‹ Histoire de FranceChapitre 154 sur 158 · Terrasson donne la même date. Perrière, mars · texte numérisé non relu

Terrasson donne la même date. Perrière, mars

si étroitement avec M. Pascal. » VHistoire de l'abbaye du Port-Royal, t. IV, p. Z16Z1, le répète; mais ce que nous ignorions jusqu'ici, c'est que Domat eût fait avec Pascal les célèbres expériences sur la pesanteur de Tair. Il est fâcheux que ce renseignement ne soit pas plus détaillé.

Nous connaissons beaucoup mieux le rôle que joua Domat dans l'affaire alors si importante de la signature du formulaire que Fautorité ecclésiastique imposait aux religieuses de Port-Royal. Ce qui se trouve, à cet égard, dans notre mémoire est confirmé et développé par les deux écrits jansénistes que nous avons cités. Le Supplément au Nécrologe de Port-Royal, p. Zi60, s'exprime ainsi : « Se trouvant à Paris dans le temps que l'on commença à exiger la signature du formulaire, il (Domat) assista à toutes les assemi)lées qui se tinrent pour chercher les moyens de faire signer les religieuses de Port-Royal d'une manière qui contentât les supérieurs sans donner atteinte à la pureté de leur foi ni aux règles de la sincérité chrétienne... M. Pascal n'approuva aucune des résolutions où l'on s'arrêta. Il prétendit que non-seulement on ne devait pas laisser soupçonner que Ton attribuât les cinq propositions à Jansénius, mais encore qu'il fallait avoir soin, en signant leur condamnation, de mettre à couvert le sens de Jansénius, parce que c'était celui de la grâce efficace par elle-même, et par conséquent la pure doctrine de saint Augustin et de toute l'Église. M. Domat fut de l'avis de M. Pascal. » Le Recueil d'Utrecht, qui expose, d'après Marguerite Périer, tout le détail de cette affaire, raconte que, dans une dernière conférence qui eut lieu à ce sujet, chez Pascal, celui-ci, voyant la plupart de ceux qui étaient présents passer à l'avis d'Arnauid et de Nicole, « en fut si pénétré de douleur, qu'il se trouva mal et perdit la parole et la connaissance; tout le monde fut surpris et on s'empressa pour le faire revenir. Ensuite ces messieurs se retirèrent, et il ne resta que M. de Roannès et M. Domat, qui eut grande part aux écrits de M. Pascal, et M. Périer le fils. »

Quels peuvent être ces écrits de Pascal auxquels Domat aurait eu une grande part? Seraient-ce les factums pour

les curés de Paris, que la tradition janséniste attribue à Pascal, ou ses écrits aujourd'hui perdus contre la signature du formulaire? Nous pensons qu'il s'agit de ces derniers; du moins le Suppléinent au Nécrologe de Port-Roy :d nous apprend que Domat écrivit comme Pascal pour défendre leurs sentiments communs : « Quel sujet le public n'a-t-il pas de se plaindre de ce que, pour des raisons qu'il ne sauroit approuver, on Ta privé jusqu'à présent des lumières qu'il eût pu tirer de ce que ces deux grands hommes avoient écrit en cette occasion I »

Quant aux écrits de Pascal , voici ce que dit le Recueil d'Utrechtj p. 322 : « Pour les écrits de M. Pascal, on ne sait s'ils existent encore. Il les confia en mourant à M. Domat préférablement à tout autre, et le pria de les brûler, si les religieuses de Port-Royal se soutenoient, et de les faire imprimer, si elles plioient. M. de Roannès, qui en avoit des copies, les brûla. Pour M. Domat, une lettre de M. Tévêque d'Aleth témoigne qu'il fut vivement sollicité d'en faire autant. » Notre manuscrit contient, en effet, quatre lettres de cet évêque à Domat où cette affaire est rappelée. Il paraît qu'il s'était élevé quelque différend entre Domat et la famille de Pascal. Nous ne toucherons ici que ce qui regarde les écrits que Pascal avait confiés à Domat, et que celui-ci refusait de rendre. Troisième lettre de M. d'Aleth à Domat : « ... Il y a encore un autre point qui n'a rien de commun avec cette affaire et qui néanmoins peut beaucoup nuire ou beaucoup contribuer à votre réconciliation (avec la famille de M. Périer) : c'est touchant certains écrits de feu M. Pascal qui vous ont été confiés. On croit, par la qualité de ces écrits et vu l'état de votre famille, qu'il y a beaucoup d'inconvénients que vous les gardiez ; et comme on ne voit pas quelle utilité on en pourroit tirer à l'avenir, et qu'il y a au contraire tout sujet de craindre qu'on en abuse d'une manière préjudiciable à la vérité et à la mémoire de M. Pascal, on pense que vous êtes dans l'obligation de les remettre à ses parents, entre les mains desquels ils ne courent pas le même risque, ou de les brûler en leur présence , sans en retenir de copie, comme a fait une personne de qualité et

■de mérite, ami de M. Pascal ^, qui avoit une copie des mêmes écrits. C'est, Monsieur, ce que je crois que vous devez faire par principe de conscience et d'iionneur, et même vous servir de cette occasion comme d'un moyen pour faciliter et affermir votre réconciliation... A Aleth, ce 26 septembre 1676. » On ignorait jusqu'ici ce que fit Domat; on voit seulement par une autre lettre de M. d' Aleth qu'il se réconcilia avec les Périer : « Je n'ai point eu, Monsieur, l'occasion de vous écrire depuis que j'ai su votre parfaite réunion avec la lamille de madeiKoiselle Périer : j'en ai été extrêmement consolé et édifié... l*"" août 1677^. »

La bibliothèque du Roi, Supplément français^ n° 397, et la bibliothèque Mazarine, n" 2199 3, possèdent deux manuscrits précieux qui éclaircissent toute cette affaire.

Le manuscrit de la bibliothèque du Roi porte cette note : « Ce manuscrit est de la main du révérend père Pierre Guerrier, de l'Oratoire, arrière-petit-neveu de M. Pascal, du côté maternel. Il a été donné en 1779, à la bibliothèque du Roi, par M. Guerrier de Bezance, maître des requêtes. » Le manuscrit de la bibliothèque Mazarine semble un double de celui de la bibliothèque Royale; sur la première page on lit : « Mémoires et pièces recueillis par M. Domat, auteur du traité des Lois civiles, qui m"ont été communiqués par M. Domat, président en la cour des aides de Glermont, son arrière-petit-fils, 1776. » Parmi les divers mémoires que ces deux manuscrits contiennent, se rencontre d'abord un Écrit de M. Nicole contre M. Pascal j, sur le formulaire , qui reproduit textuellement, pour les réfuter, chacune des propositions de Pascal , et par là nous conserve des pages de l'auteur des Provinciales et des Pensées^ que Bossuet a publiées. L'écrit de Nicole est suivi d'un mémoire d'Arnauld, sur le même sujet, à l'appui de Nicole et contre Pascal,

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