‹ Histoire de FranceChapitre 8 sur 158 · Huet, Comment., etc., p. 38 L · texte numérisé non relu

Huet, Comment., etc., p. 38 L

4. jNI""'' Guyon. Nous en possédons plusieurs lettres inédites, fort précieuses à divers égards.

Mais insensiblement le grand siècle s'écoule. Sa forte sève épuisée ne renouvelle plus les grandes générations. L'élégance a remplacé la force , et le goût le génie. La dernière figure de notre galerie, froide et composée , mais belle encore , serait celle de ■^[me ^Q Maintenon. Nous tâcherions de la peindre fidèlement, sans ressentir aucune sympathie pour celle qui jamais ne consulta ni le devoir ni son cœur, mais l'opinion , ne poursuivit qu'un seul et bien misérable objet , la considération , feignant de prendre le plaisir d'un roi pour la volonté de Dieu , sans vertu à la fois et sans amour, victime volontaire et par conséquent peu intéressante de ce tyran vulgaire qu'on appelle les convenances du monde. Oh! que nous sommes loin de M'"^ Angélique Arnauld î Que le siècle finit autrement qu'il a commencé ! Ici l'édit de Nantes , là sa révocation ; d'abord Port-Royal et l'Oratoire, maintenant le règne de jésuites de cour et bientôt la régence ; au lieu de Sully, de Richelieu, de Mazarin, de Colbert, un conseil de commis sans patriotisme et sans ambition , n'ayant d'autre dessein que de ne pas déplaire au maître et de garder leurs portefeuilles. Le xvn*" siècle a fait son temps ; un autre monde est près d'éclore ; un nouvel esprit , de nouvelles mœurs» d'autres hommes, d'autres femmes vont paraître. Voltaire va succéder à Descartes , et le cardinal de Fleury au cardinal de Richelieu. Yoici venir les Parabère et les Pompadour, en attendant les Du Barry ; comme femmes auteurs ou présidentes de coteries littéraires, les Du Deffant, les Graffignv, les GeofTrin,

les Duchâtelet, c'est-à-dire, si vous exceptez la noble M"'' Aïssé , et peut-être encore cette pauvre insensée M"'' de Lespinasse , pas une femme véritable , un peu de savoir en mathématiques et en physique , quelque bel esprit, aucun génie, nulle âme, nulle conviction, nul grand dessein ni sur soi-même ni sur les autres toiles sont les femmes du xvm'' siècle. Ce n'est pas nous qui nous proposons de leur servir d'historien*

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LA FAMILLE PASCAL. — DEUX BIOGRAPHIES DE JACQUELINE PASCAu, COMPOSÉES, l'une par SA SŒUR, ^' AUTRE PAR SA NIÈCE.

Accomplirons-nous jamais cette idée d'une galerie des femmes illustres du xyii*^ siècle ? c'est du moins un rêve qui sert de délassement à nos travaux, de charme à notre solitude. Guidé par le P. Lelong \ nous avons recherché avec persévérance et nous sommes parvenu à rassembler un grand nombre de portraits authentiques de ces femmes incomparables, gravés sur les originaux de Ferdinand , de Beaubrun , de Juste , de Champagne , de Mignard , de Rigaud , par Mellan , Morin, Michel Lasne, Daret, Poilly, Masson, Grégoire lluret, Yan Schuppen, Nanteuil, Edelinck^. Nous y

1. Bibliothèque historique de la France, édit. de Fontette, t. IV, Liste de portraits de François et de Françaises illustres.

2. Sur ces grands artistes, voyez notre livre : Du Vrai, dd Bevo et DU Bien, leçon X% de l'Art français.

avons joint quelques médailles de Dupré et de Yarin, et surtout d'assez précieux autographes, des lambeaux de correspondances inédites ou de mémoires manuscrits qui éclairent à nos yeux et marquent plus distinctement les traits de telle figure qui nous est chère. Déjà nous avons publié des lettres nouvelles de M"'^ de LonguevilleS cette créature ravissante, pleine à la fois de hauteur et de langueur, aux yeux bleus, aux blonds cheveux, avec le front du grand Condé, si remuante dans le monde, si dévouée en amour, sans aucun entraînement des sens et par le seul mouvement de l'âme, puis tout à coup si repentante, si humble et si tremblante à Port-Royal et aux Carmélites. Aujourd'hui nous voulons présenter au lecteur, mais sans parure aucune, et telle que nous la trouvons parmi nos manuscrits, une figure toute différente, celle d'une enfant pleine de génie, qui, avec un peu plus de culture, eût pu devenir une des personnes les plus éminentes de son siècle ; naturellement belle et enjouée, d'un esprit sérieux et gracieux tout ensemble, d'une merveilleuse aptitude à la poésie; née pour faire les délices de la famille et le charme d'une société d'élite, mais qui, tout à coup saisie d'un accès de dévotion outrée, renonça au monde, s'appliqua à étouffer tous les dons qu'elle avait reçus, entra en religion à vingt-six ans, et mourut à trente-six dans les angoisses d'une conscience troublée : nous voulons parler de JacqueUne Pascal.

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