‹ Histoire de FranceChapitre 76 sur 158 · OU ELLE LE PRESSE FORT DE CONSENTIR A SON ENTRÉE EN RELIGION · texte numérisé non relu

OU ELLE LE PRESSE FORT DE CONSENTIR A SON ENTRÉE EN RELIGION

« A. P. Pi. du Saint-Sacrement, ce^ mars 1652 •.

« Mon TRÎis CHER Frère,

« Je ne puis mieux vous témoigner le désir que j'ai que vous receviez avec paix et dans un esprit tranquille, et fidèle à correspondre aux grâces de Dieu, la nouvelle que j'ai à vous dire, que par le choix que j'ai fait de M. Robier - pour vous la porter. L'estime que vous faites de son mérite, de sa vertu et de l'honneur de son amitié, m'ôte tout sujet de craindre que ce qu'il y aura de fâcheux pour vous, qui pourra être adouci par la considération de la satisfaction et de l'avantage qui m'en revient, ne le soit par l'entremise d'une personne qui en est si capable.

1. Rec. de Marguerite Périer, p. 104. Le Recueil d'Utrecht donne quelques phrases de cette lettre, p. 256.

2. Sic. Je ne ti'ouve ce nom nulle part. Ne faut-il pas lire Rebours, un des confesseurs de Port-Royal, dont Pascal parle à sa sœur avec une grande estime, dans une lettre que nous avons publiée pour la première fois, Études sur Pascal, p. 400.

Il a reçu avec tant de charité cette commission » que nous devons lui en être éternellement obligés; vous^ parce qu'il vous aidera à étouffer les sentiments de la nature qui pourroient s'opposer au sacrifice dont Dieu vous offre une si heureuse occasion dans cette rencontre en ma personne, et moi, parce quil sera l'instrument dont Dieu se servira pour exaucer enfin les prières et les larmes presque continuelles que je lui offre depuis plus de quatre ans. Car encore que je sois libre, et qu'il ait plu à Dieu, qui châtie en favorisant et dont les châtiments sont des faveurs, de lever, en la manière que vous savez ^ et que je n*ose nommer pour ne mêler rien de triste parmi ma joie, le seul obstacle légitime qui pouvoit s'opposer à l'engagement où je désire d'entrer, je ne laisse pas d'^avoir besoin de votre consentement et de votre aveu, que je demande de toute l'affection de mon cœur, non pas pour pouvoir accomplir la chose, puisqu'ils n'y sont pas nécessaires, mais pour pouvoir Taccomphr avec joie, avec repos d'esprit, avec tranquillité, puisqu'ils y sont nécessaires absolument, et que sans cela je ferai la plus grande, la plus glorieuse et la plus heureuse action de ma vie avec une joie extrême mêlée d'une extrême douleur, et dans une agitation d'esprit si indigne d'une telle grâce que je ne crois pas que vous soyez assez insensible pour vous pouvoir résoudre à me causer un si grand mal.

« C'est pourquoi je m'adresse à vous, comme au

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