L'édit. : partagé à cet égard
2. C'est à quoi fait allusion la lettre du l*^*" avril 1G48, qu'on verra plus i.'^«- au chap. III.
pas de s'en apercevoir ; et elle, voyant qu'elle ne pouvoit plus le cacher, elle ne fit plus de difficulté de se retirer peu à peu des compagnies, et elle rompit absolument toutes ses habitudes. Elle eut pour cela une occasion favorable, car mon père changea d<î maison en ce tems-là ; elle ne fit aucune connoissance dans ce nouveau quartier, et elle se défit de celles des autres en ne les visitant point. Ainsi elle ^ se trouva dans une liberté tout entière de vivre dans la solitude, et elle trouva cette vie si agréable qu'elle s'accoutuma insensiblement à se retirer même de la conversation domestique, de sorte qu'elle demeuroit toute la journée seule dans son cabinet. On ne sauroit rapporter quels étoient ses exercices dans cette exacte solitude, et tout ce qu'on en peut dire, c'est qu'on s'apercevoit de jour en jour qu'elle faisoit un progrès admirable dans la vertu. Cependant , quoiqu'elle fût fort éclairée -, elle ne laissoit pas d'aller quelquefois à P. R., d'y écrire souvent, et d'en recevoir des lettres, ! car elle avoit une adresse admirable pour cela, et ainsi elle se soutenoit.
«Cependant mon père, qui étoit très - persuadé qu'elle avoit choisi la meilleure part, et qui ne résistoit à son dessein que par affection et par tendresse, voyant qu'elle s'affennissoit tous les jours dans sa résolution, lui dit qu'il voyoit bien qu'elle ne vouloit point penser au monde , qu'il approuvoit de tout son cœur