M. Hodencq, curé et archiprétre de Saint-Séveii
il a prononcé la sentence, je ne sais si cela s'appelle d'approbation ou de vérification du miracle ; de sorte que nous chanterons vendredi, Dieu aidant, un Tt Deum solennel avec une messe d'actions de grâces. La petite sera dans l'église du dehors avec un cierge allumé ; et ainsi nous nous efforcerons de faire paroitre une partie de la reconnoissance que Dieu nous met au cœur pour un si grand prodige, dont l'action de grâces se trouve heureusement unie pour nous à celle que nous rendons à Dieu tous les ans de celle qu'il nous a faite, en nous associant à l'institut du Saint- Sacrement, dont on reçut céans l'habit le 24 octobre en 1646 ou 1647 ; et depuis ce temps on en a fait une mémoire solennelle tous les ans au jeudi plus proche du Ih de ce mois. Il me semble que ce mélange de la Sainte Eucharistie avec un des instruments de la Passion et des actions de grâces à quoi l'un et l'autre nous obligent, nous représente de grandes choses. Il n'appartient qu'à Dieu d'agir en Dieu en tirant les plus grands biens des plus grands maux, et la plus grande joie de la croix la plus sensible. Prions-le qu'il nous fasse la grâce de nous laisser conduire en aveugles à un guide assuré.
« Tout le monde murmure contre M. Périer de s'en être allé dans le temps qu'il falloit venir. Chacun dit qu'il étoit bien hâté, et que cela seroit le mieux du monde s'il étoit présent à la cérémonie. Mais la mère Agnès n'est pas de ce sentiment; elle dit que cela est bien mieux ainsi, et que Dieu veut montrer que comme il a guéri sa fille sans lui, il n'a que faire
de lui pour en publier le miracle. Voilà ce qu'il a gagné à n'avoir pas six jours de patience; et outre cela, il a perdu Texercice de sa charge de vérificateur des miracles, qui lui en eût donné \ à ce que l'on dit, plus que jamais, parce qu'il s'en fait très-souvent. Je n'en sais plus à présent qu'il n'est pas ici, sinon un qui arriva vers la Pentecôte en la personne d'une petite fille qu'on nomme Marie Guérin. Elle fut mise il y quatre ans chez une personne âgée, nommée M'"« de Courbe, paroisse de Saint-Séverin, qui prend des pensionnaires. Cette enfant, âgée de cinq ans et demi, avoit été placée par des personnes de condition qui ne veulent pas être nommées, parce qu'elles le font par charité, et cette petite fille ne sait qui elle est ni d'où elle est. Cette enfant, dès lors, avoit une très mauvaise senteur au nez, quoiqu'il ne soit point plat; et elle a toujours augmenté, de telle sorte qu'on ne la pouvoit plus souffrir à la table commune. On la fit voir à un chirurgien dont j'ai oublié le nom, qui n'eut pas la moindre espérance de la guérir ; de sorte qu'on ne lui faisoit aucun remède que de lui laver la bouche et le nez avec de l'obsécrat'- qu'on lui faisoit respirer, jusqu'à ce qu'environ la fête de la Pentecôte dernière, M"^^ de Courbe, à la persuasion de M"" Parisot, sa cousine germaine (qui a été gouvernante de M"« de Liancour^), et, je crois, de