‹ Histoire de FranceChapitre 29 sur 158 · Môme manuscrit, et Études sur Pascal, p. Î · texte numérisé non relu

Môme manuscrit, et Études sur Pascal, p. Î

un an postulante avant de prendre l'habit, on lui donna quatre mois après Thabit de novice. Quatre ou cinq ans après sa profession, on la fit première maîtresse des novices et sous-prieure à Port-Royall' es-Champs... Ma tante s'y trouvoit lorsqu'au mois d'avril 1661 on leur ordonna de renvoyer les novices et les postulantes, qui fut le temps où l'on commença à persécuter les reHgieuses pour la signature du formulaire : ce qui la toucha et l'affligea si sensiblement qu'elle dit et écrivit même à quelques personnes qu'elle sentoit bien qu'elle en mourroit; et cela arriva en effet le 4 octobre 1661, âgée de trente-six ans. »

Yoilà tout ce que nous savons de la vie si courte de Jacqueline Pascal. Mais c'est particulièrement dans les écrits qui nous restent d'elle et dans ses lettres confidentielles qu'il faut chercher son esprit et son caractère , ce qui la fait admirer et chérir.

Nous ferons trois parts de ces écrits : 1° depuis son enfance jusqu'à sa conversion ; 2° depuis sa conversion jusqu'à son entrée en religion ; 3° de là jusqu'à sa mort.

Jacqueline, née en 1625, commença à huit ans à faire des vers , à ce que nous apprend M'"^ Périer ; et en 1636, c'est-à-dire à l'âge de onze ans, elle composa avec M"" Saintot une comédie en cinq actes, qu'elles jouèrent elles-mêmes, chose inouïe qui fut pendant quelque temps l'entretien de tout Paris, et commença cette réputation d'esprit que Jacqueline ne perdit plus. Il serait curieux de retrouver cette comédie, mais elle a entièrement disparu.

Du moins on a conservé les vers qu'improvisa cette enfant en 1638, dans la scène de Saint-Germain racontée par M""*" Périer. Jacqueline avait fait des vers sur la grossesse d'Anne d'Autriche. M'"^ de Morangis, une amie de la famille, voulut conduire elle-même Jacqueline à Saint-Germain pour qu'elle présentât ces vers à la Reine. En voyant un auteur de douze ans, on eut quelques doutes , et on voulut mettre à Tépreuve le talent de la petite Jacqueline. On lui demanda de faire des vers à l'instant même sur des

sujets qu'on lui donna. Elle se tira parfaitement de toutes ces difficultés, et elle devint la merveille de la cour et de la ville. On recueillit les vers qu'elle avait composés dans cette occasion , et on les imprima sous le titre de Vers de la petite Pascal. Jacqueline adressa ce recueil à la Reine dans une épître en prose fort bien tournée. Le recueil imprimé a péri, mais le Recueil de Marguerite Périer ^ en contient une copie que nous allons reproduire.

Page 1