‹ Histoire de FranceChapitre 68 sur 158 · L'édition : cette élévation · texte numérisé non relu

L'édition : cette élévation

Jésus a voulu être tellement séparé de la terre en mourant, qu'il n'y tenoit que par l'instrument de son supplice, par où il y étoit nécessairement joint.

Cela m'apprend à regarder comme des supplices tout ce qui me contraint à prendre quelque part aux choses de la terre, et qu'il faut que la haine véritable que je conserverai dans mon cœur pour ces choses, en m'y soumettant néanmoins, fasse qu'elles me soient une rude croix, afin que, mourant au monde, je ne tienne plus à la terre, comme mon Sauveur, que par l'instrument de mon supplice.

Jésus est mort tout environné de douleurs et de plaies horribles, et néanmoins la pensée de plusieurs est que ce ne sont pas les douleurs qui l'ont fait mourir, n'ayant pu le faire sitôt.

Gela m'apprend qu'encore que je fusse environnée et accablée de maux dans le monde, ils ne doivent point être le motif de ma m^ort au monde, et que comme il ne m'est pas commandé d'y vivre pour les soulLnr plus longtemps, il ne m'est pas permis d'y mourir seulement pour les éviter.

Jésus est mort hors la ville.

Cela m'apprend que la première chose qu'il faut

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faire, c'est de sortir du milieu du monde pour mourir au monde.

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Quoique Jésus mourût hors la ville, il fut néanmoins ccompagné de beaucoup de monde.

Cela m'apprend qu'encore que je ne puisse pas me séparer entièrement du monde, ni quitter tout à fait les lieux où il habite, je ne dois pas laisser d'y mourir généreusement.

Jésus est mort publiquement devant tous ceux qui l'ont voulu voir.

J'apprends de là qu'encore que ma condition m'expose aux yeux du monde, cela ne me doit pas empêcher d'y nidourir.

Jésus meurt tout nu.

Cela m'apprend à me dépouiller de toutes choses.

Encore que Jésus ait bien voulu souffrir ce dépouillement, il ne s'est pas néanmoins dépouillé soimême.

Cela m'apprend non-seulement à me dépouiller de toutes choses, mais à souffrir que Dieu m'en dépouille par quelque voie que ce soit.

La mort de Jésus l'a rendu méprisable aux méchants ; elle leur a été utile pour cacher à leurs yeux sa Divinité, et leur a fourni une horrible matière de blasphémer ; mais elle a été pour les bons une matière de la reconnoître et de la confesser publiquement. Elle a été un sujet de scandale pour les uns et de componction pour les autres.

Cela m'apprend à me préparer à cette honte, étant sans doute que les hommes charnels me mépriseront et attribueront à foiblesse, à stupidité et à folie mon renoncement au monde, que de plus spirituels pourront attribuer au mouvement de l'esprit de Dieu, en être touchés et le glorifier.

Jésus-Christ, comme il le dit par la bouche de son prophète, a été l'opprobre des hommes et l'objet du mépris de son peuple.

Ainsi sa mort ayant été honteuse à l'égard du monde; j'apprends de là à supporter avec joie le mépris que le monde fera de moi en cet état.

Jésus est mort dans l'insensibilité de tous les maux, quoique son corps soit tout environné de plaies.

Cela m'apprend à être insensible à tous les événements fâcheux.

Jésus est insensible à tous les événements bons et mauvais, et ainsi dans une parfaite tranquillité.

Cela m'apprend l'égalité avec laquelle je dois recevoir toutes les agitations du monde, bonnes ou mauvaises selon son jugement, pour être parce moyen danrun parfait repos.

Jésus est mort non -seulement dans l'insensibilité, mais aussi dans la privation de tous les plaisirs de la vie.

Cela m'apprend que je dois non-seulement me tenir dans une véritable indifférence, mais aussi me priver actuellement de tous les plaisirs du monde.

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