Pascal et Gilberte
faut que ce désir soit de la nature de son principe; et comme le premier esprit qui en est l'auteur est un esprit de paix et de douceur, il faut aussi que vous conserviez cette volonté dans la tranquillité de votre âme, en réprimant ses mouvements. Je ferai volontiers à Dieu cette protestation, que je ne doute pas que vous fassiez dans le secret de votre cœur, encore que vos sens y répugnent; ou bien il ne faudroit plus que vous disiez votre Patei\ où Ton demande à Dieu que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel ; cette demande renferme le renoncement à toutes les volontés que nous pouvons avoir qui ne sont pas conformes à celle de Dieu. Je crois aussi, ma chère sœur, que vous ne voudriez pas que les choses allassent autrement que Dieu ne l'ordonne, puisque ce ne sera pas la *** (religion^) qui vous rendra telle que Dieu vous désire, mais la volonté de Dieu qui vous fera être *** (religieuse) au temps qu'il a déterminé pour cela, lequel vous devez ignorer, comme ces heureux moments que Notre Seigneur disoit à ses apôtres que le Seigneur avoit mis en sa puissance.
Je suis bien aise que vous ayez prévenu le sentiment de M. Singlin : vous devez haïr ce génie - et les autres qui sont peut-être cause que le monde vous retient; car il veut recueillir ce qu'il a semé. Notre Seigneur fera de même quand il lui plaira ; il demandera le fruit de la divine semence qu'il a jetée dans votre cœur, qui se sera beaucoup cultivée par la patience. C'est tout ce qu'il vous demande pour le présent. -
VIII. Le 16 août 1650. Pour ce que vous demandez, vous verrez vous-même ce qui sera le mieux; il est difricile de vous donner conseil là-dessus, sinon en général, qu'il ne faut rien aigrir, ni aussi rien ramollir, mais imiter la sagesse de Dieu qui dispense toutes choses avec force et suavité.
Pour ce qui est de cette personne ^, il me semble que cela va bien lentement, et que c'est peu d'avoir l'esprit per-