‹ Histoire de FranceChapitre 10 sur 116 · XVIII DISCOURS SUR I.A RELIGION · texte numérisé non relu

XVIII DISCOURS SUR I.A RELIGION

est vrai, qu'à défaut de criminels le bûcher recevait quelquefois des innocents '. Mais les victimes volontaires ne manquaient jamais chez ce peuple, prodigue de sa vie; et les fanatiques qui se tuaient pour accompagner, au pays des âmes, un père, un ami, un patron, ne reculaient pas devant quelques souffrances de plus quand il s'agissait de sauver ses jours. C'était aux Druides qu'appartenait la garde des condamnés réservés aux sacrifices privés et publics; ils les tenaient quelquefois jusqu'à cinq années en prison, pour en disposer plus avantageusement ; et lorsque, par l'adoucissement des mœurs, les immolations humaines devinrent très-rares, ils firent payer chèrement aux riches malades le privilège de pareilles victimes. Pour la foule qui n'y pouvait prétendre, des dons votifs les remplacèrent, et d'immenses richesses en lingots d'or et d'argent, en monnaies, en vases précieux, en butin conquis sur l'ennemi, s'accumulèrent dans les temples et dans les lacs sacrés; elles y restaient en sûreté, quoique ces lacs et ces temples fussent la plupart du temps sans clôture ni gardien : mais nui n'eût osé porter une main sacrilège sur cette propriété des dieux '^.

Il est temps que nous exposions forganisation du sacerdoce druidique, ainsi que l'étendue de ses prérogatives; et d'abord il renfermait trois degrés de hiérarchie : les Druides proprement dits, les Ovates ou Yates ^, et les Bardes ^.

Les Druides, ou hommes des chênes % devaient ce nom

prehensi, gratiora diis immortalibus esse arbitrantur. (Cœs., de Bello Gail., 1.6, c. 16. )

' Sed quùm ejus generis copia déficit, etiam ad inuocentium supplicia descendunt. (Cœs., /6irf.)

■^ Neque sœpè accidit ut, neglectâ quispiam religione, aut capta apud se occultare, aut posita tollere auderet. (Gaes., de Bello GalL, 1.6,'c. 17.) Diod. Sicul., 1. j, p. 305. Strab., I. 4, p. 188.)

•• Strab., 1- 4, p. 197. Eubages, ou plutôt Eubates. ( Amm. Marcell., 1. 15, c. 9.) Dans les traditions galloises, 0\^M.{Archœol. of îVal.^passim. W.Ov^en, pref. of Llywarç Hcn.y p. 21 et suiv.)

^ Bardi, Bard (gaël), Bardd (cymr), Barz (armor), Bardus gallicè cantor appellatur. (Fest., Epit.^ col. 258.)

» Druides, Dry sida, Derwydd, Derwyddoû en lajttge kiniriqueiDerw (cyuir),

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