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On les trouyera plus bas, chap. III

hôpital OÙ l'on entretieni ae pnuvres enfants. On étoit encore merveilleusement édifié de ce que ce grand éloignement de tout le monde ne la rendoit point chagrine, et qu'elle étoit toujours fort affable, et aussi de ce qu'elle étoit toujours prête à en sortir pour des occasions de charité, comme nous l'avons éprouvé bien des fois. J'eus pendant ce tems quelques indispositions , et elle s'attachoit à me tenir compagnie tout le jour, sans en témoigner aucune inquiétude. Il y eut plusieurs de mes enfants qui eurent de grandes maladies ; elle s'attacha à les servir avec une charité admirable. Et môme il y eut une de mes petites filles qui mourut d'une petite vérole pourprée : ma sœur l'as- .^ista toujours jusques à la mort, et pendant quatorze jours que dura cette maladie, elle n'alla point dans sa chambre que pour dire son office ; encore prenoitelle son tems lorsque l'enfant n'étoit pas dans les grands accidents de son mal ; ainsi elle la servit avec tout le soin imaginable, demeurant près d'elle jour et nuit, et passant plusieurs nuits sans se coucher. Après que cette occasion de charité fut passée, elle retourna à son ordinaire dans sa chambre.

« Elle prenoit plaisir d'aller quelquefois visiter les pauvres malades de la ville avec une demoiselle fort vertueuse, qui s'empioye tout entière à cet exercice. Ma sœur ajoutoit à tout cela des mortifications du corps fort grandes. Comme nous avions peu de logement, on avoit été contraint de faire un retranchement pour la loger dans un lieu où il n'y avait point de cheminée, et qui est môme assez loin de toutes les cham-

bres. Elle y passa tout un hiver sans vouloir permettre qu'on lui donnât le moindre soulagement ; on ne pouvoit pas même obtenir d'elle de s'approcher du feu, lorsqu'elle venoit pour prendre ses repas : cela nous donnoit à tous beaucoup d'inquiétude. Son abstinence nous faisoit aussi bien de la peine; car quoiqu'elle mangeât des mêmes viandes que nous, c'étoit néanmoins en si petite quantité que, comme elle étoit d'un tempérament fort délicat, elle diminua par là ses forces, et ruina son estomac, de sorte que, quand on vouloit l'obliger à prendre plus de nourriture, elle ne pouvoit le digérer. Ses veilles étoient aussi extraordinaires; nous n'en avions pas une connoissance entière, mais nous nous en apercevions bien par plusieurs conjectures, comme par la quantité de chandelle qu'elle brûloit, et par d'autres choses seml)lables.

« Elle avoit eu une prévoyance admirable : car considérant que l'habit de religion, dans les différences qu'il a de celui du monde, donne quelques difficultés qui, faisant de la peine au corps, empêchent l'esprit de se perfectionner, pour se munir contre cela, elle s'avisa de s'accoutumer en ce qu'elle pourroit aux choses qui sont les plus pénibles. Pour cela S elle se fit faire des souliers fort bas, elle s'habilla sans corps de jupe, elle coupa ses cheveux, et prit plusieurs coëffes même trop grandes, et plus embarrassantes que n'auroit pas été un voile. Enfin, elle fit si bien

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