‹ Histoire de FranceChapitre 95 sur 158 · En marge : M. de Sacy · texte numérisé non relu

En marge : M. de Sacy

est (ont ravi, aussi est-il de bonne race. Il ne s'ennuyoit point là, mais quelques affaires l'ont obligé de revenir contre son gré; et pour ne pas tout perdre, il a demandé une chambre céans où il demeure depuis jeudi sans qu'on sache chez lui qu'il est de retour. Il ne dit à personne où il alloit lorsqu'il partit, qu'à ^[me pinel et à Duchesne qu'il menoit. On s'en doutoit néanmoins un peu, mais par pure conjecture. On dit qu'd s'est fait moine, d'autres hermite, d'autres qu'il est à Port-Pioyal. Il le sait et ne s'en soucie guère : voilà où les choses en sont.

« Je l'ai toujours vu dans une si grande crainte qu'on sût rien de tout cela, que je n'avois pas même osé lui proposer de vous en rien mander. Enfm je lui en écrivis quelques jours avant son retour ; il me répondit que si on lui ordonnoit de le faire il le feroit, mais que par lui-même il ne s'y pouvoit résoudre, parce qu'il se voyoit si peu avancé qu'il ne sauroit du tout que vous dire ; que si je trouvois qu'il y eût matière d'écrire il consentoit volontiers que je vous écrivisse, mais que pour lui il ne voyoit rien à mander. Sur cela, je commençai celte lettre à mon premier loisir, au jour d'où elle est datée, et je ne l'achève qu'aujourd'hui de faire : je n'ai pu du tout prendre assez de temps auparavant.

« Il est à présent chez lui où ses affaires le retiennent ; mais je crois qu'il fera tout son possible pour rentrer bientôt dans sa retraite. Il me dit hier qu'il vous écrira. Dieu aidant, et me dit de vous écrire. Il veut faire quelque chose pour ma petite cousine la

contrôleuse Pascal ; et comme on a ici beaucoup de charité, j'espérois qu'on la prendroit ici en pension; mais je doute si la mère et l'enfant le voudroient; mandez-le-moi au plus tôt, s'il vous plait, et comme il s'y faudroit prendre; j'en ai un très-grand désir; car je la considère comme une de nos sœurs, et je ne puis penser à l'état où je la vois pour l'àme et pour le corps sans gémir. Enfin elle est nièce de mon père, et je juge des sentiments qu'il auroit pour elle par ceux que j'ai pour vos enfants. »

LETTRE

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