Ibid
4. Le Supplément au Xécroioge parle de l'énergie avec laquelle, en 1673, « il réprima le P. Duhamel, jésuite, qui avait osé, dans la cathédrale de Clermont, prêcher l'infaillibilité du pape et contredire les maximes du royaume et les sentiments de l'Église gallicane. » Voyez plus bas Is détail de cette affaire.
qu'il pouiToit être si unie au public, qu'ils l'engagèrent à le communiquer à des personnes liabiles et constituées en dignité. En 1681, il fit un voj'age exprès à Paris. Le plan de son ouvrage et ce qu'il avoit déjà fait fut si goûté que S. M. lui ordonna de le continuer, avec promesse d'une pension de 2,000 livres 1.
« M. Domat se retira donc tout à fait à Paris, pour s'appliquer uniquement à cet ouvrage, c'est-à-dire aux Lois citiles dans leur ordre naturel^ et travailler sous les yeux de ceux qui l'y avoient engagé; il le leur communiquoit à mesure qu'il avançoit. Ces messieurs goùtoient de plus en plus l'ouvrage, et M. d'Aguesseau, conseiller d'État^ lui dit en lui remettant un cahier où étoit le traité de l'usure : « Je savois, Monsieur^ que l'usure étoit défendue par l'É- « criture et par les lois; mais je ne la savois pas contraire (( au droit naturel : votre écrit m'en a persuadé-. » M. Domat ne pouvoit s'empêcher d'applaudir lui-même à son ouvrage et de marquer en quelques occasions l'estime qu'il en faisoit: s'en étant expliqué de la sorte à un ami, il dit tout de suite : « Je suis surpris que Dieu se soit servi d'un petit t< homme, d'un homme dp néant comme moi, pour faire un « si bel ouvrage, pendant qu'il y a à Paris des personnes « d'un si grand mérite ^. d
« Lorsque son amour pour la justice et pour la vérité l'obligeoit à s'élever avec force contre tout ce qui y étoit contraire, il conservoit dans son cœur de vifs sentiments de mépris pour lui-même, et ces sentiments se produisoient quelquefois, malgré lui, au dehors, comme il parut dans une rencontre où un ecclésiastique de mérite, parlant dans
1 . Perrière dit que ce fut M. Lepelletier qui fut le protecteur de Domat auprès du roi. 8 L'attention que M. Lepelletier avoit pour le bien pubUc fit qu'il. se résolut d'en parler à Sa Majesté de manière à en être écouté favorablement. Le roi, qui connoissoit sa candeur, sa probité et son discernement, très satisfait du rapport qu'il lui venoit de faire, lui répondit qu'il falloit que l'auteur restât à Paris pour le conduire à sa perfection, pour raison de quoi Sa Majesté lui accordoit une pension de 2,000 livres. » Terrasson fait le même récit.
2. Yorez le Recueil d'Utrecht. n s'agit ici de M. d'Aguesseau, conseiller d'État, père de Tillustre chancelier.