A. « Et sur cela, restant dans le sérieux, elle s'eff
i|8i CHAPITRE QL'ATRIÈME.
river ; et elle me dit que notre mère ^ n*auroit rien tant désiré que d'avoir été libre de faire ce qu'elle auroit voulu en se faisant professe, afin d'avoir pu donner tout son bien aux pauvres, et puis d'être reçue par charité dans une maison inconnue.
(( Pour ne laisser aucun prétexte de justice à ma tristesse, elle essaya de me faire voir comment c'étoit aussi non-seulement le plus honorable, mais même le plus avantageux et le plus utile à la maison, parce que si la charité que nous devons au prochain ne nous permet pas de souhaiter qu'il nous fasse des injustices, celle que nous nous devons à nous-mêmes nous doit donner de la joie quand il nous en fait.
(( Il n'y a point, continua-t-elle^, d'avantage temporel qui puisse être comparé à celui-là , parce qu'il n'y a rien de plus profitable à la religion que la vraie pauvreté ; il n'est pas toujours permis de se la procurer, mais il est toujours bon de la désirer, de l'aimer et de se réjouir de tout ce qui peut y contribuer. On doit trembler et souvent s'affliger beaucoup quand on reçoit des biens , en les regardant comme un piège et comme l'ennemi de la vertu et de l'esprit de pauvreté, et il faut se réjouir non-seulement quand on ne reçoit pas celui auquel on pouvoit prétendre, mais aussi quand on nous ravit celui que nous avions déjà, parce qu'au moins nous n'en sommes plus responsables. Enfin, ma chère mère, elle se servit de tant de moyens