‹ Histoire de FranceChapitre 112 sur 158 · Ce vers manque dans la copie récente et dans l'imprimé · texte numérisé non relu

Ce vers manque dans la copie récente et dans l'imprimé

JACQUELINE PASCAL. DE 4 6^2 A 1664. 28îî

C'est dans cette même heure et dans un jour pareil Qu'un reste précieux de ce sanglant mystère, Avec un plus dévot que superbe appareil. Ayant été porté dans ce saint monastère *, Les vierges du Seigneur qui, dans un si saint lieu. S'occupent jour et nuit des louanges de Dieu, Imitant dans leurs chants les cantiques des anges. Allèrent tour à tour chacune l'adorer, Et, sans autre dessein que de le révérer, Prioient avec ferveur en chantant ses louanges.

L*état de la malade étoit toujoui-s êgaL Elle approche à son tour du sacré reliquaire, L'adorant seulement sans penser à son mal, Sans mouvement secret, sans dessein, sans prière. Toutefois, sa maîtresse, ayant avec douleur Considéré cet œil qui donnoit tant d'horreur. Fut dans le même temps saintement inspirée. Et, sans faire pour l'heure autre réflexion, Par le seul mouvement de sa compassion, Fit toucher à son mal la relique sacrée.

Ici, Seigneur, ici, j'ai besoin de secours;

Le courage me manque avecque le discours;

Je n'ai point de couleurs pour peindre tes merveilles.

Mille pensers divers s'efforcent à la fois

D'emprunter pour sortir les accents de ma voix.

1. Les deux copies et l'imprimé : « Ce fut un vendredi, 2i irars, cuie la sainte épine fut apportée à Port-Royal. »

Et leur foule sans ordre étouffe ma parole. Je ne puis concevoir tout ce que j'aperçois; Je ne distingue rien de ce que je conçois; Une idée en naissant fait que l'autre s'envole.

0 mortels ! écoutez avec un juste effroi

L'effet miraculeux d'une vertu divine.

Et jugez du pouvoir de votre divin Roi

Par celui que reçoit une petite épine.

Cet œil défiguré, cet os demi-pourri,

Ce mal que le feu même à peine auroit guéri,

Ce mal qui surpassait tout ce qu'on en peut croire»

Par le pouvoir secret d'un saint attouchement,

Se trouve anéanti dans le même moment,

Sans qu'il en reste rien que la seule mémoire.

Qui n'a senti, Seigneur, dans cet événement. Cette sainte frayeur quexcite ta présence? Qui s'est pu garantir d'un secret tremblement. Te voyant dans l'effet de ta toute-puissance ? Que s'il est vrai qu'ici, dans l'ombre de la foi. Ta présence secrète imprime tant d'effroi. Lorsque tu ne parois que pour être propice, Que sera-ce, Seigneur, alors qu'au dernier jour, Couvrant de ta fureur l'excès de ton amour, Tu ne te feras voir que pour faire justice?

Cette épreuve, Seigneur, me fait voir clairement La raison qui te porte, en des choses pareilles. Comme pour prévenir ce juste étonnement, A faire quelquefois pressentir tes merveilles.

Ainsi, malgré Thiver et la rude saison,

Un arbre fleurissant dans ta sainte maison »

Nous y fît voir l'espoir d'une chose étonnante.

Ainsi, quand le soleil tennit tout en repos.

Par des songes de nuit qui n'ont rien que de faux,

La vérité parut à ton humble servante *.

Cette âme en qui le Ciel a paru s'épuiser De tous les dons divins de grâce et de nature. Mais dont l'humilité, qui les sait déguiser. Interdit à mes vers d'en faire la peinture. Avant ce grand miracle, au milieu du sommeil, Pensoit voir dans l'église un superbe appareil, Sans savoir le sujet de sa magnificence. Et qu'un peuple dévot, avec empressement, Cherchoit mille moyens, quoique inutilement. De témoigner son zèle et sa reconnoissance.

Je me trouve. Seigneur, dans ce pénible état; Je suis dans cette heureuse et sainte inquiétude. Mon cœur veut témoigner qu'il ne t'est pas ingrat; Mais mon peu de pouvoir trahit ma gratitude. Mille autres comme moi, dans ce trouble nouveau, Se trouvant accablés sous un heureux fardeau. Succombent sous le faix de ces grâces visibles, Et l'ardeur qui les rend saintement insensés. Sachant que le discours ne sauroit dire assez, Invite à te bénir les choses insensibles.

•i. Note des deux copies et de l'imprimé : « Un arbre fleurit l'hiver d'auparavant dans le jardin de Port-Royal, de Paris. »

2. L'imprimé et les deux copies : « La nuit qui procéda le jour du miracle, la mère Agnès eut le songe ici rapporté. »

En vain,, pour satisfaire à ce juste devoir,

Le prélat a rendu sa sentence publique,

Et, par l'autorité d'un suprême pouvoir,

Décerné des honneurs à la sainte relique.

En vain le peuple en foule, avecque mille vœux.

S'efforce d'élever sa gloire jusqu'aux cieux ;

En vain tout l'univers voudroit lui rendre hommage.

Rien ne peut satisfaire un cœur reconnoissant,

Tout zèle est froid pour lui, tout discours languissant.

Et, quoi qu'on puisse faire, il en veut davantage.

J'ai satisfait, Seigneur, l'impétuosité

D'un zèle dont l'ardeur condamne le silence.

Je n'ai point captivé ta sainte vérité;

J'ai suivi le transport de ma reconnoissance ,

J'ai dit ce que l'esprit a daigné m'inspirer.

Et maintenant. Seigneur, si je puis espérer.

Selon que tu promets, grâce pour cette grâce.

Pour salaire, 6 mon Tout ! fais-moi cette faveur

De rentrer dans mon centre ' avec plus de ferveur,

Et de ne plus sortir du secret de ta face '.

Avant d'arriver à l'époque de la persécution de Port-Royal et aux derniers jours si agités de Jacque-

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