‹ Histoire de FranceChapitre 21 sur 158 · L'édit. : de le lui communiquer. Mon père · texte numérisé non relu

L'édit. : de le lui communiquer. Mon père

que lui qui le put faire. Mon père fut fort surpris de cette proposition, et il fut étrangement partagé^; car d'un coté, comme il étoit entré dans les maximes de la pureté du christianisme, il étoit bien aise devoir ses enfants dans le même sentiment ; mais de l'autre côté, Taffection si tendre qu'il avoit pour ma sœur l'attachoil si fort à elle qu'il ne pouvoit se résoudre de s'en séparer pour jamais. Cette diversité de pensées l'obligea de répondre d'abord à mon frère qu'il verroit et qu'il y penseroit. Mais enfin, après avoir balancé quelque tems, il lui dit nettement qu'il ne pouvoit y donner son consentement. Il se plaignit même de mon frère de ce qu'il avoit fomenté ce dessein sans savoir s'il lui seroit agréable, et cette considération l'aigrit de telle sorte contre mon frère et contre ma sœur qu'il n'eut plus de confiance en eux - ; de sorte qu'il commanda à une fille qui étoit ancienne domestique, et qui les avoit élevés tous deux, de prendre garde à leurs actions. Cet ordre de mon père jeta ma sœur dans une grande contrainte, si bien que depuis ce tems-là elle ne put aller à P. R. qu'en cachette, ni voir M. Singlin que par adresse et par invention. Cette peine ne diminua rien de sa ferveur, et comme elle avoit renoncé au monde dans son cœur, elle ne pouvoit plus prendre plaisir aux divertissements comme elle faisoit auparavant ; de sorte que, quoiqu'elle cachât avec grand soin le dessein qu'elle avoit de se donner à Dieu, on ne laissa

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