Recueil de Marguerite Périer, p
2. Pascal se chargea un moment de ses neveux, et partie ulière-
une des manières dont Dieu est notre père, et pour vous demander pardon en même temps de la peine que je vous ai donnée en cela; car c'est moi qui vous l'ai procurée, et j'ai bien peur que vous en soyez incommodé. Je l'ai fait dans l'assurance que j'avois que vous auriez bien de la joie, et que le soin et l'incommodité que vous en auriez ne dureroit pas, parce que M. R. ^ seroit bientôt en état de reprendre ces enfants ; et en effet je crois que vous pouvez les renvoyer quand vous voudrez , pourvu seulement que vous lui en donniez avis. Je vous supplie très humblement de les saluer de ma part et M. Dulac- aussi. Pour vous, je ne vous dis rien ; vous devez jugez de mes sentiments par les vôtres, et vous assurer que je suis tout à vous en celui qui nous a plus unis par la grâce que par la nature. »
ment de Taîné, comme il est dit dans la note d'une des pages qui suivent. M. Vallon de Beaupuis, directeur des écoles de Port-Roj'al, et ensuite M. de Rebergues, fit Téducation des deux derniers, Louis et Biaise. Voyez I'Histoire de Port-Royal, t. II, livre VI, p. 510-514.
1 , Charles de Rebergues, précepteur de Marguerite Périer. Nécrologe de Port-Royal, p. 404.
2. François Akakia Dulac, un des confesseurs de Port-Ro}"al. C'est lui qui enseigna Thébreu à M. Dufossé. Supplément au Nécrologe^ p. 522.
DE LA SOEUR DE SAINTE-BDPHÉMIE PASCAL A MADAME PÉRIER, « GLOIRE A JÉSUS, AD TRÈS SAINT SACREMENT.
« A Port-Royal des Champs, ce 24 mars 1661 i.
(( La retraite de ce temps peut bien empêcher de faire une ample lettre, ma chère sœur, mais elle ne peut me dispenser de vous écrire, puisque je n*ai rien à vous mander que de saint et des effets de la grâce de Dieu, dont il nous a donné des arrhes en un tel jour qu'aujourd'hui ; car vous savez que la guérison des corps n'est que comme un morceau, pour parler ainsi, qui nous promet infiniment plus qu'il ne vaut. Cela commence à se trouver vrai en deux manières ; car au lieu que par cet épouvantable miracle il n'y a eu qu'une de nos filles guérie, nous avons lieu d'espérer que toutes les deux seront préservées de la corruption du monde. L'aînée- a fort bien parlé à M. de Rebours; et pour la jeune ^ elle est si fervente que si cela continue on ne pourra pas se dispenser de la mettre au noviciat avant l'âge, si vous avez dessein de la donner à Dieu, comme je le crois. Elle dit que son miracle est un privilège particulier, et en effet difficilement cela tirera-t-il à conséquence. Et pour votre