ARRIVÉE LE 4 OCTOBRE
« Je n'ai point de paroles encore, ma très cnere sœur, pour vous entretenir de notre douleur commune. Véritablement votre billet d'hier me donna un coup dans le cœur que j'attendois aussi peu que je me suis attendue infailliblement ce matin à la dernière nouvelle qui comble toutes nos afflictions passées. Je viens de voir M. Périer, à qui je n'ai rien osé dire que ce qu'il savoit par votre billet d'hier au matin, parce qu'Hilaire m'a dit que vous vouliez qu'on en usât ainsi. 11 en est si touché que je le plains d'avoir à en apprendre davantage, et la trop grande espérance dont il voudroit quasi se flatter encore ne servira qu'à lui rendre le coup plus sensible. Il n'avoit rien dit à M. Pas... 2. M. de Rouanez est ici; j'en suis bien aise; mais néanmoins, si la consolation ne vient de Dieu et de la foi dans ces rencontres, il est bien impossible d'en prendre en quoi que ce soit et en qui que ce soit au monde. Hélas! je le dis comme je le sens avec trop de douleur; car j'en attendois beaucoup dans toutes nos afflictions présentes et futures de celle que Dieu nous ôte de peur que nous eussions encore cet appui. Qu'il soit loué éternelle-
1. Cette lettre autographe nous vient de M. d'Hecquet d'Onral.