheurs : douloureuse époque pour nos souvenirs, si nous n'y trouvions pas le développement rapide des parlements comme corps judiciaires, et les progrès brillants de nos universités, seule lumière du temps.

Ici commence l'histoire de France, si l'on en croit Voltaire, qui a osé écrire cette phrase étrange : « Il faut avouer que notre histoire et celle des autres peuples, depuis le v^ siècle de l'ère vul- (jaire jusqu'au xv^, n'est qu'un chaos d'aventures barbares, sous des noms barbares '. »

Lorsque le jeune homme dont je parlais tout à Vheure a épuisé tous les désordres et joué sa vie dans tous les excès; lorsqu'une grave maladie est venue l'arrêter sur cette pente rapide, il arrive souvent qu'une crise salutaire lui rend tout à coup des forces inespérées, et qu'une inspiration céleste le ramène au sentiment de ses devoirs, à l'amour de la gloire et de la vertu. Tel est l'état de la nation française au xv» siècle. La maladie sera terrible, la crise éclatante, l'inspiration miraculeuse ^; et la France, s'élançant, pleine de force et de dignité, de son lit de douleurs, va se faire jour et se placer au niiUeu des peuples. Car ce siècle est celui des grandes choses, mais il est surtout celui du patriotisme.

Quelques noms illustres en font l'ornement et la gloire ; un seul pourtant s'identifie avec lui et le représente. C'est le nom de Charles VII, un de ces hommes que Dieu envoie aux peuples

1 Le vieux poutife, d'une fenêtre du château, donnait sa bénédiction aux assiétreants, et ceux qui venaient de tirer sur lui s'agenouillaient pour la recevoir. C'était un étrange spectacle.

2 Siècle de Louis XIV, notice sur l'historien Daniel. Il est inutile de réfuter de pareilles assertions.

' 3 La maladie, c'est la défaite d'Azincourt, ce sont les épouvantables crimes des Bourguignons et des Armagnacs ; la crise, c'est l'infâme traité de Troycs, qui indigue la nation et effraie ceux mêmes qui l'ont dicté; Tiuspiratiou, c'est Jeanne d'Arc.

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quand iis ont des fautes à réparer ou des maux à guérir >.roi remarquable parmi nos grands rois, et dont l'histoire n'a pas assez relevé les mérites, parce que, semblable en tout à son siècle, il a tristement débuté dans la vie, et que l'ingrate mémoire des hommes raconte plus volontiers le mal que le bien. 11 a fallu, pour lui révéler son génie et ses devoirs,- que Jeanne d'Arc lui fit entendre la voix de Dieu, Richemont et Dunois celle du peuple; mais une fois sa mission Comprise, avec quel éclat il l'a accomplie ! comme chacun de ses pas consolidait le territoire français ! comme chacun de ses pas reconstituait la monarchie ! comme il sut, en gouvernant par la nation, rendre et maintenir à la royauté toute sa puissance ! avec quelle sagesse il comprit que les temps de la grande famille européenne étaient passés, et qu^il fallait que le fils aîné de l'Église, en donnant l'exemple de la soumission au pouvoir pontifical, traçât d'une main ferme les limites de l'obéissance ! avec quelle persévérance il s'efforça toujours de ramener à l'unité toutes nos institutions ! Certes, ce fut un grand homme, et Dieu lui devait de placer sous son règne une des plus fécondes inventions de l'esprit humain, la découverte de l'imprimerie.

Après cette époque de loyauté, d'honneur, de hautes vues nationales, s'ouvre pour les États le règne de l'astucieuse politique, dont Louis XI est en France le type et le modèle. La nation, qui n'y comprend rien, abdique le pouvoir qu'elle avait si vaillamment reconquis, si noblement exercé avec Charles VII ; elle se laisse gouverner, et regarde avec indifférence, quelquefois même avec une joie insensée tomber sous la hache ce régime féodal qui pouvait encore faire sa gloire, sans s'apercevoir que cet espace ouvert entre le roi et le peuple servira pour faire descendre le despotisme et non pour faire monter la liberté. Elle se réjouit, parce qu'on lui donne des provinces, parce qu'on semble s'occuper de son bien-être matériel. Et lorsque après ces jours d'engourdissement et d'oubli d'elle-même, on l'appelle aux États généraux pour délibérer sur les plus saints intérêts de la patrie, elle ne sait plus ni formuler un vœu, ni donner un avis.

Voilà ce qu'avait produit ce règne de Louis XI, tant vanté par nos politiques modernes ; et la France, qui a toujours besoin de quelques grandes idées pour tenir son rang dans le monde.

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allait s'engourdir dans une funeste apathie, lorsqu'un jeune rtourdi • lui je^a en pâture celle des vanités humaines qu'elle aime le plus, la gloire militaire. On se précipita sur l'Italie, ['ne guerre interminable commença.

Le XY^ siècle finit sous le bon roi Louis XIL Mais on ne peut oublier que le 24 février de l'an loOO vit naître à Gand le fléau de la France, l'homme dont la politique, dans le siècle suivant, allait bouleverser l'Europe, le premier auteur d'une lutte qui a tué des millions d'hommes, et dont les conséquences durent encore, Charles-Quint.

Le xvi« siècle, qu'on appelle, assez mal à propos, le siècle de la renaissance, comme si tout était mort avant lui, est cependant une époque à part, où les événements se pressent avec un mouvement si rapide, que l'imagination se lasse à. les regarder, et la raison à les comprendre. L'œuvre de l'homme s'y manifeste dans une proportion immense contre celle de Dieu, par tout ce qui divise, isole et détruit, le despotisme, les rébellions, les guerres civiles, l'hérésie, le fanatisme, les oscillations d'une politique frauduleuse, qui va sans cesse d'un camp dans l'autre, des rois aux peuples, des catholiques aux protestants, du pape aux musulmans. On dirait le système d'Épicure, où les éléments qui doivent former le monde s'agitent au milieu du vide, dans toutes les directions imaginables du mouvement perpétuel, sans autre loi que le hasard, sans autres chances d'organisation que celles du possible. C'est qu'un nouveau monde vient d'apparaître; non celui qu'a découvert Christophe Colomb, mais celui qu'a révélé l'imprimerie, le monde des idées ; c'est que toutes les intelligences vont s'y précipiter comme les nations se jettent sur l'autre, pour en faire leur proie. L'unité catholique, à peine rétablie dans le siècle précédent, compromise dans celui-ci par l'Église ellemême, par Alexandre VI et Jules II, tombe brisée sous les coups de Luther, de Zvvingle et de Calvin. L'Europe s'embrase ; la France, quoique plus 'sage, finit cependant par céder au vertige uni verset, et la chrétienté n'aperçoit plus Dieu qu'à travers la fumée des bûchers ou celle du canon. Une ligue sainte, mais trop passionnée, cherche en vain à refaire cette unité

1 Charles VIII.

ilNTRODUCTION. 1 9

religieuse. L'ambition d'une famille \ celle d'un roi voisin ^ b'emparent de celte belle pensée pour en faire un instrument de destruction. L'unité politique, trop longtemps concentrée dans la royauté par le règne de François P% ne peut ni s'établir sur le sol, ni se maintenir dans les institutions; la guerre civile semble le besoin de l'époque et finit par devenir l'état normal du pays. Henri IV lui-même, qui doit réparer tant de maux, est longtemps le héros de celte double anarchie. La seule pensée consolante, au miheu de ces désordres, c'est que la France fait d'incroyables efforts pour tenir son rang parmi les nations, et se constitue le champion de l'Elurope entière pour arrêter la marche de la maison d'Autriche vers la domination universelle. Aussi la nation est-elle toujours grande dans les batailles, même quand elle les perd ; aussi cette époque est-elle pleine de noms illustres, gloire éternelle delà noblesse française. Et puis cette lumière n'est pas la seule qui rayonne sur le pays : les arts, les sciences prennent un admirable essor, et du sein même des guerres civiles s'élèvent de nobles caractères et de subhmes vertus.

Personne, au reste, ne représente ce siècle, personne ne le résume en soi; un homme seul en reproduit le côté honteux, intelligence brillante, mais dépravée, ardent fanatisme, scepticisme moqueur, impudente immoralité ; c'est Henri III, roi fatal par son esprit comme par ses vices, spadassin effronk', lâche monarque , moine hypocrite. Mais l'œuvre du siècle, qu'il entrave plus que tout autre, reste cachée dans les décrets éternels de la Providence, et ne se manifeste dans aucune des volontés humaines qu'elle emploie.

Trois grands noms, au contraire, remplissent le xvu^ siècle, Henri IV, Richeheu, Louis XIV, génies puissants, organisateurs, dignes de marcher cà la tête d'une nation qui veut parvenir à son plus haut point de splendeur et de puissance. Si, pour mieux faire comprendre ma pensée, il m'était permis d'employer une comparaison mythologique, je dirais que ces trois hommes sont, avec Charles VII et Philippe-Auguste, les dieux de la patrie comme Charlemagne et saint Louis sont ceux de l'humanité. Quelques fautes qu'on ait reprochées à

* Les Guise.

2 Philippe II.

2 0 HISTOIllE l»t FKA.>CE.

ces hautes intelligences, elles n'eurent qu'un hut, et elles \ parvinrent, la gloire du pays. Jamais la France ne s'éleva si haut, jamais elle ne fut plus respectée et plus digne de l'être que dans ce siècle, resté jusqu'à présent le plus brillant de notre histoire. Alors la poU tique fut généreuse, sans cesser d'être habile ; le gouvernement fort, sans être tyrannique ; alors apparut toute une population de grands hommes, honneur de l'humanité comme de leur pays, car en aucun temps, chez aucun peuple, la pensée n'alla plus loin, la raison ne parla un si digne langage. Encore n'est-ce pas sur ses champs de bataille, ni dans ses traités de paix, modèles de modération et de sagesse, ni dans les prodigieux travaux de ses savants, de ses littérateurs, de ses artistes, que j'admire le plus ce siècle majestueux; c'est dans ces idées d'ordre qui le pénètrent et le dominent de toutes parts, compriment l'anarchie sans gêner la liberté, établissent et maintiennent l'équilibre dans toutes les parties du corps social, et constituent le règne du bon sens, la plus rare des puissances de ce monde, et la moins respectée. Le mal de l'époque fut la trop grande concentration des pouvoirs, le despotisme ; non qu'il faille entendre ici par ce mot l'exercice perpétuel d'une volonté sans loi ni contrôle : mais la nation, instruite par la cruelle expérience des troubles civils^ heureuse du repos qu'on lui procurait, fière de ses chefs comme d'elle-même, n'aurait certainement pas apporté dans ses assemblées l'esprit de révolte et de désorganisation. Elle eût fait à bonne école l'apprentissage des idées gouvernementales, et quand serait venu pour elle, à une autre époque et sous d'autres princes, le moment de parler et d'agir, elle n'aurait pas tout brisé pour tout refaire. C'est aux gouvernements forts ta créer, à développer la représentation nationale : s'ils la repoussent, ils régnent tranquilles, mais ils détrônent quelqu'un de leurs successeurs.

Le xv!!!" siècle est célèbre à jamais par l'immense catastrophe qui en marquâtes dernières années, catastrophe qui d'ailleurs le remplit tout entier, car toute la nation, roi. princes, noblesse, clergé, tiers État, en quittant le convoi funèbre de Louis AI V, courut à l'envi, les yeux fermés, la gaieté sur le front, la chanson à la bouche, vers l'abîme où tous devaient s'engloutir. J'ai essayé de retracer dans mon ouvrage cet in-

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