Bibliothèque de l'École des Chartes^ mai et juin
Quelle famille que celle des Pascal M Elle n'est pas, elle ne peut pas être supérieure à celle des Arnauld, mais elle en est l'égale par la qualité , sinon par le nombre. Dès que Richelieu, de son regard d'aigle, aperçut Etienne Pascal accompagné de son fils Biaise, qui avait alors une quinzaine d'années, et de ses deux filles Gilberte et Jacqueline, il demeura frappé de la beauté de ces enfants, et au lieu de laisser le père les lui recommander, c'est lui qui les recommanda à ses soins en lui disant : J'en veux faire quelque chose de grand ! Etienne Pascal était un homme de beaucoup de mérite. Outre sa capacité comme intendant de province, il était très-instruit, et même savant. Il recevait chez lui des mathématiciens et des physiciens; il participait à leurs travaux, et on a de lui une lettre au jésuite Noël, où il l'engage, d'un ton moitié sérieux, moitié plaisant, à ne pas trop se commettre avec son fils Biaise Pascal à l'endroit de la pesanteur de Pair, Pavertissant qu'il aurait affaire à un rude adversaire ^. Il avait donné à cet enfant une éducation un peu systématique, qui ne fut pas sans influence sur la tournure de son esprit. Ses deux filles avaient aussi reçu une instruction très- forte. L'aînée s'appelait Gilberte. Marguerite Périer, sa fille, dans ses Mémoires inédits sur sa famille , nous parle ainsi de sa mère ^ : (( Elle étoit née le 7 janvier 1620, à Clermont. Mon
1. Sur la famille Pascal, voyez nos Études sur Pascal, 5« édition, Appendice, n° 1, p. 311.