‹ Histoire de FranceChapitre 128 sur 158 · tTLDES SLR PASCAL, Préface deuxième, p. 68, etc · texte numérisé non relu

tTLDES SLR PASCAL, Préface deuxième, p. 68, etc

dans toute sa rigueur, rejette le pouvoir de la raison aussi bien que celui de la volonté, condamne les preuves les plus autorisées de Texistence de Dieu, et jusqu'à la morale naturelle, n'admet comme vrai en métaphysique que le scepticisme, et, par un rapport qui n'a jamais été aperçu, quoiqu'il soit certain, fidèle à l'esprit du jansénisme au delà même d'Arnauld et de Nicole \ ne reconnaît qu'une seule source de vérité, de vertu, de mérite pour le genre humain et pour l'individu, la grâce à la fois gratuite et irrésistible. Et ce n'est pas là pour Pascal une opinion, c'est un dogme, un dogme sacré, qui lui est le fondement et le boulevard de tous les autres, et pour lequel lui et sa sœur brûlent de donner leur sang. Contrainte, pour obéir à ses supérieurs, de signer le formulaire qui désavoue la grâce invincible, Jacqueline meurt de douleur et de remords, incertaine si cette fatale signature, même avec les réserves et les explications qui la réduisaient presque à rien , lui sera pardonnée, et si pour sauver Port-Royal elle n'a pas perdu son âme. 0 misère des plus grandes choses ! ô petitesse des plus grands esprits! ou plutôt spectacle admirable de la force des principes ! Mettez une erreur dans un principe, et que ce principe tombe dans des esprits énergiques : ils en tirent toutes les conséquences qu'il renferme en bien et en mal. Ce que le principe a de vra^' protégeant ce qu'il a de faux, la puissance de la vérité devient la puissance même de l'erreur, et de degrés

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