AUTRE LETTRE A LA MEME
« Ce 1" avril 10 48.
« Nous. ne savons ' si celle-ci sera sans fin aussi bien que les autres -, mais nous savons bien que nous voudrions bien écrire sans fin. Nous avons ici la lettre de ^l. de Saint -Cyran. de la Vocation, imprimée depuis peu sans approbation ni privilège, ce qui a choqué beaucoup de monde. Nous la lisons; nous
1. Le Rec. de Marguerite Périer, p. 359, dit que cette lettre a été copiée sur l'original de la main de M^^*' Jacqueline Pascal. Elle est évidemment écrite par celle-ci en son nom et au nom de son frère. W est aisé en effet d'y retrouver plus d'une idée de Pascal sous la plume de Jacqueline. C'est pourquoi nous l'avons aussi imprimée parmi les lettres de Pascal, Étides sur Pascal, p. i02.
2. Ceci prouve bien que nous ne possédons pas toute la correspondance du frère et des deux sœurs.
te l'envoyeroiis après; nous serons bien aise d'en avoir ton sentiment et celui de M. mon père : elle est fort relevée.
« Nous avons plusieurs fois commencé à t'écrire, mais j'en ai été retenue par l'exemple et par les dis- ( ours, ou, si tu veux, par les rebufades que tu sçais*: mais après nous en être éclaircis tant que nous avons pu, je crois qu'il faut y apporter quelque circonspection ; et s'il y a des occasions où l'on ne doit pas parler de ces choses, nous en sommes dispensés. Car, comme nous ne doutons point l'un de l'autre, et que nous sommes comme assurés mutuellement que nous n'avons dans tous ces discours que la gloire de Dieu pour objet, et presque point de communication hors de nous-mêmes, je ne vois point que nous puissions avoir de scrupule tant qu'il nous donnera ces sentiments. Si nous ajoutons à ces considérations celle de l'alliance que la nature a faite entre nous , et à cette dernière celle que la grâce y a faite , je crois que bien loin d'y trouver une défense, nous y trouverons une obligation ; car je trouve que notre bonheur a été si grand d'être unis de la dernière sorte, que nous nous devons unir pour le reconnoître et pour nous en réjouir. Car il faut avouer que c'est proprement depuis ce temps (que M. de Saint-Cyran veut qu'on appelle le commencement de la vie) que nous devons nous considérer comme véritablement parents, et qu'il a plu à Dieu de nous joindre aussi bien dans son nou-