‹ Histoire de FranceChapitre 58 sur 158 · Recueil de Marguerite Périer : plus fort qu'ici · texte numérisé non relu

Recueil de Marguerite Périer : plus fort qu'ici

Roberval , qui revint ici Taprès-dînée , où il trouva M. Dalibray^

(( J'avois oublié de te dire que M. Descartes, fâché d'avoir été si peu céans, promit à mon frère de le venir revoir le lendemain à huit heures. M. Dalibray, à qui on l'avoit dit le soir, s'y voulut trouver, et fit ce qft'il put pour y mener M. Lepailleur - , que mon frère avoit prié d'avertir de sa part; mais il fut trop paresseux pour y venir, et si, ils* dévoient dîner, M. Dalibray et lui , assez proche d'ici. M. Descartes venoit ici en partie pour consulter le mal de mon frère , sur quoi il ne lui dit pas grand'chose; seulement il lui conseilla de se tenir tout le jour au lit jusqu'à ce qu'il fût las d'y être, et de prendre force bouillons. Ils parlèrent de bien d'autres choses , car il y fut jusqu'à onze heures; mais je ne sçaurois qu'en dire, car pour hier je n'y étois pas, et je ne le pus sçavoir ; car nous fûmes embarrassés toute la journée à lui faire prendre son premier bain. Il trouva que cela lui faisoit un peu mal à la tête; mais c'est qu'il le prit trop chaud ; et je crois que la saignée au pied de dimanche au soir lui fit du bien; car lundi il parla fort toute la journée, le matin à M. Descartes, et l'après-dînée à M. de Roberval, contre qui il disputa longtems sur beaucoup de choses qui appartiennent autant à la théologie qu'à la physique; et cependant il n'en eut

i. Frère de M'"*" Saintot, connu par diflercnts ouvrages. '2. Celui auquel Pascal a écrit la lettre sur le Père Noël, imprimée au t. IV de ses œuvres, p. 1 47.

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